StopCovid

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StopCovid
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Informations
Dernière version 1.0.1 ()[1]Voir et modifier les données sur Wikidata
Dépôt gitlab.inria.fr/stopcovid19Voir et modifier les données sur Wikidata
État du projet En exploitation
Écrit en Java, Kotlin et SwiftVoir et modifier les données sur Wikidata
Système d'exploitation Android et iOSVoir et modifier les données sur Wikidata
Type Application Covid-19
Application mobileVoir et modifier les données sur Wikidata
Politique de distribution gratuit
Licence MPL-2.0 (d) et ad hoc (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Site web stopcovid.gouv.fr et bonjour.stopcovid.gouv.frVoir et modifier les données sur Wikidata

StopCovid est une application mobile de recherche des contacts déployée en France dans le cadre de la pandémie de Covid-19 et destinée à avertir d'une éventuelle transmission avec une personne infectée. L'application utilise le Bluetooth à basse consommation des téléphones compatibles pour identifier les contacts. Le projet est lancé par le Gouvernement français et piloté par l'équipe Privatics de l'Inria.

L'application, approuvée par l'Assemblée nationale et le Sénat le 27 mai, s'inscrit dans l'ensemble des mesures de déconfinement du 11 mai 2020.

Avant sa mise en service, le projet est l'objet d'oppositions sur le principe d'une recherche des contacts qui fait craindre une absence de contrôle médical, des questions sur l'utilisation des données collectées et des critiques sur la mise en œuvre et les risques qu'elle pourrait entraîner.

Contexte[modifier | modifier le code]

Dans le cadre de l’épidémie de Covid-19, la Corée du Sud, la Chine et Singapour déploient des applications mobiles de recherche des contacts dès les mois de février et mars en complément de leurs stratégies sanitaires[2].

En France, dans un premier temps, à la fin mars 2020, le secrétariat d'État au numérique indique ne pas travailler à un projet de traçage. Christophe Castaner le justifie ainsi : « ce n’est pas dans la culture française »[3].

La préparation de la sortie du confinement à partir du mène à des réflexions sur les moyens d'endiguer une possible nouvelle flambée de l'épidémie[4]. La recherche des contacts est souvent dépeinte comme une mesure indispensable et selon Jean-François Delfraissy, président du conseil scientifique Covid-19, il faudrait employer 30 000 personnes à cette tâche. Cette main d'œuvre aurait pour travail d'informer, de proposer des solutions de confinement adaptées et d'enquêter sur les contacts de la personne. Une application mobile ne serait qu'une assistance aux enquêtes[5]. La même opinion est exprimée par le Conseil national du numérique dans son rapport du , qui indique que « Les applications de type StopCovid ne sont qu'une partie de la réponse sanitaire dont l'efficacité dépendra sûrement plus des mesures de distanciation sociale et de la mise à disposition de tests »[6]. L'idée d'accorder des exceptions de confinement supplémentaires aux personnes ayant installé l'application dans leur téléphone est par ailleurs vite écartée[7].

Principe[modifier | modifier le code]

Le principe du traçage par une application mobile est d'informer les personnes ayant été en contact à faible distance et pendant un certain temps avec une personne testée positive au virus et considérée comme contagieuse – ce qui inclut les personnes asymptomatiques – afin qu'elles prennent des mesures adaptées[8],[9],[10],[11]. Ce principe est le même que les interviews pratiquées lors des enquêtes de recherche des contacts.

Bénéfices[modifier | modifier le code]

Le bénéfice attendu, pour contenir une possible deuxième vague d'infection[10] après le déconfinement[12],[13], est un meilleur suivi de la diffusion de la Covid-19, en particulier dans les transports en commun pour lesquels il est impossible de déterminer les chaînes de contamination[14]. La rapidité de réaction est un élément clé pour enrayer la diffusion de la maladie.

