Alix de Vergy

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Page d'aide sur l'homonymie Cet article concerne la femme de Eudes III de Bourgogne. Pour la mère du même, femme de Hugues III de Bourgogne, voir Alix de Lorraine. Pour les articles homonymes, voir Alix et Famille de Vergy.
Alix de Vergy
Alix de Vergy.jpg
Titre de noblesse
Duchesse de Bourgogne
Biographie
Naissance
Décès
Famille
Père
Conjoint
Enfant
Blason Ducs Bourgogne (ancien).svg

Ducs de Bourgogne
bandé d'or et d'azur, à la bordure de gueules.

Alix de Vergy (1182-1252), fille de Hugues de Vergy (1141-1217) seigneur de Vergy, et de Gillette de Trainel (ou Traynel), fut duchesse de Bourgogne en devenant la deuxième épouse du duc Eudes III[1].

Famille[modifier | modifier le code]

Alix de Vergy, née en 1182 et décédée entre le 15 février et le 8 mars 1251[2], est la fille de Hugues (1141-1217), membre de la puissante maison de Vergy et seigneur de la citadelle de Vergy ; et de Gillette de Trainel (ou Traynel).

Épouse du duc Eudes III de Bourgogne[modifier | modifier le code]

Le duc Eudes III avait épousé en 1194, en premières noces, Mahaud, fille d’Alphonse, roi de Portugal et veuve de Philippe d'Alsace, comte de Flandre, mort au siège d’Acre en Palestine, mais il fut obligé de s’en séparer pour cause de consanguinité en 1195.

La querelle qui régnait entre le duc de Bourgogne et Hugues de Vergy se ralluma en 1196[3]. L'enjeu était important pour le duc, avec cette forteresse de Vergy réputée à juste titre imprenable et barrant le chemin entre deux de ses plus grosses villes. Un accommodement fut trouvé par lequel le seigneur de Vergy donnait sa fille en mariage au duc Eudes, ce qui fut fait en 1199 et mit fin à la querelle[4]. Pour la dot de sa fille, Hugues donnait le château de Vergy avec toutes les terres qu’il possédait en deçà de la rivière de Tille. En échange, le duc céda à Hugues tout ce qu’il possédait au-delà, avec la seigneurie de Mirebeau, et il l’investit de la charge de sénéchal de Bourgogne, pour la posséder héréditairement.

« Ducissa mater ducis Burgondie[note 1] »[modifier | modifier le code]

Cathédrale Saint-Bénigne. Statue de la flèche représentant Alix de Vergy

Eudes III mourut en 1218 et Alix devint tutrice du jeune duc Hugues IV alors âgé de cinq ans. Elle prit les rênes du gouvernement pour dix ans, jusqu'à la majorité du duc en 1228. Elle s’appliqua à maintenir les droits de son fils et à contenter ses sujets.

Les vassaux les plus élevés vinrent renouveler en ses mains la foi et l'hommage. Elle reçut en 1218 l’hommage de Humbert V, sire de Beaujeu, pour les terres de Belleville et autres qui relevaient du duché. Son amour pour la paix lui fit prévenir en 1225 une guerre prête à s’allumer entre le duc et le dauphin viennois, dont elle acheta les prétentions sur Beaune et Chalon[note 2]. En 1227, elle signa un traité avec le comte de Champagne contre le comte de Nevers. En septembre 1231, elle y jugea un débat entre Guillaume de Champlitte, vicomte de Dijon, et les moines de Cîteaux, au sujet de la terre d'Ouges, et par sa prudence, concilia les parties[5]. Les ducs de Bourgogne avaient alors parmi leurs titres honorifiques celui de chanoine de Saint-Martin de Tours[note 3]. Représentant son fils, elle fut reçue par les chanoines de la Sainte-Chapelle, leur donna à tous le saint baiser en signe de fraternité et les assura de sa protection[6],[note 4].

