Eugène Lepoittevin

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Eugène Le Poittevin
Lepoittevin--portrait by Nadar--1861-69--J Paul Getty Museum.jpg
Portrait par Nadar c. 1861-1869
Naissance
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ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
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Eugène Lepoittevin ou Lepoitevin ou Le Poittevin, pseudonyme d'Eugène Modeste Edmond Poidevin, né le à Paris, mort dans la même ville le , est un peintre, graveur, illustrateur et caricaturiste français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Pêcheur halant un bateau à terre, Port-en-Bessin, détail, musée maritime de l'Île Tatihou.

Naissance de Eugène Modeste Edmond Poidevin à Paris, son père Nicolas Potdevin est d'origine rouennaise, ébéniste et "aide garde-meuble" tapissier, puis chef ébéniste au château de Versailles, Versailles où ses parents s'installent[1]. Elève médiocre et artiste dans l'âme, Eugène Le Poittevin devient l'élève d'un peintre local Ledoux. A 15 ans pour prouver sa vocation à son père, qui s'y oppose, il réalise la copie au château de Versailles du tableau "Le Sac de la Ville" de Taunay[2]. La copie fait sensation dans la ville de Versailles, la duchesse de Berry octroît au jeune homme une pension de 500 francs sur la cassette du roi Louis XVIII. Il travaille dans les ateliers de Louis Hersent et de Xavier Leprince auquel il emprunte son goût pour les scènes anecdotiques et pittoresques. Sous l'influence de Leprince, Eugène Le Poittevin voyage Normandie, Bretagne, Landes, Italie, Belgique, Pays-Bas, Allemagne et Angleterre (Londres).

Il est admis à l'École des beaux-arts de Paris en 1826, et signe Poidevin ou Poitevin suivant les différents concours auquel il participe. Il s'installe dans l'atelier de son maître Leprince après le décès de celui-ci. Et participe au Salon avec trois œuvres sous le nom de Potdevin avec succès.

Son père change de nom et se fait appeler Le Poittevin, et est nommé au château de Rohan près de Strasbourg. En 1829 Eugène Le Poittevin obtient le second prix au concours du grand prix de Rome[3], jugé trop jeune pour le premier prix. Son maître Hersent lui recommande le travail d'après nature. Il expose avec succès aux Salons de 1831 jusqu'à sa mort en 1870.

Les caricatures de 1830[modifier | modifier le code]

Il fournit des planches lithographiques au journal La Caricature de Charles Philipon, et a lancé la mode des Diableries de lithographies, recueils caricaturaux, comme Le Diable fecit ou Diabolico Foutromanie (recueil de 12 planches), Charges et Décharges diaboliques, L'enfer en goguette, scènes burlesques et pornographiques qui sont immédiatement censurées puis condamnées à la destruction en 1845 pour atteinte aux bonnes mœurs[4].

Commandes pour Versailles[modifier | modifier le code]

Eugène Lepoittevin - Bataille navale d'Embro, Versailles
Les naufragés, Eugène Lepoittevin, 1839

En 1834, le gouvernement de Louis-Philippe lui commande pour le musée historique de Versailles le combat de Wertingen du 8 octobre 1805, puis en 1835 La bataille navale d'Embro.

Son œuvre L'attaque des ours blanc est acheté par l'Etat et présenté au musée du Luxembourg. En 1840, il voyage en Algérie et en revient malade. Il expose à son retour à Rouen. Et il reçoit commande pour le musée historique de Versailles de La prise de Baruth le 17 mai 1109 et Déjeuner offert à la reine Victoria sous la tente au mont d'Orléans, en forêt d'Eu.

Succès en Prusse et en Belgique[modifier | modifier le code]

Il voyage et expose régulièrement à Berlin à partir de 1839[5], puis en Belgique. 1841, il expose à Leipzig[6], Dresde. Il est promus dès lors par le marchand prussien Louis Friedrich Sachse un pionnier du marché de l'art [7]. Ses cours accueillent de nombreux élèves allemands à Paris. Il est membre des académies d'Anvers et de Berlin.

Il est fait Chevalier de la Légion d'Honneur à Paris en 1843 et Chevalier de l'ordre de Leopold à Bruxelles en 1845.

Il épouse Stéphanie Maillard (née en 1825) avec laquelle il a l'année suivante, en 1846 sa première fille Eugènie. Le changement de nom Le Poittevin est acté alors. En 1847 nait sa fille Marie.

