Enid Blyton

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Enid Blyton
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Plaque commémorative à Southwark

Nom de naissance Enid Mary Blyton
Alias
Enid Blyton (1897-1968),
Mary Pollock (1940-1943)
Naissance
Dulwich, Londres, Angleterre
Décès (à 71 ans)
Hampstead, dans la banlieue nord de Londres, Angleterre
Activité principale
Auteur
Langue d’écriture Anglais
Genres

Œuvres principales

Série Oui-Oui
Série Jojo Lapin
Série Le Club des cinq
Série Le Clan des Sept
Signature de Enid Blyton

Enid Mary Blyton née le 11 août 1897 et morte le 28 novembre 1968, est une romancière anglaise spécialisée dans la littérature d'enfance et de jeunesse. Ses livres font partie des best-sellers mondiaux depuis les années 1930, avec plus de 600 millions d'exemplaires vendus. Ils connaissent toujours une popularité immense et ont été traduits dans près de quatre-vingt dix langues. Son premier livre, Child Whispers (Murmures d'enfants), un recueil de poèmes de vingt-quatre pages, est publié en 1922. Ses écrits couvrent une grande variété de thèmes et de genres, dont l'éducation, l'histoire naturelle, le fantastique, les histoires à suspense et les récits bibliques. Elle est surtout connue pour avoir créé les séries Oui-Oui (Noddy), Le Club des cinq (The Famous Five), et Le Clan des Sept (The Secret Seven).

À la suite du succès commercial de ses premiers romans, comme Les Aventures du fauteuil magique (Adventures of the Wishing Chair, 1937) et La Forêt enchantée (The Enchanted Wood, 1939), Blyton réussit à bâtir un empire littéraire, produisant parfois cinquante livres en une année, en plus de ses nombreuses contributions à des magazines et journaux. Son travail d'écriture n'est pas planifié et provient en grande partie de son inconscient. Elle tape ses récits au fur et à mesure qu'elle voit les événements se dérouler dans son imagination. La taille de son œuvre et la vitesse avec laquelle elle est produite donnent lieu à des rumeurs selon lesquelles elle emploierait une armée de nègres, accusation qu'elle dément catégoriquement.

L’œuvre de Blyton devient de plus en plus controversée parmi les critiques littéraires, les enseignants et les parents à partir des années 1950, décriée pour sa trop grande simplicité et les thèmes qu'elle aborde, notamment en ce qui concerne la série Oui-Oui. Certaines bibliothèques et écoles interdisent ses œuvres et la BBC refuse de les diffuser à partir des années 1930 et jusqu'aux années 1950 car ils sont perçus comme dénués de valeur littéraire. On reproche également à ses livres d'être élitistes, sexistes, racistes, xénophobes et à contre-courant de la libéralisation de la société britannique dans l'après-guerre, mais ils restent des best-sellers jusqu’à sa mort en 1968.

Blyton se sent investie de la responsabilité de fournir à ses lecteurs un cadre moral solide, et les incite à soutenir des causes nobles. En particulier, par le biais des clubs qu'elle fonde ou soutient, elle les encourage et les coordonne pour qu'ils récoltent des fonds destinés à des associations caritatives venant en aide aux animaux et aux enfants malades. La vie de Blyton a été portée à l'écran dans un film de la BBC intitulé Enid, avec Helena Bonham Carter dans le rôle principal, et diffusé pour la première fois au Royaume-Uni sur BBC Four en 2009. Ses livres ont également fait l'objet de plusieurs adaptations sur scène, au cinéma et à la télévision.

Jeunesse et éducation[modifier | modifier le code]

Enid Blyton naît le dans le quartier d'East Dulwich, à Londres. Elle est l'aînée des trois enfants de Thomas Carey Blyton (1870–1920), représentant d'une fabrique de couteaux, et de sa femme Theresa Mary Harrison Blyton (1874–1950). Les frères cadets d'Enid, Hanly (1899–1983) et Carey (1902–76), naissent après le déménagement de la famille dans une villa mitoyenne située à Beckenham, qui est à l'époque un village du Kent[1]. Quelques mois après sa naissance, Enid manque mourir de la coqueluche, mais elle est soignée et guérie par son père, qu'elle adore[2]. Thomas Blyton éveille l'intérêt d'Enid pour la nature. Dans son autobiographie, elle écrit : « mon père [...] adorait les fleurs et les oiseaux et les animaux sauvages, et en savait plus sur eux que tous ceux que j'aie jamais connus[3],[T 1] ».Il lui transmet aussi son intérêt pour le jardinage, l'art, la musique, la littérature et le théâtre, et ils vont souvent se promener tous les deux dans la nature, à la grande désapprobation de la mère d'Enid, qui ne manifeste que peu d'intérêt pour les activités de sa fille[4]. Enid est dévastée lorsque son père quitte la famille peu après son treizième anniversaire pour aller vivre avec une autre femme. Enid et sa mère n'entretiennent pas une bonne relation, et elle n'assistera aux funérailles d'aucun de ses deux parents[5].

De 1907 à 1915, Blyton fréquente l'école St Christopher à Beckenham, où elle apprécie les activités sportives et devient championne de tennis de l'école et capitaine d'équipe de crosse[6]. Elle n'aime guère les matières théoriques mais excelle dans l'art de l'écriture et, en 1911, elle participe à un concours de poésie pour enfants organisé par Arthur Mee. Mee lui offre d'imprimer ses vers et l'encourage à écrire d'avantage[1]. La mère de Blyton considère les efforts qu'elle consacre à l'écriture comme une « perte de temps et d'argent », mais elle est encouragée à persévérer par Mabel Attenborough, la tante d'une des ses camarades de classe[4].

Un manoir en pierres rouges orné de plantes grimpantes.
Le manoir Seckford Hall, situé à Woodbridge, dans le Suffolk, avec sa pièce hantée, son passage secret et ses vastes jardins, a servi de source d'inspiration à Blyton.

Le père de Blyton lui apprend à jouer du piano, et elle parvient à le maîtriser suffisamment bien pour qu'il pense qu'elle puisse suivre les pas de sa sœur et devenir musicienne professionnelle[6] . Blyton envisage de s'inscrire à la Guildhall School of Music, mais elle décide que le métier d'écrivaine lui convient mieux[7]. Elle occupe la fonction de présidente des élèves (head girl) durant les deux dernières années de sa scolarité, qui s'achève en 1915. Cette même année, elle quitte le domicile familial pour vivre avec son amie Mary Attenborough, avant d'emménager avec George et Emily Hart dans le manoir de Seckford Hall à Woodbridge, dans le Suffolk. Seckford Hall, avec sa pièce réputée hantée et son passage secret, servira de source d'inspiration à Blyton lors durant sa future carrière d'écrivaine[1]. À l'église congrégationaliste de Woodbridge, Blyton rencontre Ida Hunt, qui enseigne à la Ipswich High School. Hunt invite Blyton à s'installer dans sa ferme près de Woodbridge, et lui conseille de se former pour devenir enseignante[1]. Blyton fait la connaissance des enfants de l'école maternelle, et, s'apercevant de son affinité naturelle avec eux, elle s'inscrit en septembre 1916 à une formation d'enseignante de la National Froebel Union qui a lieu dans cette école[7],[8]. À cette époque, elle a quasiment rompu tout contact avec sa famille[1].

Les manuscrits de Blyton ont été rejetés à de nombreuses reprises par les éditeurs, ce qui ne fait que renforcer sa détermination à réussir : « c'est en partie cette lutte qui vous aide tellement, qui vous donne la détermination, le caractère, l'autonomie – toutes les choses qui aident dans n'importe quelle profession ou métier, et très certainement dans celui d'écrivain[T 2] ». En mars 1916 ses premiers poèmes sont publiés dans Nash's Magazine[9]. Elle termine sa formation d'enseignante en décembre 1918, et obtient le mois suivant un poste d'enseignante à la Bickley Park School, petit établissement indépendant pour garçons situé à Bickley, dans le Kent. Deux mois plus tard elle reçoit un certificat d'enseignante avec mentions spéciales en zoologie et en sciences de l'éducation, mention très bien en botanique, géographie, pratiques et histoire de l'éducation, hygiène infantile et enseignement, et mention bien en littérature et mathématiques élémentaires[1]. En 1920 elle s'installe dans la résidence Southernhay, située sur la Hook Road, à Surbiton, en tant que gouvernante des quatre enfants de l'architecte Horace Thompson et de sa femme Gertrude[7], avec qui elle passe quatre années heureuses. En raison d'une pénurie d'écoles dans les environs, elle se voit rapidement confier l'éducation des enfants des voisins, et une petite école se développe dans la maison[10].

Début de carrière littéraire[modifier | modifier le code]

Une maison en briques rouges.
Demeure de Blyton de 1920 à 1924, située à Chessington.

En 1920, Blyton déménage à Chessington, et commence à écrire dans son temps libre. L'année suivante elle remporte le concours d'écriture du Saturday Westminster Review avec son essai intitulé « De l'erreur répandue selon laquelle pour les gens purs toutes les choses sont pures » (« On the Popular Fallacy that to the Pure All Things are Pure »)[11]. Des publications comme The Londoner, Home Weekly et The Bystander commencent à montrer un intérêt pour ses nouvelles et ses poèmes[1].

