Steinway & Sons

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Steinway & Sons

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Piano à queue Steinway & Sons, modèle D-274

Création 1853
Fondateurs Heinrich Engelhard Steinweg (1797-1871)
Activité Facture instrumentale
Produits Pianos droits et pianos à queue
Filiales Conn-Selmer
Effectif Plus de 2 300 (2008)
Site web www.steinway.com

Les pianos Steinway & Sons sont issus d'une firme créée par une famille allemande, la famille Steinweg, déjà détentrice d'une marque de pianos. Le père Heinrich est né en 1797 (mort en 1871). Le nom Steinway est une américanisation de Steinweg[1], nom d'origine de la famille. La marque originelle existe encore aujourd'hui en Allemagne sous le nom de Grotrian-Steinweg.

Steinweg arrive en Amérique début mars 1849 avec ses trois fils, où il travaille chez Bacon & Raven. New York est un eldorado puisque la majorité des ménages possède un piano.

Il décide de former ses fils qui déjà à l'âge de cinq ans aident leur père. Après son décès, sera fondée une filiale à Hambourg, en 1880 (les pianos Steinway de Hambourg et de New York n'ont pas la même sonorité).

Il fonde sa propre firme en 1853 avec ses fils avec un capital de 6 000 dollars.

Depuis l'origine, au total, un peu plus d'un demi-million d'instruments sont sortis des ateliers de Hambourg où, malgré le progrès des techniques, la place est laissée au coup de main et au talent de chacun ; seule manière de résister à la vague déferlante des pianos produits à la chaîne et à meilleur prix. Un piano Steinway & Sons est toujours à 80 % un produit fait main.

Les grandes nouveautés des pianos Steinway & Sons datent de 1860. Elles consistent :

  • à créer un cadre en fonte d'une seule pièce (1867), ce qui assure une plus grande solidité et un accord qui tient plus longtemps ;
  • à réaliser un croisement des cordes pour une meilleure répartition des tensions et ainsi offrir la possibilité d'utiliser des marteaux plus épais.

Le pianiste pourra désormais jouer avec plus de force sans pour autant abîmer le piano.

Ce progrès technique est une aubaine à l'époque du romantisme, où des musiciens virtuoses tels que Franz Liszt cassaient parfois trois à quatre marteaux par concert (ainsi que quelques cordes !).

De plus, Wilhelm Steinweg, fils de Heinrich, fait en sorte que le piano devienne un instrument de plus en plus accessible : dons de pianos Steinway & Sons aux gens de renom et aux artistes, facilité de paiement (mensualités) ; ces pratiques donnent l'exemple à d'autres firmes.

Néanmoins, les pianos Steinway & Sons font partie du haut de gamme de la facture de piano, et sont d'un coût élevé.

Histoire[modifier | modifier le code]

Immigration[modifier | modifier le code]

Les membres de la famille Steinway.

Face à la révolution allemande de 1848 et aux difficultés économiques, Heinrich Engelhard Steinweg, facteur de pianos de la marque Steinweg, émigre aux États-Unis en 1850 avec une partie de sa famille[2]. Un de ses fils, Christian Friedrich Theodor Steinweg, reste en Allemagne, poursuivant l'entreprise de son père. Arrivés à New York, Steinweg et trois de ses fils travaillent pour la manufacture de piano de Bacon & Raven, jusqu'à ce que l'usine entre en grève, en 1853.

En mars 1853, les Steinweg fondent alors leur propre firme, Steinway & Sons. Leur premier atelier se trouve dans un petit loft au 85 Varick Street à Manhattan, New York[3]. Le premier piano produit par Steinway & Sons porte le numéro de série 483, Steinweg ayant construit 482 pianos avant la fondation de Steinway & Sons. Vendu à une famille newyorkaise pour 500 dollars, cette pièce de collection est aujourd'hui exposée au Metropolitan Museum of Art à New York[4]. Moins d'un an après la fondation de l'entreprise, la demande est telle que la société est contrainte de déménager dans des locaux plus vastes au 82-88, rue Walker.