En théorie, le traçage avec une application telle StopCovid est plus rapide qu'une enquête traditionnelle mais le manque de retours d'expériences ne permet pas de conclure[15],[16], malgré le fait que de telles applications ont été mises en place dans plusieurs pays. Ainsi, l'expérience de l'application australienne COVIDSafe (en), comparable à StopCovid, montre une efficacité marginale avec un seul cas détecté en un mois d'utilisation[17],[18]. En France, après trois semaines d'utilisation, 2% de la population a installé l'application, 68 personnes s'y sont déclarées malades et 14 de leurs contacts ont été alertés[19],[20].

Fonctionnement[modifier | modifier le code]

Pour StopCovid, un contact se définit comme la présence de deux smartphones dans un rayon de 1 mètre pendant plus de 15 minutes. Un identifiant est un code alphanumérique anonyme attaché à chaque smartphone sur lequel a été installé l'application. Un pseudonyme est un code chiffré construit à partir de l'identifiant et modifié toutes les 15 minutes. L'application doit[21] :

  1. détecter les smartphones proches équipés eux-mêmes de l'application StopCovid, puis déterminer parmi ces smartphones proches si un contact a eu lieu. Si oui, enregistrer les deux pseudonymes du contact sur le smartphone,
  2. permettre à l'utilisateur qui serait diagnostiqué porteur du virus provoquant la Covid-19 d'envoyer à un serveur la liste des pseudonymes avec qui il a été en contact[22],
  3. consulter régulièrement et automatiquement le serveur pour voir si l'un de ses propres pseudonymes de contact y figure, ce qui signifie que l'on a été en contact avec un utilisateur qui s'est déclaré atteint par la Covid.

Aucune donnée nominative de l'utilisateur ou de ses correspondants n'est accessible à l'application[23].

Enregistrement des contacts entre personnes[modifier | modifier le code]

L'application identifie tous les smartphones équipés de l'application en émettant en permanence par le Bluetooth à basse consommation, mais aucune géolocalisation n'est effectuée[24],[25],[21]. Une difficulté concerne les iPhones qui ne donnent pas l'accès au Bluetooth alors qu'ils sont en veille, rendant toute scrutation inopérante[26].

L'application doit déterminer quand la détection d'un autre smartphone peut être considérée comme un contact. L'évaluation de la distance est basée sur la mesure de la puissance (RSSI) du signal Bluetooth[10],[27]. Cette technique présente des problèmes de fiabilité de la mesure suivant le contexte[28]. Une autre technique serait les ultra-sons via le haut-parleur et le microphone[29]. Dans tous les cas la distance évaluée est celle entre les appareils et non celle entre les personnes elles-mêmes.

Quand la durée d'un contact avec un autre équipement est conforme à la distance et à la durée définie par le cahier des charges, un pseudonyme chiffré avec l'algorithme Skinny-64/192 est échangé puis renouvelé chaque 15 minutes[10],[30],[31]. Chaque équipement conserve la liste des pseudonymes, incluant la durée et la distance de la rencontre[10],[26] dans une limite de 14 jours.

En cas de désinstallation de l'application, toutes les données qui ont été enregistrées au cours des contacts sont supprimées[23].

Signalement par la personne contaminée par la Covid-19[modifier | modifier le code]

En cas de contamination, l'utilisateur recevra de son médecin ou de son laboratoire un certificat numérique, éventuellement scanné sous forme de code QR, indépendant de la personne ou du test[32]. L'utilisateur peut alors décider de communiquer la liste des pseudonymes enregistrés sur son smartphone au cours des 14 jours précédents vers un serveur[30]. Le certificat numérique fourni par le « tiers de santé » a pour but d'empêcher les déclarations malveillantes[10],[21].

Information des personnes ayant été en contact[modifier | modifier le code]

L'information de chaque utilisateur est gérée par l'application de son smartphone, qui va périodiquement se connecter au serveur pour voir si ce dernier ne contient pas l'un des propres pseudonymes de l'utilisateur, enregistrés à l'occasion d'un contact avec une personne qui s'est ultérieurement signalée atteinte par la Covid. Si c'est le cas, l'application donne à l'utilisateur des recommandations sur la conduite à tenir et lui demande de s'isoler et de contacter son médecin qui prescrira un test[21],[33]. S'il est lui-même diagnostiqué porteur du virus, il pourra à son tour, s'il le souhaite, donner sa liste des pseudonymes de contacts au serveur, ce qui permet de suivre les chaînes de contamination.

