Italien

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Italien
Italiano
Pays Italie, Saint-Marin, Suisse, Slovénie, Croatie
Région Tessin, Grisons, Istrie
Nombre de locuteurs 68 millions comme langue maternelle[1]

85 millions au total

Nom des locuteurs italophones
Typologie SVO, flexionnelle, accusative, syllabique, à accent d'intensité
Classification par famille
Statut officiel
Langue officielle Drapeau de l'Italie Italie
Drapeau de la Suisse Suisse
Drapeau de Saint-Marin Saint-Marin
Drapeau du Vatican Vatican
Drapeau de la Croatie Croatie (Istrie)
Drapeau de la Slovénie Slovénie (Piran, Izola et Koper)
Drapeau de l’Union européenne Union européenne
Régi par Accademia della Crusca (non officiellement)
Codes de langue
ISO 639-1 it
ISO 639-2 ita
ISO 639-3 ita
IETF it
Linguasphere 51-AAA-q
WALS ita
Glottolog ital1282
Échantillon
article premier de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme (voir le texte en français)

Articolo 1

Tutti gli esseri umani nascono liberi ed eguali in dignità e diritti. Essi sono dotati di ragione e di coscienza e devono agire gli uni verso gli altri in spirito di fratellanza.

L'italien (en italien : italiano) est une langue appartenant au groupe des langues romanes de la famille indo-européenne. Il existe un très grand nombre de dialectes italo-romans.

Comme beaucoup de langues nationales, l'italien moderne est un dialecte qui a « réussi » en s'imposant comme langue propre à une région beaucoup plus vaste que sa région dialectale originelle. En l'occurrence, c'est le dialecte toscan, de Florence, Pise et Sienne, qui s'est imposé, quoique dans sa forme illustre (koinè littéraire à base florentine enrichie par des apports siciliens, latins et d'autres régions italiennes), non pas pour des raisons politiques comme c'est souvent le cas, mais en raison du prestige culturel qu'il véhiculait. Le toscan est en effet la langue dans laquelle ont écrit Dante Alighieri, Pétrarque et Boccace, considérés comme les trois plus grands écrivains italiens de la fin du Moyen Âge. C'est aussi la langue de la ville de Florence, réputée pour sa beauté architecturale et son histoire prospère. C'est donc sans surprise que l'italien fut pendant longtemps la langue internationale de la culture et des arts, et que le vocabulaire de toutes les langues européennes conserve jusqu'à nos jours un grand nombre de termes italiens (notamment en musique, lesquels sont même repris dans d'autres langues comme le japonais).

Les normes générales de grammaire italienne ne furent pourtant fixées qu'à la Renaissance, avec la réforme linguistique de Pietro Bembo, érudit vénitien collaborateur d'Alde Manuce, qui en exposa les idées fondamentales dans Gli Asolani.

Répartition géographique de l'italien dans le monde.

Présence dans le monde[modifier | modifier le code]

On estime que dans le monde environ 61,7 millions de personnes parlent[2] ou étudient[3] l'italien dont un million en France[2]. L'italien est parlé essentiellement en Italie (et à Saint-Marin), où il est langue nationale, mais aussi en Suisse[2] essentiellement dans le sud (Tessin et Grisons), où il est langue nationale (il représente environ 6,8 % des locuteurs suisses). Au Vatican, il est seconde langue officielle avec le latin.

En outre, il y a de nombreuses communautés italophones en Croatie (Istrie et Dalmatie), en Slovénie et en ex-Yougoslavie[2]. Il est langue officielle en Slovénie dans certaines villes, notamment Capodistria/Koper, et en Croatie en Istrie, en particulier dans les villes de Parenzo/Poreč, Pola/Pula, Umago/Umag et Rovigno/Rovinj.

Il est aussi parlé à Malte (où elle a été langue officielle jusqu'à 1934, actuellement 66 % des Maltais le parlent), en Albanie, aux États-Unis (environ 1 million de locuteurs), au Canada (particulièrement à Montréal), en Amérique du Sud (Argentine, Brésil, Uruguay, Venezuela), en Amérique centrale (Costa Rica), en Australie, en Éthiopie, en Érythrée, en Libye (elle y est la langue commerciale avec l'anglais), et en Somalie (elle y a été langue universitaire jusqu'en 1991) et dans le Sud de la Belgique, où de nombreux Italiens sont venus travailler dans les mines après la Seconde Guerre mondiale, ainsi qu'au Luxembourg. Aussi dans d'autres pays européens, comme en France, Allemagne, Pays-Bas, Autriche et Royaume-Uni, avec les migrants et leurs descendants.

