Chocolat Suchard

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Chocolat Suchard
logo de Chocolat Suchard

Création 1826
Dates clés 1970 fusion dans Interfood

1984 rachat par Jacobs, devient Jacobs-Suchard-Tobler

Disparition 1990 (absorption dans Kraft Foods)
Fondateurs Philippe Suchard
Forme juridique S.A.
Siège social Neuchâtel
Drapeau de Suisse Suisse
Actionnaires Mondelēz InternationalVoir et modifier les données sur Wikidata
Activité Industrie agroalimentaire
Produits Confiseries
Société mère Carambar & Co
Site web www.suchard.ch

Chocolat Suchard était une entreprise agroalimentaire suisse fondée en 1826 par Philippe Suchard (1797-1884), spécialisée dans la confiserie, et plus particulièrement dans la transformation du cacao pour l'élaboration de chocolats. Elle commercialisait les Sugus, les Toblerone, en plus de ses produits sous la marque commerciale Suchard.

Rachetée par Kraft Foods en 1990, Suchard est finalement reprise par le groupe américain Mondelēz International en 2012. Des licences pour la production des rochers Suchard et du Suchard Express auraient été cédées en 2017, aux fonds d'investissement Eurazeo, à travers le groupe Carambar & Co[réf. nécessaire].

Histoire[modifier | modifier le code]

Naissance et développement[modifier | modifier le code]

La fabrique de chocolat Suchard est fondée en 1826 à Serrières, dans la commune de Neuchâtel par Philippe Suchard (1797-1884). Ce fils d'aubergiste de Boudry travaille dans la confiserie bernoise de son frère de 1815 à 1823, puis après un voyage en Amérique en 1824, ouvre également sa confiserie au centre-ville de Neuchâtel[1] en 1825, une année avant de fonder la fabrique de Serrières[2],[3],[4].

En plus d'investir dans les mines d'asphalte du Val-de-Travers, le propriétaire de Suchard fonde également des sociétés de navigation à vapeur sur le lac de Neuchâtel et de navigation fluviale entre Bâle et Rotterdam et il tente la culture du ver à soie et la filature dans l'usine de Serrières. Pragmatique, l'entrepreneur Suchard installe ses entreprises au bord du Seyon et de la Serrière, pour disposer d'une source d’énergie hydraulique[2],[4].

En 1827, pour répondre à la hausse de la demande en chocolat, Philippe Suchard met au point une nouvelle machine permettant un meilleur mélange du sucre avec la poudre de cacao[5]. L'entreprise de produits chocolatés, qui n’est au début qu’une parmi tant d’autres, ne prend réellement son essor que grâce à Philippe Suchard fils (1834-1883), puis à son gendre Carl Russ (1838-1925), qui dirige la société Suchard de 1884 à 1924[2]. Dès 1879, l'entreprise mécanise sa production et entame un développement international en ouvrant des filiales en Europe, ce qui la transforme en un siècle, en la marque de chocolat la plus connue[4],[6][source insuffisante] en Europe.

Lors d’une exposition à Londres, le chocolat Suchard y remporte la médaille d’or en 1851. Il remporte également, une médaille d’or en France à l’exposition universelle de Paris de 1855. Tant et si bien que la société ouvre en 1879, la première fabrique de chocolat suisse implantée hors du territoire, à Lörrach, dans le sud de l’Allemagne. En 1883, Philippe Suchard fils décède alors qu’il travaillait avec son père pour l’entreprise chocolatière de ce dernier. Philippe Suchard père, meurt un an plus tard et l’entreprise Suchard est reprise par son gendre, Carl Russ-Suchard[2]. L’entreprise donne alors du travail et un salaire à 200 personnes à Neuchâtel[4]. Le 23 janvier 1893, Suchard est la première marque au monde à être inscrite au registre international des marques[réf. nécessaire].

Inspiré par Daniel Peter qui avait découvert et commercialisé le chocolat au lait en 1875, Carl Russ-Suchard, lance également son propre chocolat éclairci avec du lait sous le nom de Milka en 1901[2]. Ce nom rencontre un succès non négligeable, qui sera repris comme emblème violacé par les repreneurs de la marque fondée par Ph. Suchard père[4].

Internationalisation et incorporation dans des conglomérats[modifier | modifier le code]

Après avoir créé la tablette de chocolat au lait Milka au début du XXe siècle, Suchard se transforme en société anonyme en 1905 pour assurer son développement. Puis Suchard SA s'internationalise et ouvre des usines en Autriche, en Allemagne et en France. En plus de son activité à Neuchâtel, la multinationale Suchard SA attribue des franchises dès 1922, pour ses recettes à des firmes roumaine, suédoise, canadienne, et sud-africaine notamment [2],[3],[4].

petites maisons ouvrières du XIXe
« Cité Suchard » à Serrières.

Avant-gardiste, Suchard s'investit dans une politique sociale ambitieuse en construisant la « Cité Suchard » (maisons ouvrières) à Serrières, la première crèche du canton et en subventionnant généreusement plusieurs institutions de bienfaisance[7].

Lorsque Willy Russ vend ses actions en 1930, la société anonyme se transforme en holding et Suchard cesse d'être une entreprise familiale. Parallèlement à son développement à l'étranger, Suchard poursuit son expansion sur le site de Serrières : de 30 kg de chocolat par jour en 1826 à 60 tonnes en 1924 et de 100 ouvriers en 1875 à 920 à la fin des années 1960. La holding diversifie sa production en intégrant le Sugus et le Suchard Express à sa gamme de produits[2]. La holding est transférée dix ans plus tard de Neuchâtel à Lausanne, alors qu'une usine de chocolat est rachetée à Strasbourg[8].

