Horloge parlante

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
L'horloge parlante de l'Observatoire de Paris avec le directeur M. Ernest Esclangon (1933)

Une horloge parlante est un dispositif annonçant l'heure courante de manière automatisée et sous forme vocale (enregistrements ou synthèse), généralement par le biais d'un service téléphonique. Il existe également des logiciels prévus à cet effet.

Technique initiale[modifier | modifier le code]

Le premier dispositif d'automatisation de la diffusion de l'heure par téléphone est inventé en 1933 par Ernest Esclangon, directeur de l'Observatoire de Paris qui était excédé de voir la seule ligne de son institution régulièrement occupée, un agent de l'Observatoire répondant aux appels téléphoniques incessants pour connaître l'heure. Ce dispositif utilise la technique du film parlant : la machine est constituée d'un cylindre portant 3 ensembles de bandes de films parlants : le premier pour l'énoncé des heures de 0 à 23 heures, le deuxième pour celui des minutes de 0 à 59 minutes, le troisième correspondant à 10, 20, 30, 40 secondes puis à l'annonce « au quatrième top, il sera exactement », l'ensemble étant couplé à une horloge fondamentale de l'Observatoire de Paris. C'est Marcel Laporte, un speaker de la radio SFR Radiola puis de Radio Vitus, qui a alors enregistré sa voix sur ces bandes sonores[1].

La France est donc le premier pays au monde à mettre en place une horloge parlante qui est inaugurée et mise en service à l'Observatoire de Paris le 14 février 1933[2]. 140 000 appels sont passés le premier jour, dont 20 000 seulement sont satisfaits[1].

Par pays[modifier | modifier le code]

Drapeau d'Andorre Andorre[modifier | modifier le code]

L'horloge parlante est accessible en catalan par le numéro court 157. En mai 2009, le tarif à partir d'un poste fixe est de 0,0390 €[3].

Drapeau de l'Autriche Autriche[modifier | modifier le code]

L'horloge parlante fonctionne depuis 1972 (avec la voix de Renate Fucik) et est accessible par le numéro court 1503. Cependant, en raison de la suppression des numéros du type 15xx, la société Telekom Austria AG a annoncé la fermeture du service pour mai 2009[4]. Il devrait être remplacé par un numéro en 0810 à partir de juin 2009[5].

Drapeau de la Belgique Belgique[modifier | modifier le code]

L'horloge parlante est accessible en français par le numéro 078/05.13.00, en néerlandais par le numéro court 1200 et en allemand par le numéro court 1400. Avant le 1er janvier 2012, il fallait composer le numéro court 1300 afin de joindre le service en français.

Drapeau du Canada Canada[modifier | modifier le code]

L'horloge parlante est accessible en français au +1 (613) 745-9426 (voix de Simon Durivage) et en anglais au +1 (613) 745-1576 (voix de Harry Mannis); elle indique l'Heure de l'Est et est diffusée par le Conseil national de recherches Canada à Ottawa. En mai 2009, le tarif à partir d'un poste fixe est celui d'une communication pour Ottawa[6].

Drapeau des États-Unis États-Unis[modifier | modifier le code]

L'horloge parlante est accessible au (202) 762-1401 (langue anglaise); elle indique l'Heure de l'Est et est diffusée par l'United States Naval Observatory (USNO) à Washington, D.C. En mars 2010, le tarif à partir d'un poste fixe est celui d'une communication pour Washington, D.C[7].

Finlande[modifier | modifier le code]

Neiti Aika, Rupriikki

L'horloge parlante est Neiti Aika.

Drapeau de la France France[modifier | modifier le code]

Inventée par Ernest Esclangon, directeur de l'Observatoire de Paris, la version française de l'horloge parlante est inaugurée le 14 février 1933 et est alors joignable au numéro Odéon (ODE) 84 00[8], devenu (1) 033.84.00 puis (1) 699.84.00 pour l'Île-de-France. En province on l'obtient en appelant l'opératrice jusqu'en fin 1970 où des numéros spéciaux sont mis en place, parfois plusieurs par département (pour la facturation en communication locale), tous finissant en 8400. Depuis 1967, elle est réglée à partir d'une horloge atomique au césium 133. Depuis le 25 octobre 1985 (nouvelle numérotation téléphonique)[9], elle est accessible par le numéro court 3699, opéré par France Télécom[10],[11].

Le 18 septembre 1991, une nouvelle horloge parlante, totalement électronique, est mise en service. Longtemps tenue par des hommes de radio, l'heure est depuis 1991 donnée alternativement par un homme, celle d'un comédien anonyme, ou par une femme, celle de la comédienne Marie-Sylvie Behr[12],[13]. Les comédiens ont enregistré en 1991 les différentes syllabes des annonces dans des mémoires qui permettent de donner l'heure jusqu'en 2085[1].

En mai 2012, le tarif à partir d'un poste fixe est de 0,562 €[14].

Il existe également des opérateurs privés proposant des services d'horloge parlante.

Pour les besoins métrologiques, seul le service officiel accessible au 3699 garantit l'exactitude et la traçabilité de l'information fournie : ce service repose sur des horloges pilotées par le LNE-SYRTE (Observatoire de Paris), chargé par le Laboratoire national de métrologie et d'essais (LNE) de la responsabilité des références nationales de temps et de fréquence[15]. Il assure formellement la traçabilité aux références nationales de temps et aux unités du Système international d'unités (SI), avec une exactitude de 50 ms [16].

