Gouvernement René Lévesque

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Gouvernement Bourassa Gouvernement Lévesque Gouvernement P.-M. Johnson
30e législature 31e législature 32e législature
1976 1977 1978 1979 1980 1981 1982 1983 1984 1985
Plaque à Québec.

Le mandat du gouvernement de René Lévesque, devenu premier ministre du Québec à la suite de sa victoire à l'élection générale de 1976, s'étendit du au .

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Le gouvernement Lévesque est le premier, depuis les débuts de la Confédération, à avoir comme objectif la souveraineté du Québec. Cependant, il n'a obtenu que 40 % des voix lors de son élection et son engagement premier, durant la campagne électorale, a été de donner un « bon gouvernement ». Dans les trois ans qui suivent, il s'engage donc dans une série de réformes qui, l'espère-t-il, persuadera la population de voter Oui à un référendum sur la souveraineté. Cette période 1977-1980 rappelle par bien des points celle de la Révolution tranquille par ses lois (financement des partis politiques, assurance-automobile, zonage agricole, loi sur la langue, loi anti-scab).

Malgré un taux de satisfaction élevé, le gouvernement perd son référendum sur la souveraineté. Il remporte cependant les élections générales de 1981, en promettant qu'il n'y aura pas un référendum pendant le prochain mandat.

Affaibli par la défaite référendaire, Québec s'engage dans le processus de négociations pour le rapatriement de la Constitution, réclamé par le gouvernement fédéral. Ayant réussi, grâce à une alliance avec les autres provinces, à contrer un rapatriement unilatéral, il est mis de côté dans l'accord conclu à l'automne 1981 entre Ottawa et les provinces anglophones. Celles-ci acceptent le rapatriement de la Constitution, moyennant une clause nonobstant dans la Charte canadienne des droits et libertés. Le Québec refuse de signer cet accord qui réduit ses pouvoirs, notamment en matière linguistique.

Le deuxième mandat est beaucoup plus dur pour le gouvernement Lévesque. Les défaites référendaire et constitutionnelle s'ajoutent à une crise économique se traduisant par un fort taux de chômage et un énorme déficit dans les finances publiques. Il se met à dos les syndicats en coupant les salaires de 20 % pendant trois mois dans la fonction publique et en imposant de nouvelles conventions collectives. Dans les années qui suivent, il n'arrive pas à retrouver ni ses appuis, ni son dynamisme. Lorsque René Lévesque démissionne, il laisse derrière lui un parti affaibli et désorienté, dont la cote de popularité est au plus bas.

Chronologie[modifier | modifier le code]

