Sporophore

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Le sporophore (terme préféré à l'appellation ancienne carpophore[1]) est l'organe de la « fructification » du mycélium des Fungi ou mycota. Il produit des spores, sous diverses formes.

Il est la partie la plus visible du macromycète ; c'est ce qu'en langage courant on appelle « un champignon ».

Il peut tout autant se présenter sous des formes très simples ou des formes très complexes.

Typiquement, il est constitué d'un chapeau et d'un stipe ou « pied » qui présentent également de nombreuses formes. La morphologie du sporophore, notamment la dimension, la forme, la couleur et l'aspect du chapeau, du pied, de la chair et des lames, et d'autres caractères distinctifs comme la saveur, l'odeur ou la consistance, sont des caractères importants dans l'identification des Fungi[2].

Ces paramètres ont chez certaines espèces aussi une importance majeure pour la reproduction du champignon qui doit par exemple — pour diffuser ses spores — attirer des insectes (mouches en général, attirées par les odeurs de matières putrides), des invertébrés ou des mammifères comme le sanglier ou l'écureuil dans le cas des truffes dont la fructification est souterraine.

Sporophore chez les agaricales et les boletales

Sommaire

Toxicologie, écotoxicologie[modifier | modifier le code]

De nombreux champignons sont des bioaccumulateurs de métaux, métalloïdes et radionucléides, voire d'autres polluants. Au moment de la fructification, ils semblent capables de se « débarrasser » d'une partie de ces métaux en les accumulant dans le sporophore ou le pied[3].

Morphologie[modifier | modifier le code]

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Deux grandes classes de champignons sont souvent visibles et identifiables : les Basidiomycètes et quelques Ascomycètes. La partie supérieure du champignon, c'est-à-dire sans ses racines (ou mycelium) présente de nombreuses formes. Elle porte le nom scientifique de sporophore.

Elle est le plus souvent constituée d'un pied, (appelé stipe) et d'un chapeau (autrefois appelé pileus). Ces deux organes portent le nom d'hyménophore.

Le chapeau est divisé en trois parties, il est recouvert d'une peau sur sa face supérieure (appelée la cuticule), et d'une partie charnue qui soutient souvent des lames, parfois des tubes et plus rarement des picots sur sa face inférieure. C'est l'appareil reproducteur du champignon qui porte le nom scientifique d'hyménium.

[pas clair]

Les principales formes de champignons sont les suivantes[réf. souhaitée] :

  • « agaricoïde »,
  • « boletoïde »,
  • « cantharelloïde »
  • « clavaroïde »
    • «mucroné
    • « claviforme ou clavé »
    • « coraloïde »,
    • « cérébriforme »,
  • « corticioïde »
    • « résupiné »,
    • « réfléchi »,
    • « réfléchi-résupiné »,
    • « ongulé »,
    • « conchoïde »
    • « cupuliforme »,
    • « apothécioïde »,

Ces différentes silhouettes vont changer lorsque le champignon grandit. La même espèce présente des formes et des couleurs différentes de pieds et de chapeaux en fonction de son âge (jeune, adulte ou âgé) ou son milieu (sec ou humide).

Champignon agaricoïde[modifier | modifier le code]

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Il présente la silhouette typique du champignon des prés, soit un chapeau aplati et des lames.

Un sporophore agaricoïde présente les formes caractéristiques de la plupart des agaricales soit à l'état adulte un chapeau convexe étalé, des lames, et un stipe allongé à base légèrement bulbeuse. Ces morphologies sont constantes chez les genres amanita, agaricus et les lepiota.

Champignon boletoïde[modifier | modifier le code]

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Un sporophore boletoïde présente les formes caractéristiques de la plupart des boletales, soit à l'état adulte un chapeau convexe épais en forme de coussin, ils[Qui ?] sont dits pulvinés, un hymenium formé de tubes et un pied ventru ou en forme de massue. Les genres Boletus, Leccinum, Suillus et Strobilomyces sont boletoïdes.

Champignon cantharelloïde[modifier | modifier le code]

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Il présente la forme typique d'une chanterelle, soit une forme d'entonnoir avec des lames des plis ou des piquots[Quoi ?].
Un sporophore cantharelloïde présente les formes caractéristiques de la plupart des Cantharellaceae soit à l'état adulte un chapeau creux, infundibuliforme, un hyménium plissé, lamellé ou hydné et un stipe à pied étroit. On trouve ces morphologies chez les familles et genres Cantharellaceae, les Gomphidius, les Paxillus, les Russulaceae et les Lactarius.

