Superdupont

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Superdupont
Série
Scénario Gotlib, Jacques Lob, Lefred Thouron
Dessin Alexis, Gotlib, Solé
Genre(s) humour

Thèmes patriotisme, chauvinisme
Personnages principaux Superdupont, Valéry Giscard d'Estaing, François Mitterrand, Jacques Chirac, Christine Bravo, Bernard Pivot
Lieu de l’action France
Époque de l’action XXe siècle

Pays France
Langue originale français
Éditeur Audie
Nb. d’albums 7

Prépublication Pilote, Fluide Glacial

Superdupont est le personnage éponyme d’une série de bande dessinée française créée le 21 septembre 1972 par Jacques Lob et Marcel Gotlib dans le no 672 de Pilote, et qui paraît ensuite dans Fluide Glacial. Gotlib, Alexis et Solé sont les principaux artisans de cette bande dessinée, même si Daniel Goossens, Neal Adams et Al Coutelis en ont réalisé de courts épisodes.

La bande dessinée[modifier | modifier le code]

Le personnage[modifier | modifier le code]

Superdupont est une parodie de super-héros, principalement de Superman. Fils du Soldat inconnu, il est ultra-patriote, voire chauvin, et doté de super-pouvoirs qui lui permettent de remplir sa difficile mission : défendre son pays contre l’Anti-France, une sorte de mouvement sectaire et terroriste dont l'unique but est de détruire le pays des Droits de l’homme. Ce personnage tourne en ridicule la paranoïa et la xénophobie de certains Français qui considèrent l'étranger et l'inconnu comme une menace pour la France. Aussi, le physique de Superdupont est-il très caricatural, il porte un béret, des charentaises, une ceinture de flanelle tricolore tenue par une simple épingle de sûreté (« l'épingle de sûreté nationale, dite “Épingle à Nourrice” »), une cape bleue et un maillot de corps de type « Marcel » sur lequel sont inscrites les initiales S et D.

Il pratique le patriotisme économique en prônant sans cesse la consommation de vin et de fromage français tel le camembert et en refusant d'être dessiné avec de l'encre de Chine. Dans le même esprit, il consomme trois paquets de Gauloises par jour, pour soutenir la Régie des tabacs, mais les fume sans les allumer pour ne pas contrevenir à la campagne anti-tabac du Ministère de la Santé. Il prône également le retour au franc en lieu et place de l’euro, toujours au nom des symboles de la France.

L’Anti-France[modifier | modifier le code]

Logo de l’Anti-France dans la bande dessinée Superdupont.

Le terme Anti-France désigne l'entité représentant les méchants dans la série. Il s'agit d'une sorte de mouvement sectaire et terroriste caricatural, combattu sans relâche par Superdupont.

L'Anti-France s'en prend à tout ce qui constitue « les vraies valeurs de la vraie France » : l’hymne national, la tour Eiffel, le vin français, etc. Ses agents parlent en mélangeant divers mots et accents étrangers. De plus l'Anti-France sabote aussi bien l'industrie que les administrations françaises. Elle constitue en quelque sorte une caricature de la thèse selon laquelle les problèmes de la France sont dus aux étrangers.

Évolution de la série[modifier | modifier le code]

Jacques Lob travailla sur les scénarios de chaque aventure de Superdupont, avec tous les dessinateurs que cette série a compté. Marcel Gotlib fut le cocréateur et premier dessinateur de la série mais, débordé par ses autres activités de rédacteur et de scénariste, il arrêta et c'est Alexis qui reprit le relais, Jacques Lob étant toujours de la partie. Au décès prématuré du dessinateur, ce fut Solé qui signa, avec le même scénariste, la suite des aventures de cet anti-héros. On peut aussi citer d'autres dessinateurs comme Daniel Goossens, auteur attitré chez Fluide, Neal Adams, un spécialiste des super-héros américains, ou Al Coutelis. On note aussi des apparitions du personnage dans Rhââ GnaGna et Rhââ Lovely de Gotlib (avec le Kung-Fu Glacial) ou dans la Rubrique-à-brac, du même auteur.

Superdupont fut exploité à des fins politiques par le Front national, au grand dam de Gotlib[1]. C'est la raison pour laquelle la série a été arrêtée au milieu des années 1990. Lob décédé également, Superdupont reprendra dans Fluide Glacial sur une initiative de Lefred Thouron ; le scénario est signé Lefred Thouron et Gotlib, le dessin revient, quant à lui, à Solé. Le titre du tome 6, paru début 2008 à la suite de cette longue interruption, est Superdupont pourchasse l’ignoble !.

En 1982, Jérôme Savary avec son Grand Magic Circus adapta Superdupont en comédie musicale sous le titre Superdupont Ze Show. Le spectacle fut créé à Paris au Théâtre de l'Odéon (ex-Comédie Française) et l'on put y voir Alice Sapritch dans un rôle burlesque.

En 1996, le Parc Astérix propose un spectacle intitulé Main basse sur la Joconde dont le héros présente des traits similaires à ceux de Superdupont, par son costume et son nom « SuperMarcel ». Son but est de reprendre le célèbre tableau La Joconde des mains de malfrats l'ayant volé.

Albums[modifier | modifier le code]

Publication[modifier | modifier le code]

Périodiques[modifier | modifier le code]

Éditeurs[modifier | modifier le code]

  • Audie : tomes 1 à 7 (première édition des tomes 1 à 7)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le Monde, 2 mai 2002, pp. 16-17