Bataille de Kerbala

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Page d'aide sur l'homonymie Pour la bataille de 2003, voir Bataille de Kerbala (2003).
Bataille de Kerbala

Informations générales
Date 10 octobre 680
Lieu Kerbala, en Irak
Issue Victoire des Omeyyades
Belligérants
AlidesUmayyad Flag.svg Califat omeyyade
Commandants
Al-Hussein ibn Ali
Al-Abbas
Umayyad Flag.svg Ubayd Allah ben Ziyad
Umayyad Flag.svg Umar ibn Saad
Umayyad Flag.svg Umar Ibn Al-Hajjaj
Umayyad Flag.svg Shimr ibn Dhil-Jawshan
Umayyad Flag.svg Urwah ibn Quais
Forces en présence
72 hommesUmayyad Flag.svg 30 000 hommes
Pertes
72 hommesUmayyad Flag.svg 1 000 hommes

La deuxième fitna

Coordonnées 32° 37′ nord, 44° 02′ est

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Bataille de Kerbala

La bataille de Kerbala eut lieu le 10 octobre 680 en Irak. Dans le calendrier musulman c'est le 10 de muharram 61 A.H. La commémoration de cette bataille est le deuil chiite d'Achoura. Cette commémoration se célèbre tous les 10 muharram, c’est-à-dire, en suivant le calendrier lunaire et non pas le calendrier grégorien[1].

La bataille opposa la puissante armée de Yazid Ibn Mu'awiyya (environ 30 000 hommes)[réf. nécessaire] à l'armée des partisans de Hussein, fils d'Ali et petit-fils du prophète Mahomet, qui se réduisait à 72 hommes.

Les prémices[modifier | modifier le code]

En 680, à la mort de Mu`âwiya, le nouveau calife omeyyade Yazid Ier s'est vu refuser le serment d'allégeance de la part de quatre personnes : Hussein fils d'Ali, Abd Allah ben az-Zubayr, `Abd Allah fils d'Umar et `Abd ar-Rahman fils d'Abu Bakr[2].

Hussein est à La Mecque, les habitants de Koufa l'invitent à venir les rejoindre. Par prudence, il y envoie en éclaireur son cousin Muslim dont le père, Aqil, aveugle . Les habitants de Koufa viennent en nombre faire allégeance à Hussein auprès de Muslim ben Aqil. Les habitants de Koufa insistent pour que Hussein vienne les rejoindre. Le calife intime l'ordre à Ubayd Allah ben Ziyad de réprimer l'agitation provoquée par la popularité grandissante de Hussein à Koufa. `Ubayd Allah qui est à Bassora confie la ville à son frère `Uthman et part pour Koufa. Il arrête Muslim ben Aqil et le fait décapiter en public[3]. Par peur, les habitants de Koufa se sont ralliés à Yazid.

Hussein ignore les évènements qui se déroulent à Koufa. Il part de la Mecque pour Koufa avec toute sa famille excepté une de ses filles. `Ubayd Allah est prévenu du départ d’Hussein et part à sa rencontre. Hussein campe près d'Al-Qâdisiyya, des habitants de Koufa le mettent en garde en lui apprenant les évènements qui viennent de se passer. Hussein contourne Koufa et arrive à Kerbala. Sentant la fin et se rappelant des larmes du Prophète quand il parlait de cette ville, il demanda aux hommes de la famille d'établir le campement.

L'armée conduite par `Ubayd Allah rencontre le groupe mené par Hussein à Kerbala. `Ubayd Allah exige que Hussein prête serment d'allégeance à Yazîd, il refuse la requête. L'armée de Yazid coupe alors l'accès à l'eau aux partisans et à la famille de Hussein. Pendant cette journée, Hussein prépare ses armes pour le combat. Il est accompagné de 72 partisans et membres de sa famille[4].

Récit de la bataille[modifier | modifier le code]

Ali Asghar, un des fils de Hussein âgé de 6 mois, pleurait. Hussein le prit dans ses bras, mais une flèche atteignit l'enfant à l'oreille et celui-ci fut tué sur le coup. Sept ou huit hommes se jetèrent alors sur Hussein. L'un d'entre eux le transperça de sa lance dans le dos. Un autre le décapita lorsqu'il fut à terre. Les autres lui enlevèrent ses vêtements et ses armes. On pilla sa tente, on déchira les vêtements des femmes, mais on fit grâce à Ali Zayn al-Abidin, son fils, qui était resté dans la tente parce qu'il était malade.

