Paul Huvelin

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Paul Huvelin
Fonctions
Président du CNPF
Prédécesseur Georges Villiers
Successeur François Ceyrac
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Chorey-les-Beaune (Côte-d'Or)
Date de décès (93 ans)
Lieu de décès Paris
Nationalité Française
Diplômé de École polytechnique
Profession Chef d'entreprise

Paul Huvelin, né le à Chorey-les-Beaune (Côte-d'Or) et mort en , est un chef d'entreprise et syndicaliste patronal français. Il est président du CNPF entre 1966 et 1972.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils d'un négociant en vins de Bourgogne, ancien élève de l'École polytechnique ( 1921), Paul Huvelin entre après ses études dans l'industrie privée comme ingénieur. Il épouse en 1928 Madeleine Giros[1], fille d'Alexandre Giros (1870-1937), de la Société générale d'entreprises (SGE), un grand patron de l'électricité de l'entre-deux-guerres. Il entre alors dans les sociétés de son beau-père: il est administrateur de la SATAM[2], de l'Énergie électrique du Nord de la France (PDG de 1940 à 1946), et de Loire-et-Centre. Après la guerre, il est vice-président de la SGE[3], vice-P-DG en 1946 puis P-DG de 1959 à 1970[4] de Kléber-Colombes (2e fabricant français de peumatiques, absorbé par Michelin en 1981), dont la famille Giros est actionnaire, administrateur à la suite de son beau-père d'autres sociétés: Hotchkiss, Compagnie française Thomson-Houston, Tréfileries et Laminoirs du Havre. Il est aussi à partir du début des années 1950 administrateur de la Banque de l'Union parisienne (BUP), et vice-président en 1963[5], et siège au conseil de la Compagnie financière de Suez, qui absorbe la BUP en 1967. Il entre au conseil d'administration de la Compagnie générale d'électicité (CGE) en 1972[6].

Il est membre du Comité européen pour le progrès économique et social depuis au moins 1955. Il devient président en 1957 de l'Institut patronal d'analyses économiques Rexecode, ainsi que le troisième président, en 1963, du Centre de recherches et d’études des chefs d’entreprise (CRC), laboratoire de réflexion patronale fondé par le président du CNPF Georges Villiers et par Jacques Warnier, premier président de ce cercle[7]. Il animait auparavant les groupes de réflexion de ce CRC. Il siège au Conseil économique et social entre 1964 et 1974.

Membre du bureau du CNPF[8], vice-président de ce syndicat patronal, il bénéficie du retrait de Marcel Demonque, dauphin présumé de Georges Villiers, et peut ainsi accéder à la présidence du Conseil national du patronat français en 1966. Il dirige la délégation patronale lors de la négociation des Accords de Grenelle en mai 1968. « Le C.N.P.F. a abordé cette négociation avec la conscience aiguë de la gravité de la situation du pays. Ce qu'il a recherché essentiellement dans cet accord, c'est la paix sociale », déclare-t-il; il ajoute: « Ce que je tiens à dire, c'est que cette confrontation a été dure, mais vraiment elle a été constructive »[9]. Il est réélu président en juillet, alors que les anciens (Villiers, Mayolle) quittent le comité directeur du syndicat[10]. Il met ensuite en place une réforme du CNPF: élection du président par un collège plus nombreux, président rééligible une seule fois, après un mandat de 3 ans, substitution d'une assemblée permanente élargie au comité directeur actuel et celle d'un conseil exécutif faisant une plus large place aux organes régionaux que le bureau actuel, nomination de 4 vice-présidents[11]. De 1971 à 1976, il préside l'Union des industries de la Communauté européenne ( UNICE ).

Paul Huvelin décède à Paris à l'âge de 93 ans, en octobre 1995. Il était marié et père de 8 enfants.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Collectif, Dictionnaire historique des patrons français, Flammarion, 2010

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le Journal, 19 juin 1928
  2. Journal des finances, 29 juin 1934
  3. Et actionnaire avec un autre gendre de Giros, Jean Matheron, P-DG de la SGE, du holding la SODEC: Le Monde, 15 septembre 1966
  4. Le Monde, 17 février 1970
  5. Le Monde, 19 mars 1963
  6. Le Monde, 7 avril 1972, "La C.G.E. renforce sa direction générale et accueille M. Paul Huvelin à son conseil d'administration". La CGE est alors présidée par Ambroise Roux, vice-président du CNPF
  7. Sur le CRC, fondé par 21 patrons, cf. Régis Boulat, « Du Centre de recherche des chefs d’entreprise à l’Institut de l’entreprise ou « comment gagner la guerre des idées » dans la seconde moitié du XXe siècle » dans Olivier Dard, Gilles Richard (dir.), Les droites et l’économie en France au XXe siècle, Riveneuve éditions, 2011,
  8. Le Monde, 17 janvier 1962
  9. Le Monde, 28 mai 1968
  10. Le Monde, 10 juillet 1968. Mais ont quitté le CNPF au lendemain de mai 68 François Michelin et le syndicat national du caoutchouc, dont Huvelin était pourtant membre.
  11. Le Monde, 7 juin 1969, "La réforme du CNPF entrera en vigueur en janvier 1070", Ibid., 29 octobre 1969, "L'assemblée générale extraordinaire du C.N.P.F. adopte le projet de réforme de l'organisation patronale"