Notre-Dame-en-Saint-Melaine

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Notre-Dame-en-Saint-Melaine
Image illustrative de l'article Notre-Dame-en-Saint-Melaine
La pro-cathédrale Notre-Dame-en-Saint-Melaine de Rennes
Présentation
Culte Catholique
Type Église abbatiale
Rattachement Archidiocèse de Rennes, Dol et Saint-Malo
Début de la construction VIe siècle
Fin des travaux XIXe siècle
Architecte Gervais, Jacques Mellet, atelier Corbineau
Autres campagnes de travaux
  • VIIe siècle : reconstruction
  • XIe siècle : reconstruction
  • XIIIe siècle : voûte d’ogives au carré du transept
  • XIVe siècle : réfection des ouvertures
  • 1432 : reconstruction de la tour du clocher
  • 1676 : réfection de la façade de la tour
  • 1855 : ajout d’un étage à la tour
Style dominant Architecture classique
Protection Logo monument historique Classé MH (2013)
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Bretagne
Département Ille-et-Vilaine
Ville Rennes
Coordonnées 48° 06′ 53″ nord, 1° 40′ 23″ ouest

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Notre-Dame-en-Saint-Melaine

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Notre-Dame-en-Saint-Melaine

Notre-Dame-en-Saint-Melaine est une église abbatiale française située à Rennes, département d'Ille-et-Vilaine - dans le prolongement de la rue Saint-Melaine dans la partie nord-est du centre de la ville médiévale. Elle est bordée sur sa façade sud par l'extrémité ouest du parc du Thabor.

Le sanctuaire est dédié à saint Melaine, considéré traditionnellement comme premier évêque de Rennes, qui mourut ici au VIe siècle ; il est enterré sur la colline du Champ du Repos à Rennes, où fut construite l’abbaye Saint-Melaine.

L'église servit de cathédrale durant la première moité du XIXe siècle. Entre 1803 et 1844, la cathédrale Saint-Pierre de Rennes, volontairement démolie à la fin du XVIIIe siècle et non encore reconstruite, n'était plus utilisable en tant que cathédrale ni comme sanctuaire. Étienne Célestin Enoch, évêque de Rennes, décida donc d'installer provisoirement le siège du diocèse dans l'église abbatiale Notre-Dame-en-Saint-Melaine, laquelle devint ainsi pro-cathédrale, c'est-à-dire cathédrale provisoire.

Notre-Dame-en-Saint-Melaine se présente aujourd'hui comme un édifice composite de style roman et gothique, derrière une tour-clocher classique et néoclassique. Son plan est en forme de croix latine.

Histoire de l'édification du sanctuaire actuel[modifier | modifier le code]

L'église primitive fut construite sur la tombe de saint Melaine, évêque de Rennes à la fin du Ve siècle et début du VIe siècle. Elle fut incendiée et reconstruite deux fois, aux VIIe et Xe siècles.

Les moines, contraints de fuir, emportèrent au Xe siècle avec eux le corps de leur saint patron, et vinrent se réfugier à l'abbaye de Reuilly, en Touraine[1].

Geoffroy le Bâtard, comte de Rennes, voulut rétablir l'abbaye de Saint-Melaine. Il envoya, en l'année 1054, des députés à Sigo, abbé de Saint-Florent de Saumur, pour lui demander un homme capable de rétablir le monastère dans son ancienne splendeur ; en même temps, il le soumit à l'abbé de Saint-Florent. Sigo lui envoya un de ses religieux, nommé Even. Celui-ci, voulant rendre les reliques de l'ancien fondateur à leur premier lieu de repos, s'adressa à Gervais de Belleme, évêque de Reims, qui en possédait une partie.

Rorans avait obtenu une partie des reliques de saint Melaine qu'elle conservait avec une grande vénération à Argentré[2]. Ce fait est connu car dans une lettre[3], Gervais de Belleme, archevêque de Reims[4], annonce à Even, abbé et réformateur de l'abbaye Saint-Melaine de Rennes, que, cédant enfin à ses instances, il consent à lui rendre la relique si chère à sa famille[5].

Gervais, abbé de Saint-Melaine mena la construction de l'église romane (1081-1109), dont certaines parties subsistent aujourd'hui : il s'agit du transept et des bases de la tour du clocher.

