Abbaye Saint-Calixte de Cysoing

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Abbaye Sainte-Calixte de Cysoing
image illustrative de l’article Abbaye Saint-Calixte de Cysoing
Présentation
Nom local Le Trianon
Culte Catholique romain
Type Abbaye
Début de la construction 838
Protection Logo monument historique Classé MH (1840, pyramide)[1] Inscrit MH (2008, château)[2]
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Hauts-de-France
Département Nord
Ville Cysoing
Coordonnées 50° 33′ 52,78″ nord, 3° 12′ 52,1″ est

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Abbaye Sainte-Calixte de Cysoing

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Abbaye Sainte-Calixte de Cysoing

L’abbaye Saint-Calixte de Cysoing était une abbaye de l'ordre des Augustins qui fut fondée en 833 par Évrard de Frioul et son épouse Giséle. Elle est étroitement liée à celle de la commune de Cysoing. Il subsiste actuellement un château à son emplacement.

Actes fondateurs[modifier | modifier le code]

Entrée de souterrain
  • Elle est fondée par Évrard de Frioul et son épouse Gisèle[3] au IXe siècle. L'abbaye Sainte-Calixte est attachée à l'ordre des augustins en 1129 par Rainaud II archevêque de Reims[4].
  • Une légende veut également qu'une veuve dénommée Mathilde perdit son fils unique noyé dans l’Escaut à Tournai. Elle vint se consoler à l'abbaye de Cysoing. En repartant, à proximité de celle-ci, elle perdit son alliance d'or dans une fontaine, faisant le vœu que si elle la retrouvait, elle ferait construire une grande église. La bague remonta d'elle-même dans l'instant, elle exauça ainsi son vœu[5].

Dérivés du nom[modifier | modifier le code]

cisioniensium.

Histoire[modifier | modifier le code]

Abbaye Saint-Calixte
C'est grâce à elle qu'au fil des siècles la commune a prospéré et acquis une solide notoriété dans la France entière. L'abbaye a été fondée à la fin du IXe siècle par saint Évrard de Frioul, sur les terres que sa femme, Gisèle, avait apportées en dot. Il faut dire que la jeune femme est la petite-fille de Charlemagne et la sœur de Charles le Chauve. Elle se marie avec 8 000 hectares de terrain en sa possession.
Le culte devenant à la fin du Moyen Âge source permanente de troubles, batailles et révoltes, cette période provoque d’énormes excès de la part d’assez importants groupes de pillards.
L'abbaye de Cysoing est alors mise à sac par les « Gueux », une bande de pillards qui circulaient dans le secteur de Tournai et Menin. Peu après, en 1566, les habitants de Seclin, Gondecourt et Houplin, menés par Guislain de Haynin (Ier de ce nom à être seigneur du Breucq à Seclin) parviennent en se liguer, à les bloquer en conjuguant leurs efforts et à les repousser définitivement dans les marais qu’il y avait alors entre Seclin, Gondecourt et Houplin. (Révolte des gueux[6])
Louis XV, en 1744, séjourne quelques jours à l'abbaye. Après la campagne de Flandre, il remporte la bataille de Fontenoy en 1745. En 1751, l'abbé de Cysoing, Laurent de Roque, fait ériger une pyramide en pierre bleue en souvenir du passage et de la victoire du roi. Cette pyramide, qui d'ailleurs n'en a que le nom puisqu'il s'agit en fait d'un obélisque, mesure près de 17 mètres de hauteur. Construite au cœur du parc de l'abbaye, on peut encore la voir aujourd'hui.
Pendant la Révolution française, l'abbaye est littéralement saccagée. En 1792, elle est pillée, les livres, meubles et tableaux qu'elle contient sont tous emmenés et en 1793, elle est même incendiée. Les confiscations révolutionnaires sont rassemblées à l'ancien couvent des récollets, rue des arts à Lille[7].