Drapeau de la Hongrie Hongrie[modifier | modifier le code]

L'horloge parlante est accessible par le numéro court 180[17].

Drapeau de l'Irlande Irlande[modifier | modifier le code]

L'horloge parlante est accessible par le numéro court 1191. En mai 2009, le tarif à partir d'un poste fixe est celui d'une communication locale[18].

Drapeau du Luxembourg Luxembourg[modifier | modifier le code]

L'horloge parlante est accessible par le numéro court 12419. En mai 2009, le tarif à partir d'un poste fixe est de 0,0311 €[19].

Drapeau des Pays-Bas Pays-Bas[modifier | modifier le code]

L'horloge parlante fonctionne depuis 1934 (avec la voix de Joke Driessen depuis 1992) et est accessible par le numéro spécial 0900 80 02[20].

Drapeau du Royaume-Uni Royaume-Uni[modifier | modifier le code]

L'horloge parlante est accessible par le numéro court 123 sur une ligne fixe de British Telecom; le numéro peut varier selon l'opérateur choisi. Une voix annonce : "At the third stroke, the time from BT will be (hour) (minute) and (second)".

Drapeau de la Suède Suède[modifier | modifier le code]

Introduite en 1934, l'horloge parlante (« Mlle Horloge ») est accessible par le numéro court 90 510. Une fois chaque minute, elle indique aussi la date courante (jour, mois, année)[21].

Drapeau de la Suisse Suisse[modifier | modifier le code]

L'horloge parlante est accessible par le numéro court 161. En mai 2009, le tarif à partir d'un poste fixe est de 0,50 CHF[22].

Drapeau de la Tunisie Tunisie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Horloge parlante (Tunisie).

Introduite dans les années 1960, l'horloge parlante est accessible en arabe par le numéro 1299 (199 jusqu'en 2001) et en français par le numéro 1291 (191 jusqu'en 2001). Le texte arabe est écrit par le poète Mustapha Khraïef et lu par le journaliste et futur diplomate Hamadi Essid. La voix française n'est autre que la sœur de ce dernier, Rafika Essid[23]. Le texte français est quasiment la traduction du texte arabe (عند الإشارة تكون الساعة) : « Au prochain top il sera [heure], [minute], [seconde] ». L'heure est ainsi annoncée par un « bip » toutes les 10 secondes.

Drapeau de l'Ukraine Ukraine[modifier | modifier le code]

L'horloge parlante est accessible par le numéro court 060[24].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c « Quelle heure est-il ? Au 4e top, l'horloge parlante aura 80 ans », sur La Croix,‎ 5 février 2013
  2. L'horloge parlante officielle française de l'Observatoire de Paris, Site de l'observatoire
  3. (ca) Tarifs des numéros spéciaux, site de STA (Service des télécommunications d'Andorre).
  4. (de) Article de presse, site DiPresse.com.
  5. (de) Article de presse, site DerStandard.at.
  6. Diffusion quotidienne du signal horaire, site du Conseil national de recherches Canada
  7. [1], site de l'United States Naval Observatory
  8. Marie-Clotilde Hubert, Construire le temps : normes et usages chronologiques du moyen âge à l'époque contemporaine, éd. École des chartes / Champion / Droz,‎ 2000, 508 p. (ISBN 2-900791-33-2), p. 496.
  9. « Un peu d'histoire : Il était une fois l'heure », sur le site de l'horloge parlante.
  10. « Le prix des numéros courts », sur le site de l'Arcep.
  11. « Décision no 97-183 de l’Autorité de régulation des télécommunications en date du 2 juillet 1997 confirmant l’attribution à France Télécom de ressources de numérotation utilisées avant le ler janvier 1997 », sur le site de l'Arcep, annexe 3, p. 7.
  12. Annonce de l'horloge de 1991, voix féminine et masculine, SYRTE (Systèmes de Référence Temps-Espace), unité mixte de recherche du CNRS, de l'Observatoire de Paris et de l'Université Pierre & Marie Curie
  13. « Elle est la voix de l’horloge parlante », Le Parisien,‎ 10 février 2013 (consulté le 15 février 2013)
  14. Tarif Orange du 3699 Horloge Parlante, site d'Orange.
  15. Les références nationales de temps et de fréquence sur le site de la métrologie française
  16. [2] Notice d'exactitude de l'horloge parlante.
  17. (en) Prix des communications, site de T-Mobile
  18. (en) Prix des communications : services téléphoniques spéciaux, site de Eircom (Entreprise publique des télécommunications d'Irlande).
  19. Prix des communications : tarifs standards, site de P&T Luxembourg (Entreprise publique des télécommunications du Luxembourg).
  20. (nl) Histoire de l'horloge parlante aux Pays-Bas, site de Telecompas (Société de télécommunication aux Pays-Bas).
  21. (sv) L'histoire de l'horloge parlant, site de SP (Institut de Recherche Technique Sudèoise)
  22. Numéros de service, site de Swisscom (Entreprise publique suisse des télécommunications).
  23. (ar) [PDF] Abdelmajid Sahli, « Centenaire de Mustapha Khraïef », Magazine de la Télévision tunisienne, no 1519, 10 avril 2010, p. 32-34
  24. (uk) Numéros de service en Ukraine

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :