Marie-Louise Mignot

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Marie Louise Mignot
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 78 ans)
ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activité

Marie-Louise Mignot dite Mme Denis, née à Paris le et morte dans la même ville le , est une salonnière et épistolière. Elle est proche de Voltaire, dont elle est la nièce, la gouvernante, la compagne puis la légataire universelle.

Biographie[modifier | modifier le code]

autoportrait de Madame Dompierre de fontaine, sœur de Madame Denis

Fille de Pierre-François Mignot, seigneur de Mortigny, conseiller du roi, et de Marguerite-Catherine Arouet, elle est la nièce de Voltaire[1]. Sa sœur Madame Dompierre de Fontaine est une peintre de talent[2]. Après la mort de sa mère en 1726, son oncle devient son tuteur et tente d' organiser son mariage. Elle déclina l'offre du fils de Mme de Champbonin, préférant épouser par amour Nicolas-Charles Denis, officier et écuyer, le 25 février 1738 à Paris[3]. Déçu, Voltaire diminue sa dot et refuse d'assister à la cérémonie. Suite à ce mariage, elle prend le nom de «Madame Denis» et signe ses écrits avec cette signature. Elle est la tante du président Alexandre Marie François de Paule de Dompierre d'Hornoy dit le président d'Hornoy

Son époux meurt prématurément le 12 avril 1744. Elle ouvre alors un salon à Paris et renoue avec Voltaire, qui en fait sa gouvernante[4]. Leurs liens réciproques évoluent, et vers 1745 ils entament tous deux une relation amoureuse. Marie-Louise s'installe avec lui rue Traversière. Voltaire part vivre à la cour de Frédéric II de Prusse à Potsdam en juillet 1750, mais elle reste à Paris. Elle s'occupe de la gestion des affaires de Voltaire avec notamment avec la Comédie-française et la Cour. Voltaire se brouille avec Frédéric II et elle le rejoint à Colmar. Tous deux partent ensuite pour la Suisse, où ils arrivent le 12 décembre 1754.

Ils vivent ensuite ensemble aux Délices et à Ferney. Ils reçoivent Florian, neveu du mari de la sœur de Marie-Louise, Madame Dompierre de Fontaine, qui lui reste fidèle même après son remariage avec du Vivier. En 1768, au terme d'une dispute violente, Voltaire chasse Marie-Louise. Leurs relations se renouent peu après, au gré des circonstances. Voltaire ne peut oublier Émilie du Châtelet, son âme-sœur, philosophe comme lui ; Marie-Louise Mignot ne lui cache pas ses relations avec d'autres hommes, parmi lesquels Baculard d'Arnaud et Marmontel.

En 1778, au retour de Voltaire à Paris, elle s'installe avec lui dans l'hôtel particulier de Charles de Villette à qui Voltaire fait épouser l'année précédente, malgré ses inclinations masculines, sa protégée Reine-Philiberte Rouph de Varicourt[5], que Marie-Louise adopte quelques années plus tard.

Marie-Louise Mignot se remarie à Paris le 8 janvier 1780 à François du Vivier, commissaire des Guerres, plus jeune qu'elle de treize ans.

Marie-Louise Mignot a pu inspirer le personnage de Cunégonde, dans Candide. Ses talents de musicienne sont appréciés ; ainsi Mme de Genlis dit d'elle : « Après le dîner, M. de Voltaire, sachant que j'étais musicienne, a fait jouer madame Denis du clavecin ; elle a un jeu qui transporte en idée au temps de Louis XIV »[6]. Voltaire témoigne aussi de la passion de sa nièce : « 4 mars [1767]. Vous connaissez le goût de madame Denis, ma nièce, pour les spectacles : elle en donnait dans le château de Tournay et dans celui de Ferney […] »[7]

Héritière de Ferney et légataire universelle, elle met la propriété en vente quelques mois plus tard[8],[9],[10], et vend les papiers et la bibliothèque de Voltaire à Catherine II de Russie et le domaine de Ferney au marquis de Villette, malgré l'opposition de Jean-Louis Wagnière[8], le secrétaire particulier de Voltaire avec lequel elle a quelques différents[11]. Elle n'appréciait pas la vie à Ferney-Voltaire et à la mort de son oncle reste vivre à Paris, où elle mène une vie de salonnière et d'épistolière, s'intéressant toujours au théatre. Plus de 300 lettres de sa correspondance avec Voltaire ont été conservées.

