Stromboli

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Stromboli
Isola di Stromboli (it)
Vue générale du Stromboli depuis la mer.
Vue générale du Stromboli depuis la mer.
Géographie
Pays Drapeau de l'Italie Italie
Archipel Îles Éoliennes
Localisation Mer Tyrrhénienne (mer Méditerranée)
Coordonnées 38° 47′ 20″ N 15° 12′ 47″ E / 38.789, 15.213 ()38° 47′ 20″ N 15° 12′ 47″ E / 38.789, 15.213 ()  
Superficie 12,6 km2
Point culminant Stromboli (926 m)
Géologie
Type Volcan rouge
Activité En éruption
Dernière éruption depuis le 2 février 1934
Code 0101-04=
Observatoire Observatoire du Vésuve
Administration
Région autonome Sicile
Province Messine
Commune Lipari
Démographie
Population 750 hab.
Densité 59,52 hab./km2
Autres informations
Découverte Préhistoire
Fuseau horaire UTC+01:00

Géolocalisation sur la carte : Sicile

(Voir situation sur carte : Sicile)
Stromboli
Stromboli

Géolocalisation sur la carte : Italie

(Voir situation sur carte : Italie)
Stromboli
Stromboli
Îles d'Italie

Le Stromboli, en italien Isola di Stromboli, est une île volcanique d'Italie faisant partie des îles Éoliennes située au nord de la Sicile, dans le bassin tyrrhénien de la mer Méditerranée. Le nom provient du grec antique Στρογγυλή (Strongyle : ronde) donné à l'île pour son pourtour circulaire.

Description[modifier | modifier le code]

Le Stromboli est un volcan effusif situé au nord-est du Vulcano, un autre volcan actif de cet archipel. C'est la plus septentrionale et la plus orientale des îles de l'archipel si l'on fait exception de l'îlot Strombolicchio situé dans l'est immédiat du Stromboli. Stromboli est séparée de Vulcano par les îles de Lipari, chef-lieu qui donne son autre nom à l'archipel, et de Panarea, reste majeur d'un volcan explosé débordé à l'est par de nombreux écueils émergés ou affleurants. La distance séparant l'extrémité nord-est de Vulcano et le point le plus sud de Stromboli est d'environ 23 milles nautiques, soit environ 40 km. L'île présente un aspect conique typique aux volcans et sa particularité réside dans ses éruptions régulières (à raison de plusieurs par heure) visibles de loin, de nuit, qui lui ont valu le surnom de « phare de la Méditerranée ». Outre la randonnée nocturne au sommet, il est également possible d'observer, depuis la mer, la chute des projections incandescentes le long d'une sorte de toboggan naturel, la Sciarra del fuoco (allée du feu), situé sur la face nord-ouest de l'île.

L'île des hommes[modifier | modifier le code]

L'éruption du volcan
Sciara del fuoco

Appartenance administrative[modifier | modifier le code]

Administrativement, l'île fait partie de la commune de Lipari et de la région (autonome) de Sicile. Elle s'étend sur 12,6 km2 et fait partie des sept îles Éoliennes. Elle est connue, fréquentée et habitée depuis l'Antiquité. Stromboli vient de son nom grec antique Strongylos (ronde). Les strombolani (habitants de l'île) l'appellent Struognoli en sicilien. Plus communément, il est appelé Iddu, « Lui » en sicilien, car les habitants le personnifient, ils vivent avec Lui selon ses humeurs.

Économie[modifier | modifier le code]

Son économie traditionnelle se basait sur des productions agricoles typiquement méditerranéennes : olives, vignes, figues et pêche. Jusqu'au XIXe siècle cette économie était florissante et l'île comptait jusqu'à 4 000 habitants. L'aggravation des conditions économiques due à l'unification italienne, la répétition d'éruptions et de tremblements de terre et enfin le mildiou — qui dans les années trente détruisit la plus rentable des cultures locales, celle des vignes — entraînèrent l'émigration essentiellement vers l'Australie et l'Amérique et l'île risquait d'être laissée à l'abandon.

Ce fut le cinéaste Roberto Rosselini qui en 1949 avec son film Stromboli terra di Dio attira l'attention du public et lança le tourisme, aujourd'hui ressource économique quasi-exclusive de l'île.

Tourisme[modifier | modifier le code]

Le flux touristique vers l'île, qui constitue actuellement la principale ressource économique de l'île du Stromboli, fut jusqu'à la fin des années 1970, surtout représenté par des personnes à la recherche d'un environnement particulier, encore naturel et intègre et privé des commodités (il n'y avait au début, ni eau, ni électricité). Dans les décennies successives, le manque de commodités s'est réduit et le tourisme a beaucoup augmenté, même s'il est globalement resté limité à la saison estivale.