Champignon gasteroïde[modifier | modifier le code]

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Le champignon se présente sous une forme d'estomac, il porte le nom de gastéroïde. On retrouve ces formes primitives dans la famille des sclérodermes chez les boletaceae et les truffes. Ils sont caractérisés par une enveloppe plus ou moins épaisse : le péridium, généralement de couleur claire, et la partie intérieure : la glèbe ou gleba, généralement brune, d’où son nom. Ils peuvent se développer dans le sol, ils sont appelés champignons hypogés. Ils semblent être, par leur forme, des prédécesseurs des champignons bolétoïdes, comme Chamonixia pachydermis, qui est le dernier ancêtre commun[4] du genre des bolets à pieds grèles: les Leccinum

Champignon sécotioïde[modifier | modifier le code]

Champignon agaricoïde qui évolue vers une forme gastéroïde comme chez Lentinus tigrinus f. secotioides dont les lames sont complètement enfermées et jamais exposées à l'air. Le mot est dérivé du nom du genre Secotium, genre qui contient des espèces secotioïdes[6].

Champignon clavaroïde[modifier | modifier le code]

La morphologie clavaroïde est extrêmement vaste. Elle se retrouve dans des ordres phylogénétiquement différents, ce qui peut indiquer que c'est une réponse de la sélection naturelle[7].

Champignon claviforme[modifier | modifier le code]

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Un sporophore claviforme ou clavé présente une morphologie qui ressemble à une massue. Cette morphologie se rencontre notamment dans la famille des Clavariaceae ou encore dans le genre Lycoperdon chez les basidiomycètes, dans l'ordre des Gomphales chez les espèces du genre Clavariadelphus et dans l’ordre des Cantharellales, chez les espèce du genre Clavulina.

Champignon mucroné[modifier | modifier le code]

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Un sporophore est « mucroné » si sa morphologie ressemble à une pointe, à une épine. Un genre typique de cette morphologie est Mucronella où les sporophores peuvent également se présenter suspendus, grégaires et en touffe.

Champignon coralloïde[modifier | modifier le code]

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Un sporophore coralloïde présente une morphologie en forme de corail, ou clavée à plusieurs branches dont les principales sont appelées des ramules et dont les extrémités finales sont des ramuscules.

Cette morphologie se rencontre dans les genres des Clavariacea les Clavulinopsis les Ramariopsis chez les Scytinopogon de l'ordre des Agaricales. Mais aussi dans l'ordre des Cantharellales, dans les genres Clavulina, Multiclavula, et dans l'ordre des Gomphales, chez les genres Lentaria, Hydnocristella, Ramaria et Kavinia.

Champignon cérébriforme[modifier | modifier le code]

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Un sporophore cérébriforme présente une morphologie, soit en forme de cerveau, soit qui présente des circonvolutions comme un cerveau ou encore qui suggère l'apparence de la substance d'un cerveau, on parle alors d'amas cérébriforme. Il ne faut pas confondre avec un aspect coraloïde.

Cette morphologie se rencontre en dans les genres Sparassis ou encore chez les Tremella.

Champignon corticioïde[modifier | modifier le code]

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Un champignon corticioïde est sans pieds et collé à son support:
il est résupiné, réfléchi, pleurotoïde[8], réfléchi-résupiné, ongulé, cupuliforme, conchoïde, ou encore apothécioïde.

Champignon résupiné[modifier | modifier le code]

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Le mot résupiné s'applique au chapeau quand, dépourvu de tout pied, il est entièrement adhérent au support et plaqué contre lui, présentant ainsi sa partie fertile à l'extérieur, dans une direction opposée au dit support. C'est le cas d'un grand nombre d'espèces anciennement définie comme corticioïdes, ressemblant à une croûte ou à un patch (appellation vernaculaire anglo-saxonne).

Par extension, on utilise aussi le terme résupiné pour désigner des champignons dont le pied est très court et qui présentent leur chapeau à l'envers, les lames vers le haut par exemple.