Le premier livre de Blyon, Child Whispers, recueil de poèmes de vingt-quatre pages, est publié en 1922[11]. Il est illustré par une de ses anciennes camarades de classe, Phyllis Chase, qui collabore à plusieurs de ses premières œuvres[12]. La même année, Blyton commence à écrire dans des périodiques annuels édités par Cassell et George Newnes, et son premier texte, « Peronei and his Pot of Glue » (« Peronei et son pot de colle » ), est accepté pour publication dans Teachers' World. Son succès est stimulé en 1923 lorsque ses poèmes sont publiés aux côtés de deux de Rudyard Kipling, Walter de la Mare et G. K. Chesterton dans un numéro spécial de Teachers' World. Les textes de Blyton sur l'éducation connaissent une certaine influence dans les années 1920 et 1930. Les plus volumineux sont The Teacher's Treasury (1926), en trois volumes, Modern Teaching (1928), en six volumes, Pictorial Knowledge (1930), en dix volumes Modern Teaching in the Infant School (1932), en quatre volumes[13].

En juillet 1923, Blyton publie Real Fairies, un recueil composé de trente-trois poèmes écrits spécialement pour ce livre, à l'exception de « Pretending », déjà paru dans Punch magazine[14]. L'année suivante elle publie The Enid Blyton Book of Fairies, illustré par Horace J. Knowles[15], suivi en 1926 par le Book of Brownies[16]. Plusieurs recueils de pièces de théâtre paraissent en 1927, dont A Book of Little Plays et The Play's the Thing, agrémentés d'illustrations d'Alfred Bestall[17].

Dans les années 1930 naît chez Blyton un intérêt pour l'écriture de récits en lien avec divers mythes, notamment ceux de la Grèce et de la Rome antique. The Knights of the Round Table, Tales of Ancient Greece et Tales of Robin Hood sont publiés en 1930. Dans Tales of Ancient Greece, Blyton réécrit seize mythes grecs célèbres, mais utilise les noms latins des divinités plutôt que les noms grecs et invente des conversations entre les personnages[18]. S'ensuit la publication deThe Adventures of Odysseus, Tales of the Ancient Greeks and Persians et Tales of the Romans en 1934[19].

Succès commercial[modifier | modifier le code]

Nouvelles séries : 1934–1948[modifier | modifier le code]

Le premier des vingt-huit livres qui composent la série Old Thatch series, intitulé The Talking Teapot and Other Tales, est publié en 1934, la même année que Brer Rabbit Retold, qui inaugure la série Jojo Lapin[20]. Les Aventures du fauteuil magique (Adventures of the Wishing Chair)[a], son premier feuilleton et livre complet, paraît en 1937. La Forêt enchantée (The Enchanted Wood)[b], premier livre de la série The Faraway Tree[c] et publié en 1939, met en scène un arbre magique inspiré de la mythologie nordique, qui passionnait Blyton dans son enfance[7]. Sa fille Gillian décrit en ces termes la naissance de cette série « un jour, alors qu'elle est en train d'inventer une histoire, elle se retrouve soudain à marcher dans le bois enchanté et découvre l'arbre. Dans son imagination, elle grimpe à travers les branches et rencontre Moon-Face, Silky, the Saucepan Man et les autres personnages. Elle a tout ce qu'il lui faut.[T 3] »[21] Comme c'est le cas dans la série des Fauteuils magiques[d], ces livres fantastiques mettent souvent en scène des enfants transportés dans un monde imaginaire où ils rencontrent fées, gobelin (folklore)s, elfes, pixies et autres créatures légendaires.

Son premier roman d'aventure en forme longue, Le Secret de l’île verte[e], est publié en 1938[22]. Décrit par The Glasgow Herald comme « une aventure dans le style Robinson Crusoé qui se déroule sur une île située dans un lac anglais[T 4] », Le Secret de l'île verte fait partie des préférés de Gillian et donne naissance à la série des 4 Arnaud[21],[f]. L'année suivante, Blyton sort le premier livre de la série Cirque Galliano[23],[g] et initie la série Amelia Jane avec Naughty Amelia Jane![24] D'après Gillian, le personnage principal est inspiré d'une grande poupée cousue main qui sa mère lui a offert pour son troisième anniversaire[21].

Durant la décennie 1940, Blyton devient un auteur prolifique. Son succès est renforcé par un « marketing, une publicité et un branding largement en avance sur leur temps[T 5] »[25]. En 1940, Blyton publie deux livres – Three Boys and a Circus et Children of Kidillin – sous le pseudonyme de Mary Pollock (son deuxième prénom suivi de son nom d'épouse),[26] en plus des onze livres qu'elle publie sous son vrai nom cette année. Ils connaissent une telle popularité qu'un commentateur observe qu'« Enid Blyton ferait bien de ne pas se reposer sur ses lauriers« Enid Blyton had better look to her laurels » ».[27] Mais les lecteurs de Blyton ne sont pas dupes et nombreux sont ceux à se plaindre du subterfuge auprès d'elle et de son éditeur[27]. Les six livres sont finalement republiés sous le nom d'Enid Blyton – deux d'entre eux en 1940 et quatre en 1943[28]. Plus tard dans l'année 1940, Blyton publie son premier livre à avoir pour cadre un pensionnat, Betty la mauvaise tête, qui inaugure la série Betty. Celle ci narre les exploits de l'écolière espiègle Betty Allen à l'école fictive Shelley. Le premier des six romans de la série Les jumelles, intitulé Les jumelles à Saint-Clair, paraît l'année suivante. Il met en scène les sœurs jumelles Patricia et Isabelle O'Sullivan[13].

En 1942, Blyton sort le premier livre de la série Félicie la souris (Mary Mouse), Mary Mouse and the Dolls' House, mettant en scène une souris qui, exilée de son trou, devient domestique dans une maison de poupées. Vingt-trois livres de cette série sont écrits entre 1942 et 1964 et dix-mille exemplaires sont vendus au cours de la seule année 1942[29]. La même année, Blyton publie le premier roman de la série Le Club des cinq, Le Club des cinq et le Trésor de l'île[h], illustré par Eileen Soper dans sa version originale. Sa popularité est telle que vingt-et-un livres sortent entre 1942 et 1963, et les personnages de Julian (François), Dick (Mick), Anne (Annie) George (Claude) et Timmy le chien (Dagobert) deviennent très connus en Grande-Bretagne[30]. Matthew Grenby, auteur de Children's Literature, affirme que les Cinq sont impliqués dans « le démasquage de bandits endurcis et l'élucidation de crimes graves[T 6] », bien que ces romans ne puissent guère être qualifiés de « thrillers noirs[T 7] »[31]. Blyton s'inspire de sa propre personne pour créer le personnage de Claudine, un garçon manqué qu'elle décrit comme « aux cheveux courts, couverte de tâches de rousseur, vigoureuse, et au nez retroussé[T 8] » et comme « courageuse et audacieuse, colérique et loyale[T 9] »[9].

Blyton est intéressée par les récits bibliques, et réécrit des épisodes de l'Ancien et du Nouveau Testament. The Land of Far-Beyond (1942) est une parabole chrétienne proche du Le Voyage du pèlerin de John Bunyan (1698), avec des enfants contemporains comme personnages principaux[32]. En 1943 elle publie The Children's Life of Christ, un recueil de cinquante-neuf histoires courtes en lien avec la vie de Jésus, dans lequel elle raconte à sa façon les épisodes célèbres de la bible, de la Nativité à la Résurrection en passant par les Rois mages, le procès de Jésus et la crucifixion[33]. Tales from the Bible est publié en l'année suivante[34], suivi par The Boy with the Loaves and Fishes en 1948[35].

Le premier livre de la série Les Cinq Détectives[i], Les Cinq Détectives et le Pavillon rose[j], est publié en 1943, tout comme le deuxième livre de la série Faraway Tree, L’Arbre qui batifole, lequel se positionne soixante-sixième dans le classement The Big Read des livres prérérés des Britanniques, établi par la BBC[36]. Plusieurs des livres écrits par Blyton durant cette période ont des thèmes de bord de mer. John Jolly by the Sea (1943), un livre d'images visant destinés aux lecteurs les plus jeunes, est publié sous forme d'un livret par Evans Brothers[37]. Parmi les autres livres avec un thème marin figurent Le mystère des sept coffres (The Secret of Cliff Castle) et Le mystère de la grotte aux sirènes (Smuggler Ben), tous deux publiés sous le nom de Mary Pollock en 1943[38], Arthur et Compagnie et l'Île aux mouettes[k], premier des huit livres de la série Arthur et Compagnie[l] qui débute en 1944[39], ainsi que divers titres de la série Le Club des cinq comme Le Club des cinq et le Trésor de l'île (1942)[40], Le Club des cinq joue et gagne (1947)[41] et Le Club des cinq au bord de la mer (1953)[42].

Forte de son succès et d'un lectorat fidèle et en constante croissance[13], Blyton réédite chaque année un grand nombre de ses séries, telles que Le Club des cinq, Les Cinq Détectives et Les Jumelles, auxquelles s'ajoutent de nombreux autres romans, nouvelles et livres. En 1946 Blyton publie Les Filles de Malory School, premier roman de la série Malory School, qui comprend six titres centrés autour du personnage de l'écolière Dolly Rivers. Cette collection devient extrêmement populaire, en particulier chez les filles[43].

Pic de productivité : 1949–1959[modifier | modifier le code]

Le premier livre de la série Barney Mysteries[g], titré Le Mystère du vieux manoir, est publié en 1949 [44], de même que le premier des quinze romans qui constituent la série Le Clan des Sept, Le Clan des Sept et les bonshommes de neige [45]. Le clan est composé de Pierre, de sa sœur Jeannette, et de leurs amis Colin, Georges, Jacques, Pam et Babette, qui se retrouvent régulièrement dans un abri de jardin pour discuter des événements étranges qui ont lieu dans les environs. Blyton réécrit ces histoires en vue de leur adaptation en bandes dessinées, lesquelles paraissent dans Mickey Mouse Weekly en 1951, accompagnés d'illustrations de George Brook. L'auteur français Evelyne Lallemand continue la série dans les années 1970, produisant douze livres supplémentaires, dont neuf sont traduits en anglais par Anthea Bell entre 1983 et 1987[46].

