Esperanza Aguirre

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Esperanza Aguirre
Image illustrative de l'article Esperanza Aguirre
Fonctions
Porte-parole du groupe PP à la mairie de Madrid
En fonction depuis le
Maire Manuela Carmena
Prédécesseur Enrique Núñez
Présidente de la Communauté de Madrid

(8 ans 10 mois et 5 jours)
Coalition Absolue PP
Prédécesseur Alberto Ruiz-Gallardón
Successeur Ignacio González
Présidente du Sénat

(3 ans 8 mois et 8 jours)
Législature VIe et VIIe
Prédécesseur Juan Ignacio Barrero
Successeur Juan José Lucas
Ministre de l'Éducation et de la Culture

(2 ans 8 mois et 14 jours)
Président du gouvernement José María Aznar
Prédécesseur Jerónimo Saavedra (Éducation)
Carmen Alborch (Culture)
Successeur Mariano Rajoy
Biographie
Nom de naissance Esperanza Aguirre y Gil de Biedma
Date de naissance (64 ans)
Lieu de naissance Madrid (Espagne)
Nationalité Espagnole
Parti politique Parti populaire
Diplômé de Université complutense de Madrid
Profession Haut fonctionnaire
Religion Catholique

Esperanza Aguirre Esperanza Aguirre
Ministres de l'Éducation et de la Culture d'Espagne
Présidents de la Communauté de Madrid

Esperanza Aguirre y Gil de Biedma, née le à Madrid, est une femme politique espagnole, membre du Parti populaire (PP), présidente de la Communauté de Madrid de 2003 à septembre 2012, après avoir été ministre de l'Éducation et de la Culture entre 1996 et 1999, et présidente du Sénat de 1999 à 2002. Elle est actuellement conseillère municipale d'opposition de Madrid.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance et jeunesse[modifier | modifier le code]

Elle est issue d'une famille de la noblesse madrilène, d'origine également basque, catalane et vieille-castillane, et l'aînée d'une fratrie de huit enfants et la nièce de Jaime Gil de Biedma. Après ses études secondaires, elle effectue une licence de droit à l'université complutense de Madrid, dont elle sort diplômée en 1974. La même année, elle épouse l'aristocrate Fernando Ramírez de Haro y Valdés. Par ce mariage, elle porte depuis 1975 le titre de comtesse consorte de Murillo et de grande d'Espagne[1] . À partir de la mort de son père en 2010, son mari porte le titre de comte de Bornos, et Aguirre celui de comtesse consorte de Bornos[2]. Aguirre et Ramírez de Haro ont deux enfants, Fernando et Álvaro.

Haut fonctionnaire[modifier | modifier le code]

En 1976, elle arrive dans les premières au concours de technicienne de l'information et du tourisme, et devient alors chef du service de Publicité du tourisme, au secrétariat d'État au Tourisme, où elle reste jusqu'en 1979. Elle devient ensuite haut fonctionnaire du ministère de la Culture, à des postes pourvus directement par le ministre, à l'époque de l'Union du centre démocratique (UCD).

Ainsi, elle a d'abord été chef du cabinet technique du directeur général du Livre et de la Cinématographie, avant d'être promue, en 1980, sous-directrice générale des Études au secrétariat général technique du ministère. L'année suivante, elle devient sous-directrice générale, chef du cabinet technique du sous-secrétaire du ministère, puis sous-directrice général des Fondations et des Associations culturelles, en 1982.

Conseillère municipale de Madrid[modifier | modifier le code]

Membre de l'Union libérale (UL), elle est élue conseillère municipale de Madrid en 1983, sur la liste de la Coalition populaire (CP), qui est défaite par le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE). Elle est alors désignée membre de la commission permanente de la mairie et porte-parole du groupe CP pour la culture, l'éducation, la jeunesse et les sports.

À la suite de la fusion de l'UL avec le Parti libéral (PL), elle a occupé divers postes au sein de la commission exécutive et du conseil politique du parti. Elle est réélue au conseil municipal en 1987, après avoir rejoint l'Alliance populaire (AP). Deux ans plus tard, l'AP s'allie avec le Centre démocratique et social (CDS) et remplace le maire socialiste de la capitale, Juan Barranco, par le centriste Agustín Rodríguez Sahagún, qui la nomme conseillère pour l'Environnement.