Champignon polyporoïde[modifier | modifier le code]

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On parle également de champignon réfléchi.

Champignon pleurotoïde[modifier | modifier le code]

Le pied du champignon est excentrique, collé contre son support et les lames sont décurrentes le long de celui-ci. C'est le modèle type des pleurotes.

Champignon ongulé[modifier | modifier le code]

Champignon réfléchi-résupiné[modifier | modifier le code]

Champignon cupuliforme[modifier | modifier le code]

Un sporophore est cupuliforme quand il présente une forme de petite coupe, une cupule. Dans ce cas l'hymenium est orienté vers le haut. Cette morphologie se rencontre chez certaines Pezizaceae et les Nidulariaceae. La cuticule (mycologie) est la face extérieure. Elle présente très rarement un stipe : dans ce cas le chapeau est cupuliforme.

Champignon conchoïde[modifier | modifier le code]

Un sporophore est conchoïde quand il présente une forme de coquillage, forme typique de la coquille Saint-Jacques.

Champignon apothécioïde[modifier | modifier le code]

Un sporophore apothécioïde présente une morphologie en forme d'ampoule (du grec αποθηκών). Cette morphologie se rencontre dans l'ordre des Pezizales chez les ascomycètes, comme les genres Aleuria, Peziza et Otidea et l'ordre des Auriculariales chez les basidiomycètes comme Auricularia auricula-judae.

Morphologie spécifique des organes du sporophore[modifier | modifier le code]

Chapeau[modifier | modifier le code]

Article détaillé : chapeau (champignon).

Le chapeau du sporophore peut présenter de nombreux aspects qui permettent d'identifier le champignon. Les principales formes de chapeaux se divisent en quatre grands types : coniques, concaves, convexes et crêtées.

La morphologie peut évoluer au cours du développement du chapeau ; ainsi la même espèce peut présenter une forme différente selon son âge, jeune, à maturité ou vieux.

Cuticule[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Cuticule (mycologie).
Cuticule furfuracée

La cuticule ou pileipellis, (du latin cuticula, petite peau), est la mince peau recouvrant le chapeau du sporophore. Cette surface du champignon ou du sporophore peut prendre de nombreux aspects.

Marge[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Marge (mycologie).

On rencontre chez les basidiomycètes différentes formes de marge de l'hyménophore, le bord du chapeau, comme la marge striée de certaines amanites, appendiculée chez un bolet, ou ondulée chez les tricholomes.

Hyménium[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Hymenium.

Généralement l'hyménium est la partie inférieure de l'hyménophore. Chez les agarics, ce sont les deux faces des lamelles qui sont tapissées d'hyménium, chez les bolets ce sont les tubes, chez les hydnes ce sont les aiguillons, et chez les girolles l'hyménium est formé par les plis ressemblant à des lamelles à l'extrémité supérieure du pied. Chez les pézizes, ils sont à l'intérieur de la coupe, chez les lycoperdons, ils forment la glèbe. On trouve six formes distinctes de système reproducteur sous les chapeaux des champignons; elles peuvent présenter de multiples aspects de formes plus complexes, de couleur, d'odeur, etc.

Stipe[modifier | modifier le code]

Les basidiomycètes montrent diverses formes de stipe ou pied du champignon, marginé chez certaines amanites, bulbeux chez certains cortinaires, radicant chez les Melanoleuca ou les Hygrocybes ou ventru chez les Boletus. La couleur de la partie radicante du stipe peut se modifier.

Anneau[modifier | modifier le code]

Voile général[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Voile général.

Le voile général est une membrane qui entoure l'ébauche du sporophore des champignons de l'ordre des Agaricales.

Voile partiel[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Voile partiel.

Le voile partiel est une membrane qui enveloppe les lames ou les pores de l'hyménium du sporophore des Boletales.

Cet organe protège l’hyménium jeune. Il va abandonner au stade adulte un anneau (voile membraneux) ou une cortine (voile filamenteux).

Jupe[modifier | modifier le code]

Morphologie hygrophane[modifier | modifier le code]

Un champignon est dit hygrophane lorsque, selon l'état hygrométrique de l'air, le sporophore change de couleur en séchant, soit par zones concentriques, soit par bandes radiales, comme chez le laccaire améthyste, Laccaria amethystina[A 1]. La surface de l'hyménophore et le stipe peuvent reprendre parfois leurs couleurs initiales par réhydratation.