Deux figurines plates en acier à l'effigie des personnages de Oui-Oui et Potiron, ornant une grille dans un parc.
Oui-Oui et Potiron : deux personnages de Blyton.

Le personnage de Oui-Oui, petit garçon de bois du pays des jouets, fait sa première apparition dans le Sunday Graphic du 5 juin 1949. Oui-Oui au pays des jouets, premier d'une série d'au moins deux douzaines de livres, est publié en novembre de la même année. L'idée est venue de l'un des éditeurs de Blyton, Sampson, Low, Marston and Company, qui en 1949 organise une rencontre entre Blyton l'illustrateur néerlandais Harmsen van der Beek. Bien que devant communiquer par l'intermédiaire d'un interprète, il parvient à fournir un premier aperçu de l'apparence qu'auraient le pays des jouets et ses personnages. Quatre jours après la rencontre, Blyton envoie le texte des deux premiers livres de Oui-Oui à son éditeur, le priant de le transmettre à van der Beek[47]. Oui-Oui devient l'un des ses plus grands succès et l'une de ses séries les plus connues, et connaît une immense popularité dans les années 1950[48]. Une large gamme de sous-séries, de spin-offs et de bandes dessinées sont produits au cours de la décennie, dont notamment Noddy's Library (La Bibliothèque de Oui-Oui), Noddy's Garage of Books (Le Garage à livres de Oui-Oui), Noddy's Castle of Books (Le Château de livres de Oui-Oui), Noddy's Toy Station of Books et Noddy's Shop of Books (Le Magasin de livres de Oui-Oui)[49].

En 1950, Blyton crée l'entreprise Darrell Waters Ltd pour assurer la gestion de ses affaires. Au début des années 1950, elle a atteint le sommet de sa productivité, écrivant souvent plus de cinquante livres en une seule année, et reste extrêmement prolifique durant une grande partie de la décennie[50]. En 1955, Blyton parvient à son quatorzième titre dans la série du Club des cinq, Enlèvement au Club des cinq, son quinzième livre de la série Félicie la Souris, Mary Mouse in Nursery Rhyme Land, son huitième titre de la série Arthur et Compagnie, Arthur et Compagnie sur la rivière noire, et son septième roman du Clan des Sept, Le Clan des Sept et l'homme de paille. Elle achève en 1951 le sixième et dernier livre de la série Malory School, intitulé Adieu à Malory School[43].

Blyton publie plusieurs livres mettant en scène le personnage de Scamp le terrier, tiré du roman The Adventures of Scamp, publié en 1943 sous le pseudonyme de Mary Pollock[51]. Scamp Goes on Holiday, Scamp and Bimbo (1952), Scamp at School, Scamp and Caroline et Scamp Goes to the Zoo (1954) sont illustrés par Pierre Probst. Dans un numéro de TV Comic de juillet 1956, elle introduit aux côtés de Oui-Oui le personnage de Boum, un élégant jouet batteur de tambour vêtu d'une redingote rouge vif et d'un casque de même couleur[52]. Une série de livres commence la même année avec Boum le petit tambour, illustré par R. Paul-Hoye[53], et suivi de Boum, sa grosse caisse et son petit chien (1957), Boum et les trois voleurs, Boum et le petit ours (1958), Boum et le clown, Boum et l'arc-en-ciel (1959) et Boum dans la ville enchantée (1960). En 1958, elle crée deux albums mettant en scène ce personnage, dont le premier est composé de vingt histoires courtes, de poèmes et de bandes dessinées[54].

Dernières œuvres[modifier | modifier le code]

De nombreuses séries de Blyton, dont Oui-Oui et Le Club des cinq, continuent à avoir du succès dans les années 1960. En 1962, vingt-six millions d'exemplaires de Oui-Oui ont déjà été vendus[1],[m]. Blyton achève en 1963 plusieurs de ses séries de longue date. Elle publie en effet les derniers livres du Club des cinq (Le Club des cinq en embuscade) et du Clan des Sept (Le Cheval du Clan des Sept). En 1962, nombre de ses livres sont parmi les premiers à être publiés en format poche par Armada Books, ce qui les rend plus abordables pour les enfants[1].

Après 1963, les créations de Blyton se limitent généralement à des histoires courtes et à des livres destinées aux très jeunes enfants, comme Un chien pour Dominique (1963), Le souterrain des trois amis (1964), Learn to Count with Noddy (Apprends à conter avec Oui-Oui) et Learn to Tell Time with Noddy (Apprends à dire l'heure avec Oui-Oui) de 1965, ainsi que Stories for Bedtime (Histoires pour le soir) et la collection Sunshine Picture Story Book de 1966. Sa santé déclinante et une baisse de son lectorat chez les enfants plus âgés ont été avancés comme la principale raison de ce changement de tendance[55]. Blyton publie son dernier livre dans la série Oui-Oui, L'aventure en avion de Oui-Oui, en février 1964. Au mois de mai de l'année suivante elle publie Mixed Bag, un recueil de chansons dont la musique est écrite par son neveu Carey. Août voit la sortie de ses derniers livres complets : The Man Who Stopped to Help et The Boy Who Came Back[1].

Contributions à des journaux et magazines[modifier | modifier le code]

Blyton asseoit sa réputation d'écrivain pour enfants en 1926 en devenant rédactrice en chef de Sunny Stories, un magazine contenant typiquement des réécritures de légendes, de mythes, d'histoires ainsi que d'autres textes pour enfants[7]. La même année, elle se voit confier sa propre chronique dans Teachers' World, intitulée « From my Window » (« De ma fenêtre »). Trois ans plus tard elle commence à contribuer à ce magazine à raison d'une page hebdomadaire, sur laquelle elle expose des lettres signées de son fox-terrier Bobs[1]. Ces lettres deviennent si populaires qu'en 1933 elles sont publiées sous la forme d'un recueil intitulé Letters from Bobs[56], qui se vend à dix-mille exemplaires dès la première semaine[1]. Sa chronique la plus populaire s'intitule « Round the Year with Enid Blyton », qui compte en tout quarante-huit articles abordant des aspects de l'histoire naturelle tels que le temps, la faune et la flore des étangs, ou encore les méthodes pour cultiver un jardin d'école et faire une mangeoire pour les oiseaux [57]. Parmi les autres projets de Blyton en rapport avec la nature figure sa chronique mensuelle « Country Letter » qui paraît pour la première fois dans le magazine The Nature Lover en 1935[58].

Sunny Stories voit son nom changé en Enid Blyton's Sunny Stories en janvier 1937, et sert de tremplin à la publication en série des livres de Blyton. Son premier récit dans la série Naughty Amelia Jane, une anti-heroine inspirée d'une poupée appartenant à sa fille Gillian[59], est publié dans ce magazine[1]. Blyton met fin à ses contributions en 1952, et sa publication cesse l'année suivante, peu avant l'apparition du nouveau bimensuel Enid Blyton Magazine écrit entièrement par elle[60]. Le premier numéro paraît le 18 mars 1953[61], et le magazine dure jusqu'en septembre 1959[7].

Oui-Oui fait sa première apparition dans le Sunday Graphic en 1949. La même année paraît la première bande dessinée de Oui-Oui dans le journal londonien Evening Standard[1]. Oui-Oui est illustré par van der Beek jusqu'à sa mort en 1953[1],[62].

Technique et style d'écriture[modifier | modifier le code]

Blyton explore un large éventail de genres littéraires, allant des contes de fées aux récits en lien avec le cirque en passant par les histoires d'animaux, les histores policières et mystérieuses, mais il lui arrive souvent de « gommer les frontières » dans ses livres et de réunir une variété de genres, même dans ses histoires courtes[63]. Dans un article publié en 1958 dans The Author elle écrit qu'il existe « au moins une douzaines de types différents d'histoires pour enfants », et elle les a tous essayés, mais ses préférés sont ceux avec une famille en leur centre[64].

Dans une lettre adressée au psychologue Peter McKellar[n], Blyton décrit sa technique d'écriture :

« Je ferme les yeux pendant quelques minutes, ma machine à écrire portative sur les genoux – je me vide l'esprit et j'attends – et puis, aussi distinctement que si c'étaient de vrais enfants, je vois mes personnages, debout devant moi, dans mon imagination... La première phrase jaillit alors dans mon esprit, je n'ai pas besoin d'y penser – je n'ai pas besoin de penser à quoi que ce soit[66],[T 10]. »

Dans une autre lettre adressée à McKellar comment, en seulement cinq jours, elle a écrit les soixante-mille mots qui constituent le livre Arthur et Compagnie sur la rivière noire (The River of Adventure), huitième de la série Arthur et Compagnie[67], en écoutant ce qu'elle nomme son « sous-esprit » (« under-mind »)[68], qu'elle oppose à son « esprit conscient de surface »[69]. Blyton se refuse à effectuer toute recherche ou à établir une quelconque planification avant de commencer à travailler à l'écriture d'un nouveau livre, ce qui, combiné à la monotonie de sa vie[o] présente inévitablement le risque, selon Druce, qu'elle plagie inconsciemment les livres qu'elle a lus, y compris les siens. Cela est d'ailleurs manifestement arrivé[70]. Gillian se souvient que sa mère « ne savait jamais d'où venaient ses histoires », mais qu'elle indiquait qu'ils « provenaient de son imagination[T 11] », à l'instar de William Wordsworth et de Charles Dickens. Blyton pense que son « imagination » (« mind's eye ») « est constituée de toutes les expériences qu'elle a jamais vécues, de tout ce qu'elle a vu, entendu ou lu, dont une grande partie a depuis longtemps disparu de sa mémoire consciente[T 12] » mais ne sait jamais quelle direction ses histoires vont prendre. Blyton explique de plus dans son autobiographie : « Si j'essayais d'élaborer ou d'inventer le livre en entier, je n'y arriverais pas. D'abord, cela m'ennuierait, et, de plus, il lui manquerait la « verve », les détails extraordinaires et les idées surprenantes qui fusent de mon imagination[T 13] »[21].