Le Parti populaire (PP), qui a succédé à l'AP en 1989, remporte ensuite la majorité absolue aux élections municipales de 1991 sous la direction de José María Álvarez del Manzano. Elle devient alors troisième adjointe au maire, tout en restant conseillère pour l'Environnement. À l'occasion d'une redistribution des délégations, opérée en 1993, elle se voit adjoindre celles de la Culture, de l'Éducation et des Sports, et de la Propreté.

Après les élections municipales de 1995, pour lesquelles elle avait été placée en deuxième position sur la liste du parti au pouvoir, elle est promue première adjointe au maire et porte-parole du groupe PP à l'assemblée municipale.

Sénatrice, ministre et présidente du Sénat[modifier | modifier le code]

Candidate au Sénat lors des élections générales anticipées du 3 mars 1996, elle est élue sénatrice alors que le Parti populaire remporte le scrutin. Le 6 mai suivant, Esperanza Aguirre est nommée ministre de l'Éducation et de la Culture dans le premier gouvernement dirigé par José María Aznar. À l'occasion du remaniement du 20 janvier 1999, elle quitte l'exécutif et est ensuite désignée pour remplacer Juan Ignacio Barrero, candidat aux régionales en Estrémadure, à la présidence du Sénat[3]. La forme de ce choix, annoncé par Josep Piqué, porte-parole du gouvernement, est critiquée par les socialistes, la Gauche unie (IU) et la Coalition canarienne (CC)[4]. Elle est élue à ce poste le 9 février, et le conserve après les élections générales du 12 mars 2000.

Présidente de la Communauté de Madrid[modifier | modifier le code]

Elle démissionne le , afin de se présenter aux élections régionales du , comme chef de file du PP dans la Communauté de Madrid, en remplacement d'Alberto Ruiz-Gallardón, candidat à la mairie de la capitale. Lors du scrutin, les conservateurs arrivent de nouveau en tête, mais perdent la majorité absolue à l'Assemblée de Madrid avec 46,6 % des voix et 55 députés sur 111, contre 56 à l'alliance PSOE-IU. Le candidat socialiste, Rafael Simancas, échoue cependant à prendre la direction du gouvernement régional après le passage de deux députés socialistes chez les non-inscrits.

Face à l'impossibilité d'élire un nouveau président, l'Assemblée est dissoute et des élections anticipées sont convoquées le 26 octobre. Avec 49,3 % des suffrages exprimés, le PP obtient 57 élus, et le 20 novembre suivant, Esperanza Aguirre est investie présidente de la Communauté de Madrid, devenant la première femme à diriger cette communauté autonome, la première conservatrice et la deuxième femme d'Espagne à diriger un gouvernement. Elle est élue l'année suivante à la présidence de la fédération régionale du PP avec 91,99 % des voix, en remplacement de Pío García-Escudero[5]. En 2005, l'hélicoptère dans lequel elle voyage avec Mariano Rajoy, s'écrase à Móstoles, sans faire de victimes[6].

Après avoir aisément remporté les élections régionales de 2007, en recueillant 53,2 % des suffrages et 67 députés sur 120, elle se montre critique de la direction nationale à la suite de la défaite aux élections générales du 9 mars 2008, mais renonce à se présenter contre le président sortant, Mariano Rajoy[7], lors du congrès organisé à Valence, en juin suivant. Peu après, elle lance l'idée d'organiser des élections primaires pour désigner le candidat conservateur à la présidence du gouvernement aux élections générales suivantes, s'attirant les critiques de Manuel Fraga, fondateur du parti[8]. Elle assiste, quelques mois plus tard et depuis le hall d'un des hôtels visés, l'Hôtel Oberoi, aux attaques de novembre 2008 à Bombay[9]. Une attaque avec un pistolet et des grenades s'est produite au sein de cet hôtel[10].

Son gouvernement est à l'origine de la perte de 105 millions d'euros d'argent public, à la suite de l'échec du projet de construction du Campus de la Justice (es)[11],[12],[13].