Après la majorité de son fils, Alix se retira à Lantenay[7], qui lui avait été assigné pour son douaire. « Elle y faisait valoir deux charrues à bœufs et un troupeau de cinq cents moutons »[8]. Elle fit beaucoup de bien à plusieurs maisons religieuses. Elle fut une des plus grandes bienfaitrices de Cîteaux et les Jacobins de Dijon la regardaient comme leur fondatrice. Elle mourut en 1251, âgée de soixante-douze ans, après trente-trois ans de veuvage. Elle fut inhumée à l’abbaye de Cîteaux près de son mari. Son nom apparaît au nécrologe de l'abbaye de Saint-Martin d'Autun: II kal mart. Aalis de Vergy, uxor Odonis, ducis Burg. mater Hugonis ducis[9].

Postérité[modifier | modifier le code]

Le duc de Bourgogne n’eut de sa femme Alix de Vergy qu’un fils qui lui succéda, Hugues, et trois filles[note 5] : Jeanne, l'aînée, qui épousa en 1222 Raoul II, comte d’Eu[note 6], puis Béatrix, femme de Humbert III, seigneur de Thoire-Villars, et enfin Alix de Bourgogne, sans alliance, qui mourut en 1266 et fut inhumée à l’abbaye de Cîteaux[10].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. « Ducissa mater ducis Burgondie » : « Duchesse, mère du duc de Bourgogne ».
  2. Cet arrangement servit de transaction et mit fin aux exigences du dauphin André qui élevait de nouvelles prétentions sur la Bourgogne. André, qui avait été désigné pour succéder à Eudes III quand ce dernier n'avait pas d'enfant, ne pouvait se consoler de la perte de ses droits que causa la naissance d'Hugues. Voir Mémoires de la Commission des Antiquités du Département de la Côte d'Or, p. 18.
  3. Le chapitre de Saint-Martin-de-Tours avait nommé Eudes III chanoine ; titre dont jouirent ses successeurs jusqu'à Philippe-le-Bon. Voir Courtépée 1739, p. 383, vol. 1.
  4. Perard, cité par Béguillet (voir (Courtépée &) Béguillet 1847, p. 137), écrit qu'Alix de Vergy a été reçue chanoine, ce qui n'est guère plausible pour un chapitre canonial d'hommes. Courtépée n'a quant à lui pas mentionné Perard (voir Courtépée 1739, p. 390).
  5. Courtépée & Béguillet 1847, p. 137 indiquent que la duchesse Alix eut trois filles mais ne citent que deux filles : Jeanne, l'aînée qui épousa Raoul II de Lusignan ; et Alix ou Béatrix, la seconde qui mourut en 1266 et fut inhumée à Cîteaux.
    L'art de vérifier les dates indique que la duchesse Alix a eu 3 filles.
    D'autre part, Mautour, p. 221 rapporte l'épitaphe suivante relevée dans le sanctuaire de l'église de Citeaux :

    « Dans le sanctuaire de l'église, sont inhumés sept ducs ou duchesse de Bourgogne, prince et princesse de leur sang. Voici leur épitaphe telle qu'on la lit au-dessus du tableau : Cy-devant le grand autel, entre les places des Diacres et Sous-Diacres, gisent très illustres Princes et Ducs de Bourgogne ODO III de ce nom (Eudes III), lequel décéda l'an 1218. PHILIPPE FILS d'ODO IV Duc de Bourgogne, qui mourut avant son père en l'an 1346. PHILIPPE fils dudit PHILIPPE, qui trépassa à Rouvres en l'âge de 15 ans l'an 1361 auquel la ligne Royale masculine du grand Roy HUGUES CAPET fut interompue en cette haute maison de Bourgogne. On lit encore ce qui suit : Voicy les noms des femmes et filles desdits Ducs. ALIX DE VERGY, femme de ODO III (Eudes III) qui décéda à Lyon l'an 1218, laquelle mourut le 3 MAY 1251. ALIX DE BOURGOGNE, leur fille, qui mourut l'an 1266 sans avoir été mariée. YOLAND DE DREUX, première femme de HUGUES IV fils dudit EUDES ou ODO III Duc de Bourgogne, qui mourut l'an 1272 et est inhumé au mesme lieu avec ladite YOLAND son épouse morte avant luy l'an 1255. »

    La version qu'Alix a été mère de trois filles a été retenue dans cet article.

