Langelot

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Langelot est une série de quarante romans d'espionnage pour la jeunesse écrite par le Lieutenant X, pseudonyme de Vladimir Volkoff, et publiée de 1965 à 1986 aux éditions Hachette dans la collection Bibliothèque verte. Depuis 1992, la série est rééditée aux Éditions du Triomphe.

Présentation[modifier | modifier le code]

La série comporte quarante tomes. Elle relate les aventures d'un jeune orphelin devenu agent secret à dix-huit ans et dont le patronyme - qui lui sert à la fois de prénom et de nom - est Langelot.

Développement[modifier | modifier le code]

Vladimir Volkoff, officier de renseignement[1], commence a écrire Langelot en 1965 pour la Bibliothèque Verte[2]. Il utilise le pseudonyme de « Lieutenant X » jusqu'en 1986 et ne dévoile sa véritable identité que vers la fin de sa vie, au début des années 2000, lors de la ré-édition de Langelot aux Éditions du Triomphe[3]. Celles-ci afficheront son véritable nom.

En mai 1971, avec quinze titres, les ventes du roman dépassent le million d'exemplaires[4]. Selon Lydwine Helly, la série aurait apporté à son auteur une « autonomie financière »[5].

Illustration[modifier | modifier le code]

Maurice Paulin est l'illustrateur de la série jusqu'en 1980. Robert Bressy prendra la relève, donnant au personnage de Langelot un visage plus rond, plus poupin que celui créé par Paulin[6]. À partir de 1980, avec le trente-quatrième titre (Langelot mauvais esprit), les couvertures comportent la carte d'agent secret de Langelot. L'édition 1984 de Langelot contre six chez Hachette, dans la collection Bibliothèque verte, propose des illustrations de Felicisimo Coria et de Pierre-Olivier Vincent[7].

Lors de la réédition de la série aux Éditions du Triomphe, les illustrations d'origine sont remplacées par des dessins de Laurent Bidot[8] et de Marie-Marthe Collin[9]. Certaines illustrations de couvertures sont attribuées à « A. Malinowski »[10].

Personnages principaux[modifier | modifier le code]

Héros et alliés[modifier | modifier le code]

  • Langelot : jeune homme de dix-huit ans, orphelin de père et de mère, il est officier (avec le grade de sous-lieutenant) d'un service de renseignement français intitulé Service national d'information fonctionnelle (SNIF) qui a pour devise : « Solitaires mais solidaires ». Sa spécialité est la protection, des personnes ou des secrets nationaux.
  • Corinne Levasseur : camarade de promotion à l'école du SNIF et amie de Langelot. Elle est aspirant et affectée à la section Renseignements du SNIF. Elle se nomme en réalité Delphine Ixe et est la fille du général du même nom, par ailleurs directeur général du SNIF[11]. Elle prend part à certaines missions de Langelot, notamment dans Langelot gagne la dernière manche.
  • L'aspirant Gaspard : collègue et camarade de Langelot. Il aime beaucoup se déguiser pour ses missions.
  • Pierrot (dit « La Marmite »), de son vrai nom Pierre Touzier : lieutenant à la section Action du SNIF, ami de Langelot ; il possède une force herculéenne.
  • Charles et Alex : deux lieutenants, agents plus expérimentés de la Section "Protection" du Service, qui s'amusent à taquiner le jeune Langelot. Ils interviennent en particulier dans Langelot et les Espions et Langelot pickpocket.
  • Mistigri (aspirant Gersende d'Holbach) : agent du SNIF, très sensible au charme de Langelot[12], n'a que peu d'indulgence pour les filles minces ou maigres étant « plutôt ronde elle-même » [13].
  • Le capitaine Mousteyrac (dit Cavalier seul) : forte tête du service ; imbu de son grade, il ne supporte pas l'audace de Langelot.
  • Le professeur Roche-Verger (dit Propergol par allusion à son travail sur les fusées et engins balistiques) : à la fois chimiste et mathématicien, il est ancien élève de l'École polytechnique, surnommée l'X. Amateur de devinettes ; proche de Langelot, ils se font réciproquement entière confiance. Le prénom du professeur n'est jamais mentionné.
  • Hedwige Roche-Verger (dite Choupette) : la fille du professeur Roche-Verger. Âgée de dix-sept ans[14], c'est la meilleure amie de Langelot.
  • Le capitaine Montferrand : chef direct de Langelot, il commande la section Protection (contre-espionnage) du SNIF. C'est l'un des trois adjoints directs de "SNIF", le général commandant le service. Il éprouve des sentiments paternels à l'égard de Langelot, qu'il a directement recruté et pour partie formé. Il a environ 45 ans, les cheveux gris fer coupés en brosse et porte une prothèse à la place d'une jambe perdue au combat. Il est marié et père de quatre enfants. Il habite au numéro 8 de la Rue Fantin-Latour [15] Son nom de couverture est "Roger Noël".
  • Phil Laframboise : agent de la police montée canadienne, agent secret ; ami de Langelot.
  • Lucia Cinquegrana : inspectrice de la police italienne, à Rome.