L'italien a influencé l'espagnol tel qu'il est parlé en Argentine et en Uruguay en raison de l'afflux massif de migrants italiens[4],[5].

Instruments de promotion de la langue italienne dans le monde[modifier | modifier le code]

Communauté radiotélévisée italophone[modifier | modifier le code]

Constituée le , par une collaboration institutionnelle entre radiotélévision de service public-Rai, RSI, Rtv Koper-Capodistria, Radio Vatican et Saint-Marin Rtv, la Communauté italophone radiotélévisée naît comme instrument de valorisation de la langue italienne.

Enseignement de l'italien en France[modifier | modifier le code]

En France, l'italien est la quatrième langue étrangère apprise dans l'enseignement secondaire, après l'anglais, l'espagnol et l'allemand. D'après l'Eurobaromètre, environ 5 % des citoyens français savent parler italien assez bien pour avoir une conversation. De nombreuses universités comprennent un département d'italien.

La formation des professeurs est assurée par l'agrégation d'italien, fondée en 1900, et le CAPES d'italien.

Certaines associations italiennes et franco-italiennes dispensent des cours à différents niveaux et pour des publics divers.

Écriture[modifier | modifier le code]

L'italien utilise vingt-et-une lettres de l'alphabet latin. Les lettres j, k, w, x et y ne sont utilisées que dans les mots d’emprunt. On trouve toutefois le j (i lunga) ainsi que l’y (ipsilon ou i greca) et le w (doppia vu) dans certains toponymes et noms ou prénoms.

On marque la voyelle d'une syllabe accentuée quand celle-ci est la dernière du mot. Les voyelles portent alors un accent grave, sauf s'il s'agit d'un « é » ou d'un « o » fermé (/e/ ou /o/) ; on met alors un accent aigu : ‹ é › et ‹ ó ›. Si l'accent tombe sur une autre syllabe, il n'est généralement pas marqué par un accent graphique, sauf dans un but didactique (dictionnaires ou manuels de langue) et dans de rares cas où il y aurait homonymie. Par exemple, certains mots monosyllabiques homophones sont différenciés par un accent : la, article singulier féminin, et , adverbe de lieu. Les mots d'emprunts étrangers, notamment issus du français, peuvent conserver leur orthographe d'origine, accent inclus.

Aucun mot italien autochtone ne se finit par un o fermé (/o/). ‹ ó › apparait donc rarement et seulement dans des mots d'emprunts (metró, aussi prononcé et écrit metrò), ou bien pour différencier des homographes, come bótte (« tonneau ») vs bòtte (« coups »), ou articolatóri, pluriel d'articolatóre (« articulateur ») vs articolatòri, pluriel d'articolatòrio (« articulatoire »).

Il existe une autre convention avancée par le poète Giosuè Carducci prévoit qu'on utilise l'accent aigu pour les voyelles accentuées dont la prononciation est toujours fermée (‹ í ›, ‹ ú ›), l'accent grave pour le ‹ à › (dont la prononciation est toujours ouverte) et l'accent correspondant au degré d'ouverture de la prononciation pour le ‹ i › et le ‹ o ›, c'est-à-dire ‹ é › ou ‹ è ›, et ‹ ò › et ‹ ó ›. Cette convention n'est pas standard aujourd'hui.

Occasionnellement, on utilise aussi l'accent circonflexe sur la lettre i pour indiquer que le mot est la forme plurielle d'un mot finissant par -io au singulier. Par exemple, le pluriel de vizio (« vice ») peut s'écrire soit vizi, soit vizî. Aussi, on peut écrire principî, pluriel de principio (« principe »), pour le distinguer principi toujours sans accent, pluriel de principe (« prince »).

Orthographe[modifier | modifier le code]

Comme le croate, l'espagnol, le tchèque, le portugais et le roumain, l'italien présente une transparence presque sans faille dans la transcription grapho-phonémique. Selon Claude Piron, « En Suisse, les élèves de langue italienne écrivent correctement à la fin de la première année primaire, alors que les jeunes francophones n'écrivent pas encore correctement à l'âge de 12-13 ans. Pourquoi ? Parce que l'orthographe de l'italien est simple, cohérente, alors que celle du français contient un nombre impressionnant de formes arbitraires qu'il faut mémoriser avec le mot, sans qu'on puisse se fier à la manière dont il se prononce »[6].