La routine quotidienne de Blyton varie peu au fil des années. Elle commence généralement à écrire peu après le petit-déjeuner, avec sa machine à écrire portative sur les genoux et son châle marocain rouge favori près d'elle ; elle pense que la couleur roule agit sur elle comme un « stimulus mental ». S'interrompant uniquement pour une courte pause déjeuner, elle continue à écrire jusqu'à cinq heures, heure à laquelle elle a déjà produit entre six-mille et dix-mille mots[72].

Un article du Malay Mail publié en 2000 considère que les enfants de Blyton ont « vécu dans un monde marqué par les réalités de l'austérité de l'après-guerre[T 14] », jouissant de leur liberté sans le politiquement correct d'aujourd'hui, ce qui offre une forme d'évasion aux lecteurs actuels de ses romans[73]. Brandon Robshaw, du journal The Independent, décrit l'univers de Blyton comme « chargé de couleur et de caractère[T 15] », « autonome et doté d'une cohérence interne[T 16] », et remarque que Blyton incarne une forte défiance à l'égard des adultes et autres titulaires de l'autorité, et crée un monde dans lequel ce sont les enfants qui gouvernent[74]. Gillian note, à propos des histoires d'aventures, policières et d'écoliers écrites par sa mère et destinées à ses lecteurs les plus âgés : « ce qui accroche, c'est leur intrigue forte et leurs nombreux cliffhangers, technique qu'elle a acquise par ses années passées à écrire des histoires en séries pour des magazines pour enfants. Il y a toujours un solide cadre moral et la bravoure et la loyauté finissent toujours par être récompensées[T 17] »[21]. Blyton elle-même écrit : « mon amour des enfants constitue le fondement même de toute mon œuvre[T 18] »[75].

Victor Watson, directeur adjoint de la recherche à l'Homerton College de l'université de Cambridge, pense que les œuvres de Blyton sont révélatrices d'un « désir et d'un potentiel fondamentaux liés à l'enfance[T 19] », et remarque que les première pages de Arthur et Compagnie et l'Hélicoptère (The Mountain of Adventure) exposent un « idéal de l'enfance extrêmement attrayant[T 20] »[76]. Il avance que l'œuvre de Blyton se distingue par son approche de celle de nombreux autres auteurs. Il décrit par exemple ainsi la narration de la série Le Club des cinq : « telle un puissant projecteur, elle vise à éclairer, expliquer, démystifier. Elle embarque ses lecteurs dans un aventure rocambolesque dans laquelle l'obscurité est toujours chassée ; tout ce qui est étrange, arbitraire ou évocateur est soit écarté soit expliqué[T 21] ». Watson note de plus que les descriptions visuelles de Blyton sont souvent minimalistes et qu'elle introduit fréquemment des expressions sans grande signification, comme « d'une lueur enchantée » (« gleamed enchantingly »), dans le but de plaire à ses jeunes lecteurs[77].

À partir des années 1950 commencent à circuler des rumeurs selon lesquelles Blyton ne serait par l'auteur de tous les livres qui lui sont attribués, accusation qui lui cause beaucoup de peine. Elle publie un appel dans son magazine, dans lequel elle demande aux enfants de lui faire savoir s'ils ont entendu de telles histoires, et après qu'une mère lui a rapporté avoir entendu un jeune bibliothécaire répéter cette allégation lors d'une réunion à l'école de sa fille[78], Blyton décide en 1955 d'entamer des poursuites judiciaires[1]. Le bibliothécaire est finalement contraint de présenter des excuses en séance publique au début de l'année suivante, mais cela ne met pas fin aux rumeurs selon lesquelles Blyton serait à la tête d'« une « compagnie » de nègres », car une partie du public a peine à croire qu'une femme travaillant seule puisse fournir une telle quantité de travail[79].

Engagement caritatif[modifier | modifier le code]

Blyton se sent investie de la responsabilité de fournir à ses lecteurs de bons repère moraux, et les incite à se consacrer à des causes louables[80]. Son opinion, exprimée dans un article de 1957, est que les enfants devraient aider les animaux et les autres enfants plutôt que les adultes :

« Cela n'intéresse pas [les enfants] d'aider les adultes. En effet, ils pensent que ce sont les adultes eux-mêmes qui devraient répondre aux problèmes des autres adultes. Mais ils s'intéressent vivement aux animaux et aux autres enfants et ressentent de la compassion pour les garçons et les filles aveugles et pour ceux et celles qui sont atteints d'une infirmité les empêchant de marcher ou de parler[81],[T 22]. »

Blyton et les membres des clubs d'enfants dont elle assure la promotion dans ses magazines récoltent des fonds importants pour diverses organisations caritatives. D'après Blyton, être membre de ses clubs signifie « travailler pour les autres, sans aucune rétribution[T 23] ». Le plus important des clubs dans lesquels elle est impliquée est le Busy Bees (« les abeilles actives »), la section junior du People's Dispensary for Sick Animals, que Blyton soutient activement depuis 1933. Ce club a été fondé par Maria Dickin en 1934[82], et après que Blyton a fait connaître son existence dans l'Enid Blyton Magazine, il attire cent-mille membres en trois ans[83]. La popularité de Blyton auprès des enfants est telle qu'après qu'elle est devenue « reine des abeilles » (Queen Bee) en 1952, plus de vingt-mille nouveaux membres sont recrutés durant la première année de son règne[82]. L'Enid Blyton Magazine Club est formé en 1953[1]. Son objectif premier est de collecter des fonds pour aider les enfants atteints d'infirmité motrice cérébrale pris en charge par un centre de la rue Cheyne Walk dans le quartier londonien de Chelsea, en fournissant entre autres un foyer sur place[84].

La série du Club des cinq suscite un tel engouement que ses lecteurs demandent à Blyton l'autorisation de former un fan club. Elle accepte, à condition qu'il soit mis au service d'un objectif utile, et suggère qu'il collecte des fonds pour la Shaftesbury Society Babies' Home[p] de Beaconsfield, dont elle est membre du comité depuis 1948[86]. Le club est mis en place en 1952, et apporte des fonds permettant de financer l'aménagement dans cet établissement d'une salle dédiée au Club des cinq, d'une pataugeoire, d'une véranda, d'un pavillon d'été et d'une aire de jeux, ainsi que les fêtes d'anniversaire et de noël, et les sorties au spectacle de noël[85]. A la fin des années 1950, les clubs de Blyton comptent cinq-cent-mille membres, et sont parvenus à récolter trente-cinq-mille livres durant les six années d'existence de l'Enid Blyton Magazine[4].

En 1974 le Famous Five Club compte deux-cent-vingt-mille membres et croît à la vitesse de six-mille nouveaux membres par an[87][q]. L'établissement de Beaconsfield qu'il avait pour but de soutenir ferme ses portes en 1967, mais le club continue à récolter des fonds pour d'autres associations venant en aide aux enfants malades. Il finance notamment l'aménagement d'un lit dédié à Enid Blyton bed au Great Ormond Street Hospital et d'un minibus pour les enfants handicapés de l'hôpital de Stoke Mandeville[89].

Puzzles et jeux[modifier | modifier le code]

Blyton met à profit son succès commercial en tant qu'auteur en négociant des accords avec des fabricants de puzzles et de jeux à partir de la fin années 1940. Au début des années 1960, quelque cent-quarante-six entreprises différentes fabriquent des produits dérivés du seul personnage de Oui-Oui[90]. En 1948, Bestime met sur le marché quatre puzzles à l'effigie des personnages de Blyton. Cette année voit également l'apparition du premier jeu de société signé Enid Blyton, intitulé Journey Through Fairyland et créé par British Games Ltd. Le premier jeu de cartes, Faraway Tree, est lancé par Pepys en 1950. En 1954, Bestime sort les quatre premiers puzzles du Clan des Sept, suivis d'un jeu de cartes qui apparaît l'année suivante[46].

Bestime sort les jeux Little Noddy Car Game et Little Noddy Leap Frog Game respectivement en 1953 et 1955. En 1956, le fabricant américain Parker (éditeur) lance Little Noddy's Taxi Game, un jeu de plateau dans lequel Oui-Oui conduit divers personnages à travers la ville[91]. Bestime commercialise une série de puzzles en contreplaqué à l'effigie de Oui-Oui à partir de 1953, et une série de puzzles Oui-Oui sous forme de cartes, dessinée par Robert Lee, apparaît à partir de 1963. Arrow Games devient le principal producteur de puzzles Oui-Oui à la fin des années 1970 et au début des années 1980[90]. Whitman fabrique quatre nouveaux puzzles du Clan des Sept en 1975, et deux nouveaux puzzles dédiés à Malory Towers deux ans plus tard[46]. Cette même entreprise lance en 1979 un jeu de société consacré au Club des cinq, intitulé Famous Five Kirrin Island Treasure[92]. Stephen Thraves écrit huit livres-jeux d'aventure du Club des cinq, publiés par Hodder & Stoughton dans les années 1980. Le premier opus de la série, The Wreckers' Tower Game, est publié en octobre 1984[93].

Vie personnelle[modifier | modifier le code]

Une chaumière avec un jardin.
« Old Thatch » (« vieux chaume ») : résidence d'Enid Blyton entre 1929 et 1938, située près de Bourne End, dans le Buckinghamshire

Le 28 août 1924, Blyton épouse civilement à Bromley le major Hugh Alexander Pollock (1888–1971), décoré de l'Ordre du Service distingué, sans inviter sa famille. Pollock est responsable du département livres de la maison d'édition de George Newnes, qui devient l'éditeur habituel de Blyton. C'est Pollock qui lui a demandé d'écrire un livre sur les animaux, intitulé The Zoo Book, qu'elle achève pendant le mois précédent leur marriage[1]. Ils vivent d'abord dans un appartement à Chelsea avant d’emménager dans la résidence Elfin Cottage de Beckenham en 1926, puis dans la demeure Old Thatch à Bourne End (appelé Peterswood dans ses livres) en 1929[7],[94].

