Nos intelligences multiples

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Nos intelligences multiples
Auteur Josef Schovanec
Pays Drapeau de la France France
Genre Essai
Version originale
Langue français
Version française
Éditeur Éditions de l'Observatoire
Lieu de parution Paris
Date de parution
Nombre de pages 192
ISBN 979-10-329-0096-3
Chronologie

Nos intelligences multiples est un essai écrit par Josef Schovanec, paru le aux éditions de l'Observatoire. Inspiré par la théorie des intelligences multiples d'Howard Gardner, il est principalement consacré à la défense de l'intelligence autiste, constituant une analyse des apports de cette intelligence au cours de l'Histoire, et des sources de la situation de handicap expérimentée par les personnes autistes.

Résumé[modifier | modifier le code]

Josef Schovanec, auteur de Nos intelligences multiples

Josef Schovanec explore la question de savoir « ce que signifie être intelligent »[1], ainsi que les notions de « différence » et de « normalité »[2]. Il détaille en particulier le « poids des normes » dans la vie quotidienne des personnes dotées d'une intelligence atypique[3], ainsi que la création des tests de mesure du quotient intellectuel dans le but de catégoriser les personnes. Il témoigne avoir voulu illustrer « l'existence d'autres mondes » à travers son ouvrage[4], de même que la façon dont « la diversité de nos façons de fonctionner est un atout majeur, sinon le grand atout pour imaginer, créer un monde meilleur, que ce soit dans les domaines littéraire, culturel ou scientifique »[4].

Il analyse le phénomène d'« homogénéisation du monde » depuis le XVIIIe siècle[2], et détaille la présence d'adultes autistes dans les universités allemandes jusqu'au milieu du XXe siècle comme étant facteur de succès de ces dernières, en particulier dans les domaines de l'épistémologie et de la philologie[5].

Il évoque le syndrome de Peter Pan, qualificatif souvent posé aux personnes autistes, surtout les garçons, qui refusent de vivre avec leur temps[6]. Interrogé à ce sujet sur France Culture, Josef Schovanec souligne la méconnaissance de l'autisme en France[7].

Il prédit la disparition future des personnes autistes, « les mondes de l'autisme ne dureront pas éternellement »[8], notamment quand un test de dépistage sera disponible : « le jour où un test de dépistage prénatal sera disponible, la messe sera dite »[9].

Éditions[modifier | modifier le code]

Le grand format est paru le aux éditions de l'Observatoire[10].

  • Josef Schovanec, Nos intelligences multiples, éditions de l'Observatoire, (ISBN 979-1032900963)

Analyse[modifier | modifier le code]

D'après Bernard Dugué, le procédé employé par l'auteur est « subtil », puisque Josef Schovanec ne place pas l'autisme sur le plan du « décalage radical face aux « gens normaux » », mais déplace son champ d'analyse vers le monde « non autiste » pour en souligner les similitudes, et met en évidence des particularités de cognition communes aux personnes autistes chez des personnalités telles que Mircea Eliade et Martin Heidegger[11].

Dugué décrit le style d'écriture comme « un peu brutal, direct, avec des paragraphes égrainés » et « de longues phrases »[11].

Réception[modifier | modifier le code]

Dans Les Échos, Yann Verdo qualifie ce livre de « bel éloge de la différence » et de « vibrant plaidoyer contre la « vision hiérarchique et prétendument scientifique de l'intelligence » », rédigé avec « érudition et humour »[3]. D'après Bertrand Devevey, qui recommande l'ouvrage comme « excellent » sur Atlantico, ce livre démontre que « nous devons beaucoup aux passions radicales des autistes dits de « haut niveau » et leur apport est encore plus indispensable aujourd'hui »[2]. Il souligne une « érudition exceptionnelle » servie par une « écriture riche et inhabituelle », ainsi qu'un humour situé « entre plaidoyer et autodérision », et des qualités de vulgarisation[2]. Il regrette la difficulté d'accessibilité de l'écriture contenant de nombreuses digressions, et un enchaînement d'idées parfois difficile à suivre[12]. Il conclut que « cet exercice est vivifiant autant que dérangeant », et que l'« on n'en sort pas indemne »[12].

Dans Grazia, la journaliste Marguerite Baux qualifie cet essai de « brillantissime », et estime que le contenu de ce livre en fait une « véritable expérience et de Schovanec un héritier de Montaigne, observant le monde depuis son retranchement »[13].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Van Reeth 2018, p. 7-9 min.
  2. a b c et d Devevey 2018, p. 1.
  3. a et b Verdo 2018.
  4. a et b Céline Biourge, « "L'autisme est une qualité, pas une maladie", voire "un atout majeur" », RTBF, .
  5. Schovanec 2018, p. 136-142.
  6. Schovanec 2018, p. 52.
  7. Van Reeth 2018, p. 3-4 min.
  8. Schovanec 2018, p. 182.
  9. Pellé-Douël 2018.
  10. https://www.editions-observatoire.com/content/Nos_intelligences_multiples
  11. a et b Dugué 2018.
  12. a et b Devevey 2018, p. 2.
  13. Marguerite Baux, « Livre : Josef Schovanec ou la sagesse incarnée », Grazia,‎ (lire en ligne, consulté le 18 juin 2018)

Annexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Articles[modifier | modifier le code]