Phonétique et prononciation[modifier | modifier le code]

L'alphabet phonétique international pour l'italien décrit tous les sons utilisés dans la langue italienne, qui doit sa sonorité à son vocalisme particulier (conservation des voyelles finales, même atones, et chute des consonnes finales) et à ses consonnes géminées (consonnes doubles). L'accent tonique est le plus souvent placé sur l'avant-dernière syllabe mais aussi très souvent sur la syllabe précédente pour les mots d'au moins trois syllabes. Il y a des cas rares où il se place sur la dernière syllabe, et la dernière lettre comporte obligatoirement un accent graphique grave ou aigu. Dans certaines formes verbales comme celles de la 3e personne du pluriel, l'accent tonique se place sur la syllabe située avant l'antépénultième : (abitano /ˈa.bi.ta.no/). Enfin, l'enclise des pronoms forme parfois des mots accentués sur la syllabe encore précédente : (evita + me + lo = evitamelo /ˈɛ.vi.ta.me.lo/).

À la différence du français, il n'y a pas de voyelles nasales, et ‹ n › et ‹ m › sont prononcés en toute position. En général, les voyelles italiennes sont moins fermées qu'en français.

Il y a aussi des consonnes trompeuses : le ‹ c › suivi de ‹ i › ou ‹ e › indique /tʃ/, alors qu'il se prononce [k] lorsqu'il est suivi par a, o ou u. Pour avoir le son /k/ devant les voyelles /i/, /e ou /ɛ/, on ajoute un ‹ h › : chiamo se prononce donc /ˈkja.mo/. Pour avoir le son [tʃ ] devant les autres voyelles, on ajoute un ‹ i › : ciao se prononce donc /ˈtʃa.o/ (le i n'est pas prononcé). Il en va de même pour le groupe sc, palatisé ([ ʃ ] ch français de chien, cher) si suivi de i ou e (it. scimmia, scena), vélaire (sk) si suivi d'autres voyelles ou d'un h (it. scarto, schiena).

De la même façon, devant ‹ i › ou ‹ e ›, ‹ g › se prononce /dʒ/ ; il se prononce /g/ (comme dans gamme) devant les autres voyelles. Un ‹ i › ou le ‹ h › est écrit après le g pour définir sa prononciation. Ainsi, giacca se prononce /ˈdʒak.ka/.

Le trigramme ‹ gli › note le phonème /ʎ/ (l mouillé), et le digramme /ɲ/ (n mouillé)[7].

Les voyelles accentuées sont prononcées comme des voyelles brèves dans une syllabe fermée ou dans la dernière syllabe d'un mot, comme des longues lorsqu'elles terminent la syllabe. Ce phénomène détermine la musicalité particulière de la langue. Cet accent tonique est aussi très utile pour différencier les homonymes (rares) à l'oral (ancóra = encore ; àncora = ancre).

Consonnes
Bilabiales Labio-
dentales
Dentales Alvéolaires Postalvéo-
palatales
Palatales Vélaires
Sonorité - + - + - + - + - + - + - +
Nasales [m] [ɱ]* [n] [ ɲ] [ŋ]
Occlusives [p] [b] [t] [d] [k] [ɡ]
Constrictives [f] [v] [s] [z] [ ʃ ] ([ ʒ])
Occlu-constrictives [ts] [dz] [] []
Spirantes [ j] [w]
Latérales [l] [ʎ]
Vibrantes [r]

Notes :

  • /ʒ/ est un xénophonème utilisé dans les mots d'emprunts, notamment français. Il est aussi employé couramment dans la prononciation régionale toscane à la place de /dʒ/.
  • [ɱ]* n'est pas un phonème de l'italien mais un allophone de /m/.

Grammaire[modifier | modifier le code]

Histoire[modifier | modifier le code]

Variantes régionales[modifier | modifier le code]

Dialectes[modifier | modifier le code]

Dialectes d'Italie[8],[9],[10],[11].

Dans son essai inachevé De vulgari eloquentia, Dante a donné à l'italien le surnom de langue de si aux langues vulgaires de l'Italie à la fin du XIIIe siècle. Dans cet ouvrage, il distingue, selon la façon de dire oui, les langues du Nord (langues germaniques) qui disent et les les langues du Sud (langues romanes) qui se partagent en trois groupes : langue d'oïl, langue d'oc et langue de si[12].

