Jeûne de Guedalia

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Jeûne de Guedalia
Image illustrative de l'article Jeûne de Guedalia

Nom officiel Tzom Guedalya (צום גדליה)
Autre(s) nom(s) Jeûne du septième mois
Observé par le judaïsme rabbinique et le karaïsme
Type jeûne
Signification Commémoration de l’assassinat du dernier gouverneur judéen après la destruction de Jérusalem par Nabuchodonosor II.
Commence le 3 ou le 4 tishrei, à l'aube
Finit le même jour, au coucher du soleil
Date 2013 8 septembre
Observances Jeûne du matin au soir.

Le jeûne de Guedalia (hébreu : צום גדליה Tzom Guedalya) est, dans le judaïsme rabbinique, l’un des quatre jeûnes institués par les prophètes.

Correspondant selon la tradition rabbinique au « jeûne du septième mois » évoqué dans le Livre de Zacharie, il commémore l’assassinat du gouverneur de Judée, survenu dans les suites de la destruction de Jérusalem par Nabuchodonosor II.

Observé par un jeûne depuis l'aube au crépuscule sans autre restriction d’activité, il se tient le 3 ou le 4 tishrei, au cours des dix jours de pénitence.

Le jeûne de Guedalia dans les sources juives[modifier | modifier le code]

Dans la Bible hébraïque[modifier | modifier le code]

Guedalyahou ben Ahikam descend de dignitaires au service du roi Josias[1]. Après la destruction du premier Temple et la déportation de l’élite judéenne à Babylone, il est nommé par Nabuchodonosor II à la tête de ce pays décapité[2].

Sous sa gouvernance, le prophète Jérémie est libéré[3] et le pays recommence quelque peu à prospérer[4]. Cependant, au « septième mois », Yishma'el ben Netanya, de lignée royale, se rend avec dix hommes dans les quartiers de Guedalia à Mitzpa[5]. Celui-ci, averti par Yohanan ben Kareah que le roi d'Ammon a excité Yishma'el contre lui, refuse d’y prêter foi[6]. Cependant, Yishma'el et ses hommes le frappent à mort ainsi que les Judéens et Chaldéens qui l’entourent. La province de Judée connaît alors un exode massif de sa population vers l’Égypte, par crainte de représailles babyloniennes[7].

Dans la littérature rabbinique[modifier | modifier le code]

Selon les Sages, le « jeûne du septième mois » évoqué par Zacharie[8] commémore cet assassinat politique. Il a lieu au troisième jour du mois de tishrei, septième mois selon le calendrier en vigueur dans la Bible, et aurait pour but d’enseigner que la mort des justes a, en termes de malheurs, le même poids que l’incendie du Temple de Jérusalem[9].

Cet enseignement talmudique est repris par Moïse Maïmonide[10]. David Kimhi suggère cependant que le meurtre eut lieu le 1er tishrei et que le jeûne fut reporté au lendemain de Roch Hachana car il est interdit de jeûner lors d’un jour férié[11].

Observance du jeûne de Guedalia dans le judaïsme rabbinique[modifier | modifier le code]

Le jeûne de Guedalia est, comme les autres jeûnes publics mineurs, observé de la pointe de l’aube au coucher du soleil[12] et il est permis de manger pendant la nuit qui précède[13].
Il doit être observé par les mariés dans la semaine qui suit leur mariage[14] mais les femmes enceintes ou allaitantes et les malades en sont dispensés[15].

Ce jeûne a, comme Yom Kippour, pour but d'inciter au repentir[16] mais, à la différence de ce dernier et, théoriquement, du 10 tevet, il doit être repoussé au dimanche suivant s’il coïncide avec un chabbat[17], ce qui se produit lorsque le premier jour de Roch Hachana a lieu jeudi[18].

Comme lors des autres jeûnes publics (à l’exception de Yom Kippour), la bénédiction Anenou (« réponds-nous ») est intercalée dans les prières du matin et de l'après-midi. Elle est incluse dans la bénédiction shomea tefilla lors de la prière individuelle et récitée séparément par l’officiant au cours de la répétition de la prière[19].

Le jeûne ayant lieu lors des dix jours de pénitence, des passages spécifiques à ceux-ci (dont le psaume 130) sont lus. La prière du Tahanoun inclut des selihot (poèmes liturgiques implorant le pardon divin) spécifiques au jour. L’Avinou Malkenou est lu tant du fait du jeûne que des dix jours de pénitence. Trois hommes sont appelés pour la lecture de la Torah dans la parasha (section de lecture) vayehal Moshe (Exode 32:11-14 & 34:1-10), dans laquelle Moïse intercède en faveur de son peuple après la faute du Veau d'or[19].

Lors de l'office de l'après-midi, les rites ashkénaze, sfard, géorgien et italien font suivre cette lecture de la haftara (section de lecture dans les Livres prophétiques) Darshou Hashem (Isaïe 55:7 - 56:8)[19].

Observance du jeûne du quatrième mois dans le karaïsme[modifier | modifier le code]

Les Karaïtes, membres d'un courant juif rejetant l'autorité de la Torah orale, contestent les enseignements rabbiniques.
Ils considèrent que les propos de Zacharie font référence au jeûne mentionné en Néhémie 9:1, qui a lieu le 24 tishrei et servait à l’origine d’expiation pour avoir pris des concubines étrangères[20].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. 2 Rois 22:3-12
  2. 2 Rois 25:23-24
  3. Jérémie 39:14-15
  4. Jérémie 40:10-12
  5. 2 Rois 25:25
  6. Jérémie 40:13-16
  7. 2 Rois 25:25-26 & Jérémie 41:17-18
  8. Zacharie 8:19
  9. T.B. Roch Hachana 18b
  10. Mishné Torah, sefer Zemanim, hilkhot ta'anit 5:2
  11. Rada"k, commentaire sur Jérémie 41:1
  12. R' Yossef Karo, Choulhan Aroukh Orah Haïm 549-550 & 561-562
  13. R' Shlomo Ganzfried, Kitsour Choulhan Aroukh chap. 121, § 8 (121:8)
  14. ibid. 121:7
  15. ibid. 121:9
  16. ibid. 121:1
  17. ibid. 121:6
  18. D. Kirsch, « Who Was Gedaliah ? », sur My Jewish Learning (consulté le 16 janvier 2010)
  19. a, b et c Davar yom beyomo, in siddour Rinat Israël, pp. 544-545, éd. Moreshet, Bnei Brak 1984
  20. Y. Geller, « Emor 5760/2000 », sur Bar-Ilan University