Groupe Écologie démocratie solidarité

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Écologie démocratie solidarité
Image illustrative de l’article Groupe Écologie démocratie solidarité
Chambre Assemblée nationale
Législature(s) XVe (Cinquième République)
Fondation
Scission de La République en marche
Co-présidents Paula Forteza
Matthieu Orphelin
Vice-présidents Cédric Villani
Delphine Batho
Délégués généraux Aurélien Taché
Émilie Cariou
Porte-parole Hubert Julien-Laferrière
Partis membres Génération écologie
Mouvement des progressistes
La République en marche
Divers centre
Représentation
17 / 577
Positionnement Centre gauche[1]
Idéologie Écologisme
Social-démocratie
Progressisme
Site Web ecologie-democratie-solidarite.fr

Le groupe Écologie démocratie solidarité (EDS) est un groupe parlementaire de l'Assemblée nationale française.

Composé de 17 députés, il est formé en , lors de la XVe législature de la Cinquième République, en quasi totalité par d'anciens membres du groupe majoritaire La République en marche, issus de son aile gauche et écologiste. Inscrit comme groupe minoritaire, il est co-présidé par Paula Forteza et Matthieu Orphelin.

Création[modifier | modifier le code]

Lors de l'ouverture de la XVe législature en , le groupe La République en marche (LREM) bénéficie d'une majorité absolue avec 313 députés membres et apparentés sur 577 parlementaires. Cependant, il connaît à partir de l'année suivante une perte régulière de députés, faisant chuter son total de membres à 295[2]. L'idée d'un groupe dissident ressort par plusieurs fois, sans jamais se concrétiser[3],[4]. Matthieu Orphelin indique avoir fait part du projet à Emmanuel Macron en février 2020[5]. Début avril 2020, dans le contexte de la pandémie de Covid-19, le lancement par 58 députés, un sénateur et un député européen d'une plateforme collaborative pour élaborer un « plan post-crise », baptisée « Le jour d'après », apparaît comme « le prélude à la scission de la majorité présidentielle à l’Assemblée avant la constitution d’un nouveau groupe parlementaire issu de son aile gauche et écologiste », coordonnée par les députés Aurélien Taché, Paula Forteza et Matthieu Orphelin[6]. Selon Mediapart, la rupture avec le groupe LREM « est apparue plus urgente [en ] en raison des difficultés à faire entendre une voix alternative au sein de LREM, compte tenu des délégations de vote obligatoire dans un Palais-Bourbon en mode confinement »[5]. Pour Les Échos, « l'initiative tombe au pire des moments pour Emmanuel Macron », la majorité ayant « au contraire besoin de solidité pour aborder l'étape si compliquée du déconfinement »[7]. Dans Libération, Laurent Joffrin relève que « c’est au moment où Emmanuel Macron laisse entendre qu’il est prêt à réviser de fond en comble sa politique, suggérant un virage lui aussi social et écologique, que ces dissidents passent à l’acte »[8].

Le , Les Échos révèle un projet de scission nommé « Écologie démocratie solidarité »[9] et programmé pour le . Il réunit 58 élus de différents horizons : du « Collectif social-démocrate » interne au groupe LREM, de la sphère écologiste réunie autour de Matthieu Orphelin, de villanistes et de marcheurs non-inscrits venus de la gauche entre autres[7]. Cependant, le nombre annoncé de scissionnaires est rapidement revu à la baisse après la fuite, et dix jours plus tard ne sont évoqués qu'une vingtaine de députés[2]. Plusieurs députés ont été dissuadés de le rejoindre par des pressions de LREM[9] ; selon Les Échos, ils « se sont notamment rangés à l'argument que ce n'est pas le moment de faire sécession dans le contexte actuel, en pleine crise sanitaire, sociale et économique et dans un pays entré dans un périlleux déconfinement »[10]. En parallèle, certains députés de la majorité travaillent à la création d'un collectif interne au groupe LREM sur l’axe social et écologique, baptisé « En commun »[11].

Le groupe Écologie démocratie solidarité est né de l'initiative de Matthieu Orphelin et de Paula Forteza[12]. Cédric Villani, Delphine Batho, Aurélien Taché, Émilie Cariou et Hubert Julien-Laferrière occupent respectivement les postes de co-présidents, vice-présidents, délégués généraux et porte-parole[13],[14],[15].