Il faut attendre l'année 1864 pour que les Steinweg américanisent légalement leur nom de famille en « Steinway »[5].

L'usine Steinway[modifier | modifier le code]

Dans les années 1860, Steinway fait construire une nouvelle usine et des hangars pour abriter les réserves de bois. À l'époque, 350 hommes travaillent à Steinway & Sons, et la production passe de 500 à 1 800 pianos en une année. Les pianos Steinway subissent de nombreuses améliorations substantielles grâce à des innovations de Steinway, de la recherche scientifique et des industries (métallurgie, chimie, acoustique, etc.)[6],[7]. Près de la moitié des 125 inventions brevetées sont élaborées par les première et seconde générations de la famille Steinway. Rapidement, les pianos Steinway remportent plusieurs prix importants lors d'expositions à New York, Paris et Londres[8].

Steinway Halls[modifier | modifier le code]

La rotonde du Steinway Hall sur la 57e Rue de New York avec l'"art case piano" de l'artiste Mia LaBerge, surnommé Madison Bluestone, au premier plan.

En 1864, le fils de Henry E. Steinway, William Steinway, connu pour avoir établi le succès commercial de Steinway, construit une série de nouvelles salles d'exposition hébergeant plus de 100 pianos sur la 14e rue. Deux ans plus tard, il supervise la construction du Steinway Hall à l'arrière des salles d'exposition. Le premier Steinway Hall ouvre ses portes en 1866[9]. Comptant plus de 2 000 places assises, il s'impose dans la vie culturelle newyorkaise et accueille en résidence le New York Philharmonic les 25 années suivantes, jusqu'à l'ouverture du Carnegie Hall en 1891[10]. William Steinway crée également le département Concert & Artist, toujours existant aujourd'hui.

Nouvelles usines Steinway[modifier | modifier le code]

L'usine Steinway de New York

En 1880, William Steinway établit un complexe, le Steinway Village, à Astoria dans le comté de Queens, à New York. Le Steinway Village devient une véritable ville d'entreprise, comprenant une nouvelle usine (encore utilisée aujourd'hui) avec ses propres fonderies, un bureau de poste, et des parcs et logements pour les employés. Il fait aujourd'hui partie de la ville de Long Island.

Pour répondre à la demande des clients du vieux continent et pour éviter les taxes européennes, William et Theodore ouvrent une nouvelle usine dans la ville allemande de Hambourg, sur la Schanzenstraße, en 1880[4]. En 1880 est également établie à Hambourg la « Steinway-Haus ». Puis, en 1909, une autre Steinway-Haus ouvre ses portes à Berlin. Dans les années 1900, Steinway s'établit dans les grands centres culturels de New York, Londres, Paris, Berlin, et de Hambourg.



Nouveau siècle[modifier | modifier le code]

Steinway Art Case No. 128343 (Hambourg, 1908).
Piano droit Steinway-Welte numéro 194722 (Hambourg, 1919).

En 1900, les deux usines Steinway produisent plus de 3 500 pianos par an, qui trouvent leur place dans de nombreuses salles de concert, écoles et maisons particulières à travers le monde. Dès 1857, Steinway commence à produire une nouvelle et très lucrative gamme de pianos de décoration (Art Case), conçus par des artistes de renom, qui devint populaire parmi les célébrités et les personnes aisées. Ces pianos se vendent aujourd'hui pour d'importantes sommes d'argent dans les enchères du monde entier. En 1903, le piano à queue Steinway numéro 100 000 est offert en cadeau à la Maison-Blanche. L'instrument – désormais exposé au National Museum of Natural History (Smithsonian Institution) – est remplacé en 1938 par le 300 000e, qui demeure à ce jour dans le salon Est de la Maison-Blanche[11].

Par la suite, Steinway diversifie sa gamme en fabriquant des pianos automatiques actionnés par énergie pneumatique. Plusieurs systèmes tels que Welte-Mignon, Duo-Art et Ampico sont retenus. Durant les années 1920, Steinway vend plus de 6 000 pianos par an. La production baisse après 1929, et pendant la Grande Dépression Steinway ne construit qu'un peu plus de 1 000 pianos par an. Entre 1935 et la Seconde Guerre mondiale, la demande augmente de nouveau.

