Ascros

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Ascros
Ascros
Vue sur le village en venant de Toudon.
Blason de Ascros
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Provence-Alpes-Côte d’Azur
Département Alpes-Maritimes
Arrondissement Nice
Intercommunalité Communauté de communes Alpes d'Azur
Maire
Mandat
Vincent Giobergia
2020-2026
Code postal 06260
Code commune 06005
Démographie
Gentilé Ascrossois
Population
municipale
172 hab. (2018 en augmentation de 1,18 % par rapport à 2013)
Densité 9,7 hab./km2
Géographie
Coordonnées 43° 55′ 19″ nord, 7° 00′ 52″ est
Altitude Min. 600 m
Max. 1 449 m
Superficie 17,74 km2
Unité urbaine Commune rurale
Aire d'attraction Nice
(commune de la couronne)
Élections
Départementales Canton de Vence
Législatives Deuxième circonscription
Localisation
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Liens
Site web ascros.fr

Ascros [askʁos] est une commune française située dans le département des Alpes-Maritimes en région Provence-Alpes-Côte d'Azur. Ses habitants sont appelés les Ascrossois.

Géographie[modifier | modifier le code]

Localisation[modifier | modifier le code]

Commune située à 16 km de Puget-Théniers et 24 km d'Entrevaux.

Géologie et relief[modifier | modifier le code]

Vue générale du village

Territoire montagneux et les reliefs du Mont Pincogul et Mont Rourebel. Village bâti sur le versant sud de la Vallée de l'Estéron.

Commune membre du Parc naturel régional des Préalpes d'Azur.

Catastrophes naturelles - Sismicité[modifier | modifier le code]

Le , de nombreux villages des diverses vallées des Alpes-Maritimes (Breil-sur-Roya, Fontan, Roquebillière, St-Martin-Vésubie, Tende...) sont fortement impactés par un "épisode méditerranéen" de grande ampleur[1]. Certains hameaux sont restés inaccessibles jusqu'à plus d'une semaine après la catastrophe et l'électricité n'a été rétablie que vers le . L'Arrêté du portant reconnaissance de l'état de catastrophe naturelle a identifié 55 communes, dont Ascros, au titre des "Inondations et coulées de boue du 2 au "[2].

Commune située dans une zone de sismicité moyenne[3].

Hydrographie et les eaux souterraines[modifier | modifier le code]

Cours d'eau traversant la commune[4] :

  • Ruisseau de la Cainéa[5].

Climat[modifier | modifier le code]

Climat méditerranéen avec été tempéré, classé Csb dans la classification de Köppen et Geiger[6].

Voies de communications et transports[modifier | modifier le code]

Voies routières[modifier | modifier le code]

Commune desservie :

Transports en commun[modifier | modifier le code]

Transport en Provence-Alpes-Côte d'Azur

Intercommunalité[modifier | modifier le code]

Depuis le , Ascros fait partie de la communauté de communes des Alpes d'Azur. Elle était auparavant membre de la communauté de communes des vallées d'Azur, jusqu'à la disparition de celle-ci lors de la mise en place du nouveau schéma départemental de coopération intercommunale.

Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Nice, dont elle est une commune de la couronne[Note 1]. Cette aire, qui regroupe 100 communes, est catégorisée dans les aires de 200 000 à moins de 700 000 habitants[8],[9].

Urbanisme[modifier | modifier le code]

Typologie[modifier | modifier le code]

Selon la terminologie définie par l'Insee et le zonage publié en 2020, Ascros est une commune rurale, car elle n'appartient à aucune unité urbaine[Note 2],[10],[11].

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le nom de la localité est attesté sous la forme occitane Als Cròs et sous la forme de Crocis en 1066[12].

La commune se dit en occitan Als Cròs, en italien Ascroso.

Ce toponyme dérive de Cros rappelant une « creux, cavité »[12] ou une « grotte »; ici au pluriel, il rappelle les grottes qui, par le passé, voyaient une procession les jours des Rogations.

