Saint-Émilion

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44° 53′ 37″ N 0° 09′ 17″ W / 44.8936, -0.154722222222

Saint-Émilion
Place du village, vignobles en arrière-plan
Place du village, vignobles en arrière-plan
Armoiries
Détail
logo
Administration
Pays France
Région Aquitaine
Département Gironde
Arrondissement Arrondissement de Libourne
Canton Canton de Libourne
Code commune 33394
Code postal 33330
Maire
Mandat en cours
Bernard Lauret
2008-2014
Intercommunalité Communauté de communes de la juridiction de Saint-Émilion
Démographie
Population 2 005 hab. (2009[1])
Densité 74 hab./km2
Gentilé Saint-Émilionnais
Géographie
Coordonnées 44° 53′ 37″ Nord
       0° 09′ 17″ Ouest
/ 44.8936, -0.154722222222
Altitudes mini. 3 m — maxi. 107 m
Superficie 27,02 km2

Voir la carte physique

Voir la carte administrative

Saint-Émilion (Sent Milion en gascon) est une commune française, située dans le département de la Gironde et la région Aquitaine.

Ses habitants sont appelés les Saint-Émilionnais[2].

Sommaire

[modifier] Géographie

Saint-Émilion

Située sur les coteaux entre la Dordogne et l'Isle et entre Libourne et Castillon-la-Bataille.

La diversité des terroirs

Les terroirs se répartissent en cinq grands ensembles imbriqués les uns dans les autres. Au centre de l’aire d’appellation se trouve un plateau calcaire et argilo-calcaire où, en de nombreux endroits, la roche n’est recouverte que d’une fine couche de terre. La côte, largement plantée en vignes malgré la pente, et le pied de côte, plus argileux. La vallée qui s’étend jusqu’à la Dordogne, constituée de sols sablo-limoneux et sablo-graveleux. Enfin, le glacis sableux qui recouvre le nord-ouest de la zone d’appellation se termine vers les graves de Pomerol par une soixantaine d’hectares de terrain graveleux.

C'est dans la commune que se trouve le « zéro » du système de coordonnées suisse[3].

[modifier] Économie

Saint-Émilion est fortement marquée par l’activité agricole, et plus particulièrement viticole. Le poids de ce secteur, est au-dessus de la moyenne de l’arrondissement du Libournais : il atteint 62 % contre 39 %[4] à l’échelle du Libournais. Le secteur de la construction représente une part assez faible de l'activité économique (2,6% pour l’ensemble de la Juridiction) ce qui freine l’installation des activités autres que celles liées au secteur agricole ou aux secteurs du tourisme et du négoce qui lui sont associés.

C’est de la diversité des terroirs que naît la diversité des vins de Saint-Émilion. Sur l’ensemble des huit communes de l’appellation, ce sont près de 5 200 hectares de vignes qui produisent chaque année le précieux nectar.

Les cépages utilisés en 1784 étaient au nombre de 34 pour les noirs et 29 pour les blancs. Aujourd’hui 3 cépages, bien connus, sont à l’honneur : le merlot, qui prédomine dans 60 à 70 % de la production, le cabernet franc et le cabernet sauvignon, tous trois destinés, en assemblage, à la production des vins rouges[5].


[modifier] Histoire

Le site présente des traces d’occupation dès 35 000 avant notre ère. Une villa gallo-romaine[6] a également existé en bas du coteau destinant le site à la culture de la vigne. En attestent divers éléments de mosaïques découverts au lieu-dit Le Palat.

Au VIIIe siècle, un moine breton natif de Vannes nommé Émilion choisit comme lieu de retraite Ascumbas (ancien nom du site de Saint-Émilion). Cet homme de cœur quitta sa famille et sa Bretagne natale pour entrer dans les ordres. Il fut d’abord victime des pires injustices auxquelles il répondit toujours par la plus grande bonté.

Économe dans un couvent bénédictin en Saintonge, comblé de louanges et de respect en raison de sa grande vertu, Émilion finit par se retirer, loin de tous, dans la forêt des Combes qui recouvrait jadis l’actuel site de Saint-Émilion. Par ses miracles et sa générosité, sa renommée rayonna par-delà la vallée et de nombreux disciples le rejoignirent. Durant dix-sept ans, Émilion évangélisa la population, créant ainsi un site monastique auquel fut donné son nom après sa mort. Une communauté de moines bénédictins géra l’accès à ce lieu de pèlerinage jusqu’en 1110, date à laquelle une réforme engagée par l’évêque de Bordeaux permit l’installation d’un chapitre de chanoines augustins.

La ville se construisit au long du Moyen Âge, elle fut fermée par des remparts dès le début du XIIIe siècle.