  • : assermentation du cabinet Lévesque devant le lieutenant-gouverneur Hugues Lapointe.
  • décembre 1976 : le nouveau président de l'Assemblée, Clément Richard, annonce l'abolition de la prière et de la toge à l'Assemblée Nationale, ainsi que la fin de l'interdiction des femmes au titre de page. Le discours inaugural est pour la première fois unilingue français[1].
  • : Lévesque prononce un discours à saveur indépendantiste à l'Economic Club de New-York.
  • : ouverture de la deuxième session de la 31e Législature. Plusieurs lois importantes y sont adoptées; loi sur le financement des partis politiques, loi sur l'assurance-automobile, loi anti-scab. La plus fameuse reste cependant la loi 101 sur la langue, dont le but est de rendre le Québec aussi français que l'Ontario est anglais.
  • 2-: visite de Lévesque en France où il est reçu comme un chef d'État.
  • 22 décembre 1977 : Adoption de la Loi 67 : Loi de l'Assurance-automobile[2].
  • : la compagnie d'assurances Sun Life annonce le transfert de son siège social de Montréal à Toronto. Son prétexte est la loi 101.
  • 1978 : Entente France-Québec sur les frais de scolarité postsecondaires d'étudiants étrangers.
  • janvier 1978 : Les mots Je me souviens remplacent La belle province sur les plaques de licence de véhicules routiers au Québec (initiative de la ministre Lise Payette).
  • 1er mars 1978 : La Régie de l'assurance-automobile commence ses opérations[3].
  • : Claude Ryan devient chef du Parti libéral du Québec.
  • : début de la retransmission en direct des débats à l'Assemblée nationale.
  • : adoption de la loi sur le zonage agricole.
  • : la Commission Pépin-Robarts remet son rapport sur l'unité canadienne. Il préconise entre autres que la question linguistique doit être du ressort des provinces. Mécontent, Trudeau le remise sur les tablettes.
  • : visite du premier ministre français Raymond Barre à Québec.
  • : le conservateur Joe Clark remporte les élections fédérales et dirige un gouvernement minoritaire.
  • : dépôt du livre blanc sur la souveraineté-association.
  • : Lévesque annonce le libellé de la question référendaire: Le Gouvernement du Québec a fait connaître sa proposition d'en arriver, avec le reste du Canada, à une nouvelle entente fondée sur le principe de l'égalité des peuples; cette entente permettrait au Québec d'acquérir le pouvoir exclusif de faire ses lois, de percevoir ses impôts et d'établir ses relations extérieures, ce qui est la souveraineté - et, en même temps, de maintenir avec le Canada une association économique comportant l'utilisation de la même monnaie; tout changement de statut politique résultant de ces négociations sera soumis à la population par référendum; en conséquences, accordez-vous au gouvernement du Québec le mandat de négocier l'entente proposée entre le Québec et le Canada?
  • : Pierre Trudeau remporte les élections fédérales et redevient premier ministre du Canada.
  • : le Non l'emporte au référendum avec 59,6 % contre 40,44 % pour le Oui. Plus de 50 % de l'électorat francophone a voté Non.
  • 12-: la première conférence des premiers ministres sur la Constitution se termine par un échec, à la suite de la publication d'un rapport démontrant que Trudeau a l'intention de la rapatrier unilatéralement advenant un désaccord.
  • : Trudeau annonce son intention de rapatrier unilatéralement la Constitution. Les provinces dissidentes, dont le Québec, contestent la validité de son projet devant la cour de justice.
  • : le Parti québécois remporte les élections générales avec 80 sièges et 49 % du vote. Les libéraux obtiennent 42 sièges et 46 % du vote. L'Union nationale est de nouveau rayée de la carte.
  • : la Cour Suprême énonce que le rapatriement unilatéral est légal mais que sa légitimité est mise en doute tant qu'il n'obtiendra pas l'appui d'une majorité de provinces.
  • 2-: nouvelle conférence des premiers ministres sur la Constitution. Après une nuit de négociations, au cours de laquelle le Québec est exclu, un accord sur le rapatriement intervient entre Ottawa et les 9 provinces anglophones. Le Québec refuse de le signer. C'est ce que l'on appelle la nuit des Longs Couteaux.
  • : le Congrès du P.Q. met au rancart la notion d'association et adopte une résolution énonçant qu'un gouvernement péquiste proclamerait l'indépendance du Québec sans avoir obtenu la majorité absolue, s'il était élu. Lévesque menace de démissionner.
  • : Claude Morin démissionne.
  • : la motion sur l'indépendance est rejetée lors d'un référendum interne dans le P.Q.. Lévesque reste à son poste.
  • : Claude Charron est poursuivi après avoir volé un veston au magasin Eaton de Montréal. Il démissionne quelques mois plus tard.
  • :les négociations dans la fonction publique n'aboutissent pas. Pour combler le trou de 700 millions $ dans le trésor public, Québec menace de couper les salaires de ses employés de 20 % pendant les trois premiers mois de 1983
  • : la loi 105 met fin aux négociations dans le secteur public et impose 109 conventions collectives.
  • et  : grèves illégales dans le secteur public. L'Assemblée nationale adopte la loi 111, que les syndicats qualifient de loi matraque.
  • : Robert Bourassa redevient chef du Parti libéral du Québec.
  • : une fusillade à l'Assemblée nationale fait 3 morts et 13 blessés. L'auteur de l'attentat est un soldat forcené du nom de Denis Lortie.
  • : le conservateur Brian Mulroney remporte l'élection fédérale et devient premier ministre du Canada.
  •  : Lévesque déclare vouloir collaborer de bonne foi avec le nouveau gouvernement fédéral. C'est la démarche du beau risque.
  • : en désaccord avec la mise en veilleuse de l'option souverainiste, une série de ministres et députés péquistes démissionnent, dont Jacques Parizeau, Camille Laurin, Denis Lazure et Jacques Léonard.
  • : l'option du beau risque est adopté au Congrès du P.Q..
  • : René Lévesque annonce sa démission qui prendra effet après la course à la chefferie du P.Q..
  • : Pierre-Marc Johnson est élu chef du Parti québécois.