Il est officiellement déposé le , par dix-sept parlementaires. Parmi eux, sept viennent directement du groupe majoritaire, neuf en sont partis ou en ont été exclus, et une seule, Delphine Batho, n'en a pas été membre[16]. L'Opinon relève que peu d'entre eux « disposent de responsabilités à l'Assemblée » : « aucun ne siège dans les instances de direction des huit commissions parlementaires permanentes, qui comptent pourtant 70 postes », et trois seulement siègent dans celle de commissions spéciales, délégations ou offices : Hubert Julien-Laferrière est vice-président de la délégation aux Outre-mer, Cédric Villani vice-président de l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques, et Sabine Thillaye présidente de la commission des Affaires européennes (exclue cependant du groupe LREM pour avoir refusé de céder son siège à l'issue d'un scrutin interne perdu)[17]. L'Opinion note également que Delphine Batho et Sébastien Nadot représentent à eux seuls dix des treize propositions de loi déposées par les membres du groupe depuis le début de la législature[17].

La création de ce groupe fait perdre la majorité absolue au groupe LREM d’une voix[18], mais ce n'est qu'une évolution symbolique puisque ce dernier bénéficie de l'appui du groupe du Mouvement démocrate et apparentés et des neuf députés Agir du groupe UDI, Agir et indépendants[2],[9]. Le nouveau groupe est couramment comparé aux députés frondeurs de la majorité précédente : si le groupe socialiste avait lui aussi perdu la majorité absolue en cours de législature (en 2015), les frondeurs n'avaient pas créé de groupe dissident à l'Assemblée, ni quitté leur parti, étaient plus nombreux (une quarantaine) et s'appuyaient sur des poids lourds tels que Benoît Hamon et Arnaud Montebourg[11],[19],[20]. Les membres du groupe récusent le terme de « frondeurs »[20].

Positionnement[modifier | modifier le code]

Le groupe prévoit d'être classé comme minoritaire[10],[9]. Il présente son positionnement comme n'étant ni d’opposition, ni d’alliance systématique avec la majorité[5],[18], ce qui fait écho, selon certains journalistes, à la doctrine originelle d'En marche, résumée par la formule « En même temps »[5],[20]. Émilie Cariou commente ainsi la création du groupe : « C’est plus des retrouvailles qu’une séparation, on renoue avec nos valeurs de 2017 »[21]. Frédérique Tuffnell dit retrouver avec ce groupe l'« âme d'En marche »[22]. Selon Public Sénat, cette attitude politique « n’est pas sans rappeler celle, au Sénat, du groupe Union centriste, qui ne s’interdit pas de soutenir le gouvernement sur certains sujets »[9]. Reporterre relève que certains membres du groupe « continuent de cultiver des liens étroits avec la majorité »[21]. Lors de la conférence de presse de lancement, le groupe indique que ses membres disposeront de la liberté de vote[17].

Comme son nom l'indique, le groupe est constitué autour de trois piliers, qui sont définis ainsi dans leur première profession de foi : « répondre à l'urgence écologique, moderniser la démocratie, réduire les inégalités sociales et territoriales »[7]. Il entend également « porter l'ambition exprimée par les citoyens dans la consultation LeJourd'Après », et relayer les propositions de la Convention citoyenne pour le climat ainsi que généraliser sa méthode[7],[21].

Lors de la conférence de presse de lancement, le groupe présente une proposition politique en quinze points, comprenant notamment :

  • un plan d’investissement de 5 milliards d’euros sur trois ans dans la transition écologique et solidaire des collectivités locales[5],[23] ;
  • une réforme de la fiscalité, notamment sur les plus hauts revenus et le patrimoine[5] ;
  • un soutien à la relocalisation de la production, associé à « des contreparties sociales et écologiques fortes » pour le plan de relance de l'économie, et à l'absence de ratification des accords de libre-échange « sous leur forme actuelle »[5],[21] ;
  • une plus grande place faite au dialogue social et à la lutte contre les discriminations[5] ;
  • rétablissement d’un système de santé « robuste »[11] ;
  • la préparation d'une loi pour le respect du vivant[23] ;
  • l'inscription de la préservation de la biodiversité et du climat dans la Constitution[23] ;
  • l'instauration d'un revenu universel alloué à toute personne majeure[5] ;
  • l'instauration d'une « sécurité sociale alimentaire et des logements »[9].