La première fille de Blyton, Gillian Mary Baverstock, naît le 15 juillet 1931. Après une fausse couche en 1934[4], elle donne naissance à une seconde fille, Imogen, le 27 octobre 1935[1]. En 1938, Blyton et sa famille déménagent dans une maison à Beaconsfield, qui est baptisée Green Hedges par les lecteurs de Blyton à la suite d'un concours organisé dans son magazine. Vers le milieu des années 1930, Pollock se retire progressivement de la vie publique et devient secrètement alcoolique. Il est possible que cela soit dû à ses rencontres en tant qu'éditeur avec Winston Churchill, qui ravivent le traumatisme dont il a souffert pendant la Première Guerre Mondiale[95]. Lorsqu'éclate la Seconde Guerre mondiale, il s'engage aux côtés de la garde nationale britannique (Home Guard)[95]. Il entame une liaison avec la jeune écrivaine novice Ida Pollock, et fait en sorte que celle-ci puisse le rejoindre dans le camp d'entraînement de la Home Guard où il est affecté, le manoir gothique de Denbies dans de Surrey appartenant à Lord Ashcombe, en faisant d'elle sa secrétaire [96]. Son mariage avec Blyton devient compromis. D'après les mémoires d'Ida Crowe, cette dernière a aussi une série de liaisons de son côté[96], dont une relations homosexuelle avec une des nurses de ses enfants[96],[97]. En 1941, Blyton rencontre Kenneth Fraser Darrell Waters, un chirurgie londonien avec lequel elle entame une relation[98]. Pollock découvre cette liaison, et menace d'entamer une procédure de divorce[99]. Craignant que la révélation de son adultère n'entâche son image auprès du public[96], elle finit par se mettre d'accord avec son mari pour que ce soit elle qui demande le divorce[99]. Selon les mémoires de Crowe, Blyton lui promet que s'il reconnaît son infidélité, elle lui permettra de continuer à voir ses filles. Mais après le divorce, elle lui interdit d'entrer en contact avec elles, et fait en sorte qu'il ne puisse pas retrouver du travail dans l'édition. Pollock, marié à Crowe le 26 octobre 1943, finit par sombrer à nouveau dans l'alcool et se voit contraint de déclarer faillite en 1950[96].

Blyton et Darrell Waters se marient civilement dans la Cité de Westminster le 20 octobre 1943. Elle fait changer le nom de famille de ses enfants en Darrell Waters[100] et endosse publiquement son nouveau rôle de femme de médecin heureuse et dévouée[7]. Après avoir découvert qu'elle était enceinte au printemps 1945, Blyton fait une fausse couche cinq mois plus tard, des suites d'une chute depuis une échelle. Le bébé aurait été le premier enfant de Darrell Waters et le fils que tous deux désiraient[4].

La santé de Blyton commence à se détériorer en 1957. Lors d'une partie de golf, elle commence à se plaindre de faiblesses et d'essouflement[101], et vers 1960 elle présente des signes de démence[102]. Son agent George Greenfield se souvient qu'il était « impensable » pour l' « écrivaine pour enfants la plus célèbre et la plus populaire, dotée d'un énergie énorme et d'une mémoire d'ordinateur[T 24] » de perdre la raison et de souffrir de ce que l'on connaît aujourd'hui sous le nom de maladie d'Alzheimer au milieu de la soixantaine[102]. La situation de Blyton est empirée par la santé déclinante de son mari au cours des années 1960. Celui-ci souffre en effet d'une sévère arthrite du cou et des hanches, ainsi que de surdité, et il devient de plus acariâtre et sénile, jussqu'à sa mort le 15 septembre 1967[98],[103].

L'histoire de la vie de Blyton a été portée à l'écran dans un téléfilm intitulé Enid, diffusé au Royaume-Uni sur BBC Four le 16 novembre 2009[104]. Helena Bonham Carter, qui occupe le rôle principal, décrit Blyton comme « un véritable bourreau de travail, une accro au succès et une femme d'affaires extrêmement habile[T 25] » qui « a su créer une marque autour de son nom, jusqu'à sa célèbre signature[T 26] »[25].

Décès et postérité[modifier | modifier le code]

Plaque commémorative à fond bleu, de forme ronde.
Plaque commémorative apposée sur la maison de Chessington où Blyton a vécu de 1920 à 1924.
Un crématorium en briques rouges.
Le Golders Green Crematorium, où reposent les cendres d'Enid Blyton.

Durant les mois qui suivent le décès de son mari, Blyton est de plus en plus malade, et elle est admise dans une maison de soins trois mois avant sa mort. Elle meurt dans l'établissement Greenways Nursing Home, à Londres, le , à l'âge de soixante-et-onze ans. Un service funèbre est célébré à l'église St James's, à Piccadilly[1], et elle est incinérée au Golders Green Crematorium, où ses cendres reposent. La demeure de Blyton, Green Hedges, est vendue aux enchères le 26 mai 1971 et démolie en 1973[105]. L'emplacement est désormais occupé par des maisons et une rue baptisée Blyton Close. Une plaque commémorative bleue en l'honneur de Blyton été déposée par l'organisme public English Heritage sur la Hook Road à Chessington, où Blyton a vécu de 1920 à 1924[106]. En 2014, une autre plaque est inaugurée dans les jardins municipaux de Beaconsfield, où Blyton a résidé de 1938 jusqu'à sa mort en 1968, à côté de deux figurines plates en acier représentant Oui-Oui et Potiron[107].

Depuis sa mort et la publication en 1989 de l'autobiographie de sa fille, A Childhood at Green Hedges, Blyton apparaît comme une personne émotionnellement immature, instable et souvent malveillante[25]. Imogen considère sa mère comme « arrogante, anxieuse, prétentieuse, très douée pour chasser de son esprit les choses difficiles ou désagréables, et dépourvue de tout instinct maternel.[T 27] » « Enfant, dit-elle, je la voyais comme plutôt sévère et autoritaire. Adulte, elle me faisait pitié[T 28] »[108]. La fille aînée de Blyton, Gillian, garde en revanche un souvenir d'elle fort différent, la décrivant comme « une mère juste et aimante, et un compagnon fascinant[T 29] »[108].

L'organisme caritatif Enid Blyton Trust for Children est mis en place en 1982, avec Imogen au poste de première présidente[109]. Cet organisme crée en 1985 la « Bibliothèque nationale de l'enfant handicapé » (National Library for the Handicapped Child)[7]. L'Enid Blyton's Adventure Magazine démarre sa publication en 1985, et, le 14 octobre 1992, la BBC commence à publier un magazine Oui-Oui (Noddy Magazine) et met en vente un CD-ROM de Oui-Oui en octobre 1996[1].

La première « journée Enid Blyton » (Enid Blyton Day) se tient à Rickmansworth le 6 mars 1993, et en octobre 1996 est annoncée la création d'un prix, « The Enid », pour récompenser ceux qui se sont distingués par leur action exceptionnelle en faveur de l'enfance[1]. L'Enid Blyton Society est fondée début 1995, afin de réunir les collectionneurs et admirateurs d'Enid Blyton autour de son périodique triannuel Enid Blyton Society Journal, de sa journée annuelle en l'honneur d'Enid Blyton, et de son site web[110]. Le 16 décembre 1996, Channel 4 diffuse un documentaire consacré à Enid Blyton dans la série Secret Lives (« vies secrètes »). À l'occasion du centenaire d'Enid Blyton en 1997, des expositions se tiennent au London Toy & Model Museum (maintenant fermé), au Hereford and Worcester County Museum ainsi qu'à la Bromley Library. Le 9 septembre, Royal Mail émet des timbres commémorant ce centennaire[1].

Trocadero plc, entreprise de divertissement et de vente au détail domiciliée à Londres, acquiert en 1955 l'entreprise de Blyton, Darrell Waters Ltd, pour la somme de 14.6 millions de livres et crée une filiale, Enid Blyton Ltd, pour gérer les droits de propriété intellectuelle sur les œuvres de Blyton[1],[7]. Le groupe change son nom en Chorion en 1998, mais vend ses actifs en 2012 à la suite de difficultés financières. Hachette UK achète à Chorion les droits sur les œuvres de Blyton, dont ceux relatifs à la série Le Club des cinq[111], mais à l'exclusion des droits sur Oui-Oui, qui sont cédés en 2012 à DreamWorks Classics (anciennement Classic Media, devenue une filiale de DreamWorks Animation)[112].

Sophie Smallwood, petite fille de Blyton, écrit un nouveau livre de Oui-Oui pour célébrer le soixantième anniversaire de ce personnage, quarante-six ans après la parution du dernier livre. Intitulé Noddy and the Farmyard Muddle (Oui-Oui et le désordre à la ferme) et publié en 2009, il est illustré par Robert Tyndall[113]. En février 2011, le manuscrit d'un roman jusque-là inconnu, Mr Tumpy's Caravan, est découvert par l'archiviste de Seven Stories, centre national dédié aux livres pour enfants, dans une collection de documents appartenant à Gillian Baverstock, acquise par Seven Stories en 2010 à la suite de la mort de cette dernière[114],[115]. On suppose d'abord qu'il s'agit d'une version d'un album de bandes dessinées du même nom publié en 1949, mais il semble ne pas y avoir de lien entre les deux. On pense que cette œuvre qu'il s'agit d'une œuvre écrite dans les années 1930 et refusée par un éditeur[115],[116].