Contraintes[modifier | modifier le code]

Techniques[modifier | modifier le code]

Message d'erreur lors du lancement de l'application StopCovid France sur un téléphone qui ne supporte pas intégralement le BLE
  • Une fonction essentielle de l'application mobile est de mesurer la distance entre deux utilisateurs pour identifier un contact. Or aucun capteur intégré aux smartphones n'est spécifiquement conçu pour effectuer une telle mesure. La solution retenue par l'équipe du projet StopCovid, comme de nombreuses autres applications du même type, est d'utiliser le Bluetooth à basse consommation pour déduire cette distance. La société CopSonic propose d'utiliser les ultra-sons via le haut-parleur et le microphone[29].
  • L'application doit être compatible avec les smartphones du marché et le maximum de systèmes d'exploitation, dont Android et iOS. Pour iOS, la spécificité du fonctionnement du Bluetooth sur les Iphones fait que l'application Stopcovid doit être au premier plan, rendant pendant ce temps l'utilisation impossible d'autres applications. Le Gouvernement français a fait une demande à Apple de modification de son Bluetooth[35],[36] mais qui est restée sans suite[37]. De plus l'application nécessite que le smartphone soit équipé du Bluetooth basse consommation.

Juridiques[modifier | modifier le code]

Le , la Commission européenne publie un communiqué de presse sur « une boîte à outils commune au niveau de l'UE en vue de l'utilisation d'applications mobiles de traçage des contacts et d'alerte »[38].

Le , le Comité européen de la protection des données (CEPD) publie des lignes directrices sur l'utilisation des données de localisation et les outils de suivi de contacts dans le contexte de l'épidémie de COVID-19[39]. Le CEPD y propose un certain nombre d'éléments permettant d'apprécier la licéité d'un traitement numérique de suivi de contacts au regard du règlement général sur la protection des données (RGPD) et de la directive « ePrivacy ». Il fournit également une annexe technique décrivant les caractéristiques impératives et souhaitables qu'une telle application devrait posséder.

Saisie par le Gouvernement pour rendre un avis sur le principe du projet StopCovid, la Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL) se prononce le . Dans son avis, elle affine les arguments présentés par le CEPD et considère qu'une telle application ne pourrait être conforme au RGPD qu'à certaines conditions — utilité du traitement, usage temporaire, stockage limité des informations —, pour lesquelles la CNIL demande des « garanties supplémentaires »[40]. Elle indique également son souhait d'être saisie à nouveau lorsque le traitement sera formalisé et avant sa mise en œuvre effective. Le 26 mai 2020, la CNIL « rend son avis sur les conditions de mise en œuvre » de l'application. Elle est satisfaite par la prise en compte de certaines de ces remarques dans le précédent avis de 24 avril, en particulier sur les « conséquences juridiques défavorables au fait de ne pas avoir téléchargé l’application et qu’aucun droit spécifique ne sera réservé aux personnes qui l’utiliseront »[41],[42].

De diffusion[modifier | modifier le code]

L'installation de l'application se fait sur le principe du volontariat[8] mais sa diffusion se heurte au 80 % de taux d'équipement en smartphones[43]. Chez les personnes âgées de plus de 70 ans, les plus à risque, le taux d’équipement n'est que de 44 %[44],[45]. Aussi, afin d’accroître la diffusion pour ce public, un boîtier simple d’usage est prévu[14].

49 % des Français sont prêts à l'installer l'application, selon une enquête Harris Interactive pour l'Observatoire Data Publica publiée le 14 mai [46]. Cédric O, déclare « qu'avec 10 % environ d'utilisateur sur un bassin de population, StopCovid est pertinente »[47], alors que l'expérience islandaise montre qu'avec 38 % de la population l'ayant téléchargée, l'application apporte certes une aide à la recherche des contacts mais son effet reste faible[48].

