Shampooing

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Le shampooing (ou shampoing[1]) est un produit cosmétique présenté généralement sous forme de liquide, crème, solide ou poudre, formulé à partir de substances tensioactives permettant de nettoyer la chevelure et éventuellement de traiter le cheveu.

Trois flacons anciens de shampoing (début XXe siècle)

Histoire[modifier | modifier le code]

Michelia champaca

Le mot shampoo date en anglais de 1762, où il avait le sens de « masser ». Le mot était emprunté à l'anglo-indien « shampoo », qui venait à son tour de l'hindi chāmpo (चाँपो /tʃãːpoː/), l'impératif de chāmpnā (चाँपना /tʃãːpnaː/), « huiler, masser les muscles », et qui était dérivé lui-même du mot Sanskrit/Hindi chāmpnā (चाँपना /tʃãːpnaː/), désignant les fleurs de la plante Michelia champaca (famille des Magnoliaceae) traditionnellement utilisées pour faire des huiles odorantes pour cheveux. Les Hindoues s'en servaient pour s'enduire les cheveux et les faire briller.

Le terme et le service ont été présentés par un certain Sake Dean Mahomed, né à Patna en Inde, qui ouvrit à Brighton en 1759 un bain shampooinant sous le nom de Bains de Vapeur indiens de Mahomed. Ses bains ressemblaient à des bains turcs où les clients recevaient un traitement indien de champi, c'est-à-dire de shampooing, ou des massages thérapeutiques. Son service fut apprécié ; il reçut cette haute distinction d'être fait Chirurgien Shampouineur de George IV comme de Guillaume IV.

Dans les premiers temps du shampooing, les coiffeurs anglais faisaient bouillir des paillettes de savon dans de l'eau avec des plantes afin de donner lustre et fragrance aux cheveux. Kasey Hebert fut le premier producteur connu de shampooing et c'est à lui qu'on en attribue actuellement l'origine. Il vendait son premier shampooing, « Shaempoo » dans les rues de Londres, sa ville natale.

À l'origine, les premiers shampooings étaient à base de savon noir et de cristaux de soude ; tous deux contiennent des tensio-actifs (détersifs). Ils laissaient souvent un dépôt blanchâtre. Les cheveux pouvaient rapidement devenir poisseux et emmêlés. Il faudra attendre le shampooing moderne, celui que nous connaissons aujourd'hui, pour régler ces problèmes. Une formule améliorée a d'abord été proposée au cours des années 1930 avec Drene, le premier shampooing synthétique (et non-savonneux). Puis, Eugène Schueller, de L'Oréal lance en 1931 un shampooing à base de matières synthétiques, le Platinosel, qui laisse les cheveux propres et soyeux. En 1934, c'est au tour de Dop, premier shampooing grand public[2].

Des temps anciens à ce jour, les Indiens ont utilisé différentes formules de shampooings en se servant de plantes comme le neem, l'acacia Concinna ou la noix de lavage, le henné, le bael, la bacopa monnieri, le fenugrec, le babeurre, l'amla, l'aloès et l'amande en combinaison avec quelques composantes aromatiques comme le santal, le jasmin, le curcuma, la rose et le musc.

Composition[modifier | modifier le code]

Le shampooing d'aujourd'hui contient :

  • des agents lavants qui dissolvent la graisse qui est entraînée dans l'eau avec les molécules ou particules qu'elle a fixé ;
    Ces détergents sont généralement :
- l'ammonium lauryl sulfate ;
- l'ammonium laureth sulfate ;
- le cocosulfate de sodium ;
- le sodium laureth sulfate ;
- le laurylsulfate de sodium (ce dernier étant le plus agressif[3]) ;
- le diéthanolamine (DEA) ;
- le triéthanolamine (TEA).
- des agents anticalcaires
- des stabilisateurs de pH pour acidifier le shampooing[4]
- des colorants, identifié par CI suivi d'un chiffre[4]
- des parfums, ou fragrance
- des agents surgraissants (huiles) pour limiter l'agression du shampooing
- des agents dits « hydratants » tels que du miel ou la glycérine (glycérin)
- des huiles essentielles extraites de plantes, fleurs, écorces, fruits...
- des agents démêlants permettant aux shampooings « deux en un » de servir aussi d'après-shampooings
- des agents médicamenteux (shampoings anti-poux, antipelliculaires, etc).