L'année suivante, El País publie une série d'articles selon lesquels le département régional de l'Intérieur, dirigé par Francisco Granados, aurait organisé l'espionnage, par d'anciens policiers, de Manuel Cobo, vice-maire de Madrid, Alfredo Prada, ancien second vice-président et conseiller à la Justice du gouvernement régional, Álvaro Lapuerta, ancien trésorier du PP, tous trois ayant en commun d'être des opposants à Aguirre, et Ignacio González González, vice-président de la région et « bras droit » de la présidente. Trois enquêtes sont alors déclenchées : une judiciaire, fermée en puis rouverte en , une parlementaire, rapidement stoppée par les députés du PP, et une interne au parti, qui ne donne aucun résultat.

Victime d'un cancer du sein[14], elle est opérée avec succès le [15] et revient sur la scène politique deux semaines plus tard[16]. Le 22 mai suivant, elle remporte un troisième mandat consécutif, égalant le record du socialiste Joaquín Leguina, avec 51,7 % des voix et 72 députés sur 129.

Le 19 septembre 2011 lors d'un entretien avec le Roi d'Espagne, elle a fait part de son idée que « si l'éducation est obligatoire et gratuite dans un premier temps, elle ne devrait peut-être pas être gratuite ni obligatoire par la suite », se référant aux Mastères[17].

Le Tribunal de justice de Madrid a rendu plusieurs verdicts contre la Comunidad de Madrid pour les décrets qui fixent les services minimums pendant les grèves, déclarant que le gouvernement d'Esperanza Aguirre violait le droit de grève inscrit dans la constitution[18]. Sont déclarés inconstitutionnels les services minimums imposés pendant la grève générale du 29 septembre 2010, la grève des employés du Métro de Madrid des 29 et 30 juin 2010[19], et celle des employés de l'Institut Madrilène du Sport[20].

Le 29 février 2012, Esperanza Aguirre propose lors du comité de direction du PP une nouvelle idée de gestion pour la Justice par cette phrase : « à mes yeux, la justice n'a pas à être gratuite ». Elle défend aussi de faire passer la gestion de l'eau de Madrid vers le secteur privé via une privatisation de 49 %. « Tout le monde consomme de l'eau », « il s'agit donc d'une entreprise qui offre à tout moment la garantie d'une rentabilité très élevée »[21].

Le , elle annonce au cours d'une conférence de presse sa démission, pour raisons personnelles, de son poste de présidente de la Communauté de Madrid[22].

Élections municipales à Madrid[modifier | modifier le code]

Cristina Cifuentes et Esperanza Aguirre le , à l'occasion d'un événement de la campagne électorale.

Elle est officiellement investie le tête de liste du PP aux élections municipales du 24 mai (es), tandis que Cristina Cifuentes est choisie comme chef de file aux élections régionales[23].

Avec 34,6 % des voix le jour du vote, elle maintient son parti comme première force politique mais enregistre un recul de quinze points. Ce résultat lui permet de faire élire 21 conseillers municipaux sur un total de 57. Le PP perd dix élus et la majorité absolue dont il disposait depuis 1991. Un accord entre Maintenant Madrid et le Parti socialiste ouvrier espagnol permet à Manuela Carmena de prendre le pouvoir dans la capitale, Aguirre se contentant de la fonction de porte-parole du groupe PP.

Démission de la présidence du PPM[modifier | modifier le code]

Le , elle déclare devant la presse qu'elle démissionne de son poste de présidente du Parti populaire de Madrid (PPM). Elle explique avoir pris cette décision trois jours après que la police a perquisitionné les locaux du parti dans le cadre d'une enquête pour corruption. Bien qu'elle assure n'avoir aucune responsabilité directe et ignorer les malversations de ses trésoriers, elle dit assumer la responsabilité politique de cette situation et met en garde sa formation quant au danger que représente ces affaires judiciaires[24]. Elle appelle implicitement Mariano Rajoy à démissionner à son tour pour nettoyer le PP de sa corruption[25].

À cette occasion, la presse révèle que son successeur à la présidence de la communauté autonome et secrétaire général du PPM Ignacio González lui a présenté sa démission au lendemain des élections générales du 20 décembre 2015 et qu'il avait décidé de renoncer à cette fonction dès la tenue des élections locales[26].

