Max von Oppenheim

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Max Freiherr (baron) von Oppenheim (15 juillet 1860 - 17 novembre 1946) est un historien allemand spécialiste de l’Antiquité, archéologue, orientaliste, mécène et espion.

Jeunesse et maturité[modifier | modifier le code]

Les Sites archéologiques assyriens, document publié en 1900 par Verlag Dietrich Reimer, Berlin et dû à la collaboration de Mrs Jones, Lejean, et von Oppenheim. On note en bas à gauche le fleuve Tigre, Mossoul avec Ninive à proximité immédiate, et Gaugamèles placé à la limite supérieure droite (nord-est) de la carte.

Max, fils d'Albert, baron von Oppenheim (lui-même descendant du célèbre banquier Salomon Oppenheim) nait à Cologne. Il entreprend en 1872 des études de droit à l'université de Strasbourg, alors en Reichsgebiet (« terre d'Empire ». Ayant obtenu sa licence en droit, il devient en 1883, docteur en droit à Göttingen. Il voyage en Afrique, apprend l'arabe au Caire : il est destiné aux plus hauts postes de la diplomatie. En 1910 (à 50 ans), il est nommé ministerresident à l'ambassade allemande du Caire, où il a déjà occupé le poste d'attaché pendant quatre ans.

En novembre 1899, von Oppenheim, qui surveille dans la vallée de la Khabur (au nord-est de la Syrie) le chantier du chemin de fer Berlin-Bagdad, commence à prospecter sur le site de Tell Halaf et découvre la ville chalcolithique de Guzana. Il finance personnellement ses campagnes de fouilles à Tell Halaf, en 1911-1913, puis en 1923.

En 1911, Oppenheim découvre en particulier, sous les ruines du site de Bit-Hilani, le palais de Kapara de Guzana, le roi d'un petit royaume araméen[1] . Les fouilles permettent de mettre à jour des architectures monumentales, des sculptures massives et des orthostates ornés de bas-reliefs frustes et vigoureux.

Pendant la Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Wilhelm Wassmus, surnommé « le T. E. Lawrence allemand » : grand, blond, fez en tête et burnous blanc entr'ouvert laissant voir la crosse et la culasse du pistolet Mauser C96, « le pistolet des aventuriers »...

Max von Oppenheim est directeur du "NfO" (Nachrichtenstelle für den Orient, service de renseignements allemand couvrant l'Orient et dépendant de l'office des Affaires étrangères, "Auswärtiges Amt", ou "AA") et fomente des rébellions dans l'empire britannique et dans les pays faisant partie du domaine d'influence de la Grande-Bretagne [2].


Au Moyen-Orient, l'Empire allemand applique les clauses de l'alliance germano-ottomane signée en 1914 et aide l'Empire ottoman dans sa lutte contre la Révolte arabe.

En ce qui concerne l'Inde, l'Allemagne soutient ouvertement ("Das Indische Unabhängigkeitskomitee" , Comité de Berlin) ou par l'intermédiaire du "NfO" des organisations révolutionnaires (Jugantar, parti Ghadar) ou des activistes musulmans comme Maulavi Barkatullah, et d'une façon générale entretient la conspiration indo-allemande.

En Égypte, le "NfO" collabore étroitement avec Abbas II Hilmi, le khédive déposé par les Britanniques.

Les collaborateurs d'Oppenheim au "NfO" sont (entre autres) Franz von Papen (qui sera ultérieurement chancelier de la République de Weimar), et Wilhelm Wassmus surnommé « le Lawrence allemand ».

1918 - 1946[modifier | modifier le code]

Oppenheim possédait personnellement (comme c'était l'habitude autrefois) une importante collection archéologique, comprenant en particulier quelques-uns des plus intéressants spécimens de bas-reliefs et de statues Néo-Hittites connus. Il désire vendre sa collection au Staatliche Museen zu Berlin, mais les négociations n'aboutissent pas et Oppenheim ouvre un musée privé dans une usine désaffectée à Berlin.

Entre les deux guerres, Oppenheimer (qui été nommé Ehrenarier, Aryen d'honneur), reprend ses campagnes de fouilles en Orient, mais il est considérablement gêné par le mandat français en Syrie.

En 1939, quand survient la Seconde Guerre mondiale, il doit abandonner ses travaux et revenir en Allemagne [3]. À Berlin, les précieux spécimens halafiens d'Oppenheim ne sont pas mis en sûreté, et en 1943 son musée est totalement détruit par les bombardements.

Après la réunification de l'Allemagne, on retrouve de nombreux fragments de la collection d'Oppenheim, qui bénéficie d'un regroupement et d'une restauration au musée de Pergame (Pergamonmuseum) à Berlin [4]  : les statues sont patiemment reconstituées à partir de milliers de débris, la nature du matériau (basalte) permettant de les coller assez facilement [5]...

Max von Oppenheim, « le dernier grand explorateur-archéologue-amateur du Proche-Orient » [6] est mort à Landshut en 1946, à l'âge de 86 ans.

Notes[modifier | modifier le code]


  1. estimé selon Albright avoir existé autour de 1000 avant l'ère commune : voir l'article de WP english "Kapara"
  2. voir l'article de WP english "Intelligence Bureau for the East" & l'article de WP deutsch "Nachrichtenstelle für den Orient"
  3. selon Wp française, Jean Lauffray, archéologue français connu, a utilisé lors de sa campagne de fouilles à Zénobia-Halabiyé en 1944-45 les luxueuses tentes que l'archéologue allemand avait dû abandonner ...
  4. selon le film documentaire Max von Oppenheim de Saskia Weisheit & Kay Siering, All.-Syrie-Turq., 2010, diffusé sur Arte le 8 janvier 2011
  5. voir le § Sammlungsgeschichte (en travaux) de l'article "Tell Halaf" sur WP deutsch, qui donne aussi la date du bombardement : nuit du 23-24 août 1943
  6. ainsi appelé par Gary Beckman, commentant dans le Journal of the American Oriental Society 123.1 (janvier 2003), p. 253 l'hommage de Nadja Cholidis, Lutz Martin : Kopf hoch! Mut hoch! und Humor hoch! Der Tell Halaf und sein Ausgräber Max Freiherr von Oppenheim , éd. Philipp von Zabern, 2002. ISBN 3-8053-2853-2. « Kopf hoch! Mut hoch! und Humor hoch! » pourrait se traduire par « Tête haute ! Moral d'acier ! et humour avant tout ! »

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Œuvres de Max von Oppenheim (liste abrégée)[modifier | modifier le code]

  • Vom Mittelmeer zum persischen Golf durch den Haurän, die syrische Wüste und Mesopotamien, 2 vols., 1899
  • Rabeh und Tschadseegebiet, 1902
  • Max von Oppenheim, Der Tell Halaf und die verschleierte Göttin. Leipzig: Hinrichs 1908.
  • Max von Oppenheim, Die Revolutionierung der islamischen Gebiete unserer Feinde. 1914.
  • Max von Oppenheim, Der Tell Halaf: Eine neue Kultur im ältesten Mesopotamien. F.A. Brockhaus, Leipzig 1931 ( & de Gruyter, Berlin 1966.)
  • Tell Halaf I, 1943 (with Hubert Schmidt)
  • Tell Halaf II, 1950 (with R. Naumann)

Catègorie:Mécène