Champignon grégaire[modifier | modifier le code]

Les champignons sont dits grégaires, quand ils se présentent en groupe. Ce développement multiple de champignons se rencontre souvent chez les Hypholomes, mais aussi chez les Coprins ou encore chez les Gliophores. Plusieurs formes grégaires de champignons peuvent se présenter : les champignons dispersés mais proches comme chez les Vesses de loup ou les Xeromphalina sont simplement grégaires. Si deux à trois champignons sont joints par le pied, les champignons sont connés. Les champignons sont dits cespiteux s'ils présentent plusieurs pieds joints comme chez les Coprins micacés. Les champignons sont fasciculés s'ils présentent plusieurs formes connées et cespiteuses sur une même souche comme chez les Pholiottes changeantes. Les champignons sont dimidiés s'ils sont empilés comme chez certains polypores. Enfin, les champignons sont annulaires, ou selon l'appellation populaire en ronds de sorcière si le mycélium se développe au départ d'un seul individu, présentant les années suivantes une forme d'arc de cercle ou un cercle entier de champignons. Certains champignons, comme les armillaires peuvent présenter quasiment toutes ces formes.

Champignon conné[modifier | modifier le code]

Les champignons peuvent pousser en groupe, reliés par le pied à deux ou trois exemplaires, dans ce cas ils sont dits connés.

Champignon cespiteux[modifier | modifier le code]

Les champignons peuvent pousser en groupe, reliés à quelques-uns par le pied en petite touffe, ils sont alors cespiteux.

Champignon fasciculé[modifier | modifier le code]

Les champignons peuvent pousser en groupe importants et être reliés par leurs pieds en grand nombre et sont alors fasciculés.

Champignon dimidié[modifier | modifier le code]

On parle de champignons dimidiés lorsqu'ils se développent comme empilés.

Champignon annulaire ou en cercle[modifier | modifier le code]

Gomphus clavatus en Rond de sorcière

Les champignons peuvent pousser en groupe en formant un cercle (une zone annulaire), certains mycélium se développant régulièrement chaque année, élargissant le cercle. Ils vont donner une image d'anneau annuel élargi, ceci au départ d'un seul premier champignon, créant les ronds de sorcières. Ces cercles de champignons peuvent durer des années et s'étendre sur plusieurs dizaines de mètres chez certains champignons, tout en développant plusieurs centaines d'individus. Le mycélium modifie la croissance de l'herbe car en dégradant le substrat, il enrichit très localement la terre en azote (engrais naturel). Visible du ciel, il ne faut pas les confondre avec les palses des Hautes Fagnes, formes périglaciaires[9].

Ce phénomène est propre à certains champignons (de la classe des basidiomycètes). Les espèces les plus connues qui présente cette caractéristique sont les clitocybes nébuleux, les pieds bleus, les tricholômes de la Saint-Georges, Gomphus clavatus, certains coprins, les certains psylocybes, les paxiles enroulés et certains Agarics et rarement certaines Amanites[10].

Les faux cercles[modifier | modifier le code]

Les champignons peuvent aussi présenter un « faux cercle » lorsqu'on observe un arbre en son centre. Dans ce cas, le cercle de champignons peut réapparaître chaque année, les champignons suivant la progression des plus fines racines de l'arbre[11]. Il peut aussi se développer autour d'un arbre mort, qu'il soit coupé, détruit, disparu ou encore recouvert par un pré. Les armillaires vont prendre la forme du cercle de ses racines en décomposition. Dans ce cas le cercle ne progresse pas[12].

Article détaillé : Ronds de sorcières.

Anatomie[modifier | modifier le code]

Marge du sporophore (coupe)[modifier | modifier le code]

Chez les basidiomycètes, ces principales formes de marge du chapeau du sporophore peuvent se rencontrer. Il faut cependant noter que certains sporophores peuvent présenter des marges différentes suivant leur développement, comme certain Coprinus qui vont présenter une marge révolutée en fin de développement, ou d'autres comme le genre Cortinarius, hygrophanes, et qui deviendront révolutés s'il fait trop sec.

Article détaillé : Marge (mycologie).