Une étude réalisée en 1982 auprès de dix-mille enfants de onze ans révèle qu'Enid Blyton est l'auteur le plus populaire chez cette tranche d'âge[1]. C'est le quatrième auteur le plus traduit au monde, derrière Agatha Christie, Jules Verne et William Shakespeare[117]. Elle fait partie du top 10 des auteurs les plus vendus de la décennie , avec presque huit millions d'exemplaires écoulés (pour une valeur de 31,2 millions de livres) dans le seul Royaume-Uni[118]. En 2003, L'Arbre qui batifole se positionne soixante-sixième au classement The Big Read de la BBC[36]. Un sondage organisé en 2008 dans le cadre du prix Costa désigne Blyton comme l'auteur le plus apprécié au Royaume-Uni[119],[120]. Ses livres continuent à être très populaires auprès des enfants, dans des nations du Commonwealth telles que l'Inde, le Pakistan, le Sri Lanka, Singapour, Malte, la Nouvelle-Zélande et l'Australie, ainsi que dans le reste du monde[121]. Il rencontrent aussi un franc succès en Chine, où ils sont connus de « toutes les générations »[73]. En mars 2014, l'entreprise Chorion et l'éditeur chinois Foreign Language Teaching and Research Press négocient un accord en vue de la diffusion d'une série de dessins animés de Oui-Oui à la télévision chinoise[122],[123]. Chorion a dépensé environ dix millions de livres pour numériser Oui-Oui, et, en 2002, a déjà conclu des accords de diffusion télévisuelle avec au moins onze pays dans le monde[124].

Au nombre des romanciers influencés par Blyton figure l'auteur de romans policiers Denise Danks. Sa détective Georgina Powers est inspirée du personnage de Claudine de la série du Club des cinq. A Step off the Path de Peter Hunt (1985) est aussi influencé par le Club des cinq, et les séries Les jumelles et Malory School ont respectivement servi de source d'inspiration pour À nous deux (1996) de Jacqueline Wilson et la trilogie Egerton Hall (1990–92) d'Adèle Geras[125].

Riposte critique[modifier | modifier le code]

Les intrigues et décors de Blyton ont été décrits comme peu variés et sans cesse recyclés[70]. En réponse aux déclarations selon lesquelles ses positions morales sont « prévisibles de façon fiable[T 30] »[126], Blyton observe : « la plupart d'entre vous pourraient coucher sur papier de façon parfaitement correcte tout ce à quoi et que je défends – vous les avez trouvées dans mes livres, et les livres d'un écrivain sont toujours un reflet fidèle de lui-même[T 31] »[127]. Nombre de ses livres ont été évalués sévèrement par des enseignants et bibliothécaires, jugés indignes d'être lus par les enfants, et retirés des programmes scolaires et des bibliothèques publiques[7].

Des années 1930 aux années 1950, la BBC interdit de facto les adaptations radiophoniques des livres de Blyton, la considérant comme un écrivain « de seconde zone »[128],[129][r]. Margery Fisher, critique spécialisée dans la littérature de jeunesse, compare les livres de Blyton à un « poison lent »[7], et Jean E. Sutcliffe, du service de la BBC chargé des programmes destinés aux écoles, décrit l'aptitude de Blyton à produire du « contenu médiocre[T 32] », notant que « sa capacité à le faire relève du génie ... toute autre personne serait morte d'ennui depuis longtemps[T 33] »[130]. Michael Rosen, titulaire de la distinction de Children's Laureate de 2007 à 2009, écrit : « Il m'arrive de tressaillir face aux élans de snobisme que je découvre de temps en temps, et en constatant le niveau de privilège dont jouissent les familles et les enfants dans ces livres[T 34]. »[131] L'auteur pour enfants Anne Fine dresse un aperçu des préoccupations concernant l'œuvre de Blyton et des réponses à ces dernières dans une émission de BBC Radio 4 de novembre 2008, dans laquelle elle constate un « dégoulinement de désapprobation[T 35] » à l'égard de ses livres[132]. Blyton répond à ses critiques en déclarant que l'avis de toute personne âgée de plus de douze ans ne l'intéresse pas, et en affirmant que la moitié des attaques contre son œuvre est motivée par la jalousie et que le reste provient d'« idiots qui ne savent pas de quoi ils parlent parce qu'ils n'ont jamais lu aucun de [ses] livres[T 36] »[133].

Bien que les œuvres de Blyton aient été bannies de plus de bibliothèques publiques que celles d'aucun autre auteur, rien ne prouve que sa popularité en ait jamais souffert, et ses œuvres restent très lues[134]. Alors qu'elle est critiquée dans les années 1950 pour le volume d'œuvres qu'elle produit, Blyton tire astucieusement profit du fait d'être vue comme une alternative anglaise, plus « savoureuse », à Disney et aux comics, perçus par ses contemporains comme une invasion de la culture américaine[13].

Simplicité[modifier | modifier le code]

L'usage limité que fait Blyton de la langue, produit conscient de son passé d'enseignante, a été perçu comme préjudiciable à une appréciation de qualités plus littéraires. Dans un article cinglant publié en 1958 dans Encounter, Colin Welch fait remarquer qu'« on voit difficilement comment une cure de Mlle Blyton pourrait être utile dans le cadre du certificat d'études ou même d'une licence d'anglais à Cambridge[T 37] »[7], mais réserve sa critique la plus sévère à Oui-Oui, le décrivant comme « une poupée anormalement prude (...) moralisatrice (...) stupide, sans vie, qui pleurniche, qui cafarde[55],[T 38]. »

L'auteur Nicholas Tucker observe qu'il est courant pour les jeunes individus de citer Blyton comme leur auteur préféré, et pour les individus plus âgés comme la moins appréciée, et avance que ses livres créent un « un monde conditionné pour les jeunes lecteurs qui se dissous simplement avec l'âge en ne laissant derrière lui que des souvenirs d'exaltation et de forte identification[T 39] »[135]. Fred Inglis considère les livres de Blyton comme faciles à lire non seulement d'un point de vue technique, mais aussi sur le plan « émotionnel et cognitif ». Il mentionne le psychologue Michael Woods, qui pense que Blyton se démarque de nombreux autres auteurs pour enfants plus anciens en ce que cela ne semble pas lui poser de problème de présenter à ses lecteurs un monde qui diffère de la réalité. Woods conjecture que Blyton « est un enfant, pense comme un enfant, et écrit comme un enfant (...) le sentiment de base est essentiellement pré-adolescent ... Enid Blyton n'a pas de dilemmes moraux (...) Evidemment, la rumeur a dit d'elle qu'elle déteste les enfants. S'il est avéré, un tel fait ne devrait point nous surprendre, car étant elle-même une enfant, les autres enfants ne peuvent être que des rivaux pour elle[T 40]. »[136] Inglis affirme cependant que Blyton fait preuve de dévotion à l'égard des enfants et consacre énormément d'énergie et de conviction à son œuvre et à « la représentation des schémas moraux rudimentaires et des rêveries tapageuses de son lectorat[T 41] »[136]. Sa fille Imogen Smallwood affirme qu'elle « adore entretenir une relation avec les enfants à travers ses livres[T 42] », mais que les vrais enfants sont une intrusion, et qu'il n'y a pas de place pour les intrus dans le monde dans lequel Blyton vit au travers de son écriture[137].

Racisme, xénophobie et sexisme[modifier | modifier le code]

Lena Jeger est la première à accuser les livres de Blyton de racisme dans un article du Guardian publié en 1966, dans lequel elle critique le livre The Little Black Doll (La Petite poupée noire), publié quelques mois plus tôt. Sambo, la poupée noire du titre, est détestée par son propriétaire et par les autres jouets à cause de son « hideux visage noir », et s'enfuit.Elle reçoit une averse qui a pour effet de laver sa sa figure, et, son visage devenu rose, elle est bien accueillie à son retour[138]. Les livres de Oui-Oui, avec leurs enfants blonds et leurs golliwogs (en) noirs, sont également considérés comme « profondément racistes »[139] par Jamaica Kincaid. Le roman Arthur et Compagnie et l'Île aux mouettes de 1944 met en scène un domestique noir nommé Jo-Jo, qui est très intelligent, mais se montre particulièrement cruel envers les enfants.[140]

Des accusations de xénophobie ont aussi été portées à son encontre. Comme l'observe George Greenfield, « Enid fait vraiment partie de cette classe moyenne de l'entre-deux-guerres qui voit les étrangers comme indignes de confiance ou drôles, ou parfois les deux[T 43] »[141]. L'éditeur Macmillan procède à une évaluation interne du livre The Mystery That Never Was, lequel lui est proposé en 1960, au sommet de la popularité de Blyton. L'examen est effectué par l'auteur et éditrice de livres Phyllis Hartnoll, selon laquelle « l'attitude de l'auteur à l'égard des voleurs est emprunte d'une touche, légère mais déplaisante, de xénophobie d'un autre temps. Ils sont « étrangers » (...) et cela semble suffir à expliquer leur délinquance.[T 44] » Macmillan rejette le manuscrit[142], qui est cependant publié par William Collins en 1961[143], et réédité en 1965 et 1983[142].

La manière dont Blyton décrit les filles et les garçons est considérée comme sexiste par de nombreux critiques, dont Bob Dixon et Margery Fisher[144],[145]. Dans un article du Guardian publié en 2005, Lucy Mangan suggère que Le Club des cinq décrit une lutte de pouvoir entre François, Mick et Claude (Claudine), dans laquelle les personnages féminins, ou bien se comportent comme des garçons, ou bien se voient adresser des propos condescendants, comme lorsque Mick réprimande Claude (Claudine) en ces mots : « il serait vraiment temps que tu cesses de croire que tu vaux autant qu'un garçon[T 45] »[146].