Histoire[modifier | modifier le code]

La commune a livré de nombreux vestiges : tombes datant de l’âge de bronze et de l’Antiquité (l’Empire romain), des inscriptions romaines[13], site antique et médiéval[14].

Le village est cité sous le nom de « Castrum de Crocis » en 1066[15]. Le nom actuel, Ascros, est adopté en 1760. L'origine du nom est le mot en bas-latin « crosus » qui signifie « dépression ».

Le village actuel situé à 1 145 mètres d’altitude dans un site défensif. En 1252, un seigneur d'Ascros ou de « Crocquio », Raibaud d'Ascros, s'empare de la seigneurie de Toudon avant d'en être chassé.

C'était un ancien fief des barons puis comtes de Beuil.

Ruines du château.

En 1508, Georges Grimaldi, seigneur de Beuil, et son cousin Jean Grimaldi, seigneur de Levens, s'entendent avec le roi de France Louis XII pour livrer Nice au roi en échange de quelques seigneuries peut-être par l'intermédiaire du gouverneur de Provence dont Georges est le gendre. Cet accord n'aboutit pas. Ils sont alors sommés de venir s'expliquer devant le gouverneur de Nice, sire de La Pallud. Georges refusa.
Le , dans son château de Beuil, son barbier, Esprit Testoris, lui trancha la gorge, peut-être payé par le gouverneur de Nice. Le comté de Beuil revint alors à son frère cadet, Honoré, seigneur d'Ascros. Honoré Ier de Beuil, ami du duc de Savoie, fut nommé gouverneur de Nice et a assuré fidèlement la défense du comté.

En 1526, Jean-Baptiste Grimaldi, second fils d'Honoré Ier Grimaldi de Beuil (mort en 1537), seigneur d'Ascros, est accusé par Honoré, seigneur de Les Ferres et seigneur de Gilette, de comploter avec son frère aîné René Grimaldi, seigneur de Massoins, contre le duc de Savoie avec le roi de France. Pour se venger, les deux frères mettent le siège devant le château de Gilette où se trouve le seigneur de Les Ferres qui réussit à s'échapper. Le gouverneur de Nice ayant constaté les troubles, le duc donna ordre de reprendre le château de Gilette, ce qui est fait après deux mois de siège. Les frères doivent s'enfuir. Leur père doit demander la clémence du duc pour ses deux fils et l'obtient par un acte du après la paix des Dames. Pendant ce temps, le seigneur de Les Ferres se venge en attaquant Rigaud, en 1528. René revenu dans le comté est égorgé dans son sommeil par un de ses valets payé par des opposants. Jean-Baptiste intrigua alors avec la France et se décide à faire la guerre au duc de Savoie.

En août 1543, on le voit parcourir le comté de Nice pour soulever la population contre le duc et semant la terreur, pillant et incendiant les villages qui ne reconnaissent pas le roi de France entre le 11 et le . Jean-Baptiste Grimaldi de Beuil a été tué en 1544 à la bataille de Cérisoles en combattant pour le roi de France[16].

Après la révolte d'Annibal Grimaldi qui va amener sa condamnation et son exécution en 1621, le château fut rasé par ordre du duc de Savoie Charles-Emmanuel Ier de Savoie. Le fief d'Ascros est donné à un Galléan, puis il passe à la famille Caissoti seigneur de Roubion qui possède aussi la seigneurie de Toudon.

En 1793, pendant la bataille de Gilette, 300 hommes campent dans le village.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, le village sert de refuge à des Juifs mais une rafle conduit à trois arrestations.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires depuis 1945
Période Identité Étiquette Qualité
1947 1965 Angelin Raybaud    
1965 1977 Denis Gastaud    
1977 1995 Raoul Gastaud
(1916-2004)[17]
PCF Câbleur en TSF
1995[18] En cours Vincent Giobergia UMP-LR Ingénieur

Une élection municipale partielle eut lieu en 1999, à la suite d'une très longue crise municipale débouchant sur une dissolution du conseil municipal en conseil des Ministres, amenant à l'élection de Vincent Giobergia.

