Groupe Union centriste (Sénat)

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Groupe Union centriste
Image illustrative de l’article Groupe Union centriste (Sénat)
Chambre Sénat
Ancien(s) nom(s) Groupe de l'Union centriste
Groupe Union centriste-UDF
Groupe Union centriste et républicaine
Groupe de l'Union des démocrates et indépendants - Union centriste
Partis membres UDI
LC
MRSL
MoDem
AC
TH
CE
Président Hervé Marseille
Représentation
51 / 348
Site Web unioncentriste-senat.fr

Le groupe Union centriste (abrégé en UC), de 2012 à juillet 2017 groupe UDI-Union centriste (UDI-UC) est un groupe parlementaire français rassemblant au Sénat des parlementaires situés au centre et au centre-droit de l'échiquier politique. Continuation du groupe de l'Union centriste des démocrates de progrès (principalement composé de membres du MRP puis du CDS) le groupe est fondé en 1983 sous sa dénomination actuelle (qui changera à plusieurs reprises de 2002 à 2017). Depuis 2012, l'UDI en est la principale formation politique.

Présentation[modifier | modifier le code]

L'émergence du centre sous la Cinquième République[modifier | modifier le code]

Le groupe est issu du groupe des Républicains populaires formé en 1959, de la formation administrative en son sein du Centre démocratique (équivalent d'un groupe homonyme à l'Assemblée nationale), les deux fusionnant en 1965 en un « groupe des Républicains populaires et du Centre démocratique » (RPCD)[1],[2].

Lors de l'élection présidentielle française de 1965, le candidat issu du Mouvement républicain populaire (MRP) Jean Lecanuet met en ballotage le général Charles de Gaulle en obtenant 15,57 % des suffrages. En 1966, sous sa conduite, le Mouvement républicain populaire devient le Centre démocrate. En 1968, Alain Poher également issu du MRP devient président du Sénat. Il se présente à l'élection présidentielle française de 1969 et obtient 23,31 % des suffrages, ce qui lui permet de figurer au deuxième tour contre Georges Pompidou.

Les centristes se rallient à la majorité présidentielle en deux vagues successives en 1969 et 1974, avant de se retrouver dans l'opposition à partir de l'élection présidentielle de 1981.

Un groupe pivot[modifier | modifier le code]

Le groupe adopte le nom d'Union centriste en 1983.

L'Union centriste est alors au sommet de son influence au sénat. Il comprend un noyau de sénateurs membres du Centre des démocrates sociaux, héritier du MRP et de la démocratie chrétienne. Avec le groupe des Républicains indépendants (pour la plupart membres du Parti républicain giscardien), il est l'un des deux principaux groupes réunissant des sénateurs membres de l'UDF, les sénateurs radicaux siégeant avec les radicaux de gauche dans un troisième groupe, le RDSE.

Le groupe contribue à faire du Sénat une tribune pour la défense de l'école libre. Autour de ce noyau s’agrègent un certain nombre de sénateurs sans étiquette, désignés par des élus de terrain peu politisés: de fait, le groupe fonctionne comme une force politique autonome, y compris sur le plan financier.

L'influence du groupe est bientôt menacée par la montée en puissance du groupe RPR d'abord puis du groupe socialiste ensuite. La succession d'Alain Poher en 1992 est problématique. Au sein de l'Union centriste, René Monory est préféré à Daniel Hoeffel et Jean Lecanuet. Puis il est désigné par l'ensemble des sénateurs se réclamant de UDF au détriment du Républicain indépendant Pierre-Christian Taittinger. Il doit encore battre Alain Poher, candidat à un dernier mandat avec le soutien du groupe RPR qui lorgne déjà sur sa succession.

Réélu en 1995, René Monory est devancé au premier tour en 1998 par le candidat du RPR Christian Poncelet, dont l'audience personnelle dépasse celle de son groupe politique. En 1998, l'UDF dans son ensemble perd de l'influence avec le départ des libéraux de la confédération centriste, désormais principalement centrée autour du CDS.

