Josep Piqué

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Piqué (homonymie).

Josep Piqué
Illustration.
Josep Piqué, en 2008.
Fonctions
Ministre espagnol de la Science et de la Technologie

(1 an, 1 mois et 25 jours)
Président du gouvernement José María Aznar
Gouvernement Aznar II
Prédécesseur Anna Birulés
Successeur Juan Costa
Ministre des Affaires étrangères

(2 ans, 2 mois et 12 jours)
Président du gouvernement José María Aznar
Gouvernement Aznar II
Prédécesseur Abel Matutes
Successeur Ana Palacio
Député aux Cortes Generales

(3 ans, 8 mois et 8 jours)
Élection
Circonscription Barcelone
Législature VIIe
Groupe politique Populaire
Successeur Rosa Zaragoza (es)
Porte-parole du gouvernement

(1 an, 9 mois et 12 jours)
Président du gouvernement José María Aznar
Gouvernement Aznar I
Prédécesseur Miguel Ángel Rodríguez de facto
Successeur Pío Cabanillas
Ministre de l'Industrie et de l'Énergie

(3 ans, 11 mois et 22 jours)
Président du gouvernement José María Aznar
Gouvernement Aznar I
Prédécesseur Juan Manuel Eguiagaray
Successeur Rodrigo Rato (Économie)
Anna Birulés (Technologie)
Biographie
Nom de naissance Josep Piqué i Camps
Date de naissance (64 ans)
Lieu de naissance Vilanova i la Geltrú (Espagne)
Nationalité Espagnol
Parti politique PP
Diplômé de Université de Barcelone
Profession Économiste
Homme d'affaires

Josep Piqué
Ministres de la Science d'Espagne
Ministres des Affaires étrangères d'Espagne
Ministres de l'Industrie d'Espagne
Porte-paroles du gouvernement espagnol

Josep Piqué i Camps est un homme d'affaires et un homme politique espagnol né le à Vilanova i la Geltrú. Il est membre du Parti populaire (PP).

Fils du dernier maire franquiste de sa ville natale, il est diplômé en droit et sciences économiques de l'université de Barcelone. Il est haut fonctionnaire de la généralité de Catalogne à la fin des années 1980 puis rejoint le secteur privé.

Il entre en politique en 1996, comme ministre de l'Industrie de José María Aznar, qui lui confie deux ans plus tard les responsabilités de porte-parole du gouvernement. Il adhère en 1999 au Parti populaire. L'année suivante, il devient député de Barcelone et ministre des Affaires étrangères.

Il passe ministre de la Science en juillet 2002 et prend trois mois plus tard la présidence du Parti populaire de Catalogne (PPC). Investi chef de file aux élections catalanes de novembre 2003, il démissionne de l'exécutif espagnol deux mois plus tôt. Il mène à nouveau le PPC aux scrutin anticipé de novembre 2006, mais échoue dans les deux cas à être décisif pour empêcher les socialistes de gouverner la communauté autonome.

Il démissionne moins d'un an plus tard de la direction régionale du PP, s'estimant désavoué par le secrétaire général national Ángel Acebes en août 2007. Il met ainsi un terme à sa vie politique et retourne dans le secteur privé.

Famille[modifier | modifier le code]

Josep Piqué i Camps naît le à Vilanova i la Geltrú, dans la province de Barcelone[1]. Il est le fils de Josep Piqué Tetas, mort en 2017 à l'âge de 89 ans, dernier maire franquiste de sa ville natale, et qui échoue en 1979 à se faire élire démocratiquement[2].

Formation et carrière[modifier | modifier le code]

Il est docteur en sciences économiques et de l'entreprise et licencié en droit de l'université de Barcelone, où il a fait partie de la même promotion que la future ministre Anna Birulés. Il y a par ailleurs enseigné la théorie économique.

En 1986, il est nommé directeur général de l'Industrie de la Généralité de Catalogne mais démissionne en 1988. Dès l'année suivante, il devient président du groupe chimique Ercros et membre du comité directeur du Cercle d'économie de Barcelone. Il abandonne la présidence d'Ercros en 1992 et obtient celle du Cercle de 1995 à 1996.

Le 12 novembre 2007, quelques semaines après avoir abandonné la vie politique, il est désigné président de la compagnie aérienne à bas coût Vueling Airlines, qui siège à Barcelone[3]. Il remet sa démission le 10 août 2013, après que l'entreprise a été rachetée par la holding International Airlines Group[4].

