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Hildegard Knef

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Hildegard Knef
Description de cette image, également commentée ci-après
Hildegard Knef en 1969.
Nom de naissance Hildegard Frieda Albertine Knef
Surnom Hildegarde Neff
Naissance
Ulm
Nationalité Drapeau de l'Allemagne Allemande
Décès (à 76 ans)
Berlin
Profession Actrice
Chanteuse

Hildegard Knef, dite parfois Hildegarde Neff, née à Ulm le et morte à Berlin le , est une actrice, chanteuse et compositrice.

Hildegard Knef est la fille de Hans Theodor et Friede Augustine Knef. Lorsque son père, vétéran et décoré de la Première Guerre mondiale, meurt de la syphilis alors qu'elle n'a que six mois, sa mère déménage à Berlin, y travaille dans une usine, se remarie avec un cordonnier avec lequel elle a un fils[1]. Hildegard grandit et est scolarisée dans le quartier de Schöneberg[2]. Elle s'initie au théâtre à 14 ans, en 1940, puis quitte l'école à 15 ans pour devenir apprentie animatrice chez Universum Film AG.

Après avoir réussi un essai en studio, elle entre à l'École nationale de cinéma de Babelsberg, à Berlin, où elle étudie le théâtre, le ballet et l'élocution. Joseph Goebbels, le redouté ministre de la propagande d'Hitler, lui écrit alors pour demander à la rencontrer, mais les amis d'Hildegard Knef font en sorte qu'elle reste loin de lui.

Jeune comédienne, Hildegard apparaît dans plusieurs films réalisés avant la fin du régime nazi, mais la plupart ne sont sortis qu'après. Pendant la bataille de Berlin, elle s'habille en soldat pour rester avec son amant Ewald von Demandowsky, le responsable de la société des films sonores Tobis, et le rejoint dans la défense de Schmargendorf. Capturée par les Soviétiques et envoyée dans un camp de prisonniers de guerre[3], elle s'en évade grâce à des codétenues, puis retourne à Berlin où Ewald Von Demandowsky, arrêté par la police militaire américaine et remis à l'Armée rouge, est exécuté par les Russes le 7 octobre 1946. Avant son exécution, il a assuré à son amie Hildegard Knef la protection du célèbre acteur Viktor de Kowa à Berlin. Ce dernier lui donne alors l'occasion d'être la maîtresse de cérémonie du théâtre qu'il avait ouvert. Knef joue un rôle dans le Marius de Marcel Pagnol mis en scène par Boleslaw Barlog, qui s'avère l'une des grandes pièces du théâtre allemand. Viktor de Kowa la dirige également dans plusieurs pièces de Shakespeare, Pagnol et George Abbot.

En 1946, elle interprète le premier rôle féminin dans Les Assassins sont parmi nous (Die Mörder sind unter uns, Wolfgang Staudte), le premier film à l'affiche en secteur soviétique après la Seconde Guerre mondiale[4]. Au festival international du film de Locarno de 1948, elle reçoit le Léopard de la meilleure interprétation féminine pour son rôle dans Film sans titre (Film ohne Titel, Rudolf Jugert)[3].

En 1947, elle épouse, avec Erich Pommer comme témoin de mariage[5], l'officier de renseignement Kurt Hirsch, un juif américain né à Teplice, ayant vécu à Prague avant d'aller vivre avec ses parents à New York[6] où le couple s'installe. À la suite du succès de Les assassins sont parmi nous et d'un article qui lui est consacré dans le magazine Life[7], le producteur américain David O. Selznick lui fait signer un contrat de sept ans. Celui-ci lui assure un petit revenu régulier, mais elle ne reçoit pas, de la part du studio, de propositions de rôles[8]. Elle vit alors avec son mari près de Los Angeles et fréquente Marlene Dietrich, Allemande comme elle, et Billy Wilder[1].

En 1951, elle tient le rôle-titre dans Confession d'une pécheresse (Die Sünderin, Willi Forst), film provoquant un scandale par la scène où elle apparait nue[9].

En 1955-1956, elle connaît le succès à Broadway dans la comédie musicale Silk Stockings de Cole Porter.

De retour en Allemagne en 1957, elle entreprend une nouvelle carrière dans la chanson. Après un passage à Paris où elle joue dans La fille de Hambourg en 1959 et noue une relation avec Boris Vian, elle écrit elle-même les paroles de ses chansons. Avec le compositeur Hans Hammerschmid, elle compose ses plus grands succès et l'album Knef (1970).

Elle est aussi connue pour La complainte de Mackie (Die Moritat von Mackie Messer, la chanson phare de L'Opéra de quat'sous de Bertolt Brecht), Ich hab noch einen Koffer in Berlin (« J'ai toujours une valise à Berlin »), Heimweh nach dem Kürfurstendamm, ou des compositions plus personnelles comme Eins und Eins, das macht zwei (1962), Er war nie ein Kavalier (1963), Von Nun An Ging's Bergab (1967) ou Für mich soll's rote Rosen regnen (1968).

