Baudouin Ier de Flandre

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Baudouin Ier de Flandre
Statue de Baudouin Ier sur la façade de l'hôtel de ville de Bruges (Belgique)
Statue de Baudouin Ier sur la façade de l'hôtel de ville de Bruges (Belgique)
Titre
Comte de Flandre
863879
Prédécesseur domaine royal
Successeur Baudouin II de Flandre
Biographie
Dynastie Maison de Flandre
Père Odacre ?
Conjoint Judith de France
Enfant(s) Charles
Baudouin II (? - 918)
Raoul

Baudouin Ier dit Bras de Fer ou aussi le Bon[1], (Laon ? - † abbaye Saint-Bertin, 879), fut marquis ou comte en Flandre de 863 à 879[2]. D’après la tradition, Baudouin serait le fils du forestier appelé Odacre[3] (Odoacre, Audacer, Odoscer) lui-même dit traditionnellement fils d'Ingelram (Enguerrand). Il succède à son père comme forestier à sa mort (837), et s’illustre comme redoutable guerrier, ce qui lui vaut son surnom[4].

Biographie[modifier | modifier le code]

Son action est assez mal connue. Il participe notamment à la bataille de Fontenoy-en-Puisaye en 841, dans le camp de l’empereur Lothaire lequel est vaincu par ses frères Louis le Germanique et Charles le Chauve. Comte dans le Pagus Flandrensis, il lutte activement contre les Normands, qui depuis 810 dévastent les régions dont il est responsable. On le dit de haute stature, de teint brunet, de corps membru et nerveux, agile et bien à cheval. Une tradition fait de lui, jeune, le vainqueur d'un combat l'opposant à un ours dont il sortit vainqueur; cet exploit l'aurait fait remarquer par le roi Charles le Chauve[5].

L'investiture de Baudouin Bras de Fer, Ier comte de Flandre, par Charles le Chauve

Lors d’un séjour à la cour royale à Senlis vers 862, Baudouin, noble Franc, enlève la princesse Judith (v. 843 - †870), fille du roi Charles le Chauve et d'Ermentrude d'Orléans. Judith n'a pas encore vingt ans mais elle est déjà la veuve de deux rois de Wessex, Æthelwulf († 858) et le fils de ce dernier Æthelbald († 860). Afin de commettre le rapt, Baudouin s'est assuré de l'aide du frère de Judith, le prince Louis, le futur Louis le Bègue. Amour ou calcul politique ? Toujours est-il que Judith semble l’avoir suivi de son plein gré, sous un déguisement. Baudouin l’épouse secrètement à Harelbeke, puis le couple, effrayé des conséquences de ses actes, se réfugie auprès de Louis II le Jeune, tandis que le Bègue se met en sécurité en Bretagne (?). L’excommunication est prononcée par une assemblée d’évêques réunie à Soissons[6]. Baudouin et Judith gagnent alors Rome et plaident leur cause auprès du pape Nicolas Ier. Le pontife intercède longuement auprès du roi de Francie occidentale, qui finalement se laisse convaincre et confirme Baudouin dans la défense septentrionale du royaume. Le mariage est solennellement ratifié à Auxerre, selon les sources en 862 ou 863[7],[8], en l’absence toutefois du roi. Charles le Chauve attribue de plus au forestier la marche de Flandre en bénéfice dotal. Cet épisode est à l'origine d'une légende d'Artois, appuyée par les chroniques de l'abbaye du mont Saint-Éloi qui attribue à Baudouin la présence de deux mégalithes nommés les Pierres Jumelles ou Les Pierres d'Acq[9] sur le hameau d'Écoivres à proximité d'Arras.

Baudouin Bras de Fer est en fait le dernier comte fonctionnaire[10] de Belgique Seconde[11]. Vers 877 (mort de Charles le Chauve), la charge devient héréditaire, dans la maison de Baudouin. La Flandre entre dans l'ère féodale.

