Château de Ferney-Voltaire

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Château de Ferney-Voltaire
image illustrative de l’article Château de Ferney-Voltaire
Château de Voltaire
Période ou style Classique
Type Château
Propriétaire initial Voltaire
Destination initiale Lieu d'habitation
Propriétaire actuel République française
Protection Logo monument historique Classé MH (1958)
Site web voltaire.monuments-nationaux.fr
Coordonnées 46° 15′ 27″ nord, 6° 06′ 13″ est
Pays Drapeau de la France France
Région historique Pays de Gex
Région Auvergne-Rhône-Alpes
Département Ain
Ferney-Voltaire Ferney-Voltaire

Géolocalisation sur la carte : Ain

(Voir situation sur carte : Ain)
Château de Ferney-Voltaire

Le château de Ferney-Voltaire est situé dans le Pays de Gex, à Ferney (devenu Ferney-Voltaire), aujourd'hui dans le département de l'Ain en France, non loin de la Suisse (notamment Genève). Il a été pendant près de vingt ans la résidence de Voltaire qui l'a acheté en 1758 et l'a transformé ainsi que le domaine qui l'accompagnait. Le château, acquis par l'État en 1998, est classé monument historique depuis 1958[1].

L'acquisition par Voltaire[modifier | modifier le code]

Riche de ses placements financiers, Voltaire s'installe en mars 1755 dans les environs de Genève et achète une propriété qu'il appelle Les Délices. Inquiété par la République de Genève pour sa participation à l'Encyclopédie, notamment avec l'article « Genève », il cherche à s'éloigner tout en restant à l'écart de Paris où il est persona non grata. Il finit par acheter en 1758 la seigneurie de Ferney (Fernex à l'époque), dans le pays de Gex, province française frontalière de la Suisse qui jouissait de certains privilèges et d'une certaine autonomie. Il y entreprend de grands travaux avant de s'y installer en 1760 : il y résidera jusqu'à la fin survenue lors de sa visite triomphale à Paris en 1778[2].

La reconstruction de l'édifice[modifier | modifier le code]

Lorsque Voltaire se porte acquéreur du domaine de Ferney, il le reconstruit entièrement en prétendant diriger lui-même les travaux dès 1758. Il s'est en fait appuyé sur un architecte genevois réputé, Jean-Michel Billon.

Le château est terminé en 1762 et présente, côté cour, une façade classique organisée symétriquement autour d'une entrée encadrée de colonnes doriques jumelées, surmontée de pilastres corinthiens, également jumelés, doubles à l'étage, et d'un fronton portant les armes du seigneur et celles de sa nièce, Mme Denis. La façade, côté jardin, était animée d'un avant-corps en arrondi, encastré de pilastres ioniques et couronné d'un fronton curviligne. Il a été remplacé au XIXe siècle par une façade plate à fronton triangulaire.

Le parc est aménagé simultanément et participe à la mise en scène du château qui domine le site, notamment par l'implantation, au sud, de charmilles et vers l'ouest d'un jardin à la française, d'une pièce d'eau et d'une large terrasse. Il comporte également une orangerie, créée au début du XXe siècle, qui sert aujourd'hui à des rencontres culturelles.

Le Château de Voltaire au XVIIIe siècle

Voltaire fait aménager des ouvertures dans la frondaison des arbres en contrebas de la terrasse pour dégager la vue vers les Alpes. La grange voisine était aménagée en salle de spectacle. Très vite, Voltaire se rend à l'évidence: son château est trop petit pour accueillir ses nombreux visiteurs. Il fait appel en 1765 à l'architecte et potier Léonard Racle pour ajouter deux ailes qui donnent à l'édifice son aspect définitif.

Voltaire à Ferney[modifier | modifier le code]

Le cabinet de travail de Voltaire se trouvait dans l'aile gauche : il y écrivit une large correspondance et de nombreuses œuvres comme son Dictionnaire Philosophique ou le Traité sur la Tolérance et ses tragédies qu'il faisait représenter chez lui. Le Roi-Voltaire menait une vie sociale intense, recevant l'élite de toute l'Europe et menant ses combats pour la liberté comme dans l'affaire Calas ou moins connu son intervention dans l'émancipation des serfs du Haut-Jura de l'abbaye de Saint-Claude, ses voisins[3].

À la mort de Voltaire, Catherine II impératrice de Russie projette de bâtir à l'identique le château de Ferney dans le parc de Tsarkoïe Selo, son palais d'été. Dans ce but, elle acquiert une maquette réalisée par un valet de chambre de Mme Denis, Morand, et fait dresser par Léonard Racle les plans du château et de l'ensemble du domaine, et achète la bibliothèque du philosophe. Ces documents sont conservés au palais de l'Ermitage et à la bibliothèque nationale de Russie[4].

Le château se visite de mai à septembre et diverses animations culturelles y sont proposées[5].

Le domaine[modifier | modifier le code]

Attentif à l'agronomie et mettant en pratique son fameux « il faut cultiver son jardin », Voltaire a transformé les terres et les dépendances agricoles du domaine en asséchant les marais et en introduisant les techniques les plus modernes dans l'agriculture. Il a procédé de même en transformant le bourg, modernisant l'artisanat avec par exemple une manufacture de faïence. Il a aussi fait construire une chapelle en remplacement de l'ancienne qui gênait l'agrandissement du château et dont il avait obtenu la démolition. Le patriarche de Ferney a aussi pris en charge l'édification de belles demeures à proximité du château pour y loger ses amis.

La maison de maître et la chapelle isolée ont été classés monument historique le 13 décembre 1958[6].

Parc[modifier | modifier le code]

Le parc du château de Voltaire tel qu'il est délimité par les anciens murs, avec son allée d'accès au château plantée d'arbres de 300 m de long est classé monument historique depuis le 13 décembre 1958 et inscrit au pré-inventaire des jardins remarquables[7].

Photos[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]