Monica Vitti

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Monica Vitti
Description de cette image, également commentée ci-après
Monica Vitti en 1995.
Nom de naissance Maria Luisa Ceciarelli
Naissance
Rome (Italie)
Nationalité Italienne
Décès (à 90 ans)
Rome (Italie)
Profession Actrice
Films notables L'avventura
La Nuit
L'Éclipse
La Fille au pistolet
Drame de la jalousie

Monica Vitti est une actrice, scénariste et réalisatrice italienne née le à Rome où elle est morte le .

Surnommée la « Reine du cinéma italien »[1], sa réputation vient tout d'abord des films qu'elle a tournés avec Michelangelo Antonioni dans la première moitié des années 1960. Elle a ensuite beaucoup travaillé avec Mario Monicelli et tourné en compagnie d'acteurs tels que Marcello Mastroianni, Alain Delon, Richard Harris, Terence Stamp et Dirk Bogarde.

Monica Vitti a remporté cinq David di Donatello de la meilleure actrice, sept Globes d'or de la meilleure actrice et un Lion d'or à la Mostra de Venise pour l’ensemble de sa carrière[2].

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille et jeunesse[modifier | modifier le code]

D’ascendance sicilienne, Maria Luisa Ceciarelli naît à Rome dans une famille bourgeoise, d'Angelo Ceciarelli et Adele Vittilia. Elle reprendra les deux premières syllabes du nom de jeune fille de cette dernière comme nom de scène.

Elle passe son enfance à Messine[3]. À 14 ans, elle ressent des pulsions suicidaires qu'elle combat par son goût du jeu : « J’ai décidé de faire semblant d’être une autre, dira-t-elle. Et de me faire rire autant que possible au théâtre et au cinéma. Dans la vie, c’est une autre histoire[3]. »

Carrière[modifier | modifier le code]

Après une première expérience théâtrale à l'âge de 15 ans dans la pièce de Dario Niccodemi La nemica et avoir commencé des études de secrétariat pour ne pas contrarier sa famille[3], elle entre à l'Académie nationale d'art dramatique de Rome (Accademia d'arte drammatica Silvio d'Amico). Elle en sort diplômée en 1953 et intègre la compagnie d'Orazio Costa (it)[4],[3]. Elle interprète notamment Molière, Machiavel, Ionesco, Shakespeare ou Brecht[4].

Elle fait sa première apparition à l'écran en 1955 dans un film d'Eduardo Anton, Ridere, ridere, ridere, et obtient le prix de la meilleure actrice débutante de l'année[4]. En 1957, elle rencontre le réalisateur Michelangelo Antonioni, qui l'a repérée dans une pièce de Georges Feydeau[3] et lui demande de doubler la comédienne Dorian Gray sur son film Il grido[4]. C'est un coup de foudre aussi bien sentimental que professionnel. Antonioni est fasciné par ses yeux : « C’est ce qu’il y a en elle de plus bizarre. Ils ne s’arrêtent sur aucun objet, mais fixent de lointains secrets. C’est le regard d’une personne qui cherche où finir son vol et ne le trouve pas[3]. ». Il ajoute qu’elle avait « le visage de l’angoisse »[3].

Monica Vitti et Terence Stamp en 1965, pendant le tournage de Modesty Blaise aux Pays-Bas.

Cette rencontre lance véritablement sa carrière : elle tourne dans L'avventura, L'Éclipse, La Nuit, Le Désert rouge, films dans lesquels elle se distingue par sa beauté froide et son élégance. Elle devient ainsi l'égérie du réalisateur, mais travaille également avec les grands cinéastes de l'époque tels que Joseph Losey (Modesty Blaise) ou Ettore Scola (Drame de la jalousie aux côtés de Marcello Mastroianni).

Elle s'oriente ensuite essentiellement vers la comédie. Elle se fait de plus en plus rare à partir des années 1970, malgré de grandes collaborations, comme avec Luis Buñuel dans Le Fantôme de la liberté.

En 1980, elle tourne un dernier film pour son ex-compagnon Antonioni, Le Mystère d'Oberwald.

En 1990, elle s'essaie à la réalisation avec Scandale secret, où elle joue le rôle principal — sa dernière apparition à l’écran — au côté d'Elliott Gould, celui d'une femme ayant reçu comme cadeau une caméra vidéo s’en sert pour tenir un journal intime. Le film est sélectionné au festival de Cannes dans la section « Un certain regard »[3].

En 1994, elle refuse la proposition de Patrice Chéreau d’incarner Catherine de Médicis dans La Reine Margot[3].

Elle a été à deux reprises membre du jury des longs métrages lors du festival de Cannes, en 1968 et en 1974[3].

Vie privée[modifier | modifier le code]

Compagne de Michelangelo Antonioni de 1957 à 1967, elle épouse le réalisateur et chef-opérateur Roberto Russo en 2000 après 27 ans de vie commune[5].

En 2011, Roberto Russo révèle que Monica Vitti est atteinte de la maladie d'Alzheimer depuis près de 15 ans. Les premiers signes de la maladie se sont manifestés en 1996[6]. En 2018, il confirme qu'elle vit toujours à Rome avec l'assistance d'une aide-soignante[7].

Monica Vitti meurt à Rome le à l'âge de 90 ans[5],[3]. Elle est inhumée au cimetière communal monumental de Campo Verano[8].

Filmographie[modifier | modifier le code]

Années 1950-1960[modifier | modifier le code]

Années 1970[modifier | modifier le code]

Années 1980[modifier | modifier le code]

Distinctions[modifier | modifier le code]

Monica Vitti en 1990.

Récompenses[modifier | modifier le code]

Nominations[modifier | modifier le code]

Publications[modifier | modifier le code]

  • 1993 : Sept jupes[3]
  • 1995 : Le Lit est une rose (recueil de souvenirs, pensées, poèmes)[3]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Monica Vitti: “Queen of Italian cinema” dies at 90 », BBC News,‎ (lire en ligne).
  2. Enrico Lancia, I premi del cinema, Gremese Editore, (ISBN 978-8877422217).
  3. a b c d e f g h i j k l et m « Monica Vitti, actrice italienne révélée par L'avventura d’Antonioni, est morte », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne).
  4. a b c et d « Monica Vitti », sur Cinémathèque française (BiFi) (consulté le ).
  5. a et b (it) Chiara Ugolini, « È morta Monica Vitti, talento smisurato del cinema italiano », sur La Repubblica, Repubblica, (consulté le ).
  6. (en) « Antonioni's muse is 80: Happy Birthday Monica Vitti », sur gramilano.com, .
  7. (it) Annalisa Grandi, « Il marito di Monica Vitti: “Basta fake news, non è in una clinica svizzera” », sur Corriere della Sera, .
  8. (it) « Monica Vitti sarà sepolta al Verano. Nel cimitero monumentale tra De Filippo, Gassman, Manfredi, De Sica e Sordi », sur la Repubblica, Repubblica, (consulté le ).
  9. « Archives des nominations et promotions dans l'ordre des Arts et des Lettres » [PDF], sur Archives nationales.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Article[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]