Philippe Meyer (journaliste)
Philippe Meyer, né le 25 décembre 1947 à Germersheim en Allemagne, est un journaliste (plus précisément un chroniqueur), un écrivain, un homme de radio et de télévision français.
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Biographie [modifier]
Carrière [modifier]
Philippe Meyer suit des études de droit et de sociologie à l'Université Paris X - Nanterre à partir de 1965. Pendant ses études, il travaille comme éducateur dans un club de prévention de la délinquance juvénile à Paris. À Nanterre, il préside en novembre 1967 le comité de grève, dans lequel il parvient à rassembler des étudiants syndiqués (conduits par Yves Stourdzé et Jean-François Godchaux) et non-syndiqués. En mai 68, il milite aux côtés de Paul Ricœur puis, après « les événements », s’intéresse de plus en plus à la sociologie. Grâce à une bourse de l'Office franco-québécois pour la jeunesse, il effectue un séjour de plusieurs mois au Québec pour y étudier les réponses qu’on y apporte aux questions posées par la délinquance, notamment juvénile. Il se passionne pour les transformations que vit ce pays, sa chanson, son cinéma, sa littérature, sa poésie. Il se lie avec les fondateurs du Parti québécois comme René Lévesque, des cinéastes comme Denys Arcand, des syndicalistes comme Michel Chartrand ou des chanteurs comme Gilles Vigneault. Pendant 15 ans il revient à Montréal une ou plusieurs fois par an.
Pendant plusieurs années, il anime le Journal à plusieurs voix de la revue Esprit et collabore successivement à L'Express (1980-1986), au Point, à L'Événement du jeudi (1991-1994) et de nouveau au Point (1994-2002).
À la radio, il travaille depuis mars 1982 pour des stations de service public. Il a animé de nombreuses émissions sur France Culture, France Inter et France Musique, parfois simultanément, sur des thèmes très variés (musique classique et chansons, histoire des idées, déchiffrage de l'information, des médias et de l'actualité). On peut citer :
- Télescopages (France Inter), de 1982 à 1989.
- Allegro serioso (France Culture), diffusé le samedi à 18 h 50 dans les années 1984-1995.
- Libre examen (France Culture), diffusé le samedi à 18 h 50 dans les années 1995-1998.
- une chronique quotidienne (France Inter), diffusée à 7 h 45 entre 1989 et 2000 (Nous vivons une époque moderne puis Le progrès fait rage) dont il tire plusieurs livres. Il réalise aussi le portrait de l'invité politique jusqu'en octobre 1999.
- depuis 1998 : L'Esprit public (France Culture) diffusée le dimanche matin entre 11 et 12 heures.
- La prochaine fois je vous le chanterai[1] (France Inter), diffusée le dimanche, puis le samedi de 12 h à 13 h. Émission musicale hebdomadaire où il fait partager à ses auditeurs sa passion et sa connaissance de la chanson jusque dans ses marges.
- depuis septembre 2010 : une chronique quotidienne dans Les Matins (France Culture), La Chronique du toutologue ; chaque chronique débute invariablement par « Auditeur sachant auditer, ça n'est pas pour me vanter, mais… » et se termine par « Le Ciel vous tienne en joie ! »[2]
À la télévision, il a animé sur M6 une émission consacrée à la musique classique en 1987 (Revenez quand vous voulez), puis sur Arte, Anicroches. Pendant quelques mois (2000-2001), il s'est fait portraitiste de l'invité de l'émission L'Heure de vérité, développant son sens de la formule et son talent de pamphlétaire. Il a aussi collaboré à des documentaires pour la télévision, notamment le fameux De Nuremberg à Nuremberg de Frédéric Rossif, dont il a rédigé et enregistré le texte.
Depuis 1984, il est maître de conférences à Sciences Po où il a d'abord enseigné la sociologie des médias, et où, depuis 1997, il anime un séminaire consacré à Paris, son histoire et ses problématiques urbaines contemporaines. Il interrompt son enseignement en 2007.
Acteur au cinéma (Ça commence aujourd'hui de Bertrand Tavernier, L'Affaire Picpus de Jacques Fansten) et à la télévision (série Maigret, épisodes Un échec de Maigret et Signé Picpus), Philippe Meyer interprète aussi ses propres textes sur la scène : Causerie, un monologue sur l'humour joué au Théâtre Mouffetard en 1997, puis au Théâtre de la Ville en 1999 ; Paris la Grande (2001), spectacle de textes et de chansons consacrés à Paris, écrit à la demande du Théâtre de la Ville[3] ; L'Endroit du cœur (avec vue sur l'envers), une pièce de théâtre sur le thème de l'absence, mise en scène par Jean-Claude Penchenat. Pour la Comédie française (Studio Théâtre), il écrit et dirige en octobre 2010 Chansons des jours avec et chansons des jours sans.