Dans la première moitié du XIIIe siècle, le carré du transept fut recouvert d'une voûte d'ogives dont le départ est encore actuellement visible. Au XIVe siècle, les arcades de la nef et les fenêtres hautes sont refaites, ainsi que le chœur. En 1432, la tour du clocher est reconstruite sur les bases romanes.

Le , les mauristes s'installent à Saint-Melaine et exécutent de lourdes modifications. En 1676, sous l'abbatiat de Jean d'Estrades, la façade du clocher est entièrement refaite en calcaire sculpté par l'atelier de Corbineau, célèbre sculpteur de retables lavallois, qui réalise également en 1683 un nouveau cloître, mais les chapiteaux et les colonnes de l'ancien cloître du XIe siècle, sont conservés au Musée de Bretagne.

L'église abbatiale Saint-Melaine devient paroissiale en 1791, l'abbaye étant supprimée. Elle est érigée en pro-cathédrale de 1803 à 1844 sous le nom de Saint-Pierre pendant la reconstruction de la cathédrale du même nom, écroulée au XVIIIe siècle, puis elle redevient paroissiale à partir de 1844 sous le nom de Notre-Dame (aujourd'hui "Notre-Dame-en-Saint-Melaine").

Le curé de la paroisse, nommé Meslé (ne pas confondre avec les architectes cités infra), décide alors d'embellir son église et de faire de son sommet le point le plus élevé de Rennes, visible de toute la ville. En 1855, la tour du clocher est surélevée d'un étage supplémentaire par l'architecte Jacques Marie Mellet, père d'une célèbre dynastie, et couronnée d'une statue de la Vierge en plomb doré, œuvre de l'atelier de l'abbé Choyer à Angers. Meslé dote aussi l'église d'un buffet d'orgue en style romantique, d'un orgue réalisé par Jean-Baptiste Clauss, ancien contre-maître de Cavaillé-Coll, et d'un chemin de croix peint en quatorze toiles réalisées dans un style classique, inspiré du XVIIe siècle français ou italien.

L'église fait l'objet d'une inscription au titre des monuments historiques depuis le 14 octobre 1926[6], transformée en classement par arrêté du 2 juillet 2013. Elle a été endommagée durant la deuxième guerre mondiale puis restaurée dans les années 1960.

Architecture[modifier | modifier le code]

Extérieur[modifier | modifier le code]

La façade du clocher dessinée de façon parfaitement symétrique est en très bon état. Elle date dans son aspect actuel de 1676, et est faite en calcaire sculpté par l'atelier Corbineau de l'école lavalloise[7]. Plus tard, une tour surélèvera l'ensemble. De belles corbeilles de fruits ornent des scènes paradisiaques et partout, une multitude de chérubins entoure un moine portant une crosse, représentant sans doute saint Melaine, dans une vue allégorique.

Intérieur[modifier | modifier le code]

Les vitraux[modifier | modifier le code]

Les vitraux de l'édifice sont soufflés au cours de la Seconde Guerre mondiale, lors d'un des nombreux bombardements de la ville, en 1943 ou 1944. Seul subsiste aujourd'hui une verrière du XIXème siècle au chevet du collatéral nord, et, dans le transept sud, un vitrail curieusement monté en 1942 et en partie endommmagé en 1943. Les autres vitraux sont remplacés dans les années 50, de façon assez hâtive et donc sans facture particulière, à l'exception de celle du vitrail central, au chevet de l'édifice, œuvre de l'artiste contemporain Jean Le Moal, datée de 1956, représentant une Pentecôte[8] de façon non figurative, pour une des toutes premières fois dans un édifice religieux.

La grande baie du transept Sud s'orne d'un vitrail de huit mètres de hauteur et quatre mètres de largeur évoquant "La Translation (reliques) de la dépouille du Saint évêque Melaine arrivant aux portes de la ville de Rennes par la Vilaine" alors que les laïcs et clercs se prosternent sur son passage. Elle est accompagnée de l'inscription " Corpus Melani Rhedonas Honorifica DXXX" - Le corps de Saint Melaine honoré par les Rennais en l'an 530.