Manque d'expérience[modifier | modifier le code]

Le manque d'expérience sur ce type d'application et de connaissances sûres sur la Covid-19, nécessitent l'adaptation du calcul des risques et des déclenchement des notification aux contacts par l'autorité sanitaire[49],[16][Quoi ?].

Projet[modifier | modifier le code]

Gouvernance[modifier | modifier le code]

Au Gouvernement, Cédric O, Secrétaire d'État chargé du Numérique est responsable du dossier[50]. Des débats et un vote devaient se tenir à l’Assemblée nationale le [51] et au Sénat le , mais le Gouvernement d’Édouard Philippe fait le choix d'un débat et d'un vote postérieur, le , portant sur l'ensemble du plan de déconfinement. Cette modification du calendrier est critiquée par l'opposition comme par une partie de la majorité. Le député LRM Guillaume Chiche indique : « ce temps démocratique est annulé. Ceux qui souhaitaient marquer leurs oppositions sur ce sujet (et non sur la stratégie globale de déconfinement) ne pourront pas le faire. C’est une aberration et un véritable biais démocratique »[51]. Un comité de suivi serait mis en place, composé d'organisations non gouvernementales, de professionnels du droit et du numérique, et de parlementaires[14].

La Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL) éclaire les politiques en donnant son avis sur l'application au cours du projet et un avis définitif avant son déploiement[52]. Le 26 avril, la CNIL rend un premier avis public qui « donne un satisfecit global au projet du gouvernement, tout en soulignant les garanties qu’il attend en matière de protection des données »[40]. Le 5 mai, la Commission des lois de l'Assemblée nationale auditionne la présidente de la CNIL, Marie-Laure Denis, indique que « le risque de sur-collecte des données est réel, et qu'il faudra veiller à respecter le principe de minimisation des données collectées » au regard des finalités[52].

Lors du débat organisé le 27 mai à l'Assemblée nationale, Nicole Belloubet, Olivier Véran et Cédric O défendent l'application[53], [54].

Un projet de décret est adressé au Conseil d’État[55].

Organismes impliqués[modifier | modifier le code]

La direction interministérielle du numérique est d'abord impliquée dans le projet mais, en raison d'un désaccord sur le choix du protocole d'identification des contacts, elle est écartée au profit de l'Inria, auquel s'adjoint un consortium d'acteurs privés[56],[57]. L'Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information (ANSSI) intervient au niveau de la cybersécurité, Capgemini pour l'architecture, Dassault Systèmes en tant que prestataire de service d'informatique en nuage, l'Inserm pour les modèles de santé, l'entreprise basée à Chambéry Lunabee Studio pour la partie développement de l'application mobile, Orange pour sa diffusion et les discussions avec Apple[58], Santé Publique France pour la stratégie de suivi de contact et Withings pour le développement d'objets connectés[59]. Cédric O mentionne aussi l'Institut Pasteur[14]. Par ailleurs, d'autres sociétés se sont associées au projet : AADIS, Accenture France, Atos, BforCure, Bloom, Coalition Networks, Sia Partners, Sopra Steria, Thales, Nodle, ainsi que des sociétés travaillant sur le développement de tests rapides, Enalees, Bertin Technologies, CopSonic pour la partie intégration d'ultrasons, C4 Diagnostics , Intersec, Lifen, NamR et Semeia, Stim[60],[25],[29],[61],[62]. L'équipe projet est formée d'une centaine de personnes[12].

Dans une question écrite Philippe Latombe demande à Cédric O la levée de l'anonymat des développeurs bénévoles du projet. Le secrétaire d'état répond le 19 mai en communiquant les noms des organisations participant au projet et quelques personnes travaillant à titre individuel[62],[63].

Tous les droits de propriété intellectuelle reviendront à l’État uniquement[62].

La licence des applications Android et iOS bascule le 1er juin 2020 en licence « Mozilla Public License Version 2.0 » conformément aux autres parties du projet, soit un jour avant le déploiement officiel annoncé au grand public[64].