Avant sa mort, Baudouin Ier fortifie Arras, Gand et Bruges, sa capitale, où il fonde, selon la légende, l’église Saint-Donat, à l’emplacement d’une ancienne chapelle dédiée à la Vierge. Le corps du saint éponyme, huitième évêque de Reims y est transféré. En 870, le marquis fait également bâtir un couvent de bénédictines à Furnes, qui reçoit les reliques de sainte Walburge.

Baudouin Ier meurt en 879 à Sithiu (future Saint-Omer), alors qu’il a pris l’habit monacal à l’abbaye Saint-Bertin. Il est enterré dans cette abbaye, son cœur et ses entrailles étant portées en l'église Saint-Pierre à Gand[12].

Descendance[modifier | modifier le code]

Trois fils et une fille naîtront du mariage avec la carolingienne Judith :

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  • Le Glay Edward : Histoire des comtes de Flandre jusqu'à l'avènement de la Maison de Bourgogne, Comptoir des Imprimeurs-unis, Paris, MDCCCXLIII
  • Dumont Georges-Henri : Histoire de la Belgique, Histoire/le cri, Bruxelles 1977, ISBN 2-87106-182-3
  • Douxchamps Cécile et José : Nos dynastes médiévaux, Wepion-Namur 1996, José Douxchamps, éditeur; ISBN 2-9600078-1-6
  • Desmulliez Janine et Milis Ludo : Histoire des provinces françaises du Nord (dir. Alain Lottin), tome 1 De la Préhistoire à l'an Mil, Westhoek Éditions des Beffrois, 1988, ISBN 2-903077-71-1

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Baudouin, fils d'Odacre sur le site de la Fondation pour la généalogie médiévale (Der gute se traduit par le Bon)
  2. La date de 879 est donnée chez Le Glay, Desmulliez et Milis, Douxchamps, Carson, Miroir de la Flandre, Éd. Lanoo, ISBN 90-209-2714-0
  3. Jacques Paul Migne, Nouvelle encyclopédie théologique, 1854, p. 919
  4. Selon Éric Vanneufville, Histoire de Flandre, éditions Yoran Embanner, 2011, p.43, le surnom de Baudouin bras de fer, ferreus, pourrait être lié à son lieu de naissance dans un château situé entre deux bras de l'Yser, car son surnom en flamand est Yserin.
  5. Michel Pastoureau, L'ours - Histoire d'un roi déchu, Seuil Librairie du XXIe siècle, ISBN 978-2-02-021542-8, p.61
  6. Louis Victor Pécheur, Annales de Soissons, 1863, p. 440
  7. Georges Henri Dumont Histoire de la Belgique 1999, p. 57 donne la date de décembre 862; Desmulliez et Milis comme Le Glay donnent 863.
  8. Micheline Dupuy Françaises, reines d'Angleterre 1968, p. 43
  9. Paul Sébillot, Le Folk-lore de France, 1968, p. 14
  10. Janine Desmulliez et Ludo Milis, in Histoire des provinces françaises du Nord, sous la direction d'Alain Lottin, tome 1. De la Préhistoire à l'an Mil - Collection "Histoire", Westhoek Éditions des Beffrois, 1988, ISBN 2-903077-71-1, Conclusion, p. 234
  11. Le Glay, Histoire des comtes de Flandre tome 1 p. 41, d'après Chronicon Sancti Bavonis (année 867) et Chronicon Sithii Sancti Bertini apud Bouquet. La Belgique Seconde y est également définie: Præceptores Ludovici Pii, de divisione regni sui inter filios; apud Chesnium, script. franc. in Histoire... tome1, p. 34: «...les noms de cantons dont se composait la seconde Belgique. Il y en avait treize: la Hesbaie, le Brabant, la Flandre, le pays des Ménapiens, le Mélantois, le Hainaut, l'Ostrevant, l'Artois, le pays de Térouane, le Boulonnais, Quentovic, le Cambrésis, le Vermandois. »
  12. Le Glay, op. cit., p. 44.
  13. Raoul 3efils de Baudouin Ier le Bon

Liens externes[modifier | modifier le code]