Marie-Louise se remarie à Paris le 8 janvier 1780 à François du Vivier, commissaire des Guerres, plus jeune qu'elle de treize ans.

Hommage et postérité[modifier | modifier le code]

Plaque de rue en hommage à Marie-Louise Mignot

En 2018 l'association Escouade fait poser une plaque de rue temporaire à son nom Rue Voltaire à Genève dans le cadre de l'initiative 100elles.ch[12].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Marie-Louise MIGNOT », sur 100 Elles* (consulté le 18 mai 2019)
  2. « Wikiwix's cache », sur archive.wikiwix.com (consulté le 18 mai 2019)
  3. (en) Ian Davidson, Voltaire: A Life, Pegasus Books, (ISBN 9781681770390, lire en ligne)
  4. Ferrero, Monique., Voltaire enjuponné, ou, Les manigances de Marie-Louise Denis, Musnier-Gilbert, (ISBN 291026761X et 9782910267612, OCLC 53961459, lire en ligne)
  5. Alphonse Jacques Mahul, Annuaire ncrologique, ou Supplment annuel et continuation de toutes les biographies ou dictionnaires historiques, Paris : Baudouin frres, 1821-1826 (lire en ligne)
  6. Mme de Genlis, Mémoires, tome II, Paris, 1825, p. 320.
  7. Voltaire, « Lettre à M. Tronchin » dans Bachaumont, tome III, p. 151.
  8. a et b Wagnière, Jean-Louis, 1739-, Jean-Louis Wagnière, ou, Les deux morts de Voltaire : [correspondance inédite], Cristel, (ISBN 2844210376 et 9782844210371, OCLC 60513061, lire en ligne)
  9. « Le château de Voltaire à Ferney va être restauré pour 9 millions d'euros », sur FIGARO, (consulté le 18 mai 2019)
  10. « La Gazette des Délices - N° 22 - A propos », sur institutions.ville-geneve.ch (consulté le 18 mai 2019)
  11. « La Gazette des Délices - N° 16 - A propos », sur institutions.ville-geneve.ch (consulté le 18 mai 2019)
  12. « 100 Femmes* », sur 100 Elles* (consulté le 18 mai 2019)

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • André Magnan, « Pour Marie-Louise Denis », Cahiers Voltaire nº 1, 2002.
  • Élisabeth Badinter, « Le viol de Mme Denis : hypothèse ou roman ? », Cahiers Voltaire nº 3, 2004.
  • André Magnan, « “Mes très chers et très aimables enfants…”. Une lettre inédite de Voltaire à ses neveux Denis », Cahiers Voltaire nº 4, 2005.
  • Jean Stern, Belle et Bonne : Reine-Philiberte de Varicourt, une fervente amie de Voltaire (1757-1822), Hachette, Paris, 1938 (OCLC 83060284).
  • Voltaire, L'Affaire Paméla. Lettres de Monsieur de Voltaire à Madame Denis, de Berlin, rééd. Paris-Méditerranée avec une présentation d'André Magnan
  • Voltaire, Lettres d’amour à sa nièce, éd. Théodore Besterman, Paris, Plon, 1957.
  • Andrà Magnan, L’Affaire Paméla : lettres de M. de Voltaire à Mme Denis, Paris, Paris-Méditerranée, 2004.

Liens externes[modifier | modifier le code]