Nittel Nacht

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La Nittel Nacht (yiddish : ניטל נאַכט) est une « contre-fête » apparue en Europe de l’Est au XVIIe siècle ou peut-être un siècle plus tôt, tenue lors du réveillon de Noël.

Témoignant des relations conflictuelles entre juifs et chrétiens, donc largement abandonnées de nos jours hormis par les hassidim, elle consiste en une série de coutumes visant à créer dans les maisons juives l’atmosphère exactement inverse à celle qui sied lors d’une fête traditionnelle.

La Nittel Nacht dans les sources juives[modifier | modifier le code]

Le terme Nittel est utilisé, avec des graphies variées, par diverses autorités médiévales, qui prescrivent de s’abstenir des relations commerciales avec les chrétiens aux alentours de Noël. Ainsi, Moïse de Coucy citant d’une part les traités Avoda Zara et Baba Qama et d’autre part leurs commentaires par Rachi et le Rashbam, précise que le « jour de leur abomination » se réfère spécifiquement à Niṭṭe"l (ניט"ל) et Kissa"h (קיס"ח), soit Noël et Pâques (Sefer miṣwot haggadol, t. 1, Venise, 1547, p. 10a, 2e colonne, lignes 5-13). Leur interprétation figure également en note d’une édition de Mishné Torah de Maïmonide (Venise, 1524, p. 28a, note B, lignes 1-5), mais Nittel est écrit ici ניתל avec un tav (et non un teth). L’origine du terme est tout aussi ambiguë — le mot proviendrait soit du latin : dies natalis[1], initialement écrit avec un tet en vertu des usages de transcription pour la lettre t d’une langue étrangère avant d’être remplacé par un tav par assimilation phonétique. L’auteur de la note au code de Maïmonide, qui écrit Nittel avec un tav, semble l’associer à Nitla (« pendu »), faisant ici un jeu de mots avec Hattalouï (« le pendu »), de même que le principal recueil de lois et prières de l’époque (Mahzor Vitry, 2e partie, Jérusalem 1963, p. 768, lignes 12-19). Il semble cependant s’agir d’une étymologie populaire, parmi d’autres :

  • Niṭṭel proviendrait de Niṭal (« il a été pris/enlevé ») et Nittel Nacht se traduirait par « la nuit où cet homme [Jésus] a été enlevé ».

La première mention des coutumes observées lors de la Nittel nacht apparaît dans les écrits du Maharsha, bien que le nom de la contre-fête n’y figure pas.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (he) Yom Tov Lipinski, « ʿAl hafolklor beleil ha"niṭṭel" » (consulté le 24 février 2017)

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]