En 1848, Le Poittevin est membre du comité "chargé d'élaborer des projets d'organisation et de veiller aux intérets de l'art et des artistes". En 1849, il est nommé Peintre Officiel de la Marine.

Les scènes de genre[modifier | modifier le code]

Vue de la base de l'aiguille à marée basse,(1860), musée de Fécamp.
Salon de 1861, la Vue de la base de l'aiguille est en bas à gauche.

Sa femme meurt en 1851. A cette époque il se fait construire une villa La Chaufferette à Etretat, ainsi qu'un atelier sur le front de mer où il séjourne régulièrement. Le thème de la mer, des pêcheurs et de leurs familles, avec lesquels il entretient des relations cordiales devient central dans son oeuvre (Vue de la base de l'aiguille à marée basse, musée de Fécamp). Thèmes qu'il présente au Salon et qui sont lithographiés par Jazet pour Goupil et Cie La Vie d'une caïque. Il peint les scènes de bains de mer, Les Bains de Mer à Etretat (Musée de Troyes). En 1867, à l'Exposition Universelle de Paris de 1867, son tableau Bains de Mer, plage d'Etretat, acquis par Napoléon III pour le Palais de l'Elysée est présenté. Son Naufrage dans les mers polaires est présenté à l'Exposition Maritime du Havre en 1869.

Cette même année il prête son atelier d'Etretat à Gustave Courbet qui vient y peindre sa fameuse Falaise d'aval après la pluie et sa série La Vague.

En parrallèle, Le Poittevin qui ne manque pas d'humour peint des Cendrillons, le petit chaperon rouge ou une Suzanne et les vieillards (muséeSaint Petersbourg) où sont caricaturés deux amis de l'artiste en train de regarder une normande au bain !

En 1870, bien que gravement malade il présente son dernier tableau au Salon, Vue des environs d'Etretat pendant la saison des bains. Il meurt chez sa fille Eugénie le 6 Août.

Sa seconde épouse Adèle Pironin, qu'il a épousé en 1861, meurt en 1872.

L'atelier de Le Poittevin est vendu à Drouot du 9 au 12 avril 1872, dont 144 peintures, des milliers de dessins et ses collections.

Style[modifier | modifier le code]

Ses scènes de genre sont inspirées par celle d'Eugène Isabey, qui lui fait découvrir Étretat, et par la peinture hollandaise, qu'il a étudiée lors d'un séjour aux Pays-Bas. Il travaille régulièrement avec ses amis tels Hippolyte Bellangé, Émile-Henri Brunner-Lacoste, Charles Mozin ou ses élèves dont Louis Tronville (1817-1872), Charles Bouchez, William P.Dana, Alexandre Caseti, Edouard Léger et Maurice Cossman.

Son goût pour le réalisme le rattache à la jeune école de 1830, tout en restant fidèle à la manière romantique de ses débuts alors peintre d'Histoire pour Versailles et proche d'un Léon Cogniet.

Pour le critique Charles Paul Landon,en 1831, Le Poittevin est un peintre inégal de grand talent qui dans le Salon peut présenter des œuvres si différentes de qualité qu'il doit se tenir en garde contre lui-même[8]. En 1839, le journal des artistes souligne la facilité du talent de Le Poittevin, dont le peintre abuse, qui présente au salon chaque année de 12 à 15 tableaux par an au Salon[9]. En 1848, au Salon, la toile David Teniers conduisant Don Juan D'Autriche est reçue avec sévérité nous apprend le critique Louis Van Roy tant au niveau du dessin que de sa couleur jugée fausse, alors qu'il en note élégance et la distinction[10]

L'Hôtel Blanquet à Étretat[modifier | modifier le code]

Précurseur, avec Eugène Isabey, des nombreux peintres paysagistes qui ont fréquenté Étretat au XIXe siècle, Eugène Lepoittevin est aussi l'auteur de la fameuse enseigne peinte (1842) qui ornait la façade de l'hôtel Blanquet, où résidaient les artistes, dont Claude Monet. Cette enseigne est conservée au Musée des Pêcheries à Fécamp[11].