La Jurade

La Jurade fut instaurée en 1199 par Jean Sans Terre, roi d’Angleterre. Ce dernier délégua ses pouvoirs économique, politique et judiciaire, à des notables et des magistrats afin de gérer l’administration générale de la cité. En échange de ces privilèges accordés, l’Angleterre put jouir du « privilège des Vins de Saint-Émilion ». Ainsi la superficie du vignoble augmenta avec la notoriété des vins. Leur qualité était soumise au contrôle de la Jurade (par le sceau du vinettier) avant transport vers l’Angleterre depuis le port de Pierrefitte sur la Dordogne.

L’autorité de la Jurade perdura jusqu’à la Révolution française en 1789.

En 1793, la commune a adopté le nom révolutionnaire d'Émilion-la-Montagne[7].

En 1948, les viticulteurs réunis au sein du syndicat viticole ressuscitèrent la Jurade sous la forme d’une confrérie, qui devint alors l’ambassadrice des vins de Saint-Émilion à travers le monde, avec pour ambition de garantir l’authenticité et la qualité de ses vins.

La Jurade est ainsi porteuse de la notoriété des appellations, et organise chaque année la Fête de Printemps en juin et le Ban des vendanges en septembre.

Lors de ces manifestations, les membres de la Jurade défilent dans la cité, vêtus de la robe rouge traditionnelle, rappelant la toute-puissante Jurade des siècles passés. En juin comme en septembre, après avoir assisté à la messe, les jurats se rendent dans le cloître de l’église collégiale ou dans l’église monolithe pour procéder aux intronisations. Puis, après le déjeuner, ils se rendent en procession à la Tour du Roy, du sommet de laquelle ils proclament solennellement le ban des vendanges ou En juin, la Jurade procèdent au Jugement du vin nouveau, destiné à en prédire les qualités (celui tiré de la récolte précédente). La Jurade est devenue l’emblème de la viticulture saint-émilionnaise[5].

[modifier] Héraldique

Armes

Les armes de Saint-Émilion se blasonnent ainsi :

Coupé, au premier d'azur semé de fleurs de lys d'or, à saint Émilion de carnation, habillé de tenné, issant de la partition, tenant dans sa dextre une crosse contournée aussi d'or et dans sa senestre un livre du même, au second de gueules au château de trois tours d'argent, maçonné de sable, ouvert et ajouré du champ, surmonté d'un léopard d'or tenant dans sa dextre un glaive aussi d'argent, le château accosté des lettres onciales S et E du même.

[modifier] Administration

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
juillet 2007 En cours Bernard Lauret[8]   Président de la Communauté de Communes de Saint-Émilion
mars 2001 2007 Jacques Goudineau    
Toutes les données ne sont pas encore connues.

[modifier] Démographie

Évolution démographique
(Source : INSEE[9])
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2008 2009
3 335 3 403 3 323 3 010 2 799 2 345 2 124 2 020 2 005
Nombre retenu à partir de 1962 : population sans doubles comptes

[modifier] Lieux et monuments

Les monuments de la cité témoignent de cette vie spirituelle, commerçante et viticole riche dans et en dehors de la cité. Les ruelles escarpées (appelées tertres ou escalettes) permettent de découvrir un village étalé en forme d’amphithéâtre sur le versant sud du plateau calcaire ; de celui-ci furent extraites toutes les pierres ayant servi à la construction des maisons, remparts, églises et monastères au long des siècles. La partie souterraine du village présente autant de témoignages du passé que sa partie construite, en particulier l’église monolithe.

  • L'église monolithe : connue pour être la seconde église monolithe au monde, la flèche de son clocher culmine à 133 mètres. Elle est classée monument historique en 1883[13].
  • Le couvent des Cordeliers avec les ruines de l'église et du cloître (XIV-XVe siècle), classés monuments historiques en 2005[15].
  • La tour du Roy ou château du Roi est un donjon-citadelle édifié en 1237 sur ordre d'Henri III, roi d'Angleterre et duc d'Aquitaine. Il s'agit du seul donjon de style roman en Gironde encore visible. Il s'élève sur deux étages au-dessus d'une cavité souterraine qui permet d'y accéder et de surplomber la cité médiévale de Saint-Émilion, inscrite au patrimoine mondial de l'humanité de l'UNESCO. Ce donjon carré a abrité l'Hôtel de ville jusqu'en 1608. C'est du haut de cette tour que la jurade de Saint-Émilion proclame le troisième dimanche de juin le jugement du vin nouveau et le troisième dimanche du mois de septembre le ban des vendanges. Classé monument historique en 1886[16].
  • Les catacombes : Il est très difficile de dater les monuments souterrains pour la bonne raison que chaque nouvel aménagement détruit irrémédiablement l'état antérieur (on creuse au lieu de construire par-dessus). Il n'est donc pas possible de dire à quel moment les catacombes ont commencé à servir de cimetière, ni si le monument a été creusé en une seule fois. La coupole sous laquelle on se trouve en entrant est à la base un puits qui s'ouvrait sur la place et dont les parois abritent une galerie-escalier circulaire. La tradition a fait de cette ouverture celle d'un charnier, alors qu'il s'agissait d'une chapelle funéraire. Un bas-relief représente une scène de la Résurrection des morts : trois personnages, les bras étendus pour que leurs mains se touchent, sortent de leur cercueil et semblent attirés vers la lumière[24].
Inscription au Patrimoine mondial de l’UNESCO