Antagonistes[modifier | modifier le code]

  • Monsieur T : Thomas Torvier, cul-de-jatte a étudié à l'École polytechnique, en même temps que le professeur Roche-Verger. Major de leur promotion, il a passé quelque temps en recherches communes avec le professeur Roche-Verger, avant de voyager seul, notamment en Australie. Victime d'une explosion, devenu brutal, il utilise la science comme instrument de domination.
  • Le colonel Chibani : officier supérieur d'un pays africain voisin du pays fictif de Côte d'Ebène.
  • Le capitaine Cordovan : Jacques Corsetier était capitaine au Deuxième Bureau de l'État-Major des Armées. Il est passé au service du Pays Noir, une puissance d'Europe de l'Est.
  • Patroclas : milliardaire, pseudo philanthrope, affilié au SPHINX
  • Sidney la gélatine : l'un des administrateurs de l'organisation d'espionnage industriel SPHINX.

Thèmes majeurs[modifier | modifier le code]

Lutte contre les dictatures[modifier | modifier le code]

Sous la plume du Lieutenant X, Vladimir Volkoff transpose, au fil des missions confiées à son héros, l’activité d'un service secret français de l’époque (tel que le SDECE ou la DGSE, plus près de nous), ainsi que des thèmes classiques de l’espionnage.

Malgré sa naïveté apparente, Langelot triomphe au cours de ses aventures, de méchants espions (Cordovan, le colonel Chibani), de savants fous (Monsieur T), de criminels internationaux (Sidney la Gélatine), de personnages démoniaques (Patroclas) et d'organisations malfaisantes (le BIDI, le SPHINX).

Des pays de l’est - le mur de Berlin sépare encore les pays communistes des pays d'Europe de l'Ouest - montent des réseaux d'espionnage qui prennent la couverture d'une troupe de ballet (Langelot et la Danseuse) ou s'appuient sur des agents doubles comme le capitaine Sourcier (Langelot suspect) ou le traître capitaine Cordovan (Jacques Corsetier du 2e Bureau) qui après avoir fomenté un coup d'État en France (le plan Rubis), voudrait rallier Langelot à sa cause (Langelot passe à l'ennemi).

La toute-puissance des multinationales défendant sans aucun scrupule leurs intérêts financiers est également dénoncée lorsque Langelot combat le SPHINX. Cette organisation mafieuse est notamment personnifiée, dans divers épisodes, par le milliardaire Sidney la gélatine, l'un de ses dirigeants -ou administrateurs.

Protection de secrets scientifiques[modifier | modifier le code]

Langelot agit dans une société dans laquelle s'installe la modernité. La préservation des secrets technologiques, notamment à finalités militaires, est déterminante.

Langelot protège sous les ordres du capitaine Montferrand, les fusées, satellites, et secrets du professeur « Propergol » (dont la fille Hedwige, surnommée Choupette, deviendra la meilleure amie de Langelot). Un colonel Chibani d'un "pays africain, peuplé de Blancs"[16] menace les alliés africains (allusion à la Libye de Mouammar Kadhafi, à nuancer car il est clair, en particulier dans Langelot kidnappé, que le Colonel Chibani n'est pas un chef d'État).