Elèves[modifier | modifier le code]

  • Constantin Cretius (Brieg 1814 - Berlin 1901)
  • Philipp Eichens (Berlin 1813 - Paris 1886)
  • Ludwig Hermann (?1812 - Berlin 1881)
  • Hermann Kramer ( Berlin 1808 - ap 1866)

Œuvres dans les collections publiques[modifier | modifier le code]

Etretat et familles de Pêcheurs - Eugène Lepoittevin

Peintures[modifier | modifier le code]

  • Pêcheurs et pêcheuses conversant (1831 - musée Magnin, Dijon[12])
  • Pêcheur normand et ses enfants (musée Magnin, Dijon[13]);
  • La Grève de Port-en-Bessin (1832 - musée maritime de l'Île Tatihou;
  • Épisode de 1793, ou M. Duval, représentant du Peuple, et le général Doutremont, inspectant les travaux de défense des côtes de Normandie (1838 - musée de la Révolution française, Vizille);
  • Les naufragés (1839), Musée de Picardie, Amiens ;
  • Étretat (1842, huile sur papier marouflée, étude pour l'enseigne de l'hôtel Blanquet - musée des Pêcheries, Fécamp
  • Étretat (1842, enseigne de l'ancien hôtel Blanquet, huile sur bois - musée des Pêcheries, Fécamp);
  • Pêcheurs à Étretat (vers 1840, musée des Pêcheries, Fécamp) ;
  • Le lever du filet (musée des Pêcheries, Fécamp) ;
  • Les Sonneurs, mettant en scène dans une église plusieurs sonneurs de cloches ivres et endormis parmi des bouteilles, fut reproduit par Goupil en photoglyptie montée sur carton (15,5 X 24,5 cm - arch. pers.) pour "le Musée pour tous" (Ludovic Gaschet, 1877), album hebdomadaire de l'art contemporain.

Estampes[modifier | modifier le code]

  • Charges et décharges diaboliques (album, 1907);

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • M. H. Desjardins, Des peintres au pays des falaises 1830-1940 (éditions des Falaises, Fécamp, 2004, p. 62-67).
  • Cat Coll, L'invention d'Etretat, Eugène Le Poittevin, un peintre et ses amis à l'aube de l'impressionnisme,(éditions des Falaises, Fécamp, 2020,).
  • France Nerlich et Benedicte Savoy, Pariser Lehrjahren, Walter de Gruyter GmbH & Co KG, 6 déc. 2012 - 430 pages.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  • État-civil de Paris, décès de Lepoittevin Eugène le
  1. Cat Coll, L'invention d'Etretat, Eugène Le Poittevin, un peintre et ses amis à l'aube de l'impressionnisme, éditions des Falaises, Fécamp, 2020, p. 29-43
  2. in Eugène Bellangé, Catalogue des tableaux, études terminées... de feu Eugène Le Poittevin... Vente du 9 avril 1872, Paris 1872. pp 3-15
  3. Le Musée du Luxembourg en 1874, Ed. des Musées Nationaux, 1974, (p. 128)
  4. Fernand Drujon, Catalogue des ouvrages, écrits et dessins de toute nature poursuivis, supprimés ou condamnés depuis le 21 octobre 1814 jusqu'au 31 juillet 1877..., édition nouvelle augmentée, Paris, Librairie Ancienne et Moderne Edouard Rouveyre, 1879, p. 88-89
  5. Deutsche viertel jahrsschrift, Volume 7, Berlin, p335
  6. in Zeitung für die elegante Welt Berlin: Mode, Unterhaltung, Kunst ..., Volume 41, 1841, p432
  7. in Anna Ahrens, Der Pionier: Wie Louis Sachse in Berlin den Kunstmarkt erfand, Böhlau Verlag, Cologne Weimar, 2017, 780 pages.
  8. in Charles Paul Landon,Annales du musée et de l'école moderne des beaux-arts: Salon de 1831, Paris 1931, p245
  9. Journal des artistes ...: Peinture, sculpture ..., Volume 1 ;Volume 13, p 274
  10. in Louis Van Roy,Exposition nationale des beaux-arts, 1848: revue du salon de Bruxelles, Bruxelles, 1848, p98
  11. Catalogue des peintures du musée de Fécamp, éditions Point de vues, Rouen, 2010 p. 136.
  12. Notice no 50110001326, base Joconde, ministère français de la Culture.
  13. Notice no 50110001327, base Joconde, ministère français de la Culture.

Liens externes[modifier | modifier le code]