Ubayd Allah ben Ziyad, à la demande de Yazid, ordonna à Shimr ibn Dhil-Jawshan d'apporter la tête de Hussein à Damas[5] où elle fut conservé un temps dans une annexe de la mosquée, puis emporté à Ascalon au moment des croisades, puis enfin au Caire.

Philosophie du soulèvement de Hussein ibn Ali[modifier | modifier le code]

Hussein ibn Ali dans une lettre adressée à son frère Muhammad ibn al-Hanafiya ainsi que dans d'autres occasions, évoque les raisons de son départ de Médine, de son refus du pouvoir de Yazid, et de sa révolution contre lui. Il y explique le sens de son mouvement et les fondements de sa confrontation avec le nouveau régime Omayyade : « Je ne me suis pas soulevé de gaieté de cœur, ni pour une quelconque insatisfaction personnelle, ni par subversion ni injustement. Je me suis soulevé pour réformer la Umma de mon grand-père, le Messager de Dieu, pour commander le bien et interdire le mal, et pour suivre les traces de mon grand-père et de mon père ... » [6]

Conséquences[modifier | modifier le code]

La bataille de Kerbala est le lieu du martyre de Hussein et de sa famille. Seul 'Alî Zayn Al 'Âbidîn survécut, sans lui une partie de la descendance du Prophète de l'Islam via son petit-fils Hussein aurait pu s'éteindre à tout jamais. Certains Omeyyades ne sont pas aussi honnis que l'est Yazid, Umar ibn Abd al-Aziz est par exemple considéré comme le cinquième calife bien-guidé par l'imam Ash-Shâfi'î[7] et comme le mujaddid du premier siècle de l'hégire par Shah Waliullah ad-Dehlawi[8]. S'ils ne peuvent pas prétendre représenter l'orthodoxie religieuse à cette époque, pour s'opposer à leurs prétentions, il n'y a encore aucune des grandes écoles juridiques qui n'apparaissent qu'après la prise du pouvoir par les Abbassides. Les fidèles subissent leur dictature, elle sera renversée en 750 par les Abbassides.

La théologie chiite duodécimaine va développer un martyrologe complètement exogène au sunnisme et aux autres formes de chiisme comme le zaydisme (un chiisme essentiellement politique avec une forte consonance révolutionnaire). Durant le mois de Mouharram, une forme de mortification va s’installer au sein des duodécimains : défilés commémoratifs, reconstitutions de batailles, auto-flagellations etc. Voir les rites et commémoration du Mouharram

Une forme théâtrale originale, le tazieh[9], va se développer aussi autour du « massacre » de Kerbala.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. arabe : عشرة, [`ašara], dix; عاشوراء, [`āšūrā'], le 10 du mois de muharram)
  2. Tabari, La Chronique, Histoire des prophètes et des rois, Volume II, Les Omayyades, Éd. Actes Sud / Sindbad 2001, (ISBN 978-2-742-73318-7), p.30.
  3. Tabari, ibidem, pp. 34-38.
  4. Pierre Royer, « Kerbala 680. Le battement d'ailes du papillon », Conflits, no 6, juillet-septembre 2015, p.36-38
  5. Tabarî, Muhammad b. Jarîr, Târîkh at-Tabarî, vol 5, p 460
  6. L'Imam al-Hussayn et le Jour de "Achourâ",Abbas-Ahmad Al-Bostani,2922223175, 9782922223170,191 pages
  7. Brahami, Mostafa Suhayl,, Evolution historique du fiqh les six grands imams : Abou Hanifa, Malik, Zayd, Ja'far, Shafii, Ahmed et les autres, Tawhid, , 431 p. (ISBN 9782848622354 et 2848622350, OCLC 949179433, lire en ligne), p. 53
  8. Izalat al-Khafa (en) p. 77 part 7
  9. farsi : تعزيه, [t`azīeh], passion)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]