Lames de l'hymenium[modifier | modifier le code]

Les lames, lamelles et lamellules des champignons vues de face peuvent prendre différentes formes: les mycologues parlent alors de lames, lamelles ou lamellules qui pourront être bifurquées, ramifiées, anastomosées, lamellulées, serrées ou espacées.

Article détaillé : Lame (champignon).

Dispositions des lames autour du stipe[modifier | modifier le code]

Les lames peuvent être disposées différemment autour pied du champignon: les mycologues parlent alors de lames libres, adnexées, adnées, sécédentes, émarginées ou échancrées, sinuées, subdécurrentes ou décurrentes.

Article détaillé : Lame (champignon).

Autres signes distinctifs[modifier | modifier le code]

Saveurs des sporophores[modifier | modifier le code]

Tricholoma saponaceum a un goût de savon

Situation du sporophore[modifier | modifier le code]

  • Épigé
  • Hypogé

Odeurs des sporophores[modifier | modifier le code]

Les odeurs des champignons sont très diverses et certaines d'entre elles si caractéristiques qu'elles ont même donné leur nom aux espèces facilement repérables par leurs terminaisons latines en -olens ou -osmus. Si certaines odeurs sont communes et sont caractéristiques de très nombreux champignons, comme les odeurs farineuses, terreuses, fruitées, raphanoïdes ou rances, d'autres sont si spécifiques qu'elles sont déterminantes. Les odeurs de champignons supérieurs représentent un critère d'identification non négligeable pour la mycologie descriptive, 70 % des espèces ne possédant qu’une seule note odorante[13]. Des ouvrages recensent d'ailleurs des classifications d'espèces de champignons en fonction de leurs odeurs. Morchella crassipes et Pleurotus ostreatus présentent des potentialités intéressantes de production de molécules odorantes naturelles[14].

Molécules fongiques[modifier | modifier le code]

Dans le domaine de la détermination des molécules ou assemblages de molécules odorantes des champignons, la chimie a fait de nombreux progrès ces dernières années. L’étude des odeurs fongiques a - jusqu’à présent - permis d’identifier 250 molécules majeures. Le « champignol » (oct-1-én-3-ol) et l'octan-3-one ont ainsi été reconnus comme responsables de l'odeur « fongique », l'odeur basique « de champignon » d'Agaricus bisporus par exemple. Six familles de molécules organiques volatiles sont présentes: les hydrocarbures et les hétérocycles, des alcools, phénols et dérivés et des aldéhydes, acides et dérivés, ainsi que des composés soufrés. Les analyses chimiques révèlent qu'un mélange de composés volatils est à l'origine de l'odeur complexe de ces champignons: quinze composés volatils ont été identifiés pour Cantharellus cibarius, trente pour Craterellus cornucopioides, onze pour Cantharellus lutescens, dix-huit pour Craterellus tubaeformis et douze pour Hydnum repandum. D'autre part, les composés participant notamment à l'arôme de l'abricot ou de la mirabelle ont également été identifiés dans ces cinq espèces[15]. Chez Lepista nebularis, le Clitocybe nébuleux, on relève de 28 à 49 substances suivant la technique utilisée[16]. On peut notamment citer les présences de β-barbatène responsable d'une odeur moisie et terreuse, de dérivés indoliques qui donnent une odeur fétide, de dérivés en C8 responsables d'odeurs fongiques, de dérivés de l'acide butyrique qui révèlent une odeur de fromage ainsi que du 2-phényléthanol qui dégage une odeur de rose caractéristique et enfin de benzaldéhyde, typique de l'odeur des amandes amères. Ces substances sont très largement utilisées dans l'industrie des arômes[17].

Certains composés volatiles sont impliqués dans les interactions des organismes fongiques avec les animaux dans leur environnement biotique ainsi que dans leurs processus de reproduction et de développement[18].

Odeurs spécifiques[modifier | modifier le code]

Les sporophores peuvent présenter des odeurs de fleurs et de fruits, de légumes, d'épices ou d'herbes, d'aliments, parfois sucrées et enfin une séries d'odeurs désagréables. Toutefois, la même odeur, par exemple celle du Omphalophallus imperialis ou du Mutinus elegans peut-être perçue comme agréable et capiteuse ou au contraire comme repoussante par des mycologues[19].