Ministre de José María Aznar[modifier | modifier le code]

Premier gouvernement[modifier | modifier le code]

Il milite politiquement à l'extrême gauche dans sa jeunesse. Il intègre initialement l'Organisation communiste d'Espagne – Drapeau rouge (OCE-BR, marxiste-léniniste et maoïste) puis adhère au Parti socialiste unifié de Catalogne (PSUC, communiste et catalaniste)[5].

Le 6 mai 1996, Josep Piqué est nommé à 41 ans ministre de l'Industrie et de l'Énergie dans le premier gouvernement du conservateur José María Aznar. Il compte parmi les trois ministres n'appartenant pas au Parti populaire (PP)[6],[7]. Environ deux ans plus tard, le 13 juillet 1998, il prend le poste de porte-parole du gouvernement, officiellement non pourvu depuis deux ans mais occupé de facto par Miguel Ángel Rodríguez[8].

Il adhère le 28 janvier 1999 au Parti populaire (PP), à la veille de l'ouverture du XIIIe congrès national, avec les parrainages d'Aznar et de Javier Arenas. Il est aussitôt intégré au comité exécutif national. Cette double information constitue la principale surprise d'un congrès dépourvu d'incertitudes[9].

Second gouvernement[modifier | modifier le code]

Pour les élections générales du 12 mars 2000, il est investi tête de liste du PP dans la circonscription de Barcelone[10]. Élu au Congrès des députés, il est promu le 28 avril ministre des Affaires étrangères du gouvernement Aznar II, un exécutif présenté comme plus centriste que le précédent. Il abandonne ses fonctions de porte-parole[11].

À l'occasion du vaste remaniement ministériel du 10 juillet 2002, il est transféré à la direction du ministère de la Science et de la Technologie, cédant ses fonctions à Ana Palacio. Comptant parmi les rares ministres en fonction depuis l'accession au pouvoir d'Aznar, son changement d'affectation est destiné à lui libérer du temps au profit de la politique en Catalogne, son nom étant cité comme chef de file aux élections catalanes du 16 novembre 2003[12].

Figure politique en Catalogne[modifier | modifier le code]

Président du PP catalan[modifier | modifier le code]

Quelques semaines plus tard, le 19 octobre, il est élu président du Parti populaire de Catalogne (PPC) par 93 % des voix des délégués au Xe congrès régional. Il a alors pour objectif d'égaler au scrutin régional le résultat de 22,8 % des voix obtenu lors des élections générales et de faire du PPC « un parti de gouvernement en Catalogne » en défendant un « catalanisme réformateur et intégrateur ». Il assume ainsi la nécessité d'une réforme du statut d'autonomie de la Catalogne tout en revendiquant être au service des Espagnols nés en Catalogne et ceux qui y sont arrivés plus tard[13].

Dans la perspective des élections au Parlement de Catalogne, il est relevé de ses responsabilités ministérielles le 4 septembre 2003 et remplacé par le secrétaire d'État Juan Costa, qu'il avait lui-même suggéré au président du gouvernement comme successeur quelques jours auparavant[14].

Candidat à la présidence de la Généralité[modifier | modifier le code]

Au cours du scrutin, le PPC capte quasiment 100 000 suffrages de plus qu'en 1999, faisant élire 15 députés, soit trois de plus que sous la législature sortante. Malgré l'amélioration que ce résultat représente, il n'atteint pas le record de 17 sièges obtenus en 1992, ne permet pas d'atteindre la majorité absolue avec les nationalistes de Convergence et Union (CiU) au pouvoir et le relègue derrière la Gauche républicaine de Catalogne (ERC). Qualifiant ce résultat de « très bon », il dénonce le « suivisme » du Parti des socialistes de Catalogne (PSC) et de CiU qui explique, selon lui, la percée d'ERC[15],[16].

À nouveau chef de file du Parti populaire aux élections catalanes anticipées du 1er novembre 2006, il remporte 14 sièges et échoue à être décisif pour constituer le nouveau gouvernement, la majorité de gauche sortante se trouvant reconduite. Malgré cette perte d'un élu, ce résultat est une bonne résistance du PP, affecté par sa défaite aux élections générales du 14 mars 2004[17].