Budget et fiscalité 2018[modifier | modifier le code]

En 2018, le budget de la commune était constitué ainsi[19] :

  • total des produits de fonctionnement : 322 000 , soit 1 939  par habitant ;
  • total des charges de fonctionnement : 320 000 , soit 1 927  par habitant ;
  • total des ressources d'investissement : 517 000 , soit 3 113  par habitant ;
  • total des emplois d'investissement : 447 000 , soit 2 693  par habitant ;
  • endettement : 1 285 000 , soit 7 744  par habitant.

Avec les taux de fiscalité suivants :

  • taxe d'habitation : 12,35 % ;
  • taxe foncière sur les propriétés bâties : 7,55 % ;
  • taxe foncière sur les propriétés non bâties : 29,97 % ;
  • taxe additionnelle à la taxe foncière sur les propriétés non bâties : 0,00 % ;
  • cotisation foncière des entreprises : 0,00 %.

Chiffres clés Revenus et pauvreté des ménages en 2017 : médiane en 2017 du revenu disponible, par unité de consommation : 16 090 [20].

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

Évolution démographique[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[21]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2004[22].

En 2018, la commune comptait 172 habitants[Note 3], en augmentation de 1,18 % par rapport à 2013 (Alpes-Maritimes : +0,5 %, France hors Mayotte : +1,78 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1822 1838 1848 1858 1861 1866
370383424390493488537516510
1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901 1906 1911
476470502523439426449440396
1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962 1968 1975
387390362333270190155143120
1982 1990 1999 2004 2009 2014 2018 - -
132123145153145171172--
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[23] puis Insee à partir de 2006[24].)
Histogramme de l'évolution démographique

Des données démographiques plus anciennes peuvent être trouvées dans le livre :

Alain Ruggiero, La population du comté de Nice de 1693 à 1939, Serre éditeur, Nice, 2002 (ISBN 2-86410-342-7)

Enseignement[modifier | modifier le code]

Établissements d'enseignements[25] :

  • École maternelle et primaire[26],
  • Collège à Puget-Théniers, Saint-Sauveur-sur-Tinée, Saint-Martin-du-Var,
  • Lycée à Valdeblore.

Santé[modifier | modifier le code]

Professionnels et établissements de santé[27] :

  • Médecins à Villars-sur-Var, Puget-Théniers, Bouyon, Gilette,
  • Pharmacies à Gilette, Entrevaux,
  • Hôpitaux à Villars-sur-Var, Puget-Théniers.

Cultes[modifier | modifier le code]

Économie[modifier | modifier le code]

Entreprises et commerces[modifier | modifier le code]

Agriculture[modifier | modifier le code]

Outre la culture traditionnelle de céréales, le village vivait aussi de l’élevage d’ovins et de caprins.

  • Agriculteurs et éleveurs[29].

Tourisme[modifier | modifier le code]

  • Restaurant[30],
  • Gîtes, maison d'hôtes.

Commerces[modifier | modifier le code]

  • Épicerie La Maritza[31]
  • Commerces de proximité à Puget-Théniers, Villars-sur-Var.
  • Quelques habitants exploitaient aussi de petites mines et carrières à la fin du XIXe siècle.