Chronologie[modifier | modifier le code]

Les étapes du projet :

  • 8 avril, annonce[32].
  • 18 avril, publication du protocole ROBERT.
  • 11 mai, début des tests.
  • 12 mai, début de mise à disposition d'une partie de la documentation et des codes sources.
  • 18 au 21 mai, tests en conditions réelles[65].
  • 22 mai, deuxième phase de mise à disposition d'une partie de la documentation et des codes sources[65],
  • 25 mai, présentation de l'application, Édouard Philippe répond dans une lettre aux questions des sénateurs[65],[66],[55],
  • 26 mai, la CNIL publie son avis sur le projet de décret, la commission des lois de l’Assemblée nationale entend Cédric O[32],[41]. Il déclare « on peut considérer aujourd’hui qu’elle est prête », ce que confirme le directeur général de l'Inria Bruno Sportisse[33].
  • 27 mai, Lors du vote à l’Assemblée nationale l'application est approuvée avec 338 voix pour, 215 voix contre, puis au Sénat avec 186 voix contre 127[61],[65],[67],[68],[54].
  • 28 mai, Édouard Philippe, évoque lors de son exposé sur la deuxième étape du plan de déconfinement le déploiement de l'application[69].
  • 2 juin, mise à disposition de l'application aux utilisateurs[61].
  • 9 juin, l'application a été activée par 2 % de la population française[70].
  • 23 juin, au bout de trois semaines de fonctionnement, l'application a permis d'avertir 14 personnes[20].

Développement et validation[modifier | modifier le code]

Le développement de l'application est piloté à l'Inria[71]. Le 9 mai, Cédric O annonce que le code source sera progressivement rendu public sur le dépôt GitLab de l'Inria à partir du 12 mai[72]. Mais le code publié le 12 mai se limite au protocole ROBERT côté application et rend les observateurs suspicieux sur la transparence promise[73],[74]. Le code a été ensuite publié par étapes, jusqu'au 26 mai[75].

Un comité de mainteneurs validera les contributions des acteurs externes au projet[74]. En fonction des évaluations sur l’efficacité de l'application, des corrections seront apportées à celle-ci[21].

D'après Cédric O, les tests en conditions réelles débutent la semaine du 11 mai[12]. Le 9 mai, il annonce que la phase de « test en laboratoire » est suivie d'une phase de « tests terrain » réalisée par des militaires[72],[67]. Les tests de terrain sont réalisés en 3 jours par 60 militaires équipés de plus de 100 modèles de smartphones, dans des conditions types d'utilisation en dehors du domicile (rue, métro, bus, supermarché, stade), à l'oreille ou dans la poche[53],[76],[33]. Ils permettent d'affiner les algorithmes[33].

le 27 mai, un audit de type bug bounty est lancé sur la plateforme YesWeHack pour vérifier la robustesse de l'application[77],[33].

Déploiement et exploitation[modifier | modifier le code]

L'application initialement prévue[réf. nécessaire] pour être disponible pour la sortie du confinement le 11 mai ne le sera pas[78],[43]. Mais des obstacles[Lesquels ?] empêchent la sortie de l'application, comme le confirme le communiqué d'Olivier Véran après le conseil des ministres exceptionnel du samedi 2 mai 2020[78].

Le 19 mai, le portail internet StopCovid[79] est ouvert par le Gouvernement.

L'application a été deployée le 2 juin. Le déploiement s'accompagne d'une campagne pour promouvoir l'application : dans les journaux télévisuel et radiophoniques par Cédric O, dans les transports en commun[80].

Des élus locaux réclament des mesures d'accompagnement au niveau local en particulier pour les personnes « éloignées du numérique »[81].

Une autorité de santé est responsable des serveurs centraux[10] hébergés en France par Outscale sur une infrastructure qualifiée SecNumCloud par l’ANSSI [42],[41],[82].

Bruno Sportisse, président-directeur général d’Inria, mentionne qu'une évaluation de l'efficacité sera menée pour faire évoluer l'application[21].

Cédric O déclare que l'application restera en service « (...) tant que l’épidémie est présente dans la population (...) »[14].