Composition[modifier | modifier le code]

1976 à 1981[modifier | modifier le code]

Composition en novembre 1976
Remaniement en
Remaniement en
Remaniement en
  • Marc-André Bédard : ministre de la Justice, ministre d'État à la Réforme électorale et parlementaire.
  • Denis Vaugeois : ministre des Affaires culturelles, ministre des Communications.
  • Lucien Lessard : ministre des Loisirs, de la Chasse et de la Pêche.
  • Denis de Belleval : ministre des Transports.
  • François Gendron: ministre de la Fonction publique.
  • Yves Duhaime: ministre de l'Industrie et du Commerce, ministre du Tourisme.
  • Guy Joron: ministre des Consommateurs, des Coopératives et des Institutions financières.
  • Lise Payette: ministre d'État à la Condition féminine.
  • Claude Charron : ministre délégué au Haut-commissariat à la Jeunesse, aux Loisirs et aux Sports.
  • Michel Clair : ministre du Revenu.
Remaniement en

1981 à 1984[modifier | modifier le code]

Composition en avril 1981
Remaniement en
  • Jacques-Yvan Morin: ministre des Affaires intergouvernementales, ministre d'État au Développement culturel et scientifique.
Remaniement en
(les ministères d'État sont abolis)
Remaniement en
  • Pauline Marois; ministre de la Sécurité du Revenu et de la Main-d’œuvre.
  • Denise Leblanc-Bantey: ministre de la Fonction publique, ministre d'État à la Condition féminine.
Remaniement en
  • Michel Clair: président du Conseil du Trésor, ministre délégué à l'Administration publique.
Remaniement en

1984 à 1985[modifier | modifier le code]

Composition en décembre 1984
  • René Lévesque: premier ministre.
  • Yves Duhaime: ministre des Finances.
  • Michel Clair: président du Conseil du Trésor, ministre délégué à l'Administration publique.
  • Pierre-Marc Johnson: ministre de la Justice, ministre de l'Immigration, ministre des Communautés culturelles.
  • Yves Bérubé: ministre de l'Enseignement supérieur, ministre des Sciences et de la technologie.
  • Clément Richard; ministre des Affaires culturelles.
  • Guy Chevrette: ministre des Affaires sociales.
  • Alain Marcoux; ministre des Affaires municipales.
  • Jean Garon: ministre de l'Agriculture, des Pêcherie et de l'Alimentation.
  • Adrien Ouellette: ministre de l'Environnement.
  • Jacques Rochefort: ministre de l'Habitation, ministre de la Protection du Consommateur.
  • Guy Tardif: ministre des Transports.
  • Jean-François Bertrand: ministre des Communications.
  • François Gendron: ministre de l'Éducation.
  • Jean-Guy Rodrigue: ministre de l'Énergie et des Ressources.
  • Raynald Fréchette: ministre du Travail.
  • Pauline Marois: ministre de la Main-d’œuvre et de la Sécurité du revenu.
  • Robert Dean: ministre délégué à 'Emploi et à la Concertation.
  • Francine Lalonde: ministre délégué à la Condition féminine.
  • Élie Fallu: ministre délégué aux Relations avec les citoyens.
  • Marc-André Bédard: ministre d'État à la Réforme électorale.
  • Gérald Godin: ministre délégué aux Affaires linguistiques.
  • Rodrigue Biron: ministre de l'Industrie et du Commerce.
  • Bernard Landry: ministre des Relations internationales, ministre du Commerce extérieur.
  • Marcel Léger: ministre du Tourisme.
  • Jacques Brassard: ministre des Loisirs, Chasse et Pêche.
  • Maurice Martel: ministre du Revenu.
  • Henri Le May: ministre délégué au Développement et à la Voirie des régions.

Référence[modifier | modifier le code]

  1. http://www.ledevoir.com/societe/ethique-et-religion/379292/laicite-non-ne-prions-pas
  2. http://bilan.usherbrooke.ca/bilan/pages/evenements/2857.html
  3. http://bilan.usherbrooke.ca/bilan/pages/evenements/2857.html

Bibliographie[modifier | modifier le code]