Gouvernement Lucien Bouchard

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Le Gouvernement Lucien Bouchard est le nom du 31e conseil exécutif du gouvernement québécois. Devenu premier ministre du Québec à la suite de la démission de son prédécesseur Jacques Parizeau, Lucien Bouchard occupa le poste du au .

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Dès l'arrivée de Lucien Bouchard à la tête du gouvernement péquiste, la priorité principale devient le dégraissage de la fonction publique afin de parvenir au déficit zéro avant la fin du siècle. Les coupures budgétaires font mal, surtout dans le domaine de la santé. Les négociations avec les syndicats du secteur public sont dures, bien qu'elles n'atteignent pas la férocité de l'époque de René Lévesque ou de celle du premier mandat de Robert Bourassa. Les frictions les plus fortes ont lieu lors de la grève des infirmières à l'été 1999.

Les coupures budgétaires n'empêchent pas le gouvernement Bouchard de légiférer en matières sociales. En 1996, il fait adopter la loi sur l'assurance-médicaments. En 1997, des négociations serrées avec Ottawa arrivent à terme avec un amendement à la Constitution permettant la création de commissions scolaires linguistiques. La loi la plus contestée et la plus critiquée reste cependant celle sur les fusions des municipalités. À la fin de 2000, la cote de popularité du gouvernement est d'ailleurs fortement à la baisse, à la suite de son adoption.

La souveraineté devient, avec le gouvernement Bouchard, un objectif plus lointain car il promet de ne tenir un référendum que lorsqu'il détiendra des conditions gagnantes entre les mains. Cela n'empêche pas les tensions explosives dans ses rapports avec Ottawa. Elles deviennent carrément mauvaises lorsque le ministre fédéral Stéphane Dion fait adopter sa loi dite sur la clarté référendaire. Le gouvernement Bouchard veut alors faire adopter unanimement son projet de loi 99 énonçant le droit du peuple québécois à disposer librement de son avenir, mais le Parti libéral, méfiant, ne le suit pas dans sa stratégie. La loi est adoptée avec un vote divisé, ce qui lui donne moins de force.

Composition[modifier | modifier le code]

1996 à 1998[modifier | modifier le code]

Composition en
Remaniement en août 1997
Remaniement en septembre 1998

1998 à 2001[modifier | modifier le code]

Composition en
Remaniement en
  • Bernard Landry: ministre des Finances, ministre de l'Industrie et du Commerce, ministre du Revenu.
Remaniement en

Chronologie[modifier | modifier le code]

  • : assermentation du cabinet Bouchard devant le lieutenant-gouverneur Martial Asselin.
  • : le gouvernement, les syndicats et le patronat s'entendent, lors d'une conférence socio-économique, pour parvenir au déficit zéro dans trois ans. Les milieux étudiants et les représentants des pauvres sont déçus de n'avoir pas été écoutés.
  • : dépôt de la loi créant un nouveau régime d'assurance-médicaments et devant entrer en vigueur le 1er .
  • : déluge du Saguenay.
  • : Jean-Louis Roux est nommé lieutenant-gouverneur du Québec.
  • : la seconde conférence socio-économique de l'année met l'accent sur la lutte contre la pauvreté. Bouchard refuse la notion d'appauvrissement zéro mais annonce la création d'un fonds de solidarité de $250 millions pour les assistés sociaux.
  • : Jean-Louis Roux démissionne à la suite d'une controverse. Il aurait porté un insigne nazi lors d'une manifestation raciste dans les années 1940.
  • : le gouvernement propose une bonification du surplus des pensions de vieillesse pour abolir 1500 postes dans la fonction publique avant le 1er juillet. La plupart des syndicats finissent par l'accepter.
  • 1996 : Création de la Régie de l'énergie du Québec.
  • 1996 : Création de Placements Québec, aujourd'hui connu sous le nom d'Épargne Placements Québec.
  • janvier 1997 : Pauline Marois annonce la création des CPE (« garderies à 5 piastres ») et la maternelle à temps plein (plutôt qu'à demi-journées).
  • : le rapport Nicolet sur les inondations du Saguenay déplore la désuétude et la mauvaise gérance des barrages.
  • : Québec demande un amendement constitutionnel afin de créer des commissions scolaires linguistiques.
  • : les 9 premiers ministres des provinces anglophones se réunissent à Calgary où ils reconnaissent le "caractère unique" du Québec et l'égalité de toutes les provinces. C'est la déclaration de Calgary.
  • : la loi sur l'équité salariale entre en vigueur, après avoir été adoptée le 21 novembre 1996. Elle contient un objectif de comptabilisation d'ajustements salariaux avant le 21 novembre 2001 et un objectif de versement de ces ajustements à atteindre avant le 21 novembre 2005.
  • : la Constitution est amendée, permettant de créer des commissions scolaires linguistiques.
  • : Grand Verglas dans la région de Montréal. Son coût pour le gouvernement approche les $2 milliards.
  • : Jean Charest succède à Daniel Johnson (fils) à la tête du Parti libéral du Québec.
  • : la Cour Suprême statue que le Québec ne peut pas déclarer unilatéralement son indépendance. Par contre, il spécifie que le projet est légitime et qu'il doit y avoir négociations, advenant la victoire du Oui à un référendum.
  • : le Parti québécois de Lucien Bouchard remporte l'élection générale avec 75 députés contre 48 au Parti libéral et 1 à l'Action démocratique du Québec. Par contre, le PQ n'obtient que 42,9 % des voix contre 43,6 % pour le PLQ.
  • : le budget Landry annonce un excédent financier pour la première fois depuis 40 ans.
  • Été 1999: grève générale et illégale des 47 000 infirmières du Québec, insatisfaites des offres gouvernementales. Québec ne cédant pas, elles doivent finalement retourner au travail.
  • : à Ottawa, le ministre Stéphane Dion dépose un projet de loi devant encadrer un éventuel référendum sur la souveraineté. La question ne devra porter que sur la sécession du Québec et non pas sur une association économique. De plus, Ottawa ne négociera pas, advenant un 50 % + 1. Cette loi sera connue sous le nom de loi sur la clarté référendaire.
  • : le gouvernement s'entend avec les syndicats de la fonction publique pour une augmentation de 4 % en 4 ans.
  • : Louise Harel rend public son projet de réforme municipale, imposant les fusions municipales dans les Communautés urbaines de Québec, Montréal, Longueuil et Hull.
  • : dépôt de la loi sur les fusions municipales
  • : l'Assemblée nationale adopte la loi 99, qui rappelle le droit fondamental du peuple québécois de disposer de son avenir, la règle démocratique du 50 % + 1 et l'indivisibilité du territoire québécois. Elle vise à contrer la loi sur la clarté référendaire. Les députés libéraux votent contre, ce qui rend son impact moins fort.
  • : l'Assemblée nationale adopte une motion de blâme contre Yves Michaud, celui-ci ayant déclaré que le peuple juif n'avait pas été le seul peuple sur Terre à avoir souffert. Bouchard a été outré de ces propos qu'il identifie comme du racisme[réf. nécessaire].
  • : Lucien Bouchard annonce sa prochaine démission. La controverse entourant les propos d'Yves Michaud ont fait pencher la décision, mais il invoque d'autres raisons comme celle de retrouver une vie familiale.
  • : Bernard Landry devient officiellement le cinquième chef du Parti québécois.

Sources[modifier | modifier le code]

Gouvernement Parizeau Gouvernement Bouchard Gouvernement Landry
35e législature 36e législature
1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001