Il présente sa candidature à l'Académie française pour l'élection au fauteuil 40 le 8 décembre 2011 et obtient 10 voix au premier tour, se trouvant en tête, puis passe à 3 puis 5 aux deux tours suivants, tandis que l'élection est finalement blanche ; il renouvèle sa candidature au fauteuil 33 le 18 avril 2013 et réunit huit voix contre 15 à Dominique Bona qui est élue au premier tour [4]
Engagements [modifier]
L'« affaire Duhamel » [modifier]
Le 15 février 2007, deux des employeurs du journaliste Alain Duhamel (France Télévisions et RTL) décident de suspendre sa présence à l'antenne jusqu'à la fin de la campagne présidentielle française pour avoir exprimé, lors d'une réunion organisée à l'Institut d'études politiques de Paris devant les « Jeunes UDF », sa préférence pour François Bayrou. Philippe Meyer réagit, et s'inquiète de ce que « n'importe quel journaliste amené, comme tout le monde, à exprimer ses choix […] peut se retrouver dans la même situation ». À l'antenne de France Culture, le 25 février 2007, il appelle donc les journalistes chargés des affaires publiques à déclarer « sans haine et sans crainte pour quel candidat ils penchent ». Il ajoute « C'est en vertu de cette analyse que je déclare que, si je devais me rendre aux urnes ce dimanche, je voterais pour François Bayrou »[5]. Dans cette logique, il accepte, sans devenir membre du Modem, de prendre la tête de la liste présentée, dans le 5e arrondissement de Paris, par le mouvement de François Bayrou lors des élections municipales de 2008[6].
Les élections municipales de 2008 avec François Bayrou [modifier]
Le 10 janvier 2008, le MoDem annonce que Philippe Meyer sera tête de liste, pour les élections municipales de 2008, dans le 5e arrondissement de Paris[6]. Il obtient 14,3 % des voix au premier tour et maintient sa candidature au second tour, où il réunit 10,9 % des suffrages, face à Jean Tiberi (45 %) et Lyne Cohen-Solal (44,1 %)[7]. Cette dernière lui reproche d'avoir, par son maintien, contribué à la réélection de Jean Tibéri pour un cinquième mandat de maire du 5e — alors que l'arrondissement aurait pu, à cette occasion, changer de majorité[8].
Divers [modifier]
officier dans l’ordre de la Légion d'honneur le 28 mars 2005, puis Commandeur le 13 juillet 2012.- Il préside l'association pour la renaissance du Vieux Palais qui a pour vocation de faire vivre ce monument emblématique d'Espalion (Aveyron) et organise à ce titre chaque automne un festival de musique classique.
Publications [modifier]
- Essais
- L'Enfant et la Raison d'État, Seuil, 1977
- Justice en miettes (avec Hubert Lafont), PUF, 1980
- Le Nouvel Ordre gendarmique (avec Hubert Lafont), Éd. du Seuil, 1980
- Pointes sèches, Éd. Points Seuil, 1993, 152 p. (ISBN 2-02022-508-5)
- Eaux-fortes, Flammarion, 1995 et Le Livre de poche
- Démolition avant travaux, Robert Laffont, 2002 et Pocket, 2004
- Brusque Chagrin, Éditions de Fallois, 2005 et Le Livre de Poche, 2007
- Sanguines : Croquis politiques, Robert Laffont, 2011 (ISBN 9782221123263)[9]
- Humour
- Le communisme est-il soluble dans l'alcool ? en collaboration avec son frère A. Meyer (1978), Le Seuil, coll. « Essais » (ISBN 2-02004-914-7)
- Recueils de chroniques
- Heureux habitants de l'Aveyron et des autres départements français, Le Seuil, 1990
- Chroniques matutinales, Le Seuil, 2000
- Du futur faisons table rase (chroniques), Gallimard, 2000
À ces ouvrages, il faut aussi ajouter les nombreux recueils de ses chroniques radios parus dans différentes éditions.
- Sur la France et sur Paris
- Dans mon pays lui-même, Flammarion, coll. « Documents », 1993, 220 p. (ISBN 2-08066-825-0)
- Paris la Grande, Flammarion, 1997 et Folio, 2000
- Un Parisien à travers Paris, Robert Laffont, 2009
- Divers
- Québec, Éditions du Seuil, coll. Petite Planète, 1980
Bibliographie [modifier]
- Martine Delahaye, « La prochaine fois je vous le chanterai », dans Le Monde télévision, 26 mars 2005
- Armelle Cressard, « Un dilettante éclairé », dans Le Monde, 17 janvier 1999
Liens externes [modifier]
- Site officiel de l'émission L'Esprit public sur France Culture
- Site officiel de la chronique de Philippe Meyer aux Matins de France Culture
- Site officiel de l'émission La prochaine fois je vous le chanterai sur France Inter
Notes et références [modifier]
- Le titre de l'émission fait référence à une pièce de théâtre homonyme de l'auteur britannique James Saunders, mise en scène par Claude Régy au théâtre Antoine en 1966.
- avec parfois d'infimes variantes, « ça n'est pas pour la (ou les) vanter », lorsqu'il évoque une femme ou un groupe de personnes ou « Le Ciel vous tienne en joie et ne vous tombe pas sur la tête », le 5 janvier 2012, après une chronique évoquant les Gaulois.
- disque Harmonia Mundi, Chant du Monde 2001
- Académie française
- Patrick Roger, « Philippe Meyer presse les journalistes d'afficher leur choix », dans Le Monde, 27 février 2007.
- « Le MoDem annonce ses têtes de listes dans les 20 arrondissements parisiens », dans Le Monde, 10 janvier 2008.
- Résultats officiels - Municipales 2008, sur le site du Ministère de l'Intérieur.
- Cinq défaites pour Lyne Cohen-Solal sur leparisien.fr du 18 mars 2008
- François Bazin, « Philippe Meyer assassine les politiques », sur http://bibliobs.nouvelobs.com, 8/11/2011. Consulté le 8/11/2011
- Journaliste français du XXe siècle
- Journaliste français du XXIe siècle
- Animateur à France Inter
- Enseignant à l'Institut d'études politiques de Paris
- Personnalité du Mouvement démocrate
- Naissance en 1947
- Naissance en Rhénanie-Palatinat
- Collaborateur du Point
- Lauréat du prix Richelieu
- Commandeur de la Légion d'honneur