Période de Halaf

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
La culture Halaf et les cultures partiellement contemporaines d'Hassuna et de Samarra.

La période de Halaf (ou culture de Halaf) caractérise le sud-est de la Turquie, la Syrie et le nord de l'Irak entre 6100 et 5500 av. J.-C. Son influence se fait sentir au-delà de ces régions. Elle tient son nom de Tell Halaf dans le nord de la Syrie, site fouillé par Max von Oppenheim entre 1911 et 1927. Cette culture a cependant été identifiée pour la première fois par John Garstang en 1908 dans le site de Sakce Gözü, alors en Syrie mais désormais sur le territoire turc[1]. Des éléments de cette culture ont également été découverts en 1913 par Leonard Woolley à la frontière entre la Turquie et la Syrie. Le site le plus important demeure le site de Tell Arpachiyah près de Mossoul en Irak[2].

À la période Halaf succède une phase de transition avec la culture d'Obeïd entre 5500 et 5200 av. J.-C. environ.


Économie[modifier | modifier le code]

L'agriculture était pratiquée dans des régions relativement arides. On parle donc d'aridoculture. C'est peut-être dans cette culture qu'apparaissent les prémices des premiers systèmes d'irrigation de la région[3].

Le blé amidonnier, l'orge et le lin étaient cultivées. L'élevage de bovins, de moutons et de chèvres est également attesté.

Architecture[modifier | modifier le code]

Jusqu'à présent, aucun site Halaf n'a été fouillé sur une surface importante. Néanmoins, des bâtiments ont été exhumés dans plusieurs sites. À Tell Arpachiyah, plusieurs structures se caractérisent par une antichambre rectangulaire qui permet d'accéder à une tholos, c'est à dire une structure circulaire recouverte d'une voûte. Ces bâtiments étaient construits en briques de terre crue, parfois sur des fondations en pierre. Elles ont peut-être utilisée à des fins rituelles car une d'entre elle contenait un grand nombre de figurines féminines. Dans le même site, d'autres structures circulaires ont pu servir de maisons.

Céramique[modifier | modifier le code]

céramique de la culture de Halaf

La céramique la plus connue de cette culture était sans doute produite par des spécialistes. Elle était parfois peinte de plusieurs couleurs. Les principaux motifs décoratifs étaient géométriques et animaliers. D'autres poteries, non peintes, ont visiblement été employées comme vases de cuisson. De nombreuses hypothèses ont été émises pour expliquer cette diversité dans la poterie. On a supposé que la céramique peinte était destinée aux échanges mais l'analyse de cette dernière a montré qu'elle était produite localement dans la plupart des sites.

Figurine en terre-cuite provenant de Tel Halaf.

La céramique Halaf a été découverte dans d'autres régions du nord de la Mésopotamie, comme Ninive et Tepe Gawra ainsi qu'en Anatolie. Outre la poterie, les communautés Halaf réalisaient également des figurines féminines en terre-cuite ou en pierre, ainsi que des tampons en pierre. Ces tampons sont considérés comme les premiers éléments marquant le développement du concept de propriété personnelle, à l'image des tampons des périodes plus récentes.

La terre-cuite et la pierre étaient également employées pour la réalisation d'autres outils. L'usage du cuivre pour des éléments de parure est également documenté.

Les fouilles de Sabi Abyad[modifier | modifier le code]

Tell Sabi Abyad (le tell du Garçon Blanc) est un des sites majeurs de cette période. Il a été fouillé à partir de 1986 par l'archéologue Peter Akkermans. Les fouilles ont permis d'obtenir des informations essentielles sur les modalités de développement de la culture Halaf. Ainsi, la forme et le décor de certaines poteries témoignent du développement progressif de cette dernière[4].


Références et notes[modifier | modifier le code]

  1. Castro Gessner G., 2011, A Brief Overview of the Halaf Tradition, in Steadman S., McMahon G. (eds.), The Oxford Handbook of Ancient anatolia, Oxford University Press, Oxford, p. 780
  2. Campbell S., 2000, The Burnt House at Arpachiyah: A Reexamination, Bulletin of the American Schools of Oriental Research, vol. 318, p. 1
  3. Geyer B., Monchambert J.-Y., 2014, Canals and water supply in the lower Euphrates valley, Water History, DOI 10.1007/s12685-014-0108-4
  4. Akkermans P., 2000, Old and New Perspectives on the Origins of the Halaf Culture, in Rouault O., Wäfler M. (Eds), La Djéziré et l’Euphrate syriens de la Protohistoire à la fin du IIe millénaire av. J.-C., Subartu, vol. VII, p. 43-54