La rivalité entre les puissances officiellement alliées (Royaume-Uni, États-Unis, Italie, ou Allemagne de l'Ouest) prend un tour cocardier (Langelot et les Espions, Langelot contre 6). La jeunesse idéaliste molle, estudiantine et chevelue, des années hippie, est résolument moquée, notamment dans les romans des années soixante et soixante-dix, pour être régénérée par la gaieté, par le goût de l’action et de l’engagement patriotique (Langelot et l'Inconnue en 1968, ou Langelot pickpocket, en 1967). Mais « l'entente cordiale » avec les puissances alliées est aussi mise en valeur (Langelot et les Saboteurs, Langelot contre Monsieur T). L'Amérique du Nord, où Volkoff vécut et travailla plus de dix années[17], est abondamment illustrée par plusieurs épisodes de la série : Langelot et le Gratte-ciel, en 1967 Langelot et les Cosmonautes, paru en 1970 ou encore, Langelot et les Exterminateurs publié en 1973, voire par contraste, dans Langelot mène la vie de château, qui s'intercale en 1971.

Manipulation contre les manipulations[modifier | modifier le code]

Le trait distinctif des histoires de Langelot, et de Langelot lui-même, réside dans l'efficacité de ses initiatives personnelles à la limite de la désobéissance. Cette constante lui donne une puissante faculté pour déjouer les manipulations (thème préféré de Volkoff)[18]. Ayant découvert tôt la guerre psychologique, marqué par la Guerre d'Algérie, lecteur de Sun Tzu et de la culture de la duperie[19] que celui-ci promeut, Volkoff place les manipulations au centre de chaque mission de Langelot.

Chaque mission démontre que les apparences peuvent s'avérer trompeuses : les innocents sont suspectés, les bandits paraissent innocents ; les situations semblent claires, puis se retournent.

Dans cette voie, son espièglerie et sa fantaisie différencient également Langelot des héros d'autres romans d'espionnage. Elles lui permettent de s'entendre à merveille avec le professeur Propergol, lui-même fervent amateur de devinettes, et de se tirer des plus mauvais pas en jouant des tours à sa façon à ses ennemis (Langelot suspect, Langelot mauvais esprit). En revanche, son « cœur d'artichaut » conduit le héros à certaines imprudences (Langelot contre Monsieur T, Langelot kidnappé).

Outre ses scénarios où se mêlent aventure, enquête et suspense, la série se caractérise en partie par ses notes d'humour, dont font les frais certains personnages qui se prennent trop au sérieux (comme le commissaire Didier de la DST, service français souvent rival du SNIF).

Structure narrative[modifier | modifier le code]

Les structures des missions présentent des caractères communs, notamment ː

  • une énigme principale, généralement formulée dès le début,
  • une prolifération rapide de pistes secondaires détaillées s'avérant sans intérêt majeur (des personnages secondaires interviennent souvent dans l'intrigue d'un seul roman et collaborent spontanément à la mission de Langelot pour des motivations qui leur sont propres),
  • un moment de grand abattement, durant lequel la mission semble définitivement échouée (Langelot remet maintes fois sa démission),
  • un trait d'intuition et/ou de raisonnement de Langelot, qui ouvre une solution inattendue et un scénario d'action encouragé par un collectif rassemblé par Langelot,
  • une fin heureuse, qui couronne le succès de la mission.

La matière de chaque roman semble régulièrement puisée dans l'actualité ː la marée noire en Bretagne pour Langelot contre la marée noire, l'enlèvement d'un général américain pour Langelot et le général kidnappé, la visite de souverains à Versailles dans Langelot et le Fils du roi, les transfuges de pays communistes dans Langelot et la danseuse ou encore un dictateur africain pour Langelot chez le Présidentissime.

Langelot contre le SPHINX[modifier | modifier le code]

Au fil de ses aventures, Langelot lutte donc à onze reprises, explicitement, contre le SPHINX, présenté comme étant une organisation d'espionnage très puissante et très dangereuse, financée par des capitalistes sans scrupules. Elle est, en quelque sorte, le pendant du SPECTRE évoqué dans la série James Bond.