L'Union centriste après la création de l'UMP[modifier | modifier le code]

L'UMP, créée en 2002, vise à réunir tous les élus de droite et du centre-droit. À ce titre, 40 sénateurs RI (Démocratie libérale) sur les 41 rejoignent le groupe UMP, fruit de la fusion de leur groupe avec celui du RPR.

Une majorité des sénateurs de l'Union centriste (29 sur 54) rejoignent également le groupe UMP. Avec 25 sénateurs, l'Union centriste se maintient cependant, à l'instar du groupe RDSE, qui ne voit que 4 sénateurs sur 21 le quitter pour l'UMP.

Le sigle « UDF » est accolé au nom du groupe du à . Le groupe approuve dans son ensemble l'évolution de l'UDF vers une plus grande autonomie dans son alliance avec l'UMP, qui se traduit, en 2006-2007 par une rupture de plus en plus franche entre les deux partis au niveau national. Cependant, l'impact de la stratégie d'indépendance de François Bayrou est à relativiser au Sénat, moins soumis que l'Assemblée nationale aux effets de la bipolarisation de l'échiquier politique depuis l'avènement de la Ve République. Ainsi les sénateurs centristes conservent leur indépendance par l'existence même de leur groupe tout en restant alliés à l'UMP dans la majorité du président du Sénat Christian Poncelet.

L'Union centriste après la dissolution de l'UDF[modifier | modifier le code]

En 2007, la stratégie de François Bayrou, fort de son score au premier tour de l'élection présidentielle, le conduit à transformer l'UDF en un nouveau Mouvement démocrate, censé élargir l'audience du centre et l'inscrire définitivement dans un positionnement indépendant de l'UMP (et du Parti socialiste). Si le président du groupe UC-UDF, Michel Mercier, rejoint le MoDem, une majorité de ses membres vont prendre leur distance avec le MoDem, restant attachés au positionnement de l'UDF, dont le groupe conservera le sigle jusqu'en 2008 dans son libellé.

Sous l'égide de Jean Arthuis, ancien président du groupe, une partie des sénateurs centristes attachés à l'UDF fonderont avec lui un nouveau parti politique, l'Alliance centriste. D'autres rejoindront le Nouveau Centre, qui s'inscrit franchement dans majorité présidentielle de Nicolas Sarkozy. Enfin, certains feront le choix de rester ou devenir sans étiquette partisane. Si le NC devient numériquement la formation politique la plus représentée au sein du groupe, l'AC alliée au MoDem, jouera un rôle déterminant au sein du groupe. Ainsi, des membres du MoDem, puis de l'AC, seront sans discontinuer élus présidents de l'UC tout au long du mandat de Nicolas Sarkozy.

La pérennité du groupe à son étiage de 25-30 membres, devient cependant de moins en moins assuré. Une majorité de ses membres seront renouvelables en 2011, peu de nouveaux sénateurs l'ont rejoint durant les années 2000 et la rupture d'alliance du MoDem avec la droite rend très incertaine la (ré)élection de ses membres, dans un contexte où le Parti socialiste a remporté de très larges victoires aux élections locales qui ne l'obligent pas à chercher appui auprès des sénateurs partisans de François Bayrou.

Après les élections sénatoriales de 2011, le MoDem perd ainsi trois sénateurs sur six sièges renouvelés. L'Alliance centriste en perd deux sur six. Seul le Nouveau Centre progresse, en remportant six sièges (principalement grâce à son alliance avec l'UMP et parfois au détriment de sortants MoDem, dont le positionnement leur a fait perdre des voix dans l'électorat de droite) alors qu'il n'en avait que quatre qui étaient en jeu. Au total, sur 18 sièges en jeu, le groupe UC perd 4 sièges.

Cependant, le groupe parvient à progresser en effectifs (31 sénateurs contre 30 avant le renouvellement) avec l'arrivée d'un certain nombre de sénateurs issus du parti radical (qui a gagné deux sièges aux élections) ou de La Gauche moderne, qui siégeaient jusqu'à présent au sein des groupes UMP ou RDSE. Ils se regroupent avec ceux de l'Union centriste : le groupe prenant alors l'appellation d'« Union centriste et républicaine » (UCR).