  6. Jeanne, fille aînée d'Alix de Vergy, mourut sans postérité et fut inhumée dans l’église de l’abbaye de Foucarmont. Voir Histoire de l'Académie Royale des Inscriptions et des Belles Lettres, au chapitre Description historique des principaux monuments de l'abbaye de Cîteaux, p. 222.

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Charles Cawley, « Eudes de Bourgogne », dans « Burgundy duchy - Dukes of Burgundy », ch. 4 : « Dukes of Burgundy (Capet) [956]-1361 », section B : « Dukes of Burgundy 1032-1361 », sur Medlands (consulté le 13 novembre 2017).
  2. Date de décès : à l'époque, la partie de l'année entre le 1er janvier et le jour de Pâques est comptée comme appartenant à l'année précédente selon notre calendrier actuel. Le jour de Pâques en 1252 est le 31 mars ; l'année donnée à l'époque pour date de sa mort est donc 1251.
  3. Garnier 1853, p. 16. [référence à vérifier]
  4. Sylvain Demarthe, « Alix de Vergy et l’architecture religieuse en Bourgogne dans la première moitié du XIIIe siècle », dans BUCEMA (bulletin du centre d'études médiévales à Auxerre), n° 19.2, 2015. DOI:10.4000
  5. Cartulaire de Cîteaux, cité par Mémoires de la Commission des Antiquités du Département de la Côte d'Or, T. 3, Chapitre Le château de Talant, par J. Garnier, p. 223.
  6. Courtépée 1739, p. 390.
  7. Garnier 1736, p. 223, extrait :

    « elle se retira, non comme on l’a dit dans sa métairie de Prenois, mais à Lantenay, ou à Talant, dont l’établissement lui rappelait un époux tendrement aimé »

    .
  8. Claude Courtépée et Béguillet, Description générale et particulière du duché de Bourgogne, vol. 1, Dijon, éd. Victor Lagier, 1847, 452 p. (lire en ligne), p. 137.
  9. Jacques-Gabriel Bulliot, « Extrait du nécrologe de Saint-Martin d'Autun », dans Essai historique sur l'abbaye de Saint-Martin d'Autun, Société Éduenne, impr. Michel Dejussieu, Autun, 1849, p. 381.
  10. A. Duchesne dit qu'Alix de Vergy fut inhumée à l'abbaye de Cîteaux (voir Histoire des Roys Ducs et Comtes de Bourgogne et d'Arles, p. 285), ainsi que Courtépée et Beguillet (voir Courtépée & Béguillet 1847, vol. 1, p. 137).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • J. Garnier, « Le château de Talant », dans Mémoires de la Commission des Antiquités du Département de la Côte d'Or, t. 3, (lire en ligne). Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • A. Duchesne, Histoire des Roys Ducs et Comtes de Bourgogne et d'Arles, 1619.
  • Claude Courtépée, Description générale et particulière du duché de Bourgogne, vol. 1, Dijon, éd. Antoine de Fay, 1739, 532 p. (lire en ligne). Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Claude Courtépée et Béguillet, Description générale et particulière du duché de Bourgogne, vol. 1, Dijon, éd. Victor Lagier, 1847, 452 p. (lire en ligne). Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • * Philibert-Bernard Moreau de Mautour, « Description historique des principaux monuments de l'abbaye de Cîteaux », dans Histoire de l'Académie Royale des Inscriptions et des Belles Lettres, t. 9, Paris, (lire en ligne), p. 193-232.
  • Charles Clémencet, Maur Dantine et Ursin Durand, L'art de vérifier les dates des faits historiques des chartes des chroniques et autres anciens monuments, depuis la naissance de Notre seigneur, t. 11, 1818 (lire en ligne). Document utilisé pour la rédaction de l’article