Cette grande verrière est due à l'Atelier des frères Paul et André Rault[9] - "Les Maîtres Verriers Bretons" et "Vitraux d'Art E. Rault", installé Place Hoche à Rennes. Sur les conseils de l'historien rennais Paul Banéat, le dessin de la maquette a été réalisé par Marguerite Maugé qui collabora activement au succès artistique de l'Atelier Rault. Installé en 1942, le vitrail fut endommagé l'année suivante par les bombardements qui soufflèrent la partie centrale de la baie endommagea la partie haute. Pendant près de 46 ans, des plaques de plexiglas opaques tentent de masquer les dégâts, avant que la ville de Rennes n'en entreprenne la restauration, sous la direction de Frédéric Rault : l’œuvre fut bénite lors de la fête de Saint Melaine en 1988 et est considérée comme le chef d’œuvre de l'Atelier Rault[10], captant par des verres colorés la lumière au Midi.

Fresques murales[modifier | modifier le code]

  • Une peinture murale du XVe siècle représentant le baptême du Christ est située dans le transept sud ;
  • Une autre, du XXe siècle, d'André Mériel-Bussy (1902-1985) est visible dans le croisillon nord du transept. Elle fait l'objet d'un classement au titre des monuments historiques depuis le 1er juillet 1960[6].

Voir aussi l'orgue et le chemin de croix, cités plus haut.

Orgues[modifier | modifier le code]

Grand orgue :

Les grandes-orgues Claus.

Orgue CLAUS 1879. En 1937 Gonzales transforme la septième en nasard et le plein jeu 6 rangs en plein jeu 4 rangs. En 1984 Yves Sévère fait un relevage, restaure la septième et le plein jeu. Ajout de l'accouplement rec/pos.

Les grandes-orgues comportent:

  • 3 claviers manuels et un pédalier
  • 40 jeux.
I Grand-Orgue C–g3
Montre 16'
Bourdon 16'
Montre 8'
Bourdon 8'
Flûte harmonique 8'
Salicional 8'
Prestant 4'
Doublette 2'
Fourniture progressive IV/VI rgs
Cornet 5 rangs
Bombarde 16'
Trompette 8'
Clairon 4'
II Positif C–g3
Quintaton 16'
Principal 8'
Flûte traversière 8'
Violoncelle 8'
Unda-Maris 8'
Octave 4'
Basson 16'
Trompette 8'
Clarinette 8'
Clairon 4'
III Récit (expressif) C–g3
Bourdon 8'
Gambe 8'
Voix Céleste 8'
Flûte octaviante 4'
Octavin 2'
Piccolo 1'
Fifre 1'1/7'
Basson-Hautbois 8'
Voix Humaine 8'
Trompette 8'
Clairon 4'
Pédale C–f1
Contrebasse 16'
Flûte 8'
Flûte 4'
Bombarde 16'
Trompette 8'
Clairon 4'
Accessoires : Tirasses G.O., Positif, Récit Appel Barker G.O., Copulas III/I, II/I, III/II Octave grave G.O. Appels anches Pédale, G.O., Positif, Récit Tremblant Récit Expression Récit

Orgue de Transept :

Orgue Cavaillé-Coll 1874 opus : 417/414 (no 451 catalogue Huybens). Ancien orgue de la chapelle des Carmes livré le 28/02/1874. Se composait primitivement de 10 jeux. Un bourdon 8 fut ajouté en août 1874. Un autre jeu (Cor de nuit?) fut ajouté plus tard. Dans les années 1950, le facteur Wolf installe un pédalier 30 notes à tirage indépendant (bourdon 16). Transfert de l'église saint Aubin à l'abbatiale et restauration par Jean-François Thibaud en 2011.

  • 2 claviers manuels et un pédalier
  • 12 jeux.
I Grand-Orgue C–g3
Bourdon 16'
Montre 8'
Bourdon 8'
Flûte harmonique 8'
Prestant 4'
III Récit (expressif) C–g3
Bourdon 8'
Gambe 8'
Voix Céleste 8'
Flûte octaviante 4'
Plein jeu 3 rgs
Basson-Hautbois 8'
Trompette 8'
Pédale C–f1
Bourdon 16'
Accessoires : Tirasses G.O., Récit, Accouplement Rec/G.O., Expression Récit à cuillère

L'abbaye saint-Melaine[modifier | modifier le code]

Saint Melaine aurait joué un rôle important auprès de Clovis dont il serait devenu le conseiller. À sa mort entre 529 et 549 son corps déposé dans une barque aurait échoué à Rennes où il fut inhumé dans le cimetière « Vicus Christianorum » au nord est de la cité. Un monastère aurait été fondé à l'emplacement de son tombeau vers 550. Un nouvel édifice fut consacré par Dutioterus évêque de Rennes le 15 mai 630. On retrouve trace d'un abbé de Saint-Melaine Bertulphe, participant au Concile de Chalon en 647/653.