Fonctionnement d'un modèle Duo-Art datant de 1920.
Extrait du Concerto pour piano nº 2 de Saint-Saëns.

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Durant la Seconde Guerre mondiale, l'usine Steinway de New York reçoit de la part des armées alliées l'ordre de construire des planeurs en bois pour communiquer avec les troupes se situant derrière les lignes ennemies. De fait, peu de pianos peuvent être construits, à l'exception d'un modèle particulier, le Victory Vertical (aussi appelé G.I. piano), un petit piano droit transportable, fabriqué en 3 000 exemplaires et destiné à divertir les soldats américains.

L'usine de Hambourg, juridiquement américaine, est déclarée propriété ennemie à l'entrée en guerre des Américains, fin 1941[12]. Bechstein étant considéré fournisseur officiel de pianos du troisième Reich, l'usine Steinway n'est autorisée à vendre que vingt instruments par mois[12]. Entre 1942 et 1944, l'usine est réquisitionnée par le gouvernement nazi pour fabriquer des avions factices servant de leurres et des lits pour les abris anti-aériens. Dans les dernières années de la guerre, on ordonne à l'entreprise de se débarrasser de ses réserves de bois pour la production de guerre (des crosses d'armes notamment).

En 1943, un raid-aérien sur Hambourg détruit entièrement l'ancienne usine de Schanzenstraße, qui ne comprenait à cette époque plus que des bureaux administratifs. Un des bâtiments de l'usine de Rondenbarg est également endommagé par un bombardement allié en 1944.

Steinway numéro 500 000 (New York, 1988).

Après la Guerre[modifier | modifier le code]

Steinway achève la restauration de son usine de Hambourg avec l'aide du plan Marshall. La renaissance culturelle d'après-guerre stimule la demande pour le divertissement, et Steinway augmente sa production pour les usines de New York et de Hambourg de 2 000 en 1947 à 4 000 pianos par an dans les années 1960. Pendant la guerre froide, les instruments Steinway demeurent l'un des rares produits du monde libre achetés par l'Union soviétique ; on trouve des pianos Steinway au Théâtre Bolchoï, à l'Orchestre philharmonique de Moscou, au Conservatoire de Moscou, au Conservatoire de Saint-Pétersbourg et à l'Orchestre philharmonique de Saint-Pétersbourg, parmi d'autres écoles et orchestres symphoniques de l'URSS.

Transformations[modifier | modifier le code]

En 1972, après une crise financière de longue durée, des problèmes juridiques avec la marque Grotrian-Steinweg, et un manque d'intérêt pour l'entreprise de la part de certains membres de la famille, Steinway & Sons est vendue à CBS. En 1985, CBS vend Steinway à un groupe d'investisseurs privés, Steinway Musical Properties Inc, dont font partie les frères John et Robert Birmingham[13].

En 1988, Steinway & Sons fabrique son 500 000e piano. Le piano est construit par l'usine Steinway de New York avec la participation de l'usine de Hambourg. Le 500 000e piano est dessiné par l'artiste Wendell Castle et porte les signatures de plusieurs centaines de pianistes jouant avec les piano de la marque, tels que Vladimir Horowitz et Elton John[14].

En 1995, Steinway Musical Properties est racheté pour plus de 100 millions de dollars par un groupe d'investisseurs appartenant à Kyle Kirkland et Dana Messina. La maison mère de Steinway & Sons fusionne avec le fabricant d'instruments à vent Selmer, acquis deux ans plus tôt, pour former Steinway Musical Instruments, qui entre en Bourse en 1996.

Nouveau millénaire[modifier | modifier le code]

L'entreprise a mis à jour et augmenté la production de ses deux autres marques, Boston et Essex, en plus des produits phares Steinway & Sons. De nouveaux salons et salles d'exposition Steinway ouvrent, principalement au Japon, en Corée et en Chine.