Accueil du projet[modifier | modifier le code]

Risques[modifier | modifier le code]

Libertés publiques[modifier | modifier le code]

StopCovid fait l'objet de polémiques quant au respect des libertés publiques[83],[10]. Dans une tribune datée du 25 avril, leurs auteurs s'inquiètent du fait que les données collectées, même anonymisées, puissent être croisées avec d'autres sources[84]. Il est également envisagé que l'utilisation de l'application puisse être détournée à d'autres fins[85], avec des risques possibles de stigmatisation[86]. À l'inverse, un risque d'exclusion peut peser sur un salarié refusant l'application que chercherait à lui imposer son employeur[87],[88].

Faux positifs et faux négatifs[modifier | modifier le code]

L'application StopCovid utilise le Bluetooth pour identifier les contacts, et cette technologie comporte une certaine incertitude sur la distance mesurée. Cela peut entraîner deux types d'erreurs de notifications de contacts :

  • enregistrement des identifiants de personnes considérées comme ayant été en contact, alors qu'elles ne l'ont pas été (faux positifs) ;
  • non-enregistrement des identifiants de personnes considérées comme n'ayant pas été en contact, alors qu'elles l'ont été (faux négatifs[49]).

Les faux positifs peuvent se produire si l'application surestime la distance entre deux personnes. Ils se produisent également lorsque les deux personnes sont proches l'une de l'autre mais séparées par une paroi. Elles seront considérées comme ayant été en contact alors qu'elle ne l'ont pas été[89]. Un groupe d'experts en protection des données s’interrogent sur les conséquences de tels faux positifs. En effet, toute personne informée par StopCovid qu'elle a été en contact avec une personne infectée pourrait être invitée à se confiner quelques jours jusqu'à ce qu'un test de dépistage soit effectué[86].

Inversement, un faux négatif peut se produire si l'application sous-estime les distances entre deux personnes. Il se produit également quand un contact a eu lieu, mais n'est pas pris en compte par l'application, par exemple si une personne a toussé sur une autre alors que le contact entre elles a été inférieur au temps nécessaire pour que StopCovid l'enregistre[16]. Interviewé, Cedric O précise que selon les tests réalisés sur 17 marques et une centaines de modèles de smartphones, StopCovid « détecte 75 à 80% des personnes à proximité dans un rayon d’un mètre et pendant plus de quinze minutes. »[90],[76]. Un faux négatif n'apporte pas plus d'inconvénient que l'absence d'utilisation de l'application.

Déclenchement de fausses alertes[modifier | modifier le code]

La crainte a été émise qu'un utilisateur sain malfaisant puisse se déclarer positif[89],[91]. Pour éviter ce risque, la déclaration nécessite la fourniture d’un code à usage unique remis par un professionnel de santé attestant un diagnostic clinique, ou un dépistage, positif à la COVID-19[92].

Critiques[modifier | modifier le code]

Questionnement sur son utilité[modifier | modifier le code]

Le 14 avril, l'association La Quadrature du Net critique StopCovid, argumentant que l'application serait « dangereuse pour nos libertés » et qu'elle « pourrait même aggraver la situation sanitaire ». Son utilisation sera « trop faible » parmi la population pour garantir des résultats satisfaisants et « seulement 77% de la population française a un smartphone et [que] cette proportion baisse à 44% pour les personnes de plus de 70 ans, alors qu’elles sont parmi les plus vulnérables ». Les résultats[Lesquels ?] de l'application seraient « trop vagues » notamment car la population n'aurait pas « accès à des tests[Lesquels ?] de façon assez régulière pour se signaler de façon suffisamment fiable » ce qui risquerait d'accroître le nombre de « faux-positifs ». De plus, pour La Quadrature du net, l'application induirait un « faux sentiment de sécurité sanitaire » et pourrait « inciter à réduire les gestes barrières »[93].

Le 19 avril, l'avocat spécialiste du numérique et des libertés publiques Jean-Baptiste Soufron estime dans Libération que l'application correspond d'abord à une mesure privative de liberté, voire à la généralisation du bracelet électronique[94].

