René Sergent

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René Sergent
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Activité
Tombe de René Sergent.jpg

Vue de la sépulture.

René Sergent est un architecte français né en 1865 et mort en 1927.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils d'un boulanger de Clichy[1], Sergent reçoit à l'École spéciale d'architecture l'enseignement d'Émile Trélat et de Thierry-Ladrange. Reçu premier au diplôme, il a la possibilité d'entrer dans l'agence très réputée que dirige Ernest Sanson, où il reste plus de quinze ans.

Il y étudie à fond les œuvres des architectes et ornementistes français du XVIIIe siècle, mais aussi de leurs contemporains anglais comme les frères Adam. Aux Salons de 1885 et 1887, il expose un « relevé d'une porte de l'hôtel Carnavalet » et « la façade et la coupe sur l'escalier de l'hôtel de Thorigny ».

En 1902, Sergent prend son indépendance et entreprend de nombreux travaux de construction ou de restauration pour une riche clientèle aristocratique et bourgeoise.

Il travaille successivement pour le prince de La Tour d'Auvergne, la comtesse de Maupeou, le comte Edmond de Fels, le comte Moïse de Camondo, les Duveen, les Seligmann, les Fabre-Luce, les Rothschild et les Wendel. Sa renommée ne cessant de grandir, il est sollicité aux États-Unis et en Argentine pour les Pierpont Morgan, Gould, Vanderbilt, Bosch, Alvear et Errázuriz.

Sergent sait faire montre d'une particulière habileté pour intégrer le confort moderne dans des bâtiments de proportions et de style classiques. Il montre aussi un goût prononcé pour la stéréotomie, accomplissant dans ce domaine de véritables prouesses. Son agence s'étend rapidement et il se fait seconder par René Bétourné et Léon Fagnen.

Sergent bâtit également plusieurs grands hôtels de voyageurs : le Trianon-Palace à Versailles (1910), le Savoy et le Claridge à Londres, le Grand Hôtel de Rome, l’Hôtel Stéphanie de Baden-Baden.

Il édifie également le siège de la société Rolls-Royce.

Pour les frères Duveen, célèbres antiquaires, il construit (1907-1908) leur magasin d'exposition parisien, un « Petit Trianon » d'un élégant style Louis XVI édifié en fond de parcelle no 20 place Vendôme (aujourd'hui siège d'une banque), et donne des dessins inspirés de Versailles et de Gabriel pour le vaste immeuble de New York, à l'angle de la 5e avenue et de la 56e rue (1909-1910, détruit en 1953), dont la réalisation est effectuée par un architecte local, Horace Trumbauer.

En 1911, Sergent reçut la grande médaille de l'architecture privée de la Société Centrale des Architectes.

Il est inhumé à Paris dans le cimetière des Batignolles (12e division).

Principales constructions privées[modifier | modifier le code]

  • 1908 : Hôtel particulier à Paris, no 9 rue Octave Feuillet (angle avec la rue Alfred Dehodencq) pour Monsieur Reifenberg. Style d'inspiration Adam's. Modification d'une partie de la façade en 1925 par l'architecte Richter, 72 rue de Rome. Actuellement Lycée Professionnel Régional des arts de la mode. La Famille Reifenberg a un passé immobilier des plus intéressant Maison Reifenberg et Cie (Plumet) et Villa Reifenberg (Mallet-Stevens).
  • 1910 : Hôtel particulier à Paris, no 9 avenue Charles-Floquet (angle avec le 2 rue du général Lambert, aujourd'hui résidence de l'ambassadeur d'Inde) pour Jules Steinbach, de style néo-classique.
  • 1911 : Palais Bosch à Buenos Aires (Argentine), pour Ernesto Bosch et Elisa de Alvear, aujourd'hui ambassade des États-Unis.
  • 1911 : Palais Errázuriz à Buenos Aires (Argentine), pour Matias Errázuriz et Josefina de Alvear, aujourd'hui Musée des Arts Décoratifs.
  • 1913 : Hôtel particulier à Paris, no 9 avenue Matignon (abrite aujourd'hui la maison de ventes Christie's France).
  • Château de Voormezeele (Belgique), de style Louis XIV (détruit).
  • Hôtel particulier à Paris, sur le Champ-de-Mars, pour le couturier Jean-Philippe Worth, de style néo-classique.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Pierre Assouline, Le dernier des Camondo, N.R.F./Gallimard, 1997, p. 34

Liens externes[modifier | modifier le code]