Mediapart estime que « sur des lois caractéristiques des dérives du quinquennat, tous les membres d’EDS ont mis du temps à se démarquer de la politique gouvernementale. C’est le cas de Cédric Villani qui a voté pour la loi dite anticasseurs, tache indélébile de la majorité. Il a également, tout comme Émilie Cariou, Paula Forteza, Sabine Thillaye et Guillaume Chiche, soutenu la loi asile et immigration en première lecture, texte beaucoup plus répressif qu’humaniste. Aurélien Taché, qui a contribué à certains sujets sociaux au début du quinquennat, a porté un temps la réforme de la formation professionnelle et celle de l’assurance-chômage, les deux étant pourtant une catastrophe pour les plus précaires et fragiles »[5]. De même, Reporterre souligne que « les députés du nouveau groupe n’ont pas tous brillé, dans le passé, par leurs positions écologistes », et relève que « lors du vote du Ceta, le 23 juillet 2019, cinq d’entre eux avaient voté pour sa ratification, six s’étaient abstenus, quatre seulement avaient voté contre et deux étaient absents »[21].

L'Opinion relève la division entre les membres du groupe lors du vote sur le plan de déconfinement : dix ont voté pour, deux contre et cinq se sont abstenus[17].

Le groupe vote contre StopCovid, à l'exception de Cédric Villani[24].

Composition[modifier | modifier le code]

L'Assemblée nationale ne reconnaissant pas la coprésidence de groupe, le groupe EDS prévoit que la présidence alterne tous les six mois entre Matthieu Orphelin et Paula Forteza[17].

Liste des membres[modifier | modifier le code]

Nom Parti Circonscription Groupe d'origine
Sin foto.svg Delphine Bagarry DVC 1re circonscription des Alpes-de-Haute-Provence NI, ex-LREM
Delphine Batho (cropped).png Delphine Batho 2e circonscription des Deux-Sèvres NI, ex-NG
Emilie Cariou.jpg Émilie Cariou LREM 2e circonscription de la Meuse LREM
Annie Chapelier (cropped).jpg Annie Chapelier DVC 4e circonscription du Gard LREM
Guillaume Chiche (cropped).jpg Guillaume Chiche LREM 1re circonscription des Deux-Sèvres LREM
Yolaine de Courson 3.jpg Yolaine de Courson LREM 4e circonscription de la Côte-d'Or LREM
Paula Forteza.jpg Paula Forteza DVC 2e circonscription des Français établis hors de France NI, ex-LREM
Albane-gaillot-2.jpg Albane Gaillot DVC 11e circonscription du Val-de-Marne NI, ex-LREM
Hubert Julien-Laferrière 2012.jpg Hubert Julien-Laferrière DVC 2e circonscription du Rhône LREM
Sébastien Nadot Commission Affaire Etrangères.png Sébastien Nadot MDP 10e circonscription de la Haute-Garonne NI, ex-LREM
Matthieu Orphelin (cropped).jpg Matthieu Orphelin DVC 1re circonscription de Maine-et-Loire LT, ex-LREM
Sin foto.svg Aurélien Taché DVC 10e circonscription du Val-d'Oise NI, ex-LREM
Jennifer de Temmerman (cropped).jpg Jennifer de Temmerman DVC 15e circonscription du Nord NI, ex-LREM
Sabine Thillaye à l'Assemblée nationale.jpg Sabine Thillaye LREM 5e circonscription d'Indre-et-Loire NI, ex-LREM
Frédérique Tuffnell 03 (cropped).jpg Frédérique Tuffnell DVC 2e circonscription de la Charente-Maritime NI, ex-LREM
Cedric Villani at his office 2015 n2 (cropped).jpg Cédric Villani DVC 5e circonscription de l'Essonne LREM
Martine Wonner par Claude Truong-Ngoc juillet 2017.jpg Martine Wonner DVC 4e circonscription du Bas-Rhin NI, ex-LREM

Répartition partisane[modifier | modifier le code]

Parti Nombre
La République en marche 4
Génération écologie 1
Mouvement des progressistes 1
Divers centre 11

