La Nuit de San Lorenzo

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

La Nuit de San Lorenzo (La notte di San Lorenzo) est un film italien réalisé par Paolo et Vittorio Taviani, sorti en 1982.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Une nuit du 10 août, à San Martino (commune fictive de Toscane dont le nom rappelle vaguement San Miniato). Une femme se remémore une autre nuit de la Saint Laurent, durant les derniers jours de la Deuxième Guerre mondiale : les Allemands battent en retraite et veulent détruire un village afin de freiner l'avance des Alliés et des partisans. Un groupe d'habitants, conduits par Galvano, refusent d'obéir aux injonctions de l'armée allemande et ne se regroupent pas dans la cathédrale. Parmi les décombres de la guerre, ils vont à la rencontre des Américains. Ceux qui sont restés au village sont horriblement massacrés dans l'église par les nazis...les autres livreront le combat, aux côtés de la Résistance, contre les fascistes. Les Américains finiront par libérer le village, mais les dégâts humains et matériels seront terribles. En parallèle, un vieil homme retrouve la femme qu'il aimait jadis.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Récompenses[modifier | modifier le code]

Autour du film[modifier | modifier le code]

La trame du film suit, à quelques modifications près, celle du premier film réalisé par Paolo et Vittorio Taviani, le court documentaire San Miniato luglio '44 (1954). Celui-ci était une reconstitution du massacre perpétré par les nazis dans la cathédrale de leur propre commune natale, San Miniato, en juillet 1944. Cet événement, le plus traumatisant dans l'histoire personnelle des frères Taviani, fit, inévitablement, l'objet de leur première réalisation. Paolo Taviani confie : "L'émotion de ces années fut si violente qu'à peine avons-nous pu tourner quelque chose, nous avons immédiatement pensé à cet épisode." (entretien avec Jean A. Gili)

Toutefois, Paolo Taviani ajoute, à propos de leurs premiers essais, et particulièrement de San Miniato luglio '44, "ce ne sont pas des documentaires mais des désirs de films, des envies réprimées, des approches de films à faire." D'où, un jour ou l'autre, l'accouchement d'une œuvre semblable à La Nuit de San Lorenzo.

Mais, le film n'aurait pu voir le jour, si l'évocation réaliste de San Miniato luglio '44 ne s'était pas transformée en épopée lyrique. Vittorio Taviani nous éclaire ainsi : " Dans le film, nous n'avons pas raconté les choses telles qu'elles se sont déroulées mais au contraire telles qu'elles se sont métamorphosées dans la conscience des survivants, dans l'imaginaire collectif. (...) Nous n'avons jamais cherché à faire un cinéma qui soit trop lié à l'histoire ou à la chronique. (...) lorsque nous nous sommes rendu compte (...) que ces événements d'août 1944 s'étaient transformés en cette espèce de tradition orale, de mythe, de référence à un événement fondamental de la collectivité qu'on peut aujourd'hui se rappeler et raconter aux autres parce qu'il sert à notre conscience d'aujourd'hui, alors nous avons pensé que le film devait être cela." (entretien avec Jean A. Gili)

Ainsi, le critique Gérard Legrand peut écrire : "Par-delà la Toscane splendidement photographiée, tour à tour âpre et accueillante, c'est l'Italie tout entière qui est appelée à témoigner pour elle-même, la volonté de recul archaïsante et la rigueur un peu hiératique, naturelles aux Taviani, sont, comme jamais auparavant, béantes sur l'avenir." (Paolo et Vittorio Taviani, Cahiers du cinéma- Éditions de l'Étoile, 1990)

Lien externe[modifier | modifier le code]