Faits historiques[modifier | modifier le code]

La tonnelle
Saint Calixte Ier instituant les jeûnes, France, Paris, XIVe siècle
  • Après la disparition de la reine Isabelle, Philippe Auguste sait qu'il doit se remarier au plus vite. La succession dynastique n'est en effet pas assurée : son seul fils, Louis, n'a que quatre ans et vient de survivre à une grave maladie. Le choix d'Ingeburge de Danemark reste mystérieux. Sœur du roi Knut VI, âgée de dix-huit ans, elle n'est qu'une des nombreuses épouses possibles pour Philippe. Toujours est-il qu'un accord est conclu sur une dot de dix mille marcs d'argent, la princesse est amenée en France, Philippe la rencontre à Amiens le 14 août 1193 et l'épouse le jour même[8]. Le lendemain, Philippe fait écourter la cérémonie du couronnement de la reine et expédie Ingeburge au monastère de Saint-Maur-des-Fossés. Le roi annonce qu'il souhaite faire annuler le mariage. Ingeburge de Danemark part ensuite demander la charité à l'abbaye de Cysoing ou elle est acceptée[9]. Elle n'en est libérée qu'en 1214, après la bataille de Bouvines.
  • En 1219 Jean sire de Cysoing donne la loi de La Bassée[10]. Le texte de ce diplôme de 1219 commence ainsi : « Sachent tout cil ki sunt et ki avenir sunt ke io Iehans, sire de Cysoig, ay done a le vile de Cysoig le loy de la basseie, entirement et iretaulement a tenir a aus et a lor oir. »
  • La bataille de Mons-en-Pévèle opposa, à Mons-en-Pévèle, les troupes de Philippe le Bel aux troupes flamandes le , troupes qui ont campé à Cysoing. Elle fut remportée par Philippe le Bel.
  • En 1616 un os de fémur de saint Calixte, pape, fut obtenu des Rémois et reçu en l'abbaye par Jean VII des Rumeaux né à Lille. Décédé le 16 mai 1619, il fut enterré dans le chœur[11]. Certains auteurs écrivent même que le corps du pape Calixte Ier reposerait en l'abbaye[12].
  • Le 26 février 1762, la foudre frappe la flèche de l'abbaye. Au sommet de la flèche se produit une aurore boréale qui inquiète les habitants, le tocsin est sonné, le clocher visité sans aucun dégât relevé[13].

Hydrologie[modifier | modifier le code]

Abbaye Saint-Calixte

La Chastel était parallèle aux anciennes fortifications du XVIIIe siècle et la Marque à proximité de Louvil.

Archéologie[modifier | modifier le code]

Des fouilles archéologiques se déroulèrent en 2008 et 2009.

Crypte[modifier | modifier le code]

Évrard de Frioul dont le corps fut ramené d'Italie par son fils et son épouse Giséle ont été enterrés dans une crypte[14].

Protections MH[modifier | modifier le code]

Pyramide de Fontenoy à Cysoing
Pyramide de Fontenoy, classée monument historique.

Biens de l'abbaye[modifier | modifier le code]

  • Prieuré Beaurepaire de Somain
  • En 1145 l'autel de Chéreng puis en 1164 l'autel de Baisieux fut concédé à l'abbaye Sainte-Calixte de Cysoing[19].
  • En 1160, l'abbé Anselme, cède avec le consentement du chapitre plusieurs champs environnant le prieuré de la Sainte-Vierge au Bois dit de Beaurepaire[20]
  • En 1170, l'abbé de l'abbaye Sainte-Calixte de Cysoing cède à celui de l'abbaye Saint-Sauveur d'Anchin les dîmes et terrages de Saint-Calixte à Auberchicourt, lesquels se levaient notamment sur une rasière devant le château (Castellum).

Abbés et chanoines[modifier | modifier le code]

Personnalités liées[modifier | modifier le code]

  • Dom Wartel poète né à Lille en 1721, chanoine régulier de l'abbaye, prévôt d'Hertsberghe[22]. À ne pas confondre avec dom Georges Wartel qui était un chanoine de l'abbaye du mont Saint-Éloi (Pas-de-Calais, France) ayant rédigé en 1786 les chroniques de l'abbaye. On sait peu de choses de lui, sinon qu'il est natif de Lille et qu'il entre au service de l'abbaye le 24 mai 1748 sous le nom de frère Géry Wartel.
  • La princesse Gisèle de France, fille de Louis le Pieux qui, avec son époux, a fondé l'abbaye.

Bibliothèque[modifier | modifier le code]

Une importante bibliothèque existait en l'abbaye en provenance de son fondateur[23].

