Pavel Dourov

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Pavel Dourov
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Pavel Dourov au TechCrunch Disrupt Europe en 2013.
Fonction
Administrateur délégué
Telegram Messenger (d)
depuis
Biographie
Naissance
Nom dans la langue maternelle
Павел Валериевич ДуровVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalités
Russe (depuis )
Christophienne (depuis )
Française (depuis )Voir et modifier les données sur Wikidata
Formation
Activités
Période d'activité
Depuis Voir et modifier les données sur Wikidata
Père
Valeri Dourov (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Fratrie
Autres informations
A travaillé pour
Telegram Messenger (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Propriétaire de
Telegram Messenger (d), VKontakte (jusqu'en )Voir et modifier les données sur Wikidata
Religion
Membre de
Œuvres principales
MTProto (d), Telegram, VKontakteVoir et modifier les données sur Wikidata

Pavel Valerievitch Dourov (en russe : Павел Валерьевич Дуров), né le à Leningrad, est un informaticien et chef d'entreprise franco-russe. Il est le cofondateur en 2006 du site web de réseautage social VKontakte, dont il est le directeur général jusqu'en . Il a co-fondé l'application Telegram en 2013[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Bien que né à Leningrad, il passe une grande partie de son enfance en Italie, à Turin notamment, où il est scolarisé à l'école primaire[2]. Son père, Valeri, y travaillait[3].

En 2006, il est diplômé de la Faculté de philologie de l'université d'État de Saint-Pétersbourg[4]. En septembre de cette même année il met en place le réseau social VKontakte, initialement influencé par Facebook[5].

En 2007, le journal Business-Petersburg le nomme comme l'un des gagnants du concours « Meilleurs Jeunes Entrepreneurs 2007 ».

Pavel Dourov est également connu pour être à l'origine d'autres projets d'étudiants, en particulier Durov.com, site destiné principalement aux étudiants en sciences humaines, et SPBGU.ru, forum pour les étudiants de l'université.

Très vite il devient une des 10 personnes qui comptent dans Internet en Russie[6].

En 2013, il demande la nationalité de l'État caribéen de Saint-Christophe-et-Niévès[4].

À la suite de son éviction de VKontakte, Pavel Dourov décide de quitter la Russie et, le , il part pour une destination inconnue. Il définit son départ comme « sans retour. » Pour lui, la Russie est à ce jour incompatible avec le modèle de développement économique des start-ups de l'Internet[7]. Il obtient la citoyenneté des îles Saint-Christophe-et-Niévès, une fédération d'îles des Caraïbes[8].

Le 25 août 2021, Pavel Dourov est naturalisé français[9].

Opinions[modifier | modifier le code]

Pavel Dourov est un opposant politique à Vladimir Poutine[10]. Il a des idées politiques et économiques libérales. Il se définit lui-même comme un libertarien partisan du laisser-faire, mais se dit aussi inspiré par Che Guevara et Steve Jobs[11],[12].

En , pendant les protestations contre les résultats contestés des élections législatives, le Service fédéral de sécurité de la fédération de Russie (FSB) demande à Dourov de bloquer cinq communautés sur VKontakte (dont quatre contiennent dans leur titre « contre Russie unie ») et deux événements sur ce même réseau. Dourov refuse de le faire. Après cela, il est convoqué pour s'expliquer devant le procureur de Saint-Pétersbourg[13].

Une perquisition est menée à son domicile le , pour une enquête sur un policier victime d'un accident de voiture. Son frère estime que la perquisition est un signe de pression du gouvernement[13].

Particularités[modifier | modifier le code]

Pavel Dourov ne consomme ni alcool, ni caféine, ni médicaments, ni viande. En 2018, il retire les produits laitiers et le gluten de son alimentation. En 2019, Durov annonce ne manger que du poisson, avant de s'essayer à un jeûne d'un mois[14].

C'est aussi un provocateur. Ainsi, un jour de , il décide de faire des avions de papier avec des billets de 5000 roubles (environ 100 euros) et de les lancer dans la rue depuis la fenêtre de son bureau. Tout cela afin d'observer la réaction de la foule. Cette action a été très critiquée en Russie[15].

Le lors de la conférence « Digital Life Design » à Munich, Pavel Dourov a rencontré Jimmy Wales sur la scène du DLD, et a fait don à la Wikimedia Foundation d’un million de dollars[16].

