Maisons Phénix

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Maisons Phénix

Création 1946
Dates clés 1999 Intègre le groupe Geoxia
2002 Certification NF Maison Individuelle
Personnages clés Patrick Leleu (président)
Slogan Vous êtes vraiment chez vous
Siège social Rueil-Malmaison
Drapeau de France France
Activité Bâtiment
Produits Maisons individuelles
Société mère Groupe Geoxia
Effectif 2 000 collaborateurs
Site web maisons-phenix.com

Maisons Phénix est une entreprise fondée en 1946, de nos jours marque nationale du groupe Geoxia. Maisons Phénix est l’un des leaders du marché de la construction individuelle en France. Dans les années 1980, la marque est le symbole des maisons à bas coûts.

Historique[modifier | modifier le code]

Dans les années 1950 Maisons Phénix, dirigée par son fondateur le polytechnicien Roger Boutteville[1], met sur le marché des pavillons à charpente métallique fabriqués industriellement[2]. En 60 ans, l'entreprise a conçu 4 000 modèles différents, dont les ventes cumulées s'élèvent à 240 000 exemplaires[3].

En 1989, la Générale des eaux, actionnaire de Phénix, place à sa tête Jean-Marc Oury. L'entreprise sort d'une période difficile, ayant perdu 155 millions de francs en 1987. Oury veut développer les ventes à l'étranger et diversifier la société. Il entreprend le rachat des résidences de loisirs H-France, de la société d'aménagement Foncier Conseil et du promoteur immobilier Progemo afin de fonder l'année suivante la Compagnie immobilière Phénix (CIP). En 1991, son chiffre d'affaires s'élève à 3,3 milliards de francs et son bénéfice à 275 millions[4].

La CIP acquiert ses concurrents Bruno Petit et Groupe maison familiale. L'Immobilière Phénix investit également dans l'hôtellerie en rachetant les chaînes Cidotel et Libertel, ainsi que des hôtels de luxe, dont vingt-huit situés à Paris. Christian Louis-Victor, qui préside la CCIP (Compagnie de construction internationale Phénix), est chargé par Oury de développer les ventes à l'international, notamment dans les pays de l'est. En 1993, après cette série de rachats, l'Immobilière Phénix est endettée à hauteur de 6 milliards de francs[4].

En 1994, alors que la CIP enregistre un déficit de 2,3 milliards de francs sur l'année, Oury est écarté par Jean-Marie Messier, nouveau directeur général de la Générale des eaux[5],[6].

À la fin des années 1990, la CGIS, filiale immobilière de Vivendi (nouvelle dénomination de la Générale des eaux), réorganise son pôle maisons individuelles et fonde Maisons Individuelles SA (MI SA). Les 32 marques rachetées par la Générale des eaux durant les années 1990 sont regroupées sous trois marques nationales, Maisons Phénix, Maison Familiale et Catherine Mamet, et sept régionales[7].

Maisons Phénix, qui compte 400 commerciaux, effectue la majorité des ventes du groupe. Son chiffre d'affaires pour l'année 1997 est de 1,5 milliard de francs. L'entreprise, qui a vendu 200 000 pavillons en 50 ans d'activité en France[7], élargit son offre et créé Phénix Évolution, qui propose des travaux de rénovation à ses clients. Cette activité réalise un CA de 120 millions en 1997. Phénix a conclu des joint-ventures avec des groupes étrangers et vend environ un millier de pavillons par an à l'étranger, principalement aux Philippines et en Thaïlande. En 1997, Phénix réalise un CA de 100 millions à l'étranger, pour un résultat de 7 millions[7].

En 1999, Maisons Phénix et les autres marques du pôle maisons individuelles sont cédées par la CGIS[8]. Dans le cadre d'un management buy-out (MBO), les dirigeants de Maisons Individuelles SA rachètent leur entreprise, qui devient indépendante[9].