Les sénateurs de l'UCR sont à ce moment répartis de la manière suivante :

Le groupe confirme son ancrage au centre droit et ne participe pas à la nouvelle majorité de gauche du Sénat, qui élit à sa présidence le socialiste Jean-Pierre Bel. Valérie Létard, sénatrice NC, sera candidate au nom du groupe UC et obtiendra 29 voix au premier tour.

L'Union centriste depuis la création de l'UDI[modifier | modifier le code]

Le , à la suite de la création de l'Union des démocrates et indépendants (UDI) par Jean-Louis Borloo, à laquelle adhèrent 28 des 31 sénateurs de l'UCR (puis 29 des 32, après le ralliement de Chantal Jouanno), le groupe prend le nom d'« Union des démocrates et indépendants - UC » (UDI-UC).

Avec les élections sénatoriales de 2014, le groupe UDI-UC connaît une dynamique sans précédent depuis 2002 en gagnant 12 sièges portant son effectif à 43 sénateurs. Les sièges gagnés le sont tous par des membres de l'UDI, la plupart du temps au détriment du Parti socialiste ou du PRG, mais aussi de l'UMP.

Le 4 juillet 2017, le groupe choisit de reprendre le nom d'« Union centriste » et adopte une motion initiée par Michel Mercier (MoDem) « plaçant le groupe dans la majorité présidentielle » d'Emmanuel Macron et prévoyant que le groupe soutienne des candidats aux prochaines sénatoriales qui « s’inscrivent dans la majorité présidentielle (…) et en tant que partenaire » de celle-ci [5].

Cependant, la très grande majorité des candidats UC au renouvellement de septembre 2017 le seront sans soutien de La République en marche et souvent, sur des listes communes ou en alliance avec des candidats Les Républicains ou divers droite. Le groupe UC gagne à nouveau sept sièges portant son effectif à 49 sénateurs, un niveau proche des 54 sénateurs membres du groupe avant la création de l'UMP en 2002.

Après les élections sénatoriales de septembre 2017, Hervé Marseille (UDI-FED) est élu à la tête du groupe qui soutient dès le premier tour le président Larcher lors de sa réélection à la tête du Sénat.

La recomposition du paysage politique consécutive à l'élection présidentielle a peu de conséquences sur la composition du groupe qui n'a connu que deux départs en 2017 : celui de Joël Guerriau (ex-UDI) qui siège à partir d'octobre au groupe de droite constructive Les Indépendants et de Jean-Marc Gabouty, radical qui avait soutenu Emmanuel Macron et a rejoint après son élection le groupe RDSE.

Les départs de l'UDI de l'AC, du parti radical, puis du parti Les Centristes modifient également quelque peu les équilibres partisans internes au groupe, mais dans une ampleur modérée par le fait que plusieurs sénateurs membres de ces formations font le choix de rester à l'UDI, qui reste majoritaire, avec 31 sénateurs sur 50, en mars 2018.

Composition[modifier | modifier le code]

Composition actuelle (depuis septembre 2017)[modifier | modifier le code]

En , le groupe est composé des 50 sénateurs (43 membres, 6 apparentés et 1 rattachée) suivants[6],[7] :