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

L'église Saint-Véran sur la place du Château.
  • Église Saint-Véran[32], romane du XIIe siècle, remaniée. L'église a une nef de trois travées voûtée en berceau brisé et une abside semi-circulaire voûtée en cul-de-four. Le clocher latéral a été reconstruit avec un porche d'entrée[33],[34].
  • Ruine du château féodal[35] des Grimaldi[36].
  • Chapelle Sainte-Anne[37] à l'entrée de village, lieu de pèlerinage.
  • Chapelle du cimetière[38].
  • Monuments commémoratifs[39] : Conflits commémorés : 1914-1918 - 1939-1945 .
  • Hameau des Crottes à l'est du village. une voie romaine y passait[40]. Un sentier mène à la chapelle Sainte-Baume, sur la commune de Pierrefeu, en limite de celle d'Ascros.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason de Ascros Blason
Écartelé : Au I et au IV : losangé d'argent et de gueules ; au II d'azur à l'étoile de six rais d'or ; au III : d'or à la fasce d'azur[42].
Détails
Le statut officiel du blason reste à déterminer.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. La notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.
  2. Une commune rurale est une commune n'appartenant pas à une unité urbaine. Les autres communes sont dites urbaines.
  3. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2021, millésimée 2018, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2020, date de référence statistique : 1er janvier 2018.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Alex : Épisode méditerranéen en Provence en octobre 2020
  2. Communes reconnues en état de catastrophe naturelle - Alpes-Maritimes et Côtes-d'Armor
  3. Didacticiel de la réglementation parasismique
  4. L'eau dans le Bassin Rhône-Méditerranée
  5. Ruisseau de la Cainéa
  6. Table climatique
  7. Lignes Interurbaines ZOU 06
  8. « Base des aires d'attraction des villes 2020 », sur https://www.insee.fr/, (consulté le )
  9. Marie-Pierre de Bellefon, Pascal Eusebio, Jocelyn Forest, Olivier Pégaz-Blanc, Raymond Warnod (Insee), « En France, neuf personnes sur dix vivent dans l’aire d’attraction d’une ville », sur https://www.insee.fr/, (consulté le )
  10. « Base des unités urbaines 2020 », sur https://www.insee.fr/, (consulté le )
  11. Vianney Costemalle, « Toujours plus d’habitants dans les unités urbaines », sur https://www.insee.fr/, (consulté le )
  12. a et b Ernest Nègre - 1990 - Toponymie générale de la France - Volume 1 - Page 248
  13. Paul Veyne, Jean-Claude Passeron, Un vétéran qui fit banqueter un pagus. Nouvelle lecture d'une inscription d'Ascros (Alpes-Maritimes), p. 271-280, Gallia, année 2004, no 61 (lire en ligne)
  14. Site du Mont Pella au Mont Brune
  15. Habitat fortifié dénommé Ascros
  16. Google Livres : Jean Baptiste Toselli, Biographie niçoise ancienne et moderne ou dictionnaire historique, Tome premier A-G, p. 355-358, Nice, 1860
  17. notice GASTAUD Raoul par Michel Brot, version mise en ligne le 1er juin 2009, dernière modification le 17 octobre 2018.
  18. Site de la préfecture des Alpes-Maritimes, consulté le 20 juin 2008
  19. Les comptes de la commune
  20. Chiffres clés Évolution et structure de la population. Dossier complet
  21. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  22. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  23. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  24. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015, 2016, 2017 et 2018.
  25. Établissements d'enseignements
  26. L'école du village renaît
  27. Professionnels et établissements de santé
  28. Paroisse Notre-Dame du Var
  29. Agriculteurs et éleveurs
  30. Restaurant d'Ascros
  31. Épicerie La Maritza
  32. Église Saint-Véran, sur patrimages.culture.gouv.fr/
  33. Église Saint-Véran
  34. Église Saint-Véran et Saint-Donat, sur l'Observatoire du patrimoine religieux
  35. Château d'Ascros
  36. Georges Barbier, Châteaux et places fortes du comté de Beuil, p. 187-188, Nice-Historique, 1994, no 11 Lire en ligne
  37. Chapelle Sainte Anne
  38. Chapelle du cimetière, sur geneawiki.com/
  39. Monuments commémoratifs
  40. Un vétéran qui fit banqueter un pagus. Nouvelle lecture d'une inscription d'Ascros (Alpes-Maritimes), par Jean-Claude Passeron et Paul Veyne. Gallia Année 2004 61 pp. 271-280
  41. Famille Caissotti
  42. Blason Ascros