Modifications apportées aux éditions ultérieures[modifier | modifier le code]

En réponse aux critiques formuléées à l'encontre de l'œuvre de Blyton, certaines éditions ultérieures ont été retouchées pour tenir compte de l'évolution libérale des mœurs concernant des questions telles que la race, le genre et le traitement des enfants. Les rééditions modernes de la série Oui-Oui voient par exemple les golliwogs remplacés par des ours en peluche or des gobelins[147]. Les golliwogs qui volent la voiture de Oui-Oui et le jettent tout nu dans les bois dans Oui-Oui veut faire fortune (Here Comes Noddy Again) sont remplacés par des gobelins dans l'édition de 1986, et ces derniers ce contentent de de le dépouiller de ses chaussures et de son chapeau, et reviennent s'excuser à la fin de l'histoire[148].

Dans la série The Faraway Tree, le personnage de Dame Slap, adepte des châtiments corporels, est rebaptisée Dame Snap[s] et ne frappe plus les enfants. Dans la même série, les noms des personnages de Dick et Fanny[t] sont changés en Rick et Frannie[149]. Les personnages des séries Malory School et Les Jumelles ne recoivent plus et ne sont plus menacés de fessées, mais sont simplement grondés. Les éditions révisées du Club des cinq en randonnée sont expurgées de l'idée que les cheveux courts de Claude la font ressembler à un garçon, reflétant ainsi la conception selon laquelle les filles n'ont pas besoin d'avoir les cheveux longs pour être considérées comme féminines ou normales[150].

En 2010, Hodder, l'éditeur de la série Le Club des cinq, annonce son intention de remettre au goût du jour la langue utilisée dans ces livres, dont il vend un demi-million d'exemplaires chaque année. Les changements, qu'Hodder qualifie de « subtils », affectent principalement les dialogues plutôt que la narration. Par exemple, « school tunic » devient « uniform », « mother and father » (« mère et père ») devient « mum and dad » (« maman et papa »)[151], « bathing » (« baignade ») est remplacé par « swimming » (« nage »), et « jersey » (« chandail ») par « jumper » (« pull »)[149]. Vus par l'éditeur comme nécessaires pour inciter les enfants d'aujourd'hui à lire ces livres[151], ces changements ont été critiqués, notamment par l'Enid Blyton Society, qui les considère comme inutiles et condescendants à l'égard des lecteurs[149].

Adaptations sur scène, au cinéma et à la télévision[modifier | modifier le code]

Un bâtiment moderne au toit plat, avec des fenêtres en forme de losanges.
Le Sherman Theatre de Cardiff, en 2014.

En 1954, Blyton adapte Oui-Oui pour la scène. Le spectacle Noddy in Toyland (Oui-Oui au pays des jouets) est écrit en seulement deux ou trois semaines. La représentation a lieu à noël au Stoll Theatre, situé sur Kingsway, à Londres, et qui compte 2660 sièges[152]. Le succès de ce spectacle lui permet de continuer à être produit chaque année à noël pendant cinq ou six ans[153]. Blyton, enchantée de l'accueil réservé à ce spectacle par les jeunes spectateurs, assiste aux représentations trois à quatre fois par semaine[154]. Oui-Oui a fait l'objet de plusieurs adapations à la télévision depuis 1954, dont une dans les années 1970 racontée par l'acteur britannique Richard Briers[155]. Une pièce de théâtre adaptée du Club des cinq est produite en 1955. En janvier 1997, la comédie musicale The Famous Five (Le Club des cinq), produite par le King's Head Theatre de Londres, part pour une tournée de six mois à travers le Royaume-Uni, en commémoration du centenaire de Blyton. Un autre spectacle, intitulé The Secret Seven Save the World (Le Clan des Sept sauve le monde) est représenté pour la première fois le 21 novembre 1998 au Sherman Theatre à Cardiff[1].

Le Club des cinq a également fait l'objet de plusieurs adapations au cinéma et à la télévision : par la Children's Film Foundation en 1957 et 1964, Southern Television en 1978–79, et Zenith Productions en 1995–97[7]. La série a également donné naissance au film allemand Fünf Freunde, réalisé par Mike Marzuk et sorti en 2011[156].

The Comic Strip, une troupe de comiques britanniques, produisent deux parodies extrêmes du Club des cinq pour la chaîne de télévision Channel 4 : Five Go Mad in Dorset (Les Cinq deviennent fous dans le Dorset), diffusé en 1982[u], et Five Go Mad on Mescalin (Les Cinq se shootent à la mescaline), qui passe à l'antenne l'année suivante[1]. Un troisième opus de cette série, Five Go to Rehab (Les Cinq en cure de désintox), est diffusé sur la chaîne Sky en 2012[157].

En octobre 2014 est annoncée la signature d'un accord avec l'éditeur Hachette en vue de l'adaptation de la série The Faraway Tree en un film en prises de vues réelles produit par la maison de production du réalisateur Sam Mendes. Marlene Johnson, responsable de la littérature jeunesse chez chez Hachette, a déclaré : « Enid Blyton est une ardente défenseur des histoires pour enfants, et L'Arbre qui batifole constitue un magnifique exemple de son imagination créatrice[T 46] »[158].

Manuscrits[modifier | modifier le code]

Un bâtiment en briques rouges, avec une extension moderne sur sa gauche, de couleur blanche.
Le centre Seven Stories, à Newcastle upon Tyne.

Seven Stories, centre national dédiés aux livres pour enfants situé à Newcastle upon Tyne, détient la plus grande collection publique de documents et tapuscrits d'Enid Blyton[159]. Cette collection contient un nombre important de tapuscrits d'Enid Blyton, dont celui du roman non publié, Mr Tumpy's Caravan, ainsi que des documents personnels[160]. L'achat de ces biens en 2010 a été rendu possible grâce à un financement spécial de l'Heritage Lottery Fund, du MLA/V&A Purchase Grant Fund, ainsi que deux donations privées[161].

Œuvres[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Liste des œuvres d'Enid Blyton.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Dans sa publication française de 1988, cette œuvre a été découpée et adaptée en quatre volumes : Les Aventures du fauteuil magique, Les Caprices du fauteuil magique, Les Ailes neuves du fauteuil magique et Le Fauteuil magique n’est pas à vendre.
  2. The Enchanted Wood est paru en français sous divers titres : La Forêt enchantée (1984), Au pays du bonhomme casseroles (1986), L’Arbre de tous les ailleurs (1992), L’Arbre de tous les hivers (1991), L’Arbre aux 1000 casseroles (1991), L’Arbre de bric et de broc (1991), L’Arbre aux Gobelins rouges (1991).
  3. En français, ces récits sont publiés à partir de 1983 sous la forme d'une série de quatre livres intitulée La Forêt enchantée et composée de quatre titres. En 1991, la série est remaniée et comprend désormais onze titres commençant pour la plupart par « L'Arbre... ».
  4. La série originale Wishing Chair, constituée de seulement deux romans, a été publiée en français sous la forme de dix titres parus entre 1988 et 1991.
  5. Également publié sous le titre Le Mystère de l'île verte.
  6. En français, les épisodes de la série ont été intégrés au sein de la série Mystères
  7. a et b
  8. Dans la version française, l'ordre des titres n'est pas le même que dans le série originale.
  9. Les épisodes de la série originale Five Find-Outers sont d'abord intégrés dans la Série Mystère, dans la collection Idéal-Bibliothèque. À partir des années 1990, les livres sont réédités sous la forme d'une série indépendante intitulée Les Cinq Détectives.
  10. D'abord publié sous le titre Le Mystère du pavillon rose.
  11. À l'origine publié en français sous le titre Le Mystère de l'île aux mouettes.
  12. Initialement intégrés dans le série Mystères, les épisodes de la série ont été réédités sous le titre Arthur et Cie à partir des années 1990, puis Arthur et Compagnie en 2015.
  13. Au cours de la seule année 1960 sont publiés onze livres de Oui-Oui, dont les bandes dessinées Noddy and the Runaway Wheel (Oui-Oui et la Roue folle), Noddy's Bag of Money (Le Sac d'argent de Oui-Oui), et Noddy's Car Gets into Trouble (La voiture de Oui-Oui a des problèmes)[1].
  14. McKellar avait écrit à Blyton en février 1953 pour la questionner sur les techniques qu'elle employait pour imaginer ses récits, dans le cadre d'un projet de recherche qu'il avait entrepris. Les résultats de son enquête ont été publiés dans Imagination and Thinking (1957)[65].
  15. Dans son temps livre, Blyton mène la vie d'une ménagère de banlieue typique, jardinant et jouant au golf ou au bridge. Elle quitte rarement l'Angleterre, préférant prendre ses vacances sur la côté, presque toujours dans le Dorset[70], où elle et son mari ont repris le bail d'un parcours de golf à dix-huit trous situé sur la baie de Studland en 1951[71].
  16. En dépit de son nom, cette association héberge des enfants scolarisés en école maternelle qui ont besoin de soins particuliers[85].
  17. Le Famous Five Club est géré par l'éditeur de la série Le Club des cinq[88].
  18. Blyton soumet sa première proposition à la BBC en 1936[129].
  19. En anglais, « slap » et « snap » signifient respectivement « gifle » et « claquement ».
  20. En anglais britannique, les termes « dick » et « fanny » sont employés vulgairement pour désigner respectivement le pénis et la vulve.
  21. C'est à cette parodie qu'on doit l'expression « lashings of ginger beer » (« des tonnes de bière de gingembre »), faussement attribuée à Blyton[125].

