Henri Théodore Pigozzi

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Henri Théodore Pigozzi
Henri Pigozzi.jpg
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 66 ans)
Neuilly-sur-Seine
Nom dans la langue maternelle
Enrico Teodoro PigozziVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Enfants
Autres informations
A travaillé pour

Enrico Teodoro Pigozzi, francisé en Henri Théodore Pigozzi, né à Turin le et mort à Neuilly-sur-Seine le , est un industriel italien de l'automobile. Il dirigea - en tant que directeur général (depuis 1935) puis de P-DG (de 1954 à son départ en 1963 - le constructeur automobile franco-italien Simca créé par Fiat fin 1934 pour contourner les barrières douanières entre l'Italie mussolinienne et la France.

Biographie[modifier | modifier le code]

Le jeune Enrico Pigozzi fut confronté aux réalités du monde adulte très tôt. Il n'a que 14 ans quand son père décède et il doit prendre la direction de l'entreprise de transports familiale. Il effectue son service militaire dans l'armée de l'air ce qui lui permet de se former dans la mécanique et les moteurs en particulier. Dès son retour à la vie civile, à la fin de la Première Guerre mondiale, il est convaincu que le système de traction animale a vécu et que le monde s'oriente vers la motorisation de masse à l'avenir. Il vend l'entreprise familiale de transports et s'engage dans le commerce avec la vente de motocyclettes anglaises et américaines.

Toutes les personnes qui, à Turin, travaillaient dans le domaine de la motorisation en ce début du XXème siècle allaient inévitablement tôt ou tard entrer en contact avec Fiat. Le jeune Pigozzi est aussitôt invité à s'installer à Paris pour coordonner l'achat de ferrailles pour alimenter les fonderies du groupe turinois.

Pigozzi accepte cette proposition mais, après deux ans de présence sur le sol français, se rend compte qu'il pourrait aussi importer des voitures italiennes pour les vendre en France. Son activité vient en complément de l'importation par l'ex-coureur cycliste Ernest Loste et obtient des résultats importants. Afin de rendre ses produits plus compétitifs et éviter les droits de douanes prohibitifs qui étaient souvent supérieurs à 100 % à l'époque, Fiat propose à Pigozzi de créer un atelier où les voitures Fiat seraient importées en pièces détachées pour y être assemblées en France. Un petit atelier fut loué et en seulement 20 mois, il réussit à assembler 29 000 voitures, toutes vendues sous la marque Fiat-France. Vu le succès inespéré et la demande croissante de la clientèle française qui n'aurait jamais acheté auparavant un modèle Fiat italien mais voulait une Fiat-France, en 1926, Pigozzi s'agrandit d'un grand atelier et la SAFAF (Société anonyme française des automobiles Fiat ) fut créée.

À 28 ans, il est directeur général de la SAFAF. Dès 1930, la situation économique se détériore en France et les droits d'importation augmentent fortement, surtout sur les produits importés non finis, comme les pièces détachées automobiles. En 1932, avec Fiat, il décide de transformer la SAFAF en constructeur automobile et la raison sociale devient : « Société anonyme française pour la fabrication en France des automobiles Fiat ». Le 2 novembre 1934, est créée par Fiat la marque Simca (Société industrielle de mécanique et de carrosserie automobile) et il en sera le directeur général par cooptation du 1er juillet 1935 jusqu'en 1954, puis président-directeur général de 1954 à 1963 (année de la vente de Simca à Chrysler). En 1963, Henri Pigozzi est brutalement licencié par le nouvel actionnaire majoritaire (63 %) de Simca, le groupe américain Chrysler. Il ne s'en remet pas et décédera quelques mois plus tard d'une crise cardiaque.Plus tard, Simca-Chrysler sera rachetée par le groupe PSA Peugeot Citroën en août 1978 qui fera disparaître la marque en juillet 1979 pour lui substituer en la ressuscitant l'ancienne marque Talbot, qui disparaîtra à son tour en 1986.

Henri T. Pigozzi est le père de Jean Pigozzi, jet-setter, photographe et collectionneur d'œuvres d'art et de deux filles dont l'une, Caroline Pigozzi, est journaliste-reporter à Paris Match et écrivain.

Publication[modifier | modifier le code]

  • Simca (Paris), les exigences de l'avenir, Société Simca, Montrouge, impr. Draeger, 1959, In-4° (25 cm), 202 p., fig. et pl. en noir et en coul., portrait en coul., cartes en noir et en coul., cart. ill. en coul.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • METZ François, Simca 1000, les mille et une vies d'une hirondelle, ETAI, 2011.
  • Livio Gatti Bottoglia, "Un Italien à Paris", mensuel "La Civetta", septembre 1999
  • La vie de Henri Théodore Pigozzi - Henri Pigozzi : l’âme de Simca !
  • « Aronde - Le Grand livre» (Préface de Caroline Pigozzi ), par Michel G. Renou, Editions EPA, 1993.
  • « Simca - De Fiat à Talbot» (Préface de Jacques Loste, P-DG de L'Argus de l'automobile de 1941 à 1990 et fils d'Ernest Loste), par Michel G. Renou, Editions E-T-A-I, 1999.
  • (en) Jan P. Norbye : An historical who's who of the automotive industry in Europe, Jefferson ; London : McFarland & Co., 2006.
  • Loubet Jean-Louis et Nicolas Hatzfeld: Poissy : de la CGT à la CFT, in :Vingtième Siècle. Revue d'histoire, 1/2002 (no 73), p. 67-81. Texte intégral doi.org/10.3917/ving.073.0067

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