En 2003, Steinway célèbre son 150e anniversaire à Carnegie Hall[15]. En avril 2005, l'usine Steinway de Hambourg célèbre son 125e anniversaire.

Henry Ziegler Steinway, l'arrière-petit-fils du fondateur de Steinway, travaillait toujours pour Steinway et apposait sa signature sur les pianos fabriqués sur mesure en édition limitée, jusqu'à sa mort en septembre 2008[16].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Weg », en allemand, et « Way », en anglais, signifient tous les deux « Chemin ».
  2. Lieberman: Steinway & Sons. pp. 14-15.
  3. Goldenberg: Steinway. p. 20.
  4. a et b (en) Steinway History, Steinway & Sons Official Website, 2007.
  5. Lieberman: Steinway & Sons. p. 17.
  6. (en) Steinway patents
  7. (en) Steinway patents acquired from 1850 to 1874
  8. (en) Keys to success, David Liebeskind, New York University's Leonard N. Stern School of Business.
  9. (en) A Brief History of Steinway & Sons, Steinway Dallas.
  10. Lieberman: Steinway & Sons. p. 51.
  11. "A Piano is Born, Needing Practice", The New York Times, 2 avril 2004.
  12. a et b Ronald V. Ratcliffe, Steinway. San Francisco: Chronicle Books, 2002. ISBN 0-8118-3389-5.
  13. (en) Steinway musical instruments, EDGAR Online, 14 mai 1996.
  14. (en) Lyra - 150 years Steinway & Sons, p. 15.
  15. "Fanfare for the Uncommon Piano", The New York Times, 6 juin 2003.
  16. (en) Henry Z. Steinway, Piano Maker, Dies at 93, The New York Times, 18 septembre 2008.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Susan Goldenberg, Steinway: from glory to controversy; the family, the business, the piano. Oakville, Ontario: Mosaic Press, 1996. (ISBN 0-88962-607-3).
  • (en) Ronald V. Ratcliffe, Steinway. San Francisco: Chronicle Books, 1989. (ISBN 0-87701-592-9). upd. édition, 2002. (ISBN 0-8118-3389-5)
  • (en) Richard K. Lieberman, Steinway & Sons. New Haven: Yale Univ. Press, 1995. (ISBN 0-300-06364-4)
  • (en) Miles Chapin, 88 keys: the making of a Steinway piano. New York: Potter, 1997. (ISBN 0-517-70356-4)
  • (en) Theodore E. Steinway, People and Pianos, A Century of Service to Music, Steinway & Sons, New York, 1853-1953. 1re édition. New York: Steinway, 1953. OCLC 685863
  • (en) Theodore E. Steinway, People and Pianos: A Pictorial History of Steinway & Sons, 3e édition. [S.l.]: Classical Music Today; Pompton Plains, N.J. : Amadeus Press, 2005. ISBN 1-57467-112-X or ISBN 978-1-57467-112-4
  • (en) James Barron, Piano: The Making of a Steinway Concert Grand. New York: Holt, 2006; reprint: Times Books, 2007. (ISBN 0805078789) or (ISBN 978-0805078787)
  • (en) Arthur Loesser: Men, women, and pianos: a social history. Mineola, NY: Dover Publications, 1990. Replication of the work published by Simon and Schuster, New York, 1954. (ISBN 0-4862-6543-9)
  • (en) Cyril Ehrlich, The Piano: A History, revised edition. Oxford: Clarendon, 1990. ISBN 0-19-816171-9
  • (en) (de) Max Matthias, Steinway Service Manual - Guide to the care of a Steinway, 3e édition. Bergkirchen: PPV-Medien/Bochinsky, 2006. (ISBN 978-3-923639-15-1)
  • (en) Larry Fine, The Piano Book: Buying & Owning a New or Used Piano. Jamaica Plain, Mass.: Brookside Press, 2001.
  • (en) Larry Fine, 2007-2008 Annual Supplement to The Piano Book. Jamaica Plain, Mass.: Brookside Press, 2007. ISBN 1-929145-21-7 (pages 13–14, 96-100, 184-187.)

Filmographie[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]