Citations originales[modifier | modifier le code]

  1. (en) « loved flowers and birds and wild animals, and knew more about them than anyone I had ever met »
  2. (en) « it is partly the struggle that helps you so much, that gives you determination, character, self-reliance – all things that help in any profession or trade, and most certainly in writing »
  3. (en) « thinking up a story one day and suddenly she was walking in the enchanted wood and found the tree. In her imagination she climbed up through the branches and met Moon-Face, Silky, the Saucepan Man and the rest of the characters. She had all she needed. »
  4. (en) « Robinson Crusoe-style adventure on an island in an English lake »
  5. (en) « marketing, publicity and branding that was far ahead of its time »
  6. (en) « unmasking hardened villains and solving serious crimes »
  7. (en) « hardly 'hard-boiled' thrillers »
  8. (en) « short-haired, freckled, sturdy, and snub-nosed »
  9. (en) « bold and daring, hot-tempered and loyal »
  10. (en) « I shut my eyes for a few minutes, with my portable typewriter on my knee – I make my mind a blank and wait – and then, as clearly as I would see real children, my characters stand before me in my mind's eye ... The first sentence comes straight into my mind, I don't have to think of it – I don't have to think of anything. »
  11. (en) « coming from her 'mind's eye‍' »
  12. (en) « was made up of every experience she'd ever had, everything she's seen or heard or read, much of which had long disappeared from her conscious memory »
  13. (en) « If I tried to think out or invent the whole book, I could not do it. For one thing, it would bore me and for another, it would lack the 'verve' and the extraordinary touches and surprising ideas that flood out from my imagination. »
  14. (en) « lived in a world shaped by the realities of post-war austerity »
  15. (en) « crammed with colour and character »
  16. (en) « self-contained and internally consistent »
  17. (en) « the hook is the strong storyline with plenty of cliffhangers, a trick she acquired from her years of writing serialised stories for children's magazines. There is always a strong moral framework in which bravery and loyalty are (eventually) rewarded »
  18. (en) « my love of children is the whole foundation of all my work »
  19. (en) « essential longing and potential associated with childhood »
  20. (en) « deeply appealing ideal of childhood »
  21. (en) « like a powerful spotlight, it seeks to illuminate, to explain, to demystify. It takes its readers on a roller-coaster story in which the darkness is always banished; everything puzzling, arbitrary, evocative is either dismissed or explained »
  22. (en) « [children] are not interested in helping adults; indeed, they think that adults themselves should tackle adult needs. But they are intensely interested in animals and other children and feel compassion for the blind boys and girls, and for the spastics who are unable to walk or talk. »
  23. (en) « working for others, for no reward »
  24. (en) « most famous and successful of children's authors with her enormous energy and computer-like memory »
  25. (en) « a complete workaholic, an achievement junkie and an extremely canny businesswoman »
  26. (en) « knew how to brand herself, right down to the famous signature »
  27. (en) « arrogant, insecure, pretentious, very skilled at putting difficult or unpleasant things out of her mind, and without a trace of maternal instinct. »
  28. (en) «  As a child, I viewed her as a rather strict authority. As an adult I pitied her. »
  29. (en) « a fair and loving mother, and a fascinating companion »
  30. (en) « dependably predictable »
  31. (en) « most of you could write down perfectly correctly all the things that I believe in and stand for – you have found them in my books, and a writer's books are always a faithful reflection of himself »
  32. (en) « mediocre material »
  33. (en) « her capacity to do so amounts to genius ... anyone else would have died of boredom long ago »
  34. (en) « I find myself flinching at occasional bursts of snobbery and the assumed level of privilege of the children and families in the books. »
  35. (en) « drip, drip, drip of disapproval »
  36. (en) « stupid people who don't know what they're talking about because they've never read any of my books »
  37. (en) « hard to see how a diet of Miss Blyton could help with the 11-plus or even with the Cambridge English Tripos »
  38. (en) « unnaturally priggish ... sanctimonious ... witless, spiritless, snivelling, sneaking doll. »
  39. (en) « encapsulated world for young readers that simply dissolves with age, leaving behind only memories of excitement and strong identification »
  40. (en) « was a child, she thought as a child, and wrote as a child ... the basic feeling is essentially pre-adolescent ... Enid Blyton has no moral dilemmas ... Inevitably Enid Blyton was labelled by rumour a child-hater. If true, such a fact should come as no surprise to us, for as a child herself all other children can be nothing but rivals for her. »
  41. (en) « representing the crude moral diagrams and garish fantasies of a readership »
  42. (en) « loved a relationship with children through her books »
  43. (en) « Enid was very much part of that between-the-wars middle class which believed that foreigners were untrustworthy or funny or sometimes both »
  44. (en) « There is a faint but unattractive touch of old-fashioned xenophobia in the author's attitude to the thieves; they are 'foreign' ... and this seems to be regarded as sufficient to explain their criminality. »
  45. (en) « it's really time you gave up thinking you're as good as a boy »
  46. (en) « Enid Blyton was a passionate advocate of children’s storytelling, and The Magic Faraway Tree is a fantastic example of her creative imagination. »

Références[modifier | modifier le code]

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Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

Biographies[modifier | modifier le code]

Autobiographies[modifier | modifier le code]

Autres ouvrages[modifier | modifier le code]

  • (en) Kristin Bluemel, Intermodernism: Literary Culture in Mid-twentieth-century Britain, Edinburgh University Press,‎ (ISBN 978-0-7486-3509-2, lire en ligne) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (en) Enid Blyton, Secret Seven: 13: Shock For The Secret Seven, Hachette Children's Books,‎ 2013a (1re éd. 1961) (ISBN 978-1-4449-1867-0, lire en ligne) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (en) Enid Blyton, Secret Seven: 15: Fun For The Secret Seven, Hachette Children's Books,‎ 2013b (1re éd. 1963) (ISBN 978-1-84456-949-6, lire en ligne) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (en) J. Brooks Bouson, Jamaica Kincaid: Writing Memory, Writing Back to the Mother, SUNY Press,‎ (ISBN 978-0-7914-8292-6, lire en ligne) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (en) Antoinette Brazouski et Mary J. Klatt, Children's Books on Ancient Greek and Roman Mythology: An Annotated Bibliography, Greenwood Publishing Group,‎ (ISBN 978-0-313-28973-6, lire en ligne) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (en) Julia Briggs, Dennis Butts et Matthew Orville Grenby, Popular Children's Literature in Britain, Ashgate Publishing,‎ (ISBN 978-1-84014-242-6, lire en ligne) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (en) Anne Commire, Something About the Author, vol. 25, Gale Research,‎ (ISBN 978-0-8103-0087-3, lire en ligne) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (en) Robert Druce, This Day our Daily Fictions: An Enquiry into the Multi-million Bestseller Status of Enid Blyton and Ian Fleming, Rodopi,‎ (ISBN 978-90-5183-401-7) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (en) Owen Dudley Edwards, British Children's Fiction in the Second World War, Edinburgh University Press,‎ (ISBN 978-0-7486-1651-0, lire en ligne) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (en) Margery Fisher, The Bright Face of Danger : An Exploration of the Adventure Story, Hodder Children's Books,‎ (ISBN 978-0-34022-993-4) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (en) George Greenfield, A Smattering of Monsters: A Kind of Memoir, Camden House,‎ (ISBN 978-1-57113-071-6, lire en ligne) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (en) Matthew Grenby, Children's Literature, Edinburgh University Press,‎ (ISBN 978-0-7486-2274-0, lire en ligne) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (en) Fred Inglis, The Promise of Happiness: Value and Meaning in Children's Fiction, CUP Archive,‎ (ISBN 978-0-521-27070-0, lire en ligne) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Marie-Pierre et Michel Mathieu-Colas, Le Dossier « Club des cinq » : « The Famous Five » d'Enid Blyton, Magnard-L’École,‎ (ISBN 2-210-46115-4, présentation en ligne)
  • (en) Colin Matthew, Brief Lives: Twentieth-century Pen Portraits from the Dictionary of National Biography, Oxford University Press,‎ (ISBN 978-0-19-280089-3) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (en) Shannon Murray, « A Book for Boys and Girls: Or, Country Rhimes for Children: Bunyan and Literature for Children », dans Anne Dunan-Page, The Cambridge Companion to Bunyan, Cambridge University Press,‎ (ISBN 978-0-521-73308-3), p. 120–134 Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (en) Alex Palmer, Literary Miscellany: Everything You Always Wanted to Know About Literature, Skyhorse Publishing Company,‎ (ISBN 978-1-62873-221-4, lire en ligne) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (en) David Rudd, « Blytons, Noddies, and Denoddification Centers: The Changing Constructions of a Cultural Icon », dans Thomas Van der Walt, Felicité Fairer-Wessels et Judith Inggs, Change and Renewal in Children's Literature, Greenwood Publishing Group,‎ (ISBN 978-0-275-98185-3, lire en ligne), p. 111–118 Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (en) Brian Stewart et Tony Summerfield, The Enid Blyton Dossier, Hawk Books,‎ (ISBN 978-1-899441-70-9, lire en ligne)
  • (en) Tony Summerfield et Norman Wright, Sunny Stories 1942–1953: An Index, Norman Wright,‎ (lire en ligne)
  • (en) Mary Shine Thompson et Celia Keenan, Treasure Islands: Studies in Children's Literature, Four Courts Press,‎ (ISBN 978-1-85182-941-5) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (en) Nicholas Tucker, The Child and the Book: A Psychological and Literary Exploration, CUP Archive,‎ (ISBN 978-0-521-39835-0) Document utilisé pour la rédaction de l’article Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (en) Victor Watson, Reading Series Fiction: From Arthur Ransome to Gene Kemp, Psychology Press,‎ (ISBN 978-0-415-22701-8, lire en ligne) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (en) Mason Willey, Enid Blyton: A Bibliography of First Editions and Other Collectable Books: with Cross-referenced Publishers, Illustrators and Themes, Willey,‎ (ISBN 978-0-9521284-0-3, lire en ligne)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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