VKontakte[modifier | modifier le code]

Création de VKontakte[modifier | modifier le code]

Il lance en VKontakte (en contact) : le « Facebook russe »[17] est créé avec l'aide de Viatcheslav Mirilachvili[18]. La référence au modèle américain n'est pas cachée, de l'architecture jusqu'au design, tout s'en inspire.

Dissensions avec le Kremlin[modifier | modifier le code]

Ilia Cherbovitch, PDG de United Capital Partners et membre des conseils d'administration de Transneft (pipelines) et de Rosneft (pétrole et gaz), est également un proche du pouvoir. Il profite d'une mésentente entre différents actionnaires du groupe VKontakte pour en acheter secrètement 48 %[19].

Éviction[modifier | modifier le code]

Le , sur le ton d'une blague de potache, il annonce au conseil d'administration de VKontakte qu'il démissionne. Le conseil d'administration ne prend pas la chose à la légère et enregistre la démission. Pavel Dourov retire sa démission trois jours plus tard. Mais le retrait de sa démission lui est refusé pour « vices de formes » le [20].

Il paie aussi son refus de donner au pouvoir russe les données d'opposants politiques utilisant VKontakte[4].


Pavel Dourov décide, dès le lendemain, de quitter le pays et de rendre sa carte d’identité russe par la même occasion. Végétarien affirmé, se définissant comme un libertarien, il est depuis cette date citoyen des îles Saint-Christophe-et-Niévès, une fédération d’îles des Caraïbes.

Fondateur de Telegram[modifier | modifier le code]

La vente de ses parts de VKontakte (13 %) lui rapporte 300 millions de dollars, qu'il met à profit pour créer la messagerie Telegram, avec son frère, un mathématicien[4].

Distinctions[modifier | modifier le code]

En 2021, le média Politico le classe parmi les 28 personnalités européennes les plus puissantes d'Europe. Il est numéro un de la catégorie « disrupteurs »[21].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Why Telegram has become the hottest messaging app in the world », sur The Verge (consulté le )
  2. (it) « Pavel Durov: "La Russia non è più un paese per Internet », sur La Repubblica,
  3. « Is Pavel Durov, Russia's Zuckerberg, a Kremlin Target? », sur BloombergView (consulté le )
  4. a b c et d Pascal Grandmaison, « Pavel Durov, l'homme des messages chiffrés », Le Figaro Magazine, semaine du 7 septembre 2018, p. 22-23.
  5. Danny Hakim, « Once Celebrated in Russia, the Programmer Pavel Durov Chooses Exile », The New York Times,‎ (ISSN 0362-4331, lire en ligne, consulté le )
  6. (en) « The Top 30 Russian internet business people », sur www.gigaom.com,
  7. (en) « Durov, Out For Good From VK.com, Plans A Mobile Social Network Outside Russia », sur Techcrunch,
  8. (en) « Vkontakte Founder Pavel Durov Becomes Citizen of St. Kitts and Nevis », sur The Moscow Times,
  9. « journal officiel de la république française », sur www.legifrance.gouv.fr (consulté le )
  10. « Pavel Dourov, l'enfant terrible du Web russe », (consulté le )
  11. « Pavel Durov, prophète libertarien de l’ Internet russe », Business Herald (consulté le )
  12. (en) Anthony Bond, « Russia’s Zuckerberg, 27, folds notes into paper aeroplanes and spends weekend throwing them from his window (until people were acting ‘like animals’) », Daily Mail, (consulté le )
  13. a et b (en) « The Kremlin social media takeover », sur New-York Times,
  14. (en) « Durov's Channel », sur Telegram (consulté le )
  15. (en) « Russia’s Zuckerberg, 27, folds notes into paper aeroplanes and spends weekend throwing them from his window », sur Daily Mail,
  16. « Rebelle, libertarien : Pavel Dourov, créateur de la sulfureuse appli Telegram », sur L'Obs (consulté le )
  17. « Pavel Dourov, le fondateur du "Facebook russe", a quitté la Russie », sur RTBF Info, (consulté le )
  18. Thomas Gras, « Chez VKontakte à Saint-Pétersbourg », sur Le Courrier de Russie, (consulté le )
  19. (en) « Pavel Durov in big trouble », sur Business Insider,
  20. « Pavel Durov dit niet à Moscou », sur www.latribune.fr,
  21. (en-US) « POLITICO 28 », sur POLITICO, (consulté le )

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]