La Juridiction de Saint-Émilion est inscrite depuis le 5 décembre 1999 sur la liste du Patrimoine mondial au titre des paysages culturels. La justification d’inscription de la Juridiction porte sur deux critères essentiels :

« Critère (iii) : La Juridiction de Saint-Émilion est un exemple remarquable d’un paysage viticole historique qui a survécu intact et est en activité de nos jours ».

« Critère (iv) : La Juridiction de Saint-Émilion illustre de manière exceptionnelle la culture intensive de la vigne à vin dans une région délimitée avec précision ».

Depuis le 4 octobre 2007, une zone de protection du patrimoine architectural et urbain (ZPPAUP) couvre l’ensemble du territoire afin de conserver au mieux l’unité architecturale et paysagère de la Juridiction[25].

[modifier] Personnalités liées à la commune

Élie Guadet

[modifier] Manifestations et loisirs

  • Fête de Printemps/d’Automne de la Jurade de Saint-Émilion
  • Nuit du Patrimoine
  • Festival Philosophia
  • Les grandes heures de Saint-Émilion : Concerts, dégustations dans des châteaux
  • Portes ouvertes des châteaux début mai
  • Fête du saint Émilion

Des visites et promenades, seul ou accompagné d’un guide de l’office de tourisme :

  • Vignoble, châteaux
  • Randonnées
  • Boucles cyclables
  • Visites libres ou guidées de la ville, des monuments, Circuits audioguidés dans la juridiction

[modifier] Photographies


[modifier] Notes et références

  1. http://www.insee.fr/fr/ppp/bases-de-donnees/recensement/populations-legales/commune.asp?annee=2009&depcom=33394
  2. Nom des habitants des communes françaises sur habitants.fr, consulté le 5 décembre 2011.
  3. Système de coordonnées suisse : lire l'article en anglais
  4. Selon le site Internet de la Juridiction de Saint-Émilion
  5. a et b Documentation de l'Office de Tourisme de Saint-Émilion
  6. Fouilles de C.Balmelle, CNRS
  7. Source : Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui, « Notice communale de Saint-Émilion », École des Hautes Études en Sciences Sociales (EHESS). Consulté le 22 août 2011 .
  8. Commune de Saint-Émilion sur le site de l'AMF, Association des Maires de France, consulté le 5 décembre 2011.
  9. Évolution de la population de Saint-Émilion sur le site de l'INSEE, consulté le 20 décembre 2011.
  10. Classement de la chapelle de la Trinité, sur la base Mérimée, ministère de la Culture
  11. Classement de la chapelle du Chapître, sur la base Mérimée, ministère de la Culture
  12. Inscription de la chapelle de la Madeleine, sur la base Mérimée, ministère de la Culture
  13. Classement de l'église monolithe, sur la base Mérimée, ministère de la Culture
  14. Classement de l'église collégiale, sur la base Mérimée, ministère de la Culture
  15. Classement du couvent des Cordeliers, sur la base Mérimée, ministère de la Culture
  16. Classement du château du Roi, sur la base Mérimée, ministère de la Culture
  17. Classement de l'ancien Doyenné, sur la base Mérimée, ministère de la Culture
  18. Classement du palais des Archevêques, sur la base Mérimée, ministère de la Culture
  19. Inscription de l'église du couvent des Dominicains, sur la base Mérimée, ministère de la Culture
  20. Classement de l'église Saint-Martin de Mazerat, sur la base Mérimée, ministère de la Culture
  21. Classement de la porte de la Cadène, sur la base Mérimée, ministère de la Culture
  22. Classement des remparts, sur la base Mérimée, ministère de la Culture
  23. Inscription de la maison Gothique, sur la base Mérimée, ministère de la Culture
  24. Histoire de la ville autour de ses monuments religieux, Véronique Tinel, extrait de Connaître et découvrir Saint-Émilion
  25. Dossier de presse 1999-2009, 10e anniversaire de l'inscription de la Juridiction de Saint-Émilion sur le liste du Patrimoine mondial de l'Humanité au titre des paysages culturels

[modifier] Voir aussi

[modifier] Articles connexes

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