Elle a publié plusieurs livres. Son autobiographie À cheval donné (Der geschenkte Gaul - Bericht aus einem Leben) de 1970 est le récit de sa vie pendant et après la Seconde Guerre mondiale. Le livre est devenu un best-seller en Allemagne et a été traduit dans 17 langues[10].

Après son premier mariage, elle obtient la nationalité américaine, puis la nationalité britannique après son second mariage[11]. Considérée comme une opportuniste parce qu'elle reprend la nationalité allemande pour des raisons fiscales, elle devient impopulaire en Allemagne dans les années 1970. Sa revendication en faveur des opérations de chirurgie esthétique font d'elle une proie de choix pour les journaux à potins allemands et nuit à sa réputation.[réf. souhaitée]

Sa personnalité fut souvent comparée à celle de Marlene Dietrich[réf. souhaitée], celle d'une femme libérée très confiante en ses moyens. Son combat contre le cancer, qu'elle relate dans son livre Das Urteil («Le Verdict») paru en 1975 et au cours duquel elle a subi une soixantaine d'opérations, est demeuré célèbre[12]. Vers la fin de sa vie, elle devint dépendante de l'alcool et des médicaments.

Hildegard Knef a une fille, Christina, née en 1968[13].

Elle meurt d'une pneumonie le 1er février 2002, à l'âge de 76 ans[14]. Elle est inhumée au cimetière de Berlin-Zehlendorf.

Dans le film biographique Hilde, son rôle est interprété par Heike Makatsch[15]. En 2025 paraît le documentaire Ich will alles. Hildegard Knef. de la réalisatrice suisse Luzia Schmid, consacré au parcours d'Hildegard Knef[16].

Filmographie

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Distinctions et hommages

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Empreintes de mains et de pieds d'Hildegard Knef (sous son pseudonyme Hildegard Neff) devant le Grauman's Chinese Theatre.

Notes et références

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  1. a et b Hildegard Knef, À cheval donné..., Éditions Robert Laffont, 1972
  2. (de) Rolf Henzel, « Das war in Schöneberg. Neue Notizen zur Schulzeit von Hildegard Knef. » [PDF] (consulté le )
  3. a et b (en) Ron Halloway, « Obituary - Hildegard Knef », The Guardian,‎ (lire en ligne)
  4. (de) Ulrike Weckel, « Die Mörder sind unter uns oder: Vom Verschwinden der Opfer. », WerkstattGeschichte, vol. 25,‎ , p. 105-115 (lire en ligne)
  5. Hildegard Knef, À cheval donné..., Éditions Robert Laffont, 1972, p.166
  6. Hildegard Knef, À cheval donné..., Éditions Robert Laffont, 1972, p.157 : "C'était un Juif tchèque, né à Teplitz, élevé à Prague. Il avait quatorze ans quand sa famille dut s'enfuir à New York. Devenu américain, il avait fait le débarquement de Normandie dans les parachutistes pour échouer finalement à Berlin."
  7. (en) « New German Star. Hilde Knef plays in Berlin films backed by Russians and Americans. », LIFE,‎ , p. 129-130 (lire en ligne)
  8. (de) Axel Frohn, « Hildes 1. Ehemann erzählt », BZ - Die Stimme Berlins,‎ (lire en ligne)
  9. (de) Christian Siepmann et Sebastian Knauer, « Skandal total », Der Spiegel,‎ (lire en ligne)
  10. (de) Raimund Meisenberger, « Hildegard Knef liest Hildegard Knef: "Geschenkter Gaul" und "Urteil" », Passauer Neue Presse,‎ (lire en ligne)
  11. Hildegard Knef, À cheval donné..., Éditions Robert Laffont, 1972, p.150
  12. (de) Christian Schröder, « Das Vermächtnis der Knef », Tagesspiegel,‎ (lire en ligne)
  13. Hildegard Knef, À cheval donné..., Éditions Robert Laffont, 1972, p.427
  14. (de) « Hildegard Knef ist tot », Spiegel,‎ (lire en ligne)
  15. Date des sorties du film sur l'Internet Movie Database
  16. (de) Julia Schafferhofer, « Hildegard Knef-Doku: Porträt einer Überlebenden », Kleine Zeitung,‎ (lire en ligne)

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Bibliographie

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  • À cheval donné (Der geschenkte Gaul - Bericht aus einem Leben), autobiographie, 1970.
  • Romy Betrachtung eines Leben, livre sur l'actrice Romy Schneider, Albrecht Knaus, 1983.
  • Alice Schwarzer, Romy Schneider, Mythos und Leben, Cologne, 1998 ; traduction française Romy Schneider intime, Paris, L'Archipel, 2018.

Liens externes

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