Retraite politique[modifier | modifier le code]

Josep Piqué annonce le 19 juillet 2007 sa démission immédiate et irrévocable de la présidence du PPC et son retrait de la vie politique. Il avait déjà été tenté de se retirer 18 mois plus tôt mais en avait été empêché par le président du Parti populaire, Mariano Rajoy. Il justifie sa décision par le « désaveu » que constituerait la formation du comité de campagne du PP catalan pour les élections générales du 9 mars 2008 sur ordre direct du secrétaire général national Ángel Acebes, ce qui serait perçu au sein du parti comme une reprise en main par Madrid[18].

Le 30 novembre 2008, le quotidien El Pais affirme, sur la base d'un document secret du ministère des Affaires étrangères, qu'il était au courant du passage par le territoire espagnol d'avions américains transportant des prisonniers au camp de Guantanamo au début de l'année 2002[19].

Références[modifier | modifier le code]

  1. (es) Francesc Valls, « Cambio de aires », El País,‎ (lire en ligne, consulté le 5 mai 2019).
  2. (ca) « Mor Josep Piqué Tetas, alcalde de Vilanova entre 1976 i 1979 i pare de l'exministre », Eix Diari,‎ (lire en ligne, consulté le 5 mai 2019).
  3. (es) « Josep Piqué, nombrado nuevo presidente de Vueling », El Periódico de Catalunya,‎ (lire en ligne, consulté le 5 mai 2019).
  4. (es) « Josep Piqué dimite como presidente de Vueling tras la toma de control por IAG », El Confidencial,‎ (lire en ligne, consulté le 5 mai 2019).
  5. (es) Ainhoa Sorrosal, « Cuatro ministros catalanes en 13 años de gobiernos del PP », El Nacional,‎ (lire en ligne, consulté le 5 mai 2019).
  6. (es) Victorino Ruiz de Azua, « Un Gobierno de orígenes muy diversos », El País,‎ (lire en ligne, consulté le 5 mai 2019).
  7. (es) « Independientes », El País,‎ (lire en ligne, consulté le 5 mai 2019).
  8. (es) Luis Aizpeola, « Los nombramientos de Aznar marginan a Cascos del área de comunicación de Moncloa », El País,‎ (lire en ligne, consulté le 5 mai 2019).
  9. (es) Javier Casqueiro, « Josep Piqué aprovecha el congreso para afiliarse y entrar en el Comité Ejecutivo », El País,‎ (lire en ligne, consulté le 3 mai 2019).
  10. (es) Pere Rusiñol, « La lista de Piqué por Barcelona provoca una rebelión en el Partido Popular de Cataluña », El País,‎ (lire en ligne, consulté le 5 mai 2019).
  11. (es) Javier Casqueiro et Luis Aizpeola, « Aznar asciende a Rajoy y mantiene a Rato al frente de la política económica », El País,‎ (lire en ligne, consulté le 5 mai 2019).
  12. (es) Javier Casqueiro et Luis Aizpeola, « Aznar cambia a ocho ministros para encarar sus dos últimos años en el poder », El País,‎ (lire en ligne, consulté le 5 mai 2019).
  13. (es) Pere Rusiño et Pilar Marcos, « El PP encarga a Piqué igualar en Cataluña el resultado logrado en las generales de 2000 », El País,‎ (lire en ligne, consulté le 5 mai 2019).
  14. (es) Luis Aizpeola, « Aznar compensa con su ajuste a Rato y Arenas », El País,‎ (lire en ligne, consulté le 5 mai 2019).
  15. (es) Francesc Valls, « CiU gana al PSC por cuatro diputados », El País,‎ (lire en ligne, consulté le 5 mai 2019).
  16. (es) Carlos Cué, « Piqué culpa al PSC y CiU de la subida de Esquerra Republicana », El País,‎ (lire en ligne, consulté le 5 mai 2019).
  17. (es) Carlos Cué, « El PP resiste, pierde un diputado y se queda con 14 escaños », El País,‎ (lire en ligne, consulté le 5 mai 2019).
  18. (es) « Piqué dimite y el PP le ofrece el cargo a Alberto Fernández », La Vanguardia,‎ (lire en ligne, consulté le 5 mai 2019).
  19. (es) Miguel González, « EE UU avisó a Aznar del paso por España de presos para Guantánamo », El País,‎ (lire en ligne, consulté le 5 mai 2019).

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]