Arnaud des Pallières

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Arnaud des Pallières
Description de l'image Adespallieres.JPG.
Naissance (56 ans)
Paris, France
Nationalité Drapeau de la France France
Profession Réalisateur
Scénariste
Films notables

Adieu

Disneyland, mon vieux pays natal

Michael Kohlhaas

Arnaud des Pallières est un cinéaste français né en 1961 à Paris.

Biographie[modifier | modifier le code]

Arnaud des Pallières s’est formé intellectuellement et esthétiquement pendant les années 70, découvrant le cinéma à travers les films de Pasolini, Syberberg, Oliveira, Debord, Godard, Duras, Antonioni et Mekas. Scénariste et monteur de ses films, il construit depuis les années 90 une œuvre partagée entre fictions et essais documentaires.

Il s'initie au théâtre dès l'âge de 16 ans. Joue quelques rôles et, parallèlement à ses études de littérature, met en scène plusieurs pièces comme Oxtiern ou les Malheurs du Libertinage, avec Mohamed Rouabhi (et la voix de Michael Lonsdale) d'après le marquis de Sade; Le Mariage Secret, d'après les Lettres à Peter Gast de Nietzsche. Étudiant le cinéma à la Fémis, il invite Hans Jürgen Syberberg, Manoel de Oliveira, et Gilles Deleuze dont il filme la conférence : Gilles Deleuze : Qu’est-ce que l’acte de Création ? (1988). Il réalise une douzaine de courts métrages. Seuls trois trouvent grâce à ses yeux : La Mémoire d’un ange (1989), Les Choses rouges (1993), Avant Après (1994)[1].

Après cinq ans de recherches, il réalise son premier long-métrage : Drancy Avenir (1996), avec Aude Amiot, Thierry Bosc, et les voix de Jean-Paul Roussillon et Hanns Zischler. Le film est une enquête historique, poétique et philosophique sur les traces de l’extermination des Juifs sous l’Occupation, dans Paris et sa banlieue aujourd’hui. D’emblée, il affirme une singularité absolue dans le paysage plutôt académique du cinéma français : une méthode de travail solitaire, presque artisanale, une prédilection pour les grandes questions morales, politiques et philosophiques (le droit face à l’arbitraire, la responsabilité individuelle, la mémoire des crimes de masse sont ses champs magnétiques), une écriture cinématographique expérimentale entrelaçant reprise de textes, d’images, boucles visuelles, sonores. Arnaud des Pallières se définit comme un agenceur qui recycle ce qui existe déjà pour tisser de nouveaux motifs et susciter de nouvelles interprétations.

Suivent deux moyens métrages documentaires pour la télévision :

Répondant à une commande de Bernard Rapp pour la série télévisée Un siècle d’écrivains, il réalise Is Dead (Portrait Incomplet de Gertrude Stein) (1999), avec Micheline Dax et Michael Lonsdale. Ce film de 45 minutes tourné en super 16 plonge le spectateur dans l'œuvre et la vie de Gertrude Stein, sous forme d'un libre autoportrait "à la manière d’elle-même", à partir d'un montage de ses textes autobiographiques, sur des images d’aujourd’hui mêlées aux archives intimes de l'écrivaine américaine. Essai littéraire iconoclaste, Is dead frise le détournement de commande tant le cinéaste y transgresse les formatages à l’œuvre à la télévision. 

Réalisé pour Arte, son film suivant franchit allègrement cette ligne rouge : Disneyland, mon vieux pays natal (2001), voyage physique et mental au pays de Mickey, doublé d'une remontée, sous forme de cauchemar, dans les sombres temps de l’enfance, présente une vision cauchemardesque du divertissement de masse que constitue pour des millions de visiteurs le parc de Marne-la-Vallée. Subversif comme du Vigo, radical comme du Godard, sentimental comme du Varda, spéculatif comme du Marker, ludique comme du Resnais, ce film vidéo de 45 minutes installe Arnaud des Pallières dans la grande tradition française du cinéma d’intervention poétique et politique.

Parallèlement à ces travaux pour la télévision, des Pallières continue de réaliser des longs-métrages, sans renoncer à de rigoureux principes de construction. Tourné en 8 semaines, monté en 11 mois, Adieu (2004) avec Michael Lonsdale, Aurore Clément, Laurent Lucas et Olivier Gourmet, croise plusieurs histoires, dressant le portrait d’une France inhospitalière, à travers l’odyssée d’Ismaël, immigré clandestin renvoyé dans son pays d'origine, et le deuil d’une famille de paysans français qui vient de perdre un fils.    

Présenté en 2008 à la Mostra de Venise, adapté d’un roman de l'écrivain américain John Cheever, Parc, avec Sergi López et Jean-Marc Barr, évoque la confrontation violente de deux voisins dans le sud de la France. À travers leur lutte sans merci, le film dépeint l’entre-soi cannibale des privilégiés, à l’heure du sarkozysme triomphant. 

En 2011, Arnaud des Pallières finalise un projet vieux de plus de dix ans : Poussières d'Amérique. Il rassemble des images d’archives privées américaines datant de la première moitié du XXe siècle tout en inventant un nouveau système de narration (une image, un intertitre). Entrelaçant une série de micro-récits, le film compose une histoire subjective de l'Amérique : "Ce film est un journal de travail. Ça parle d'Amérique, donc de nous. Son père, sa mère, le lapin, le chien. Les Indiens. Christophe Colomb, Apollo. Chaque personnage dit : "je". C'est le journal intime de chacun. L'autobiographie de tout le monde". Le film est projeté en ouverture du FID Marseille.

Au montage, une séquence de Poussières d'Amérique s'est détachée pour devenir un court métrage : Diane Wellington. Ce film de seize minutes évoque le drame secret d’une jeune femme dans le Dakota du Sud de la fin des années 30. Tiré d’une histoire vraie, ce film minimaliste et bouleversant a obtenu de très nombreux prix et récompenses, ainsi qu'un large succès critique dans le monde entier.

Parallèlement à ces deux films, Arnaud des Pallières met en chantier son projet le plus ambitieux : Michael Kohlhaas, d'après la nouvelle de Heinrich von Kleist, avec Mads Mikkelsen, Bruno Ganz et Denis Lavant. Le scénario marque sa première collaboration avec la scénariste Christelle Berthevas. Il raconte la violente quête de justice d’un marchand de chevaux lésé, en lutte contre le système féodal, dans les Cévennes du XVIe siècle.  Ce film épique, sélectionné en compétition officielle à Cannes (2013), permettra au cinéaste de toucher pour la première fois un large public.

Orpheline, avec Adèle Haenel, Adèle Exarchopoulos, Gemma Arterton, Nicolas Duvauchelle, Jalil Lespert et Solène Rigot, est son cinquième long métrage pour le cinéma. Portrait d'une femme à quatre époques de sa vie (inspiré par les années d'enfance et de jeunesse de sa co-scénariste Christelle Berthevas), joué par quatre actrices différentes, il reçoit le Bayard d'or du meilleur film au Festival de Namur 2016, ainsi que le Bayard de la meilleure comédienne, attribué conjointement à Adèle Haenel, Adèle Exarchopoulos, Solène Rigot et Vega Cuzytek.

Filmographie[modifier | modifier le code]

Comme réalisateur[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

Télévision[modifier | modifier le code]

Comme acteur[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. interview de Gilles Botineau pour le site lci.tf1.fr, septembre 2009

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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