L'acronyme SPHINX signifie Société PHynancière INternationale X[20] :

« Ils avaient baptisés cette conspiration la Société Financière Internationale. L'un d'entre eux, ayant le sens du mystère, ajouta un X à la fin de cette dénomination qui lui paraissait un peu plate. Cela donna la Société Financière Internationale X. Un autre, qui avail lu Ubu-roi, s'amusa à orthographier Phynancière au lieu de Financière. Un troisième, qui aimait les sigles et les allusions mythologiques, releva les initiales des mots ainsi obtenus. En trichant un peu, cela donnait SPHINX[21]. »

Le SPHINX se présente comme l'archétype d'une structure d'espionnage industriel.

Langelot est confronté à plusieurs reprises à des représentants ou des dirigeants du SPHINX :

  • Sidney « la Gélatine », l'un des sept dirigeants suprêmes du SPHINX,
  • Félix Sousse, marchand international d'armes,
  • Le commodore Burma, commandant du sous-marin d'intervention du SPHINX,
  • Patroclas, chef de missions.

Les romans mettant en scène Langelot aux prises avec le SPHINX sont, par ordre chronologique :

Dans Langelot et la Clef de la guerre (1982), le SPHINX n'est pas nommé, mais le commanditaire du vol de la clef déclenchant le feu nucléaire français n'est autre que Félix Sousse, marchant d'armes affilié au SPHINX (page 184 de l'édition Hachette).

Présent dès 1969 et jusqu'aux toutes dernières missions, en 1985, le SPHINX n'est pas vaincu, au terme des missions connues de Langelot.

Séries dérivées[modifier | modifier le code]

Le Lieutenant X est également l'auteur d'une série d’espionnage dérivée de Langelot, destinée à être son pendant féminin. Son héroïne est Corinne, une amie et collègue de Langelot. Deux titres seulement ont paru : Corinne : Première Mission (1981) et Corinne et l'As de trèfle (1983).

Toujours dans la Bibliothèque verte, la série Larry J. Bash, qui connut un succès moindre, fut également publiée sous le nom de Lieutenant X.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Armelle Leroy, Le Club des Cinq, Fantômette, Oui-Oui et les autres : Les grandes séries des Bibliothèques Rose et Verte, Hors Collection, , 110 p. (ISBN 2258067537)
  • La Revue des livres pour enfants numéro 197, février 2001

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Biographie », sur vladimir-volkoff.fr (consulté le 8 août 2017).
  2. http://serge-passions.fr/Langelot_l_auteur.htm
  3. http://www.famillechretienne.fr/culture-loisirs/litterature/les-editions-du-triomphe-ont-25-ans-216903
  4. http://lebrun.pagesperso-orange.fr/bd/bverte/index.html
  5. Autobiographie, Lydwine Helly, Ed. l'Âge d'Homme, pages 27 et 28
  6. http://dominikvallet.over-blog.com/tag/langelot/2
  7. http://serge-passions.fr/Langelot_les_illustrateurs.htm
  8. « Bidot, Laurent », sur Bedetheque (consulté le 25 septembre 2017).
  9. « Langelot 36 », sur librairiecatholique.com (consulté le 25 septembre 2017).
  10. « Langelot et les crocodiles », sur Cybersfere (consulté le 25 septembre 2017).
  11. Cf. Langelot agent secret, p. 185, Hachette, 1965.
  12. « Moi, dit Mistigri rêveuse, ça ne me déplairait pas de m'appeler Mme Langelot.» (cf. Langelot et le plan Rubis, collection Bibliothèque verte, Éditions Hachette, 1977, p. 163.)
  13. Cf. Langelot et le Plan Rubis, p. 35, Hachette, 1977.
  14. Une offensive signée Langelot, page 9
  15. Cf. Langelot kidnappé.
  16. Cf. Langelot et les crocodiles, Éditions Hachette, 1969, p. 39
  17. Benjamin Vernet, « Feu Vladimir Volkoff, père de la «désinformation» », Libération,‎ (lire en ligne)
  18. https://www.contrepoints.org/2014/03/21/160233-vladimir-volkoff-12-une-approche-critique-et-ludique-de-la-desinformation
  19. Philippe Banoy, « Les leçons de Vladimir Volkoff sur la désinformation », Xe Université d’été de Synergies Européennes, Basse-Saxe,‎ (lire en ligne)
  20. Langelot donne l'assaut, note de bas de la page 64 du roman édité aux éditions du Triomphe, note bas de page 68 de l'édition Hachette, novembre 1985.
  21. Langelot en permission, page 8