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Cyprien Caddeo, « À l’Assemblée nationale, ce neuvième groupe qui ébranle les rangs macronistes », sur L'Humanité, (consulté le 19 mai 2020).
  2. a b et c Nicolas Berrod, « LREM va perdre sa majorité absolue : ce que ça change (ou non) à l’Assemblée », sur Le Parisien, (consulté le 18 mai 2020).
  3. Jannick Alimi, « Défections de députés : LREM bientôt privée de sa majorité absolue à l'Assemblée ? », sur Le Parisien, (consulté le 18 mai 2020).
  4. Rachel Garrat-Valcarcel, « Chez LREM, la vie après le 49.3 ressemble à celle d'avant le 49.3 », sur 20 Minutes, (consulté le 18 mai 2020).
  5. a b c d e f g h i et j Manuel Jardinaud, « Un neuvième groupe parlementaire veut revenir au «en même temps» originel », sur Mediapart, (consulté le 19 mai 2020).
  6. Stéphane Vernay, « Coronavirus. 60 parlementaires veulent « préparer le jour d’après » », sur ouest-france.fr, (consulté le 20 mai 2020).
  7. a b c et d Isabelle Ficek et Cécile Cornudet, « Le groupe En marche en passe de se fracturer à l'Assemblée », sur Les Échos, (consulté le 18 mai 2020).
  8. Laurent Joffrin, « En marche ou en morceaux ? », sur liberation.fr, (consulté le 19 mai 2020).
  9. a b c d e et f François Vignat, « Frondeurs LREM : un mélange de « tactique » et de « valeurs » », sur Public Sénat, (consulté le 18 mai 2020).
  10. a et b Grégoire Poussielgue, « En Marche se fracture, un neuvième groupe créé à l'Assemblée nationale », sur lesechos.fr, (consulté le 19 mai 2020).
  11. a b et c Clothilde Bru, « La République en marche perd la majorité absolue à l'Assemblée nationale », sur Konbini, (consulté le 19 mai 2020).
  12. Anne-Charlotte Dusseaulx, « Assemblée nationale : voici le logo du nouveau groupe « Écologie démocratie solidarité » », sur Le Journal du dimanche, (consulté le 18 mai 2020).
  13. Laure Equy, « Ressac de nœuds pour LREM », sur Libération, (consulté le 18 mai 2020).
  14. Yves-Marie Robin, « Politique. « Écologie, démocratie et solidarité », une épine dans le pied des Marcheurs », sur Ouest-France, (consulté le 18 mai 2020).
  15. Justin Boche, « Lyon : Hubert Julien-Laferrière fait perdre la majorité de LREM », sur lyoncapitale.fr, (consulté le 24 mai 2020).
  16. Matti Faye, « La députée de Côte-d'Or Yolaine de Courson quitte le groupe LREM à l'Assemblée », sur France 3 Bourgogne-Franche-Comté, (consulté le 19 mai 2020).
  17. a b c d et e Matthieu Deprieck, « Peu expérimenté, peu nombreux et hétéroclite, le groupe d’ex-marcheurs part de loin », sur L'Opinion.fr, (consulté le 22 mai 2020).
  18. a et b « Assemblée nationale: un nouveau groupe qui ne compte que 17 députés », sur L'Opinion.fr, (consulté le 19 mai 2020).
  19. Alexandre Le Drollec et Maël Thierry, « Création d’un 9e groupe à l’Assemblée : Macron a-t-il désormais ses frondeurs ? », sur nouvelobs.com, (consulté le 19 mai 2020).
  20. a b et c Marie-Pierre Haddad, « Comment Emmanuel Macron fait face à des frondeurs d'un nouveau genre », sur rtl.fr, (consulté le 20 mai 2020).
  21. a b c d et e Gaspard d'Allens, « À l’Assemblée nationale, le nouveau groupe saura-t-il défendre l’écologie ? », sur Reporterre, (consulté le 20 mai 2020).
  22. Marie-Noëlle Missud, « D. Batho, G. Chiche et F. Tuffnell entrent dans le nouveau groupe Ecologie, Démocratie, Solidarité », sur France 3 Nouvelle-Aquitaine, (consulté le 22 mai 2020).
  23. a b et c Laurent Radisson, « Un nouveau groupe parlementaire affiche l'écologie parmi ses priorités », sur actu-environnement.com, (consulté le 19 mai 2020).
  24. Martin Untersinger, « Après l’Assemblée, le Sénat valide StopCovid, l’application française de suivi de contacts contre le Covid-19 », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 28 mai 2020)

Liens externes[modifier | modifier le code]