À ce jour il subsiste :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Alain Plateaux, Cysoing, recherches sur une abbaye disparue, Société historique du Pays de Pévèle, Templeuve, 2004.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Notice no PA00107444, base Mérimée, ministère français de la Culture
  2. Notice no PA59000139, base Mérimée, ministère français de la Culture
  3. Société de Saint-Jean, Revue de l'art chrétien, volume 1, chez St. Augustin, Desclée, De Brouwer et Cie, 1857,books.google.fr
  4. Antoine Alexandre Gosse, Histoire de l'abbaye et de l'ancienne congrégation des chanoines réguliers d'Arrouaise : avec des notes critiques, historiques & diplomatiques; L. Danel, 1786, books.google.com
  5. Adolphe Delahays, 1860, La Flandre illustrée: littérature, histoire, beaux-arts La Flandre illustrée : littérature ... - Google Livres
  6. Quid
  7. « La bibliothèque publique n'est pas dans les batimens de l'école centrale : il y a seulement ici des dépôts de livres provenant de communautés supprimées. Les livres qui viennent de l'abbaye de Cysoing méritent d'être distingués. on y avait recueilli beaucoup de grandes collections publiées en Allemagne. (...) La bibliothèque de la ville, en même temps bibliothèque de l'école centrale, a beaucoup d'excellens livres (...) en flamand ou en hollandais (...) Dans le même bâtiment que la bibliothèque est un muséum de tableaux. » Armand Gaston Camus, Voyage fait dans les départements nouvellement réunis et dans les départements du Bas-Rhin, du Nord, du Pas-de-Calais et de la Somme, à la fin de l'an X, Paris, Baudoin, (notice BnF no FRBNF36280083)
  8. René François Rohrbacher, Histoire universelle de l'Église catholique (1858), p. 500.
  9. André-Joseph-Ghislain Le Glay, Cameracum Christianum, ou Histoire ecclésiastique du diocèse de Cambrai.., Cameracum Christianum, ou Histoire ... - André-Joseph-Ghislain Le Glay - Google Livres
  10. Fréderic Hennebert, Archives tournaisiennes, historiques et littéraires, 1842,texte du diplôme
  11. H. Fisquet, La France pontificale,Repos, 1864
  12. Édouard-Henri Van Hende, Numismatique lilloise ou description des monnaies, médailles, jetons, méreaux, etc. de Lille, 1868, Numismatique lilloise ou description des monnaies, médailles, jetons ... - Édouard-Henri Van Hende - Google Livres
  13. François Rozier, Henri-Marie Ducrotay Blainville, Journal de physique, de chimie, d'histoire naturelle et des arts, volume 19, Bachelier, 1782,Journal de physique, de chimie, d ... - François Rozier, Henri-Marie Ducrotay Blainville - Google Livres
  14. Lettre à un académicien d'Arras sur la princesse Gisèle, fille de Louis le Débonnaire, et sur la date du testament du comte Évrard, son époux, fondateur de l'église de Cysoing, 1779, Lettre à un académicien d’Arras sur la princesse Gisèle, fille de Louis le Débonnaire, et sur la date du testament du comte Évrard, son époux, fondateur de l’église de Cysoing
  15. Notice no PA00107444, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  16. Annuaire du département du Nord. An xi-1890, 1803, Annuaire statistique afterw ... - Nord dépt - Google Livres
  17. Notice no PA59000139, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  18. Notice no IA59001662, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  19. Statistique archéologique du département du Nord, volume 1, chez Quarré, 1867, Statistique archéologique du département du Nord
  20. Eugène Alexis Escallier, l'Abbaye d'Anchin 1079-1792, Lille, L. Lefort, 1852, chap.VII, p.73.
  21. Mémoires historiques sur l'arrondissement de Valenciennes, 1865,Mémoires historiques sur l'arrondissement de Valenciennes - Société d’agriculture, sciences et arts de Valenciennes - Google Livres
  22. Henri Pajot, Les Poètes de Lille, Horemans, 1864, Les poètes de Lille - Henri Pajot - Google Livres
  23. Jules Corblet, Revue de l'art chrétien, dirigée par J. Corblet, books.google.fr