Le Moucherotte

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Le Moucherotte
Vue du Moucherotte depuis le bas de Seyssinet-Pariset.
Vue du Moucherotte depuis le bas de Seyssinet-Pariset.
Géographie
Altitude 1 901 m[1]
Massif Massif du Vercors (Alpes)
Coordonnées 45° 08′ 51″ N 5° 38′ 22″ E / 45.1475, 5.6394445° 08′ 51″ Nord 5° 38′ 22″ Est / 45.1475, 5.63944[1]
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Rhône-Alpes
Département Isère
Ascension
Voie la plus facile Depuis Saint-Nizier-du-Moucherotte
Géologie
Roches Calcaires
Type Crêt

Géolocalisation sur la carte : Isère

(Voir situation sur carte : Isère)
Le Moucherotte

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Le Moucherotte

Le Moucherotte est un sommet du département français de l'Isère culminant à 1 901 mètres d'altitude dans le massif du Vercors, dans les Alpes. Il est composé de calcaires.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Géographie[modifier | modifier le code]

Situation[modifier | modifier le code]

Vue du Moucherotte depuis le fort du Rabot.

Le Moucherotte est situé dans le Sud-Est de la France, dans la région Rhône-Alpes et le département de l'Isère. Son sommet se trouve à la jonction des communes de Saint-Nizier-du-Moucherotte, Seyssins et Claix ; ses pentes s'étendent jusqu'à Seyssinet-Pariset au nord-est et Lans-en-Vercors au sud-ouest[1]. Il domine la vallée du Drac et l'agglomération de Grenoble, à moins de dix kilomètres au nord-est, alors que Lyon est à près de cent kilomètres au nord-ouest.

Il fait partie du massif préalpin du Vercors, dont il est le sommet le plus oriental, mais également le plus septentrional de la longue crête qui parcourt le massif du nord au sud.

Topographie[modifier | modifier le code]

Le Moucherotte se présente comme une arête orientée du nord au sud et culminant à 1 901 mètres d'altitude. Elle se trouve dans le prolongement septentrional de la Grande roche Saint-Michel qui s'étend au sud jusqu'au col de l'Arc avec les sommets secondaires de la Croix des Ramées, du Grand Cheval (1 827 mètres) et du pic Saint-Michel (1 966 mètres). Au nord il s'abaisse vers les rochers des Trois Pucelles (1 456 mètres pour la plus élevée)[1],[2].

Géologie[modifier | modifier le code]

Le Moucherotte est un crêt constitué dans sa partie supérieure de calcaire urgonien. Il domine à l'est le calcaire hauterivien, puis les calcaires du Fontanil et les roches marno-calcaires du Berriasien. Son versant occidental est composé de calcaire du Sénonien en partie recouvert de molasse et de conglomérats du Miocène[2].

Le versant occidental présente plusieurs glissements de terrain anciens, probablement consécutifs du retrait du glacier qui occupait la vallée lors de la glaciation de Würm[2].

Climat[modifier | modifier le code]

Vue du Moucherotte, sous la neige, depuis Seyssinet-Pariset.

Faune et flore[modifier | modifier le code]

Le Moucherotte abrite une faune riche composée notamment de chamois[3], mouflons et chevreuils. Parmi les oiseaux figurent le Tétras lyre, le Lagopède alpin, l'Aigle royal et le Tichodrome échelette[3].

Les forêts sur les pentes de la montagne sont composées d'épicéas et de Pins à crochets. Des pelouses et landes subalpines sont présentes autour du sommet. Elles abritent l'Aposéris fétide, le Buplèvre des rochers, la Centranthe à feuilles étroites, le Sabot de Vénus, le Cystoptéris des montagnes, le Fusain à larges feuilles, le Gaillet des Alpes occidentales, l'Orchis odorant, l'Avoine soyeuse, la Minuartie à feuilles capillaires, l'Orchis de Spitzel, Polystic à aiguillons, la Primevère oreille d'ours, la Spiranthe d'automne et la Stipe pennée[3].

Histoire[modifier | modifier le code]

Le , durant la Seconde Guerre mondiale, 750 résistants du maquis de Saint-Nizier-du-Moucherotte, parmi lesquels Jean Prévost, le général Roland Costa de Beauregard, le capitaine Brissac et les lieutenants Chabal et Bouchier-Veyrat, se retranchent aux Trois Pucelles mais, devant les assauts lancés par un millier de soldats allemands, se replient sur le Sud-Vercors[4],[5].