Utilisation[modifier | modifier le code]

Le shampooing s'applique en massant sur les cheveux mouillés. On masse le cuir chevelu sans trop frotter les cheveux. Il est inutile d'attendre qu'il agisse. Il faut rincer abondamment pour limiter les résidus de shampooing dans les cheveux.

Utilisé trop fréquemment, le shampooing peut détruire la pellicule protectrice des cheveux et les graisses, et ainsi abîmer les cheveux.

Pour les animaux[modifier | modifier le code]

Pour les animaux de compagnie ou de concours, des shampooings spécifiques évitent des irritations et plaques rouges, etc. En effet, la peau des chiens et chats a un pH différent de la peau humaine.

Impact environnemental[modifier | modifier le code]

Les shampoings en raison de leur concentration en tensio-actifs, colorants, parfums et substances biocides sont à éviter dans le milieu naturel.

Impacts sanitaires[modifier | modifier le code]

Des personnes développent des allergies aux shampoings ou à certains de leurs composants, en particulier semble-t-il au SDS (Sodium Lauryl Sulfate) dont on sait au moins depuis les années 1990 qu'il est un irritant pouvant causer des dermatites et un prurit[5] (plus ou moins selon l'âge et la personne)[5],[6],[7].
Selon l'OSHA (Occupational Safety and Health Administration), le NTP (National Toxicology Program, United States Department of Health and Human Services) et le CIRC (Centre International de Recherche sur le Cancer) ainsi que la CTFA (Cosmetic, Toiletry and Fragrance Association), ou encore l'American Cancer Society, le SLES n'est pas cancérogène en dépit d'une rumeur qui a circulé à la fin des années 1990[8]. Le SLES est réputé légèrement moins irritant que le SDS, mais pourrait être dangereux car non métabolisable par le foie[réf. nécessaire]. Au delà d'une certaine dose, le SDS est facteur d' ulcères aphteux ; référencé dans certains pays comme « rongeur de plaie »[9],[10], mais certains fabricants pourraient le préférer aux SLES (qui sont moins irritants) en raison d'un moindre coût.

Liste de marques[modifier | modifier le code]

Cette liste n'est pas exhaustive.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Orthographe recommandée de 1990.
  2. Agnès Walch, « Le shampoing », Historia,‎ novembre 2011, p. 54 (ISSN 0750-0475)
  3. http://isaetno.free.fr/ section produit à éviter
  4. a et b http://www.laveritesurlescosmetiques.com/
  5. a et b S. Marrakchi & H.I. Maibach ; Sodium Lauryl Sulfate-Induced Irritation in the Human Face : Regional and Age-Related Differences ; Department of Dermatology, School of Medicine, University of California, San Francisco, Calif., USA, in Skin pharmacology and physiology, journal of pharmacological and biological research ; Vol. 19, No. 3, 2006
  6. CIR publication. Final Report on the Safety Assessment of Sodium Lauryl Sulfate and Ammonium Lauryl Sulfate. Journal of the American College of Toxicology. 1983 Vol. 2 (No. 7) pages 127-181.
  7. Loffler H, Effendy I. Skin susceptibility of atopic individuals. Department of Dermatology, University of Marburg, Germany. Contact Dermatitis. 1999 May;40(5):239-42. PMID 10344477
  8. Rumor : Sodium Lauryl Sulfate Causes Cancer. The Cosmetic, Toiletry, and Fragrance Association. 13, October 2000. [1]
  9. Chahine L, Sempson N, Wagoner C. The effect of sodium lauryl sulfate on recurrent aphthous ulcers : a clinical study. Compend Contin Educ Dent. 1997 Dec;18(12):1238-40. PMID 9656847
  10. Herlofson BB, Barkvoll P. The effect of two toothpaste detergents on the frequency of recurrent aphthous ulcers. Acta Odontol Scand. 1996 Jun;54(3):150-3. PMID 8811135

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]