Odeurs de fruits[modifier | modifier le code]
Odeurs de légumes[modifier | modifier le code]
Odeurs de fleurs[modifier | modifier le code]
Odeurs sucrées[modifier | modifier le code]
Odeurs d'épices[modifier | modifier le code]
Odeurs d'aliments[modifier | modifier le code]
Odeurs désagréables[modifier | modifier le code]

Bibliographie spécifique[modifier | modifier le code]

  • J.-P. Sachs, « Odeurs fongiques », Bulletin de la Société Mycologique de France, vol. t. CVII,‎ 1991, pp. 146-149
  • M. Locquin, et J. Lenoir, Le nez des champignons (86 échantillons d'odeurs fongiques),, éditions Jean Lenoir,‎ 1986.
  • G. Claus, « Des odeurs en mycologie ! », Documents mycologiques, vol. 8, no 30-31,‎ 1978, pp. 31-63.
  • J. Mornand et P. Taillandier, Guide pratique des odeurs de champignons, Société Sciences Lettres Arts de Cholet,‎ nd

Réactifs du sporophore[modifier | modifier le code]

Consistance du sporophore[modifier | modifier le code]

  • Cartilagineux
  • Céracé (cireux)
  • Déliquescent vide Coprinus comatus vieux
  • Fragile: vide les sporophore des Russulaceae
  • Detersile: qui s'enlève en l'essuyant
  • Gélatineux
  • Lardacé: consistance grasse au toucher
  • Ligneux: consistance fibreuse du bois
  • Subéreux: consistance du liège, vide (Quercus suber)

Habitat du sporophore[modifier | modifier le code]

Capacité du sporophore[modifier | modifier le code]

reviviscent: capacité de quelques sporophores desséchés de reprendre leur forme d'origine en absorbant de l'eau; en général, capacité de reprendre des activités vitales après une période de dessèchement.

Autres[modifier | modifier le code]

Anastomose chez agaricus bisporus
  • Anastomosé (fusion)
  • Confluent (lames) (stipe)
  • Convoluté / Involuté; enroulé vers l'intérieur
  • Déhiscent (faiblesse de la glèbe)
  • Denticulé, Serrulé: en dents de scie, (marge)
  • Discoïde (sporophore)
  • Disque: partie centrale du chapeau
  • Fibrilleux: couvert de fins filaments
  • Fimbrié (marge)
  • Flexueux (stipe)
  • Fistuleux : stipe creusé d'un canal
  • Fugace (anneau)
  • Givrées (lames)
  • Hyalin: couleur du verre
  • Imbu: gorgé d'eau
  • Inégales: lames et lamellules
  • Lamelliforme rappelant la forme des lames
  • Labile: supprimé par la pluie ou le vent
  • Linguiforme (sporophore)
  • Marcescent: qui sèche sur pied: (polypores)
  • Napiforme: bulbe en forme de navet
  • Obovale: ovale, la grande largeur vers le haut
  • Ombiliqué: dépression brusque au centre (sporophore)
  • Plis: indéfini (lames des chanterelles)
  • Pruineux (poussière sur la cuticule)
  • Rimeux: crevassé radialement, fibrileux sporophore fendu radialement (sécheresse)
  • Sagitté: forme de fer de flèche (aiguillon)
  • Scrobiculé: pied tapissé de petites fossettes
  • Serrulé: en dent de scie (marge)
  • Subéreux: texture de l'amadou
  • Thermophile: se développe sensiblement mieux à la chaleur
  • Visciduleux: faiblement visqueux.
  • Xérophile: adapté à la sécheresse
  • Zoné: couleurs contrastées de veines concentriques du sporophore