Les nombreux dialectes italo-romans peuvent être classés par leurs souches linguistiques communes. Ainsi, ils sont tous originaires du latin, mais les langues antérieures à la domination romaine, les substrats, sont différents en fonction des régions et ont souvent conditionné l'évolution des dialectes.

Parlers gallo-italiques[modifier | modifier le code]

La linguistique romane traditionnelle considère les parlers de l'Italie septentrionale comme une partie de la langue italienne. Mais la différence entre italien septentrional et italien centro-méridional est marquée par une limite linguistique très nette : c'est un faisceau d'isoglosses important, la ligne Massa-Senigallia (appelée de manière moins exacte ligne La Spezia-Rimini), qui correspond à la coupure des langues romanes en deux grands groupes : la Romania occidentale et la Romania orientale.

Voici la classification des parlers gallo-italiques :

Vénitien[modifier | modifier le code]

Parfois classé à tort dans les parlers gallo-italiques, il est fortement italianisé et se distingue nettement de ceux-ci.

  • Vénitien (Venise, Padoue, Vérone, Vicence, Trévise, Trente, Pordenone, Grado)
  • Istriote (côte sud de l'Istrie, en Croatie), de classification difficile et controversée. On le voit soit comme un vénitien particulier, soit comme un dialecte distinct du vénitien, soit comme un idiome intermédiaire entre le vénitien et le dalmate.

Italien centro-méridional[modifier | modifier le code]

Dialectes centro-méridionaux ou italien centro-méridional

Exemples[modifier | modifier le code]

Mot Traduction Prononciation standard
terre terra /ˈtɛr.ra/
ciel cielo /ˈtʃɛ.lo/
eau acqua /ˈak.kwa/
feu fuoco /ˈfwɔ.ko/
homme uomo /ˈwɔ.mo/
femme donna /ˈdɔn.na/
manger mangiare /man.ˈdʒa.re/
boire bere /ˈbe.re/
grand grande /ˈɡran.de/
petit piccolo /ˈpik.kolo/
nuit notte /ˈnɔt.te/
jour giorno /ˈdʒor.no/

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (it) Serianni Luca, Italiano, Milan, Garzanti,
  • (en) Berloco Fabrizio, The Big Book of Italian Verbs : 900 Fully Conjugated Verbs in All Tenses. With IPA Transcription, 2nd Edition, Lengu, , 1142 p. (ISBN 978-88-940348-1-3, lire en ligne)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. M. Paul Lewis, 2009. Ethnologue: Languages of the World, 16e édition, Dallas, Tex.: SIL International. http://www.ethnologue.com/ [1] (pour l'italien: [2]).
  2. a b c et d (en) « Italian », sur Ethnologue.com (consulté le 18 juillet 2012)
  3. (it) « Dati e statistiche sull’insegnamento della lingua italiana all’estero », sur Ministero degli Affari Esteri (consulté le 18 juillet 2012)
  4. (it) « Italianismi e percorsi dell'italiano nelle lingue latine » [PDF] (consulté le 18 juillet 2012)
  5. (en) « Bilingualism: Language and Cognition », sur Cambridge Journals (consulté le 18 juillet 2012)
  6. Claude Piron, « Linguistes : ignorance ignorée », sur claudepiron.free.fr (consulté le 8 mai 2018).
  7. (en) Berloco Fabrizio, The Big Book of Italian Verbs : 900 Fully Conjugated Verbs in All Tenses. With IPA Transcription, 2nd Edition, Lengu, , 1142 p. (ISBN 978-88-940348-1-3, lire en ligne).
  8. Altante Linguistico d'Italia
  9. « Dialectes d'Italie en un etude de l'universitè de Padoue University »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?) (consulté le 4 mai 2013)
  10. (it) Dialectes d'Italie dans la charte de Pellegrini
  11. AIS, Sprach-und Sachatlas Italiens und der Südschweiz, Zofingen 1928-1940 (NavigAIS-web Version en ligne navigable)
  12. Henriette Walter, L'aventure des langues en Occident : leur origine, leur histoire, leur géographie, Paris, Robert Laffont, , 498 p. (ISBN 2-221-05918-2), p 139

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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