Dans une tribune publiée le dans le quotidien Le Monde, le sociologue Antonio Casilli, le mathématicien Paul-Olivier Dehaye et l'avocat Jean-Baptiste Soufron plaident pour le renoncement à l'application StopCovid, décrite comme « un projet désastreux piloté par des apprentis sorciers ». La tribune fait notamment l'analogie entre StopCovid et l'affaire Facebook-Cambridge Analytica[84].

Dans un premier avis du 26 avril 2020, la Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL) estime quant à elle que le dispositif est « conforme au Règlement général sur la protection des données (RGPD) si certaines conditions sont respectées ». Cependant, elle « appelle [..] à la vigilance et souligne que l'application ne peut être déployée que si son utilité est suffisamment avérée et si elle est intégrée dans une stratégie sanitaire globale »[95]. Dans un second avis du 26 mai 2020, la CNIL estime que « ses principales recommandations, formulées dans son avis du 24 avril [...] ont été suivies. Elles concernent notamment la responsabilité du traitement confiée au ministère en charge de la politique sanitaire, l’absence de conséquence juridique négative attachée au choix de ne pas recourir à l’application, ou encore la mise en œuvre de certaines mesures techniques de sécurité. [...] Néanmoins, la CNIL estime que l’utilité réelle du dispositif devra être plus précisément étudiée après son lancement. La durée de mise en œuvre du dispositif devra être conditionnée aux résultats de cette évaluation régulière »[96].

Protocole centralisé vs décentralisé[modifier | modifier le code]

En France, l'application StopCovid est dite centralisée[97] : chaque smartphone contacte un serveur où sont stockées les données de contacts des personnes déclarées infectées et envoie ses contacts ; le serveur détermine si l'un des contacts reçu correspond à une personne infectée. C'est une variante du protocole PEPP-PT (en), prôné par un consortium scientifique européen.

Le 19 avril 2020, 300 scientifiques et chercheurs publient un texte[98] pour prendre leurs distances avec ce protocole : un gouvernement mal intentionné pourrait l'utiliser pour pister les liens sociaux d'une personne ou d'un groupe de personnes. Ce risque pourrait susciter la méfiance des citoyens dans une telle application et saper son efficacité[99]. Peu après la publication du texte, l'Allemagne et plusieurs pays européens, renoncent à ce protocole pour adopter celui dit décentralisé, le DP-3T (en)[100],[101].

Dans ce dernier protocole, chaque smartphone disposant de l'application décentralisée (Corona-Warn-App en Allemagne) télécharge depuis un serveur les données de contact de toutes les personnes qui se sont déclarées infectées, et c'est le smartphone qui détermine si l'une des données de contact téléchargées coïncide avec une des données de contact du smartphone[102],[103]. Cependant, ce système possède également des risques. En effet, dans le système décentralisé, c’est l’ensemble de la population qui est destinataire des données de contact des personnes infectées récoltées par le système, contrairement au système centralisé où seul le serveur en est le destinataire, et des personnes malintentionnées pourraient être en mesure de lever l'anonymat de personnes infectées[104],[91].

La différence de fonctionnement entre système centralisé et système décentralisé rend incompatible une utilisation commune des applications de détection de contacts entre les divers pays de l'Union européenne[105].

Large collecte de données[modifier | modifier le code]

Le 15 juin 2020 dans un article publié par Mediapart, le chercheur en cryptologie de l'Inria Gaëtan Leurent indique que les données collectées sont plus larges que prévu car l’application envoie au serveur toutes les données de contact que la personne a captées dans un périmètre de plusieurs mètres si elle se déclare positive et ce n'est qu'après que le serveur va filtrer les données correspondant à des contacts de plus de 15 minutes et moins d'un mètre[106],[107],[105], ceci en contradiction avec le décret et l’arrêté qui ont créé StopCovid[107].

Marché de maintenance controversé[modifier | modifier le code]

Le coût d'exploitation de la maintenance et de l'hébergement de l'application serait facturé à l'État entre 200 000 et 300 000 euros par mois par la société Outscale, filiale de Dassault Systèmes, selon l'hebdomadaire L'Obs. Or Cédric O, le secrétaire d’Etat chargé du Numérique avait déclaré que « le prix [de l'application] sera négligeable »[108]. De plus l'attribution du marché d'hébergement et de maintenance de l'application n’aurait été soumis à aucune procédure de passation de marché public pourtant obligatoire pour de tels montants. Aussi l'association Anticor, soupçonnant un délit de favoritisme,a saisi le Parquet national financier le 10 juin 2020 de ce cas[109].