À l'époque des invasions vikings l'abbaye est ruinée et les reliques partent vers 920 à Preuilly-sur-Claise en Touraine. L'abbaye reste à l'abandon jusque vers 937. La « dynastie » des évêques de Rennes s'empare du temporel de l'abbaye et quand Thébaut dote ses filles en démembrant le diocèse il se retire à Saint-Melaine en désignant comme successeur son fils Gautier qui y prend lui-même sa retraite comme abbé après l'accession de son fils Garin à l'épiscopat de Rennes.

Saint-Mélaine est enfin réformée à partir de 1058 par Even (mort en 1081) de l'Abbaye Saint-Florent de Saumur qui sera abbé pendant 23 ans et qui devient archevêque de Dol et par son successeur Gervais (mort en 1109). Dotée d'abbés commendataires depuis le début du XVIe siècle, lors de l'effondrement de la cathédrale de Rennes, les moines bénédictins s'opposent deux fois en 1740 et 1770 à l'installation du siège épiscopal à Saint-Melaine. L'abbaye est finalement réunie à l'évêché de Rennes par l'évêque François Bareau de Girac en 1775[11]

Les cloîtres du XIe siècle et du XVIIe siècle, le logis abbatial, les bâtiments conventuels et le jardin ont été conservés.

Liste des abbés de Saint-Melaine[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

  • Biennales des Abbayes Bretonnes Les Abbayes Bretonnes Le Sarment Fayard Rennes 1983 p. 128

Références[modifier | modifier le code]

  1. Vers cette même époque, une portion du corps des saints Mevennius et Judicacl était apportée du château de Thouars à Saumur.
  2. Terre qui faisait partie de son douaire.
  3. Le texte latin se trouve dans le tome I des Acta Sanctorum, 6 janvier , p. 333.
  4. II avait auparavant été évêque du Mans.
  5. Il y a long-temps, mon cher frère, que vous m'avez prié de vous donner les reliques du glorieux confesseur saint Melaine, qui nous étaient si chères, à mon père et à moi. Vous aviez de la peine de voir vôtre maison privée de ce précieux gage et vous avez employé les prières et les sollicitations les plus pressantes pour obtenir ce que vous souhaitiez. Enfin l'on n'a pu vous refuser, et l'on espère , en récompense , que vous vous souviendrez éternellement de mon père Haimon, de ma mère Hildeburge, de monseigneur le roi Henry, et de moi. Après cela je ne doute pas qu'un aussi saint homme que vous l'êtes n'apprenne avec plaisir les miracles que Dieu a opérés par ces précieuses reliques. Je parle comme témoin oculaire d'une partie, et le reste m'a été rapporté par des personnes dont le témoignage ne me parait pas de peu de considération. J'en ferai donc le récit à votre charité , pour l'édification de ceux qui pourront lire ceci. « Mon aïeule Rorans, demeurant dans le pays du Maine, dans un lieu appelé Argentré qui était de son douaire, une partie de la maison fut brûlée par accident. On présenta les reliques aux flammes qui allaient consumer le reste et aussitôt elles s'éteignirent. Ces reliques, après la mort de Rorans , passèrent, avec les terres de son douaire, en la possession de Haimon, fils de son fils , et mon père, qui transporta les reliques à sa terre de Château-du-Loir.
  6. a et b Notice no PA00090679, base Mérimée, ministère français de la Culture
  7. Architectes lavallois spécialisés dans l'édification de retables.
  8. http://www.petit-patrimoine.com/fiche-petit-patrimoine.php?id_pp=35238_31]]
  9. Véronique David, Atelier de vitraux d'art E. Rault : Catalogue d'exposition Saint-Michel de Picpus, Décor remarquable de l'entre-deux-guerres, Bernay, Musée des Beaux-Arts de Bernay,
  10. Fonds privé Rault - Déposé aux Archives Municipales de la Ville de Rennes
  11. Daniel Andrejewski, Les Abbayes bretonnes, Nantes Paris, Biennale des Abbayes bretonnes Fayard, , 544 p. (ISBN 978-2-213-01313-8, OCLC 10726407), p. 123-127.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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Voir aussi[modifier | modifier le code]

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