Plaque explicative à proximité du sommet.

En 1955, Jean Zucchetta, notaire à Aix-en-Provence, obtient un permis pour la construction d'un hôtel au sommet et d'une remontée mécanique[6]. La télécabine, gérée par la Société du téléférique (orthographe jouant avec le mot « féérique ») de Saint-Nizier-du-Moucherotte, est inaugurée le en présence du préfet de l'Isère Francis Raoul[7],[8],[9]. La ligne, construite et équipée par les entreprises Applevage et Pomagalski, s'étend sur une longueur de 2 500 mètres et 700 mètres de dénivelé, dispose d'une longueur de câble de 5 000 mètres, présente une vingtaine de pylônes et porte 28 cabines en aluminium[7]. Le trajet entre la gare de départ, à 1 190 mètres d'altitude au sud du bourg, et la gare sommitale s'effectue en treize minutes[4],[9]. Une partie des matériaux est acheminée au sommet par la télécabine. L'hôtel Ermitage ouvre finalement à Noël 1959[4]. Il est équipé de plus de 25 chambres luxueuses, dont deux suites[4],[6]. Véritable nid d'aigle dont le profil se détache depuis la vallée, il est apprécié de nombreuses célébrités, comme Luis Mariano, Dalida, Charles Aznavour et Brigitte Bardot[6],[7],[9]. Cette dernière y tourne même, en compagnie de Claude Brasseur et Mireille Darc, quelques scènes du film de Roger Vadim La Bride sur le cou, en 1961[4],[6],[9]. Toutefois, l'hôtel est peu rentable et la télécabine ne peut fonctionner dès que le vent dépasse 60 km/h, contraignant les clients à séjourner plus que désiré[4],[6],[7],[9]. Un accident se produit d'ailleurs en 1972, avec le décrochage d'une cabine en gare amont, ne causant que quelques blessures légères[9]. De plus, la piste de ski descendant du sommet, d'une longueur de trois kilomètres, est étroite et reste mal adaptée malgré les travaux entrepris à l'occasion des Jeux olympiques d'hiver de 1968[6],[9]. Jean Zucchetta souhaite profiter de cet événement pour mener à bien son projet, qui prévoit la construction d'une chapelle, d'une dizaine de chalets individuels, d'une patinoire et d'une piscine autour de son hôtel. La Société d'aménagement foncier et d'établissement rural oppose son veto en raison de la situation financière[9]. L'hôtel ferme ses portes en 1974[6],[7],[9] ou 1975[4] et la télécabine cesse de fonctionner en 1977[7],[9]. Le câble de la remontée mécanique est démonté à la fin des années 1990. Après de nombreux vandalismes, l'hôtel ainsi que la gare amont sont démantelés en 2001 et le site est rendu à la nature[4],[6],[7],[9]. La gare aval est détruite l'année suivante[9].

Lors des Jeux olympiques d'hiver de 1968, l'épreuve du saut à ski se tient sur le tremplin de 90 mètres construit à l'ouest des Trois Pucelles, à l'extrémité septentrionale du Moucherotte. Donnant l'impression de voler vers Grenoble, il est alors considéré comme l'un des plus beau au monde. Dans les années 1980, il nécessite de fréquents et coûteux travaux de remise aux normes[9]. Le , Alain Prieur y bat en public le record du saut en longueur à moto avec une distance de 84,30 mètres[10]. Le tremplin n'est plus utilisé depuis 1990 et s'est fortement délabré. En 2001 et 2002, son enceinte a accueilli, à l'instigation du Palais des sports de Grenoble et de Nicolas Vouilloz, une compétition de vélo tout terrain[9].

De juin à octobre 2014, après deux ans d'étude portant sur plusieurs sites potentiels essentiellement dans le sud de la chaîne de Belledonne et le massif du Taillefer, est construit au sommet du Moucherotte le 28e radar hydrométéorologique en France. Il permet un suivi sur les Alpes du Nord, jusqu'alors plus vaste zone non couverte sur le territoire national. Son utilisation en montagne est rendue possible par l'utilisation de la bande X à double polarisation et mode doppler. Les travaux ont permis de moderniser les installations autour du relais hertzien préexistant du ministère de la Défense[11],[12],[13].

Activités[modifier | modifier le code]

Randonnée[modifier | modifier le code]

Vue du sommet du Moucherotte depuis la voie normale.

La voie normale du Moucherotte part du village de Saint-Nizier-du-Moucherotte, au nord. Après quelques centaines de mètres, elle est rejointe par le sentier écologique[14], qui démarre un peu plus bas, du pied du tremplin, par une série de lacets à l'ouest des Trois Pucelles[15]. Elle emprunte alors le GR 91 jusqu'au sommet en restant sur le versant occidental, la plupart du temps en forêt[1],[14]. Il est également possible de suivre l'ancienne piste de ski, dont quelques portions sont confondues[9], pour une marche un peu plus exposée le long de la crête[1]. Le dénivelé est d'environ 740 mètres pour 3,9 kilomètres de long[14]. L'abri du Moucherotte se trouve à l'embranchement du GR et de l'ancienne piste, à 1 836 mètres d'altitude au nord-ouest du sommet ; il est en bon état mais fréquemment fermé et ne permet pas de faire du feu[16].

Depuis le dernier virage en épingle de la route département 106, avant d'arriver au village, part le sentier de la Vie qui s'engage dans le versant oriental du Moucherotte en longeant la doline du Trou Poussebou puis à travers le couloir est des Trois Pucelles, puis remonte plein sud à travers le bois du même nom. Au pied du rocher de Château-Bouvier (1 543 m), le sentier oblique vers le nord-ouest et emprunte le vallon des Forges jusqu'à l'ancienne piste de ski. La fin de la montée se fait par la voie normale[1],[17]. Autrement, au rocher de Château-Bouvier, il est possible de continuer vers la grotte Vallier jusqu'à l'épaulement, pour basculer dans la face orientale du Moucherotte. Il est nécessaire de franchir quelques ressauts, parfois équipés de câbles, quelques dalles et des pierriers pour parvenir à la table d'orientation[1],[17],[18]. Le dénivelé est de 900 mètres[17]. Il est possible de rejoindre Château-Bouvier au départ du hameau de Cossey, à Claix, en passant par le rocher du Châtelard (1 112 m)[1],[19]. Dans ce cas, le dénivelé jusqu'au sommet est de 1 430 mètres[19].

Table d'orientation et vue sur les crêtes du Vercors en direction du sud.

Par le sud, il est possible de gravir le Moucherotte au départ du stade de neige de Lans-en-Vercors par le GR 91, le long d'une large piste qui se transforme en sentier en débouchant dans les alpages des Ramées[1],[20]. Cet itinéraire ne présente que 530 mètres de dénivelé sans difficulté, mais une longueur de 12,3 kilomètres[20]. Il est également possible de partir du hameau de Furon, au pied de la route menant à la station, en empruntant le GR de Pays du Tour des Quatre Montagnes, qui rejoint le GR 91 au niveau des alpages[1]. Un peu en amont de cet embranchement, à 1 620 mètres d'altitude, se situe le habert des Ramées ; l'intérieur est rustique mais dispose d'une cheminée et d'un espace pour six à huit couchages en mezzanine[21]. Le plateau des Ramées est également accessible au départ de la route forestière sur le versant occidental, en passant par le pas de l'Échelle, dit aussi pas de la Bergère[1],[22].

Escalade[modifier | modifier le code]

La paroi nord-est du Moucherotte, à l'aplomb du vallon des Forges, comporte deux voies d'escalade.

Spéléologie[modifier | modifier le code]

La grotte Vallier, située vers 1 700 mètres d'altitude, est explorée par les spéléologues jusqu'à près de 400 mètres de profondeur. Le début de la cavité présente des galeries étroites dans lesquelles il est difficile de s'orienter. Par la suite, les boyaux s'élargissent et il faut descendre deux puits, de respectivement dix mètres et trente mètres en pendulaire pour atteindre une lucarne. Les différentes galeries débouchent sur quelques salles, avant d'atteindre le puits principal, surnommé « Black hole » (« trou noir »), d'une hauteur de cent mètres. Au fond, les parois sont couvertes de fleurs de gypse en aragonite. Le réseau se rétrécit de nouveau et la progression doit se faire par quelques puits remontants pour atteindre le labyrinthe de diaclase marquant la fin de l'exploration[23],[24],[25].

Le scialet des Ramées, dit aussi scialet Dominique, a connu quelques prospectives au début des années 1990 puis des travaux de désobstruation ont repris au printemps 2012[26],[27].

Protection environnementale[modifier | modifier le code]

Le Moucherotte fait partie du parc naturel régional du Vercors, qui a été créé en 1970 et couvre depuis la révision de sa charte en 2009 2 062 km2. Le sommet fait également l'objet d'un classement en zone naturelle d'intérêt écologique, faunistique et floristique (ZNIEFF) de type I, qui s'étend sur 471,2 hectares des Trois Pucelles jusqu'au trou Saint-Michel en incluant les alpages le long de la crête[3].

Culture populaire[modifier | modifier le code]

L'abbé Guétal et Ernest Hareux sur le chemin du petit séminaire du Rondeau.

Le Moucherotte apparaît sur deux toiles du peintre paysagiste Ernest Victor Hareux, l'une de 60 × 35 cm intitulée L'abbé Guétal et Ernest Hareux sur le chemin du petit séminaire du Rondeau en 1892[28], l'autre de 24 × 15,5 cm intitulée Chemin du petit séminaire, le soir[29], présentant une grande ressemblance.

Annexes[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k et l Cartes IGN disponibles sur Géoportail.
  2. a, b et c Le Moucherotte, Trois Pucelles, Saint-Nizier, geol-alp.
  3. a, b, c et d [PDF] Crêtes des Trois Pucelles à la Grande Moucherolle ZNIEFF de type I no  régional : 38230006, Inventaire des zones naturelles d'intérêt écologique, faunistique et floristique, 2e édition, 2007.
  4. a, b, c, d, e, f, g et h Cartes postales de Saint-Nizier-du-Moucherotte.
  5. Musée de la Résistance - Nécropole de Saint-Nizier-du-Moucherotte.
  6. a, b, c, d, e, f, g et h Le Moucherotte et l'hôtel Ermitage.
  7. a, b, c, d, e, f et g [PDF] Le Moucherotte - Vercors, 15 avril 2011.
  8. Saint Nizier - Grenoble 1968.
  9. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n et o Saint-Nizier : la belle époque.
  10. (es) No Mirando a Nuestro Daño
  11. Un radar hydrométéorologique au sommet du Moucherotte, 9 juin 2014.
  12. [PDF] Dossier d’information sur le projet de radar météorologique à Saint Nizier du Moucherotte, Météo-France Direction Interrégionale Centre-Est, avril 2013
  13. Projet de radar météorologique à Saint-Nizier-du-Moucherotte, Observatoire savoyard de l'environnement.
  14. a, b et c Le Moucherotte : Voie normale depuis Saint-Nizier-du-Moucherotte, camptocamp.org.
  15. Le Moucherotte : Par le sentier écologique, camptocamp.org.
  16. Abri du Moucherotte 1836 m (cabane non gardée), refuges.info.
  17. a, b et c Le Moucherotte : Face E (estival) - depuis le tremplin, camptocamp.org.
  18. Moucherotte – par la face Est, grenoble-montagne.com.
  19. a et b Le Moucherotte : Boucle Face E - Vallon des Forges depuis Cossey, camptocamp.org.
  20. a et b Le Moucherotte : Par la crête S, camptocamp.org.
  21. Habert des Ramées 1620 m (cabane non gardée), refuges.info.
  22. Le Moucherotte : boucle par le pas de la bergère et l'arête S, camptocamp.org.
  23. Grotte Vallier, Spéléos grenoblois du Club alpin français, 6 janvier 2012.
  24. Grotte vallier, mont Moucherotte, Vercors, Activités spéléologiques du CAF d'Albertville, 26 mars 2012.
  25. Grotte vallier, Au cœur de la Terre.
  26. Prospection sur le plateau des Ramées, Association Spéléo Vercors, 29 mai 2012.
  27. 17/06/12 désob et visite de trou sur les Ramées, Association Spéléo Vercors, 17 juin 2012.
  28. L'abbé Guétal et Ernest Hareux sur le chemin du Petit Séminaire du Rondeau par Ernest Victor Hareux.
  29. Chemin du petit Séminaire, le soir par Ernest Victor Hareux.