Le lendemain, la direction nationale décide de désigner une direction provisoire du PPM, dont Cristina Cifuentes occupe la présidence et le député Juan Carlos Vera le secrétariat général, le temps que se tienne un congrès régional[27].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Orden por la que se manda expedir, sin perjuicio de tercero de mejor derecho, Carta de Sucesión en el título de Conde de Murillo, con grandeza de España, a favor de don Fernando Ramírez de Haro y Valdés
  2. Orden JUS/382/2013, de 25 de febrero, por la que se manda expedir, sin perjuicio de tercero de mejor derecho, Real Carta de Sucesión en el título de Conde de Bornos, con grandeza de España, a favor de don Fernando Ramírez de Haro y Valdés.
  3. (es) « La designación de Arenas como secretario general del PP obliga a Aznar a reajustar el Gobierno », El País, le
  4. (es) « La oposición acusa a Aznar de despreciar al Senado con la designación de Aguirre », El País, le
  5. (es) « Esperanza Aguirre, elegida presidenta del PP de Madrid con el 92% de los votos », El País, le
  6. (es) « Mariano Rajoy y Esperanza Aguirre, ilesos tras un accidente de helicóptero en Móstoles », El Mundo, le
  7. (es) « Esperanza Aguirre renuncia a ser candidata a la presidencia del PP », Canarias 24 Horas, le
  8. (es) « Aguirre apoya unas primarias en el PP para las elecciones de 2012 », Cadena SER, le
  9. (es) « Aguirre, testigo de una cadena de atentados en Bombay que deja un centenar de muertos », Radio Televisión Española, le
  10. (es) « Aguirre, témoin d'une série d'attentats à Bombay qui a laissé derrière elle une centaine de morts »
  11. (es) « El Gobierno de Aguirre dilapidó 105 millones en la fallida Ciudad Judicial », sur politica.elpais.com,‎
  12. (es) « La gran mayoría de empleados del complejo judicial de Madrid eran jefes », sur politica.elpais.com,‎
  13. (es) « Madrid admite que ha desperdiciado los 105 millones de la Ciudad de la Justicia », sur huffingtonpost.es,‎
  14. (es) « Esperanza Aguirre anuncia que tiene un cáncer de mama », El País, le
  15. (es) « Esperanza Aguirre, operada con éxito de un cáncer de mama en el Clínico de Madrid », Cadena SER, le
  16. (es) « Esperanza Aguirre vuelve a la vida política: "Me encuentro muy bien" », Antena 3, le
  17. (es) « Esperanza Aguirre sugiere que la educación no tiene por qué ser gratuita en todas las fases, 20minutos.es, 19/09/2011. Consulté le 01/04/2012. »
  18. (es) « 29-S: Services minimums inconstitutionnels Madridiario.es, 25 juillet 2011, 12e année, no 4155. Consulté le 25/07/2011. "
  19. (es) « El TSJM anula parcialmente el decreto de servicios mínimos por la huelga del 29-S, elpais.com, 06/07/2011. Consulté le 25/07/2011. »
  20. (es) « Les servicios minimums de la grève de 2008 parmi l'Institut des Sports sont annulés, El Norte de Castilla, Economie, 29/06/2011. Consulté le 25/07/2011. »
  21. (es) « Aguirre busca fórmulas para que se pague por usar las carreteras o para reducir la Justicia gratuita, 20minutos.es, 29/02/2012. Consulté le 01/04/2012. »
  22. (es) Esperanza Aguirre dimite, El País, 17 septembre 2012.
  23. (es) « Aguirre y Cifuentes, candidatas del PP », El País, le
  24. « Esperanza Aguirre dimite y aumenta la presión sobre Rajoy », El País, le
  25. « Contrainte à la démission, la Thatcher espagnole plombe Rajoy » (consulté le 8 juillet 2016)
  26. (es) « El secretario general del PP de Madrid dimitió hace un mes », El País, le
  27. (es) « Cifuentes dirigirá la gestora del PP de Madrid tras la dimisión de Aguirre », El País, le

Annexes[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]