Politique[modifier | modifier le code]

Au sein de la majorité, tout au long du projet, les avis sont partagés sur l'intérêt de l'application[53].

Au niveau des collectivités locales, la commission Numérique commune aux Interconnectés, à l'assemblée des communautés de France et France urbaine soumet à Cédric O une feuille de route, demandant des « dispositions claires en matière de préservation de la vie privée, de souveraineté et de frugalité des données » et une clarification sur le parcours d'une personne porteuse du covid[81]. La polémique sur l'application serait l'une des motivations pour certains membres de La République en marche de créer le nouveau groupe Écologie démocratie solidarité[110].

Fausses informations[modifier | modifier le code]

Le 27 mai 2020, le service de vérification des faits du journal Libération Checknews signale qu'une information partagée sur Facebook selon laquelle l'application accède à la liste de contacts du téléphone est fausse[111]. Au début du mois de juin, Checknews et l'Agence France Presse démentent un article prétendant que l'application est installée automatiquement sur les téléphones Iphone et Android[112],[113].

Éléments techniques[modifier | modifier le code]

Architecture et protocole[modifier | modifier le code]

L'architecture est sur le modèle client–serveur de type client lourd au travers d'internet via le protocole centralisé ROBERT (pour ROBust and privacy-presERving proximity Tracing, soit « Traçage de la proximité robuste et préservant la vie privée »), développé en commun par l'équipe PRIVATICS de l'Inria et Fraunhofer AISEC[22],[114],[115],[116]. Le 18 mai dans une tribune dans Le Monde, deux directeurs de recherche de l'Inria proposent un protocole hybride Desire[49],[117],[118].

Le protocole ROBERT permet à une personne testée positive à la Covid-19 de transmettre des pseudonymes des identifiants des smartphones avec lesquels elle a été en contact à des serveurs centraux. Chaque smartphone doté de l'application interroge périodiquement ces serveurs centraux pour vérifier que l'un de ses pseudonymes ne s'y trouve pas, ce qui signifierait que son propriétaire peut avoir été infecté[10].

Chiffrement[modifier | modifier le code]

Après une recommandation de l'Anssi, l'algorithme de chiffrement pour les identifiants des utilisateurs a été modifié afin d'utiliser le protocole Skinny-64/192 à la place de 3DES, ce dernier n'étant plus considéré comme sûr depuis des années[31].

Interface avec d'autres systèmes et applications[modifier | modifier le code]

L'application s'interface avec le ficher « service intégré de dépistage et de prévention » (SIDEP) et Pro Santé Connect « un fournisseur d’identité dédié à la santé »[119],[120],[121].

L'équipe du projet StopCovid déclare qu'il est « mené en liens étroits avec les équipes nationales développant des applications comparables en Allemagne, en Grande-Bretagne, en Italie, en Espagne ou encore en Norvège, sur la base d’approches comparables et garantissant l’interopérabilité »[59].

Projets locaux et régionaux en France[modifier | modifier le code]

Alertanoo[modifier | modifier le code]

À La Réunion, la Préfecture et le Ministère des Outre-mer annoncent le 3 avril 2020 qu'ils co-financent[122] le développement de l'application Alertanoo. Testée dès le 13 avril, elle utilise une combinaison du Bluetooth et des ultrasons[123] pour renforcer la détection de proximité avec la technologie Google Nearby. Comme pour StopCovid, une personne infectée a la possibilité d'envoyer la liste de ses contacts à un serveur au moyen d'un code fourni par le médecin, afin qu'ils puissent être alertés[124].

Applications quasi-homonymes[modifier | modifier le code]

Des applications ayant des noms proches sont disponibles sur Google Play et App Store :

L'application française se trouve sans ambiguïté sous le nom StopCovid France.

Références[modifier | modifier le code]

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Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]