En juin 2005, Maisons Individuelles SA devient Geoxia[10],[11]. À l'issue d'un nouveau MBO, l'entreprise présidée par Roland Germain est contrôlée à 80 % par ses cadres, alors que la banque d'investissement Natixis détient les 20 % restants du capital[11]. En 2009, le fonds d'investissement LBO France fait l'acquisition de Geoxia[12].

En 2005, Maisons Phénix fait appel à Jacques Ferrier pour concevoir une nouvelle génération de maisons[2]. L'architecte conçoit un prototype, la Phénix Concept House, présenté à Meaux[3],[2]. Il est commercialisé l'année suivante[11]. En 2006, Geoxia propose une maison dite « basse consommation » certifiée NF. La « bonne maison », fabriquée selon le procédé Maisons Phénix, comprend une structure en acier et des dalles béton fibrées de bois[13].

Phenix vu par Bourdieu[modifier | modifier le code]

Dans les années 1980, alors que la marque est omniprésente dans la publicité, et qu'elle est synonyme de maisons à bas coûts destinées à un public populaire, elle sert de sujet d'étude à Pierre Bourdieu, qui analyse l'origine sociale des vendeurs, eux aussi issus de milieux populaires. Bourdieu explique le succès de la marque non pas uniquement comme un simple mécanisme d'ajustement de l'offre et de la demande tel que défini par la théorie de la rationalité des marchés, mais aussi par le recours à des données sur les structures sociales, telles que la convergence de l'habitus[14].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Polytechnicien et ingénieur des Ponts-et-chaussées, Boutteville (1892-1978) est aussi administrateur puis président de la Société alsacienne de constructions mécaniques. Boutteville, après avoir été inspecteur général des travaux de la ville de Paris de 1926 à 1934, est entré au groupe Messine en 1932 et il a été en tant que directeur général de l’Union d’électricité, d’octobre 1934 à mai 1946, le bras droit d’Ernest Mercier, administrateur de la SACM dès les années 1920 et premier vice-président de 1933 à 1940 et de 1954 à 1955. cf. le Dossier de la Légion d'honneur de Roger Boutteville sur la base Léonore ( chevalier en 1920, officier en 1930, commandeur en 1948, avec comme parrain Mercier, puis grand-officier en 1960, sur proposition du premier ministre ). Président du C.O. de l’énergie électrique durant l’Occupation, il a occupé les fonctions après la guerre de président de la commission de modernisation de l’électricité et de président de la commission des investissements des activités de base au Commissariat général au plan.
  2. a b et c Marie-Dominique Lelievre, « Ma cabane pour nada », Libération,
  3. a et b Michèle Leloup, « La maison Phénix renaît », L'Express,
  4. a et b Chantal Bialobos, « Les grands travaux de Jean-Marc Oury », L'Express,
  5. Renaud de la Baume, « L'Immobilière Phénix dégringole », Libération,
  6. Renaud Lecadre, « L'Immobilière Phénix en eau trouble. La justice se penche sur les affaires de son ex-PDG, Jean-Marc Oury. », Libération,
  7. a b et c Annick Colybes, « Roland Germain : « Nous avons refondé tout le secteur maisons individuelles de Vivendi » », Les Échos,
  8. « Immobilier : CGIS va céder les maisons Phénix », Les Échos,
  9. Agnès le Gonidec, « Geoxia : comment rester n°1 de la maison individuelle », Le Journal du Net,
  10. « MI SA lance son nouveau nom Geoxia avec Harrison & Wolf », Stratégies,
  11. a b et c Philippe Defawe, « La « concept house » de Maisons Phenix sera commercialisée le 10 mai », Le Moniteur,
  12. Eric Tréguier, « Immobilier : LBO France s'empare de Geoxia », Challenges,
  13. Philippe Defawe, « Geoxia lance sur le marché une maison « basse consommation » », Le Moniteur,
  14. BROSSARD Baptiste, 2007, « Compte rendu de l'ouvrage de Pierre Bourdieu, Les structures sociales de l'économie, Paris, Seuil, “Liber”, 2000 ».

Lien externe[modifier | modifier le code]