Abbas ibn Ali

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Abbas ibn Ali ibn Abi-Talib (arabe : العباس بن علي) est le fils d'Ali ibn Abi Talib (le premier Imam chiite) et de Fatimah bint Hizam al-Qilabiyya (qui fut son épouse après la mort de sa première femme Fatima Zahra, la fille du Prophète Mahomet). Abbas ibn Ali est révéré par les chiites pour sa loyauté envers son demi-frère Al-Hussein ibn Ali (le troisième imam chiite), son respect pour les Ahl al-Bayt, et pour son rôle durant la bataille de Kerbala.

Enfance et Famille[modifier | modifier le code]

Abbas ibn Ali est né en 648, au mois de Shaban de l'an 26 du calendrier hégirien. Abbas a 3 frères : Abdullah ibn Ali, Jafar ibn Ali et Usman ibn Ali. La tradition chiite raconte qu'il n'a pas ouvert les yeux, jusqu'au moment où son demi-frère Hussein l'a pris dans ses bras. Abbas se maria à une lointaine cousine, Lubaba bint Ubaydillah. Ils ont eu 3 enfants : Fadl, Qasim et Ubaydullah.

Bataille de Siffin[modifier | modifier le code]

Abbas fit ses premières armes en tant que soldat durant la bataille de Siffin, un des conflits majeurs de l'année 657, les musulmans se divisèrent entre les partisans du père d'Abbas, Ali, et entre ceux de Muawiya ibn Abi Sufyan, le gouverneur de la Syrie. Durant la bataille, Abbas porta les vêtements de son père, qui était connu pour être un grand guerrier, Abbas tua beaucoup de soldats ennemis ; les forces de Muawiya le prenaient pour Ali. Cependant, quand le véritable Ali apparut sur le champ de bataille, les hommes de Muawiya furent étonnés de le voir et ils se demandèrent qui était l'autre homme. Ali présenta donc Abbas en disant : « C'est Abbas, la Lune de la famille Hachémite ». Il fut ensuite entraîné par son père à l'art du combat, et c'est pour cela qu'il ressemblait beaucoup à son père sur le champ de bataille.

Bataille de Kerbala[modifier | modifier le code]

Abbas Ibn Ali pendant la bataille de Kerbala.

Abbas montra sa loyauté à Hussein durant la bataille de Karbala. Après que Yazid succéda à son père Muawiya en tant que Calife, ce dernier demanda à Hussein de lui faire serment d’allégeance, mais celui-ci refusa et affirma que : « Yazid est un ivrogne, un coureur de jupons qui n'est pas taillé pour diriger et ces actes sont interdits en Islam ». Yazid, avec l'aide d'Ibn Marjana conspira pour tuer Hussein : il lui fit envoyer une lettre qui se disait de la part de la ville de Koufa, lui demandant de venir dans la ville pour les aider à suivre le droit chemin de l'islam et de les guider, ce qui fut accepté par Hussein. En 680 (en 60 d'après le calendrier musulman), il quitta Médine avec un petit groupe composé de ses compagnons ainsi que de sa famille, et pris la route vers Kuffa. Il envoya son cousin Muslim ibn Aqeel en reconnaissance à Kuffa, lui demandant de l'aviser de la situation ; mais quand Hussein fut proche de la ville, il se rendit compte que son cousin avait été tué. Peu après, Hussein et son groupe furent interceptés et contraint de faire un détour, ce qui le mena à Kerbala le 2 Muharram en 61. Le camp qu'Hussein avait donc installé ici fut encerclé et les voies d'accès au fleuve Euphrate leur étaient barrées car elles étaient gardées par des soldats. Les réserves d'eau du camp furent à sec le 7 Muharram. C'est là que Abbas ibn Ali intervient.

Martyr[modifier | modifier le code]

L'Euphrate étant gardé par l'armée de Yazid pour empêcher le camp d'Hussein de se procurer de l'eau, Abbas pouvait, grâce à ses aptitudes et à sa bravoure, traverser les lignes ennemies, rejoindre la rivière et se procurer de l'eau, pour rentrer ensuite seul au camp d'Hussein. Cependant, Abbas ne fut pas autorisé à se battre, mais seulement à ramener des outres d'eau. Quand Abbas partit pour accomplir sa mission, il possédait seulement une lance ainsi qu'un sac permettant de contenir l'eau, en plus d'un cheval. Il passa le blocus imposé par l'armée de Yazid, atteignit le fleuve et remplit le sac de la précieuse eau. La loyauté d'Abbas envers Hussein était si grande qu'il ne but pas une goutte d'eau. Après avoir rempli l'outre il repartit vers le camp de son demi-frère mais fut assailli par derrière et un de ses bras fut amputé. Surmontant la douleur, il continua sa route dans l'espoir d'atteindre le camp, mais il fut une nouvelle fois attaqué dans le dos et perdit son autre bras ; il décida donc de transporter le sac contenant l'eau à l'aide de sa bouche. Les hommes de Yazid lui tirèrent dessus et une des flèche perça le sac, l'eau fut répandue sur le sable. L'instant d'après, Abbas fut atteint par une flèche qui lui transperça l’œil, et un des soldats le frappa à la tête avec une masse, ce qui fit chuter Abbas de son cheval et il s'effondra au sol. Durant sa chute, il cria « Ya Akkha » (« Oh Frère »), appelant Hussein.

Il fut donc tué un vendredi, le 10 Muharram près de l'Euphrate. Depuis ce jour, il est surnommé le Héro de « Al-Qamah » (un autre nom donné au fleuve), et sa mort est généralement commémorée la nuit du 8 Muharram. Les chiites pleurent la mort de tous les Martyrs associés à Hussein ce même mois de Muharram, le premier du calendrier islamique, principalement les dix premiers jours. Ses fils Fadl ibn Abbas et Qasim ibn Abbas périrent eux aussi à Karbala, Ubaydullah ibn Abbas survécut et a pu poursuivre la lignée d'Abbas à travers ses cinq fils.

Abbas est enterré à l'endroit où il chuta de son cheval à Kerbala, la mosquée Al Abbas fut construite autour de sa tombe, laquelle est visitée par des millions de pèlerins qui lui rendent hommage chaque année.

Source[modifier | modifier le code]

  • Tabari, La chronique; Les Omayyades.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  • (fr) Henri Tincq, « La bataille de Karbala : le baptême de sang des chiites », dans Le Monde, 31 juillet 2007, [lire en ligne]
  • Henri Laoust, Les schismes dans l'Islam, Parigi, Payot, 1977.