Grégarisme

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Le grégarisme est la tendance des individus de nombreuses espèces animales à se regrouper en sociétés plus ou moins structurées.

Il se distingue de la foule, rassemblement spontané et sporadique qui se produit sous l'effet de stimuli environnementaux.

Sommaire

[modifier] Les niveaux d'organisation sociale

Dans la nature il existe plusieurs types de sociétés possédant des niveaux d'organisation variables. Le niveau le plus élevé est atteint par les organismes multicellulaires, véritables colonies de clones cellulaires, pouvant compter des trillions d'individus. Suivent les sociétés d'hyménoptères (fourmis, abeilles et guêpes) et les sociétés civilisés. Il est possible de dégager les caractéristiques fondamentales des sociétés animales :

1) La localisation spatiale : les individus coexistent sur un territoire limité ou forment eux-mêmes un ensemble relativement compact.

2) La cohésion des membres : les relations spatiales entre les individus possèdent une certaine constance et suivent des règles déterminées. Il peut exister des échanges d'information ou de matière entre les individus.

3) La spécialisation des individus : il peut exister une division des rôles des individus, certains étant spécialisés dans l'accomplissement de tâches spécifiques. Ces différents individus spécialisés peuvent former des regroupements fonctionnels équivalent des organes et leurs patrons de regroupement constituent l'équivalent des tissus.

La eusocialité qui est le niveau supérieur d'organisation est caractérisé par :

1) Superposition, dans une même société, de plusieurs générations d'adultes.

2) Forte cohésion des membres avec échange d'information et de matière entre les individus.

3) Division des rôles avec spécialisation des membres, certains pouvant être dédiés à la reproduction.

4) Élevage coopératif de la progéniture.

[modifier] Les relations sociales

Les équations de la biologie évolutive (sociobiologie) décrivant la formation des sociétés animales permettent de déduire certaines caractéristiques générales :

1) Les comportements altruistes (en fréquence et en intensité) entre deux membres sont directement proportionnels à leur apparentement.

2) Les comportements malveillants (en fréquence et en intensité) entre deux membres sont inversement proportionnels à leur apparentement.

3) Les comportements malveillants (en fréquence et en intensité) entre deux membres de sociétés distinctes sont systématiques et suivent la stratégie du bourgeois[1]. Il s'agit, dans des conditions écologiques clémentes, de la seule stratégie évolutivement stable ; celle-ci consiste à fuir si l'animal n'est pas sur son territoire mais à se battre dans le cas contraire. Nous remarquerons que le déclenchement de l'attaque sera favorisé par manque de ressource pour la reproduction : nourriture, territoire, ou "faveurs" des femelles.

[modifier] Hiérarchies de dominance

La plupart des sociétés animales s'organisent spontanément en structures hiérarchiques de dominance. Ces structures sont directement la conséquence du comportement de soumission, lui-même la conséquence du mécanisme physiologique de l'apprentissage. En effet, un animal peut apprendre que, devant une agression, la fuite est inutile et que la lutte est la seule alternative. Il peut également apprendre que la fuite et la lutte sont inutiles et qu'elles peuvent même empirer sa situation ; dans ce cas l'animal entre alors en inhibition de l'action et se soumet[2]. Notons qu'il existe également plusieurs mécanismes instinctifs permettant de réguler l'agression et l'établissement de la hiérarchie, notons principalement :

  • Les comportements de soumission permettant d'inhiber l'agressivité des dominants. Chez les primates il s'agit de regarder le sol en courbant le cou et le dos, chez les canidés il s'agit de présenter sa jugulaire.
  • La ritualisation des combats permettant de démontrer sa supériorité tout en évitant les blessures graves. Chez les primates il s'agit de démonstration de force en frappant le sol ou les arbres ou encore sa propre poitrine tout en criant, puis suivent les poussés et empoignades et coups avec les poings fermés, beaucoup moins dommageable qu'avec les mains ouvertes (griffes ou ongles) ; les morsures ne surviennent qu'en dernier recours.
  • Les dominés peuvent également apprendre à perdre en combattant de moins en moins longtemps et en disputant de moins en moins souvent les ressources (nourriture, territoire ou "faveurs" des femelles). Sachant que cela peut coexister avec une stratégie de ruse, consistant à profiter des ressources en cachette du ou des dominants.
  • Les dominants peuvent intimider les dominés simplement en réalisant une parade d'intimidation. Chez les primates il s'agit de marcher d'un pas assuré, le dos cambré avec le menton légèrement relevé tout en regardant aux alentours.

La hiérarchie de dominance, se réalisant sur un territoire s'étendant grossièrement en cercle, produit naturellement trois classes sociales :

  • La classe alpha constituée des dominants défendant leurs ressources : nourriture et monopole d'accès aux femelles contre la classe bêta dont les membres gravitent autour d'eux. Les membres de cette classe sont en général très apparentés.
  • La classe bêta dont les membres tentent de graduer alpha tout en empêchant les individus gamma d'entrer dans leur cercle. Les membres de cette classe sont en général moyennement apparentés entre eux et avec les membres alpha.
  • La classe gamma dont les membres tentent de graduer bêta et qui défendent le territoire contre les individus des autres groupes. Les membres de cette classe sont en général peu apparentés entre eux et avec les membres alpha et bêta.

[modifier] Cas d'espèces

Liste non exhaustive d'espèces manifestant du grégarisme :

[modifier] Notes et références

  1. Richard Dawkins, The Selfish Gene (1976), Oxford University Press ; 2nd edition, December 1989, hardcover, 352 pages, (ISBN 0192177737); April 1992, (ISBN 019857519X); trade paperback, September, 1990, 352 pages, (ISBN 0192860925)
  2. Henri Laborit, Éloge de la fuite, Éditions Robert Laffont, coll. « La vie selon … », 1976 (ISBN 2-221-00278-1) 

Voir « grégarisme » sur le Wiktionnaire.

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