Scrutin uninominal majoritaire à un tour

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Schéma du mode de scrutin majoritaire

Le scrutin uninominal majoritaire à un tour est le système électoral pour lequel il est le plus simple de déterminer l'option gagnante à partir des votes.

L'électeur doit choisir un candidat parmi plusieurs. On compte alors le nombre de voix obtenues par chaque candidat. Celui qui recueille le plus de voix (majorité relative) remporte les élections.

Utilisation[modifier | modifier le code]

Ce système de vote est utilisé pour l'élection du président de la République dans certains pays (Corée du Sud, Islande, Kenya, Malawi, Mexique, Philippines, Venezuela, Cameroun Togo, États-Unis, Taiwan.)

On le retrouve aussi lors d'élections parlementaires ou législatives dans le vote par circonscriptions comme au Royaume-Uni et au Canada. Le système electoral présidentiel aux USA est en fait très différent. Le président est élu par les grands électeurs eux même désignés dans chaque états par des systèmes électoraux variables.

Avantages et inconvénients[modifier | modifier le code]

Avantage pratique[modifier | modifier le code]

L'extrême simplicité de ce système permet une mise en place économique.

Il comporte également peu de règles faciles à assimiler :

  1. un vote unique par électeur
  2. le candidat avec le plus de votes est élu

Problème de représentativité[modifier | modifier le code]

Le scrutin majoritaire à un tour permet l'élection d'un représentant qui peut se révéler minoritaire (une majorité d'électeurs ayant voté contre lui ou n'ayant pas voté pour lui)[1],[2].

Exemple : lors d'une élection, le candidat A recueille 25 % des voix, les candidats B, C, D et E obtenant respectivement 22 %, 19 %, 18 % et 16 % des voix. Le candidat A est élu, cependant, 75 % des électeurs se trouvent dans l'opposition.

Ce fut le cas par exemple en 1993 au Venezuela, alors que Rafael Caldera a été élu à la présidence avec 30,5 % des suffrages exprimés. Il en fut de même aux élections de mai 1992, où Fidel Ramos, le président de la République des Philippines, a été élu, dans une lutte qui l'opposait à six autres candidats, avec seulement 24 % des suffrages exprimés.

Un autre exemple, où voici les choix des électeurs (d'une population de 13) par ordre de préférence :

  • 5 électeurs choisissent A (1er choix) puis B puis C,
  • 4 électeurs choisissent B puis C puis A,
  • 4 électeurs choisissent C puis B puis A.

Avec ce système, A est élu même si 8 des 13 électeurs lui préfèrent B et 8 des 13 électeurs lui préfèrent C.

De plus, ce qui est reproché à ce système de vote est la représentation non-proportionnelle des partis par rapport au nombre de votes ainsi que de favoriser les grands partis politiques au détriment des plus petits.

Si l'on prend exemple sur l'élection fédérale canadienne de 2011, les candidats du Parti conservateur du Canada a remporté 53,90 % des sièges malgré un total des appuis pour tous leurs candidats de seulement 39,62 % des Canadiens. Cela signifie que le parti est en majorité au Parlement malgré l'appui pour leurs candidats d'une minorité de Canadiens, un chiffre qui ressemblerait peut-être à l'appui pour le parti lui-même. La situation inverse se produit pour les plus petits partis. Le Bloc québécois n'a remporté que 1,3 % des sièges malgré l'appui présumé de 6,04 % des électeurs, soit environ 5 fois moins de sièges. Le Parti vert du Canada n'a remporté que 0,32 % des sièges malgré le vote de 3,91 % des électeurs, soit 12 fois moins de sièges.

Les partis dont les candidats ont reçu beaucoup de votes ont plus de candidats qui remportent leurs sièges en proportion avec le total des votes reçus alors que ceux dont les candidats en ont reçu moins remportent proportionnellement moins de sièges.

Problème du système à deux partis[modifier | modifier le code]

Par logique électorale[1] le scrutin uninominal conduit à un système comportant deux partis majoritaires. Ces derniers deviennent les seuls options de vote viables. Ce système pousse les électeurs à voter contre le/les partis qui leur sont opposés politiquement en préférant un parti rival plus susceptible d'être élu. L'électeur vote donc contre un parti et non pas pour un parti, au détriment du parti dont il est politiquement le plus proche.

Abstentionnisme[modifier | modifier le code]

Les désavantages de ce type de scrutin peuvent conduire à une lassitude de l’électorat, et donc, à une hausse du taux d'abstention[1],[2].

Ainsi certains préfèrent d'autres mode de scrutin comme le scrutin uninominal majoritaire à deux tours ou un autre système de vote pondéré.


Notes et références[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]