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean-Louis Morère et Raymond Pujol, Dictionnaire raisonné de biologie, Paris, Frison-Roche,‎ 2003, 1222 p. [détail de l’édition] (ISBN 2-87671-300-4), « Articles carpophore et sporophore »
  2. Philips 1981, p. 7.
  3. (en)Zabowski, D., Zasoski, R.J., Littke, W., Ammirati, J., 1990. « Metal content of fungal sporocarps from urban, rural, and sludge-treated sites », J. Environ. Qual. 19, 372–377.
  4. (en) Manfred Binder et David S. Hibbett, « Molecular systematics and biological diversification of Boletales », Mycologia, The Mycological Society of America, Lawrence, vol. 6, no 98,‎ 2006, p. 971–981 (ISSN KS 66044-8897, lire en ligne)
  5. Most Recent Common Ancestor
  6. Harry D. Thiers, « The Structure and Development of Secotium agaricoides », Mycologia (New York: The New York Botanical Garden, Bronx. NY 10458, vol. 7, no 2,‎ mars 1915, p. 94–104 (DOI 10.2307/3753132.)
  7. (en) Manfred Binder, K. H. Larson, P. B. Matheny et David S. Hibbett, « Amylocorticiales ord. nov. and Jaapiales ord. nov.: Early diverging clades of Agaricomycetidae dominated by corticioid forms », Mycologia, vol. 103, no 4,‎ 2009, p. 865–880 (lire en ligne)
  8. Marcel Bon. Les champignons de Grande-Bretagne et en Europe du Nord-Ouest . Hodder & Stoughton. ISBN 0-340-39935-X .
  9. André Drèze - René Schumacker, faniæ (sic) Réserve Naturelle des Hautes-Fagnes, Sussex, LOCOMS Editor - WWF,‎ 1986, 280 p. (ISBN 2-87671-300-4), « Témoins de la dernière glaciation p.59 »
  10. Il existe une photo d'Amanita Jacksonii sur le web ici http://www.flickr.com/photos/martinlabar/6017436516/
  11. Les radicelles sont naturellement concentriques et colonisées par le mycélium du champignon avec lequel l'arbre mycorhize
  12. Georges Becker, Observations sur l'Ecologie des Champignons supérieurs,‎ 1956
  13. 683 espèces sur 1183 étudiées, cette liste indique aussi que l’odeur de « farine » concerne 204 espèces, les notes « fruitées » 181 espèces, l’odeur de « rave » 67 espèces, etc. 'inMarie-Hélène Mossière Ghezi, « Contribution à l'étude des composés volatils des champignons supérieurs », Thèse d'exercice de pharmacie, Université René Descartes, 1994., Université René Descartes, 1994.,‎ 1994
  14. Sophie Breheret et Antoine Gaset (Dir), « Etude des arômes produits par des carpophores sauvages de champignons supérieurs et des cultures mycéliennes de Morchella et de Pleurotus », These de Doctorat, Institut national polytechnique de Toulouse, Toulouse,,‎ 1997, p. 1-315
  15. Francoise Fons, Sylvie Rapior, Guillaume Eyssartier et Jean-Marie Bessiere, « Les substances volatiles dans les genres Cantharellus, Craterellus et Hydnum = Volatil compounds in the Cantharellus, Craterellus and Hydnum genera », Cryptogamie. Mycologie, Elsevier, Paris, vol. 24, no 4,‎ 2003, p. 367-376 (ISSN ISSN 0181-1584)
  16. par chromatographie en phase gazeuse couplée à la spectrométrie de masse
  17. (en) Sylvie Rapior, Francoise Fons et Jean-Marie Bessiere, « Volatile flavor constituents of Lepista nebularis (Clouded Clitocybe) », Cryptogamie. Mycologie, vol. 24, no 2,‎ 2003, p. 159-166 (ISSN 0181-1584)
  18. Nicolas Chiron et Didier Michelot, « Odeurs des champignons : chimie et rôle dans les interactions biotiques », Cryptogamie. Mycologie, Elsevier, Paris, vol. 26, no 4,‎ 2005, p. 299-364 (ISSN 0181-1584)
  19. Nous conaissons quelques collègues totalement insensible à l'odeur de farinne Marcel Locquin, Mycologie générale et structurale, Paris, Masson,‎ 1984, 551 p., p. 338

Références issues de Essai Taxonomique sur les familles et les genres des Hyménomycètes de N. Patouillard (Imprimerie Declume, Lons-le Saulnier, 1900)

  1. p. 150, p. 170: chapeau hygrophane, espèce hygrophane: p. 168

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Roger Philips, Les Champignons, Solar,‎ 1981 (ISBN 2.263.00640.0[à vérifier : ISBN invalide])
  • Guillaume Eyssartier et Pierre Roux, Le guide des champignons, France et Europe, Paris, Belin,‎ 2011, 1119 p. (ISBN 978-2-7011-5428-2)