Marion Leboyer

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Marion Leboyer
Biographie
Naissance Voir et modifier les données sur Wikidata
Thématique
Formation Université Paris-DescartesVoir et modifier les données sur Wikidata
Profession psychiatre et professeure des universités – praticienne hospitalière
Employeur Université Paris-Est-Créteil-Val-de-Marne, Institut national de la santé et de la recherche médicale, Assistance publique – Hôpitaux de Paris et HudsonAlpha Institute for Biotechnology (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Distinctions Chevalier de la Légion d'honneur‎ (d) ()Voir et modifier les données sur Wikidata
Données clés

Marion Leboyer est une psychiatre française d'orientation neuroscientifique, professeure des universités – praticienne hospitalière exerçant à Paris XII et responsable du pôle de psychiatrie et d’addictologie du Centre hospitalier universitaire Henri-Mondor depuis . Ses travaux portent principalement sur les troubles bipolaires, la schizophrénie et l'autisme de haut niveau de fonctionnement[1]. Elle est également responsable du laboratoire de Psychiatrie Translationnelle (Inserm U 955, équipe 15 de l'Institut Mondor de Recherche Biomédicale).

Elle dirige la Fondation FondaMental, une fondation de coopération scientifique en santé mentale, crée en juillet 2007[1] par le Ministère de la Recherche et de la Santé. Elle travaille pour le renforcement de la recherche clinique et fondamentale en psychiatrie ainsi que pour une meilleure prise en charge en ce domaine. Elle est devenue membre du Haut Conseil de la science et de la technologie en 2009[2].

Prix et distinctions[modifier | modifier le code]

Publications[modifier | modifier le code]

Elle a collaboré à plus de 300 articles internationaux et articles de revue depuis 1984 avec un indice h de 59[5] et à plus de[évasif] 10 ouvrages[réf. nécessaire].

Elle a notamment participé à des recherches sur les facteurs de vulnérabilité génétique et environnementaux des maladies mentales (en particulier dans les troubles bipolaires) et de l'autisme, à l'identification des phénomènes immuno-inflammatoires dans différentes pathologies psychiatriques, à la mise en évidence des anomalies de différents circuits en imagerie cérébrale et à la réalisation de différents essais cliniques, en particulier avec l'ocytocine dans l'autisme publiées dans la revue PNAS [6].

Prises de position[modifier | modifier le code]

Elle estime que la psychiatrie française n'est pas assez spécialisée, et souhaite le développement d'unités spécialisées[7]. À cet égard, elle a contribué à la création de plusieurs réseaux nationaux de centre experts, structures multidisciplinaires, spécialisées, plateformes de soins et de recherche dans le domaine des troubles bipolaires, de la schizophrénie, de la dépression résistante, et de l'autisme de haut niveau de fonctionnement. Partenaire de nombreuses recherches sur l'impact économique des maladies mentales, elle a contribué à montrer que ces maladies mentales ont un impact économique important (109 milliards d'euros par an en France) principalement dû aux coûts indirects, alors que l'investissement dans la recherche qui pourrait permettre de réduire l'impact sociétal et économique de ces maladies, et en améliorer le pronostic, est trop faible en France (2 % du budget de la recherche biomédicale, contre 7 % au Royaume-Uni et 11 % aux États-Unis).

La page consacrée au projet InFor-autism[8], sur le site Web de la Fondation Fondamental, définit les « Troubles du Spectre Autistique » comme une « maladie », et propose un « suivi de cohorte sur deux ans de patients, de sujets sains et d’apparentés (parents, frères ou sœurs des patients inclus dans l’étude) » afin « d’étudier et de distinguer les profils cliniques et cognitifs des patients, de rechercher des biomarqueurs (cliniques, neuro-anatomiques, immunologiques, biochimiques…) stables dans le temps et d’identifier les facteurs génétiques impliqués dans l’autisme ». Le , une vidéo de Marion Leboyer sur Youtube[9] dévoile le projet InFoR-autism en partenariat avec l'Inserm et l'Institut Roche. Marion Leboyer y énonce le projet de chercher un « traitement curatif » pour l'autisme. Cette prise de position semble aller à l'encontre du mouvement de reconnaissance des Troubles du Spectre de l'Autisme en tant qu'ensemble de handicaps (et non comme pathologie), tels que définis notamment par la Loi pour l'égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées (), commentée par l'association Autisme France dans un document[10] de mettant en avant la difficulté actuelle pour les MDPH de reconnaître l'autisme autrement que comme trouble psychique, en raison de la « toute-puissance » des médecins dans les réunions d'équipes pluridisciplinaires, ainsi que les pressions rencontrées par les parents d'enfants autistes poussés à chercher un « soin » pour leur enfant avant de le faire scolariser. En outre, la Haute Autorité de santé rappelle dans ses Recommandations de Bonnes Pratiques pour l'autisme, publiées en , qu'« aucun traitement médicamenteux ne guérit l’autisme », mais qu'il est possible de chercher des traitements pour les troubles associés[11].

Controverse[modifier | modifier le code]

D'après la journaliste Olivia Cattan, Marion Leboyer a connaissance des essais thérapeutiques sauvages menés par les médecins du groupe Chronimed sur des enfants autistes, puisqu'elle en parle lors d'une déclaration au Sénat en 2017 ; Cattan interroge « comment un chercheur peut « accréditer » en quelque sorte les résultats de ces « traitements » alors qu’ils n’ont pas été « randomisés » et qu’ils ont été pratiqués sans aucune recommandation ni autorisation des grandes instances sanitaires ? »[12].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c et d « Madame Marion LEBOYER », École des neurosciences Paris-Île de France, .
  2. « Décret du 15 octobre 2009 portant nomination du président, de la vice-présidente et des membres du Haut Conseil de la science et de la technologie »
  3. Décret du 31 décembre 2006 portant promotion et nomination (lire en ligne)
  4. « Mogens Schou Awards »
  5. « Leboyer Bio », sur European College of Neuropsychopharmacology (en) : « more than 300 peer-reviewed international publications (H-factor:59) »
  6. « Autisme, nouvel espoir de traitement », Paris Match,‎ (lire en ligne, consulté le 19 janvier 2017)
  7. Éric Favereau, « La maladie mentale concerne tout le monde », Libération, .
  8. « InFoR-Autism (Fondation Fondamental) ».
  9. [vidéo] Disponible sur YouTube.
  10. Bilan de la loi 2005 (sur le handicap cognitif) au 11.02.2015 par l'association Autisme France
  11. Recommandations_autisme_ted_enfant_adolescent_interventions (2012-03) sur www.has-sante.fr
  12. Olivia Cattan, « Autisme : les cobayes de la honte », sur Atlantico.fr (consulté le 11 décembre 2020).

Annexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]