Dominique Païni

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Dominique Païni, né le [1] est un théoricien et acteur de la conservation des films (et de la programmation de ces films conservés)[2], critique et commissaire d'exposition français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Dans les années 1980, Dominique Païni a été le directeur du Studio 43, salle de cinéma parisienne qui était consacrée exclusivement à revisiter l’Histoire du cinéma français, distributeur, producteur de films (Straub et Huillet, Juliet Berto, Philippe Garrel) et mécène de cinéastes d'avant-garde (Gérard Courant, Joseph Morder).

Il fut directeur fondateur des productions audiovisuelles et cinématographiques du Musée du Louvre de 1987 à 1991. Il produisit plus de quarante heures de programmes, de la série Palettes au premier documentaire de Nicolas Philibert, La Ville-Louvre.

De 1991 à 2000, il fut directeur de la Cinémathèque française. Une de ses premières décisions fut de restaurer la salle de projection qui se trouvait dans un état lamentable. Il dut faire face en 1997 à l'incendie du Palais de Chaillot qui aboutit à l'ouverture de la salle de cinéma de la Cinémathèque française sur les Grands-Boulevards. Grand amateur de cinéma expérimental, il soutient le projet de Nicole Brenez et Christian Lebrat de réaliser une vaste rétrospective consacrée à ce type de cinéma, qui se tient en 2000 à la Cinémathèque française : « Jeune, dure et pure. Une histoire du cinéma expérimental et d'avant-garde en France »[3]. En 2001, un ouvrage homonyme de près de 600 pages paraît qui fait le point, d'une manière très complète, sur ce cinéma, des origines à nos jours. En 1998 Païni a été commissaire de l’exposition Les Transports de l’image au studio d’art contemporain Le Fresnoy.

Il fut le directeur de la revue Cinémathèque de 1991 à 2000.

De 2000 à 2005, il fut directeur de Développement du Centre national d'art et de culture Georges-Pompidou où il initia des expositions consacrées à des écrivains tels que Roland Barthes (2002) et Samuel Beckett (2004) et où il a été le commissaire de plusieurs grandes expositions comme Hitchcock et les arts, Jean Cocteau sur le fil du siècle, Voyage(s) en utopie, une exposition réalisée par Jean Luc Godard.

En 2004 et 2005, il a été président de la commission d'aide sélective à l'édition vidéo, nommé en novembre 2003 par David Kessler, directeur général du Centre national de la cinématographie.

Le 5 avril 2005, Dominique Païni est désigné à la tête de la Fondation Maeght (Saint-Paul-de-Vence, Alpes-Maritimes) pour prendre la suite de Jean-Louis Prat qui, après vingt-deux ans à la tête de la fondation, avait démissionné. Il y réalise l'exposition " Le noir est une couleur " qui mêle cinéma et art moderne et contemporain, comme prévu sur sa feuille de route. Huit mois après son entrée en fonction, Païni présente sa démission de la direction de la Fondation à Adrien Maeght, le président du conseil d'administration, avec un argument simple : « Je n'ai pas le profil dont a besoin la fondation. »[4] Une tension régnait, de façon palpable, entre la famille Maeght et Dominique Païni[5].

Dominique Païni écrit dans diverses revues, dont Art Press et Les Cahiers du cinéma. Il pense la modernité cinématographique et son avant-garde et mêle les disciplines artistiques dans sa réflexion. Dans son dernier ouvrage Le Temps exposé, il démontre l'influence des œuvres cinématographiques du passé sur les tendances contemporaines de la création.

Selon Païni, le DVD brise en chapitres le scénario d’un film et le magnétoscope recouvre de violence chorégraphique, confère un accent expérimental, décuple la dimension figurative du film le plus sot[6].

Dominique Païni a donné des cours sur les rapports entre l'art et le cinéma au Musée du cinéma de Bruxelles. En 2006, il a été consulté à propos des transformations de ce musée en raison de ses expériences. De 2002 à 2014, il enseigne à l'École du Louvre où il est titulaire de la chaire d'Histoire du cinéma, cours qui s'attachaient aux relations du cinéma avec les autres arts.

Aujourd'hui commissaire d'expositions indépendant (Il était une fois Walt Disney en 2007 au Grand Palais, Stephan Balleux au Musée d'Ixelles à Bruxelles en 2014, Lewis Baltz au BAL en 2014), il se consacre à la critique, à l'écriture de textes théoriques. En 2013 il est commissaire de l'exposition "Le regard d'Antonioni" à Ferrare, exposition reprise à Bruxelles puis à Paris en 2015. Il est le commissaire d'une exposition dédiée à Henri Langlois à la Cinémathèque française en 2014.

En avril 2015, il est le commissaire d'une exposition-spectacle (au "104" à Paris) consacrée à la société Gaumont à l'occasion du 120e anniversaire de sa fondation.

En , il est membre du jury du Festival international du livre d'art et du film de Perpignan[7].

Œuvre écrite (sélection)[modifier | modifier le code]

  • Bernard Plossu ou le cinéma fixe ?, École Régionale des Beaux-Arts de Rouen
  • Une encyclopédie des cinémas de Belgique (Guy Jungblut, Patrick Leboutte, Dominique Païni), Musée d’art moderne de la Ville de Paris - Éditions Yellow Now, 1990
  • Conserver, montrer. Où l’on ne craint pas d’édifier un musée pour le cinéma (1992), Éditions Yellow Now
  • Le temps exposé. Le cinéma, de la salle au musée (2002), Éditions Cahiers du cinéma, collection Essais
  • Le cinéma, un art moderne (1997), Éditions Cahiers du cinéma, (ISBN 2-86642-178-7)
  • L'art et le septième art, Éditions Le Fresnoy, écrit avec Marianne de Fleury et Jacques Morice, (ISBN 2950703917)
  • L'attrait de l'ombre, Yellow Now, 2007
  • L'attrait des nuages, Yellow Now, 2010
  • Le cinéma, un art plastique, Yellow Now, 2013

DVD[modifier | modifier le code]

Devant la caméra[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]