Département Nom Parti Remarques
Ain Sylvie Goy-Chavent UDI
Aveyron Jean-Claude Luche UDI
Bouches-du-Rhône Sophie Joissains UDI
Calvados Sonia de la Provôté LC
Cantal Bernard Delcros UDI
Côte d'Or Anne-Catherine Loisier UDI Rattachée au groupe
Doubs Jean-François Longeot UDI
Eure Hervé Maurey LC
Finistère Michel Canevet AC
Haute-Garonne Pierre Medevielle MRSL
Gironde Alain Cazabonne MoDem
Ille-et-Vilaine Françoise Gatel UDI
Indre-et-Loire Pierre Louault UDI Apparenté au groupe
Jura Sylvie Vermeillet MRSL
Loir-et-Cher Jacqueline Gourault MoDem Nommée au gouvernement en juin 2017.
Réélue sénatrice en septembre 2017.
Jean-Paul Prince MoDem À partir de novembre 2017, en remplacement de Jacqueline Gourault
Jean-Marie Janssens LC
Haute-Loire Olivier Cigolotti LC
Lot-et-Garonne Jean-Pierre Moga UDI
Marne Yves Détraigne UDI
Françoise Férat UDI
Mayenne Élisabeth Doineau UDI
Morbihan Jacques Le Nay UDI
Moselle Jean-Marie Mizzon MRSL
Nièvre Nadia Sollogoub UDI
Nord Olivier Henno UDI
Valérie Létard UDI
Orne Nathalie Goulet UDI
Pas-de-Calais Catherine Fournier UDI
Jean-Marie Vanlerenberghe MoDem
Pyrénées-Atlantiques Denise Saint-Pé MoDem
Bas-Rhin Claude Kern LC
Haut-Rhin Jean-Marie Bockel LGM
Rhône Michèle Vullien MoDem Apparentée au groupe
Haute-Savoie Loïc Hervé UDI
Seine-Maritime Catherine Morin-Desailly LC
Yvelines Michel Laugier UDI Apparenté au groupe
Somme Daniel Dubois UDI
Tarn Philippe Bonnecarrère AC
Vendée Annick Billon UDI
Yonne Dominique Vérien UDI
Essonne Vincent Delahaye UDI
Jocelyne Guidez UDI
Hauts-de-Seine Hervé Marseille UDI-FED Président du groupe
Seine-Saint-Denis Vincent Capo-Canellas UDI-FED
Val-de-Marne Laurent Lafon UDI-FED
La Réunion Nassimah Dindar UDI
Polynésie française Nuihau Laurey TH Apparenté au groupe
Lana Tetuanui TH Apparentée au groupe
Nouvelle Calédonie Gérard Poadja CE Apparenté au groupe
Français de l'étranger Olivier Cadic UDI



Historique des présidents du groupe[modifier | modifier le code]

Formation administrative du Centre démocratique (rattachée au groupe des Républicains populaires) [12]

Groupe des Républicains populaires et du Centre démocratique [12]

Groupe Union centriste des démocrates de progrès [12]

Groupe Union centriste (sauf 2005-2008 : « Union centriste-UDF »), 2011-2012 « Union centriste et républicaine » et 2012-2017 « UDI-Union centriste »)

Anciens présidents du Sénat[modifier | modifier le code]

Identité visuelle[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Composition et groupes politiques du Sénat de la Ve République », sur senat.fr, (consulté le 7 novembre 2013)
  2. « Chronologie du groupe centriste du Sénat » (consulté le 7 novembre 2013)
  3. . Au titre du financement des partis politiques pour l'année 2009, 19 sénateurs ont déclaré leur rattachement au MoDem et 10 au Fetia Api : cf. Décret no 2009-92 du 27 janvier 2009 pris pour l'application des articles 9 et 9-1 de la loi no 88-227 du 11 mars 1988 relative à la transparence financière de la vie politique
  4. « Radioscopie du groupe Union Centriste (UC) du Sénat » sur ipolitique.fr
  5. François Vignal, « Sénat : le groupe UDI-UC change de nom et se voit en partenaire de Macron », Public Sénat,‎ (lire en ligne)
  6. Composition, en temps réel, des groupes politiques sur le site du Sénat
  7. http://udi-uc-senat.fr/les-senateurs
  8. Le sénateur Nicolas About nommé au CSA, l'opposition s'interroge, Public Sénat, 21 janvier 2011
  9. Décision n° 2015-4931 SEN du 11 juin 2015 - Gers sur le site du Conseil constitutionnel
  10. Décision n° 2015-4934 SEN du 11 juin 2015 - Cantal sur le site du Conseil constitutionnel
  11. Gérard Roche quitte l'UDI pour rejoindre le MoDem : https://france3-regions.francetvinfo.fr/auvergne/haute-loire/gerard-roche-quitte-l-udi-pour-rejoindre-le-modem-928063.html
  12. a, b et c Laurent de Boissieu, « Groupe Union Centriste (UC) », sur www.france-politique.fr (consulté le 24 janvier 2018)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]