En 1970, la fabrique Suchard fusionne avec les Chocolat Tobler, principalement connus pour leur Toblerone, au sein d'Interfood, holding située à Lausanne. Mais en 1982, le financier Klaus Johann Jacobs s'empare de la majorité du capital de Suchard-Tobler et l'associe à son groupe qui devient Jacobs Suchard SA[2]. Ce financier entreprend la refonte de l'entreprise en profondeur et vend les installations de Serrière. Le groupe Jacobs-Suchard-Tobler voit toute sa production chocolatière déplacée de Neuchâtel à Berne et l'administration déplacée à Monruz.

Disparition progressive du groupe Suchard (Neuchâtel)
Concentration économique dans le monde du chocolat

En 1990, le groupe Jacobs-Suchard-Tobler cesse de produire à Neuchâtel/Neuenburg et est vendu au cigarettier Philip Morris Companies, qui l'intègre dans le groupe Kraft Foods Group[2],[3]. Ce groupe américain œuvrant dans l'industrie du tabac et déjà actif dans le canton de Neuchâtel le renomme alors Kraft Jacobs Suchard en 1993, comme entreprise de diversification.

En 2000, la société est nommée Kraft Foods Schweiz et commercialise ses produits chocolatés du XXIe siècle sous la marque Suchard[2],[3]. En 2012, Philip Morris scinde son groupe alimentaire Kraft en deux parties, activité européenne et américaine. Ainsi la marque et les produits Suchard sont intégrés dans Mondelēz International, alors que Kraft Foods s'allie avec Heinz aux États-Unis au sein de Kraft-Heinz.

En , des licences sur les produits Suchard avec d'autres des marques de confiserie de Mondelēz auraient été revendues au fonds d'investissement français Eurazeo[9]. Mondelēz conserve néanmoins les autres produits de la marque, dont Milka. Les nombreuses marques de la défunte holding Suchard sont aujourd'hui commercialisées par des entreprises différentes.

Principales marques (jusqu'en 1990)[modifier | modifier le code]

confiserie chocolatée produit par Suchard
Friandise de marque Suchard.

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

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Fonds d'archives[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Vincent Callet-Molin, « Chocolat Suchard » dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne., version du 25.07.2012. Online: https://hls-dhs-dss.ch/fr/articles/041958/2012-07-25/, consulté le 03.01.2022.
  • Vincent Callet-Mollin « Suchard, Philippe », in: Dictionnaire historique de la Suisse (DHS), version du 25.07.2012. Online: https://hls-dhs-dss.ch/fr/articles/030295/2012-07-25/, consulté le 01.01.2022.
  • Chantal Lafontant Valloton (dir.), Choc! Suchard fait sa pub : 130 ans d’affiches chocolatières, Neuchâtel, Alphil, , 148 p. (ISBN 978-2-88950-055-0)
  • Chantal Lafontant Valloton, « Suchard et sa publicité chocolatière : De l’entreprise neuchâteloise à la multinationale américaine, Une promotion intense, Artistes au service du chocolat », Passé simple, no 55,‎ , p. 2-13
  • Claire-Aline Nussbaum et Laurent Tissot (dir.), Suchard - Entreprise familiale de chocolat, 1826-1938 : naissance d'une multinationale suisse, Alphil, coll. « Histoire, Économie et Société », , 279 p. (ISBN 2-940235-12-0)
  • Le monde selon Suchard, ouvrage collectif, Hauterive, 2009.
  • Philippe Suchard, Mein Besuch Amerika's im Sommer 1824, [s.l.], 1827
  • Anne-Françoise Schaller-Jeanneret, « Favarger, Charles », in Dictionnaire historique de la Suisse (DHS), version du 30.11.2004. Online: https://hls-dhs-dss.ch/fr/articles/045128/2004-11-30/, consulté le 02.01.2022.
  • Philippe Suchard, Un voyage aux États-Unis d'Amérique il y a quarante ans : notes d'un touriste pendant l'été et l'automne de 1824, Neuchâtel, Libr. J. Sandoz, , 231 p. (lire en ligne)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. RCCN, « WODEY-Suchard », Fondation de Société anonyme, le 02 octobre 1930, attribution du No CHE-107.779.276, devenu CH-645.1.006.741-4 Accès libre [PDF], sur Registre du Commerce du Canton de Neuchâtel, (consulté le ) : « 40150/1930 »
  2. a b c d e f g h i et j Vincent Callet-Molin, « Philippe Suchard » dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne, version du .
  3. a b c et d Vincent Callet-Molin, « Suchard » dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne, version du .
  4. a b c d e et f « Chocolaterie Suchard » Accès libre [PDF], sur Le monde des chocolateries belges, (consulté le )
  5. « Philippe Suchard » [archive], sur swissworld.org.
  6. Julien Sansonnens, « chocolat Suchard », sur blog.jsansonnens.ch, .
  7. BUSS, Pierre-Emmanuel, « Suchard à Neuchâtel, saga des patriarches du chocolat et des Sugus », Le Temps,‎ (letemps.ch/suisse/suchard-neuchatel-saga-patriarches-chocolat-sugus [PDF])
  8. Portrait : Vincent Euzenat, directeur de l'usine Suchard, Adira, .
  9. Carambar prend un nouveau départ, lemonde.fr, .