En effet, au cours de l'été, l'île est particulièrement indiquée à ceux qui cherchent la tranquillité et des petites plages où l'on peut se baigner tranquillement, loin du trouble des grands centres touristiques bondés, comme par exemple dans la baie de Messine aux Giardini-Naxos. Pour cette particularité, l'île du Stromboli est, avec Panarea, l'île des VIP par excellence. Tandis que Panarea est pleine de discothèques, ceux qui vont généralement sur l'île du Stromboli cherchent la tranquillité et c'est pour cette raison que les autorités locales interdisent la diffusion de musique dans les lieux publics à partir de 2h du matin.

En outre, tous les jours, sont organisées des excursions vers le volcan avec des guides expérimentés.

Les principaux lieux occupés[modifier | modifier le code]

Stromboli
Stromboli, 5 juin 2009

De nos jours le principal village habité, Stromboli, au nord-est de l'île, est formé par les quartiers de San Vincenzo (anciennement bourg des agriculteurs), Scari, San Bartolo, Ficogrande (anciennement bourg des armateurs) et Piscità près de la plage.

Au sud-ouest, il y a le village Ginostra seulement rejoignable par un difficile sentier depuis le sommet, ou par la mer ; l'hiver il n'y réside qu'une dizaine d'habitants. Ginostra s'enorgueillit du titre de porto piu piccolo d'Italia (plus petit port d'Italie), les bateaux de ligne réalisent à chaque voyage un exploit pour y accoster et les marchandises étaient encore récemment transportées à terre à dos d'âne.

Le plaisancier ne trouvera à Stromboli aucun amarrage digne de ce nom et les fonds qui descendent en pente abrupte (50 m à quelques dizaines de mètres du rivage) interdisent tout mouillage sérieux. La seule solution pour un séjour dans l'île à partir d'un bateau de plaisance consiste à s'amarrer à l'un des corps morts situés au sud-ouest de l'île. Ces corps morts appartiennent à des pêcheurs locaux qui, ayant chaque été, de longue date, tiré leurs barques à terre pour profiter de la manne touristique, ne font aucune difficulté pour les louer à la journée. On sera toutefois bien inspiré de ne pas mettre une confiance absolue dans ces apparaux, dont l'état est discutable et le niveau d'entretien inconnu, et il sera prudent de laisser à bord une personne capable de manœuvrer en cas d'incident ou de mauvais temps, les îles Éoliennes étant connues pour les vents fantasques et imprévisibles dont elles tirent leur nom.

Les résidents de l'île sont exactement 499 (nombre de votants en avril 2006) mais seulement 350 personnes restent pendant l'hiver ; les autres émigrent principalement vers Lipari, Salina et la Sicile. L'été, l'île compte de 3 000 à 5 000 personnes, selon la période. Beaucoup d'habitants de l'île ont cependant une maison à Milazzo (port de partance pour l'île), dans la province de Messine et vont sur l'île seulement pendant quelques mois.

Sur l'île, il y a une école primaire et un collège pour les quelques jeunes qui résident sur l'île. En principe, après l'école primaire, les enfants vont au collège à Lipari où sont présents différents lycées.

L'île du volcan[modifier | modifier le code]

Éruption du Stromboli en 1980
Éruption (animée)

Ce volcan est le plus actif de tous les volcans européens. Ses éruptions se produisent à la fréquence moyenne d'une toutes les heures et même, à certains moments, d'une toutes les 15 minutes. Les habitants de l'île le surnomment alors Struògnoli. Mais lorsque son activité devient plus intense et violente, certains habitants le nomment Iddù (« lui »), comme une nature divine à qui on reconnaissait le droit de provoquer des phénomènes naturels incontrôlables.

Le cône actuel du volcan s'est formé il y a 15 000 ans et est en éruption constante depuis au minimum 2 500 ans. Il prend naissance à 2 000 m sous la mer, la partie émergée culminant à 926 m.

L'activité typique du Stromboli est de type effusif et est caractérisée par l'émission de fontaines de lapilli et de cendres projetées à quelques dizaines de mètres de hauteur, mais aussi de bombes volcaniques. Ce type d'activité éruptive, justement appelée « strombolienne », est connue depuis l'Antiquité pour ses fréquentes éruptions. Occasionnellement, le volcan peut donner lieu à des éruptions paroxystiques qui peuvent émettre sans discontinuer des colonnes soutenues de lapilli à plusieurs kilomètres de hauteur.

Son activité ordinaire a lieu aux environs des 750 m d'altitude, des trois cratères alignés dans le sens nord-est - sud-ouest à l'intérieur de la dépression de la Sciara del Fuoco.

L'une des pires éruptions du Stromboli eut lieu en 1919, causant la mort de 4 personnes et détruisant 12 maisons avec des blocs de lave pouvant atteindre les 50 tonnes. Une éruption similaire est survenue en 1930.

Lors des éruptions de fin de 2002 et début 2003, l'activité portée au collapsus provoqua de violents mouvements ondoyants improprement assimilés à un tsunami. Cependant, la vague la plus haute avait 10 mètres de haut et a causé de sérieux dommages au village de Stromboli. Suite à ce tsunami, l'île fut évacuée pendant plusieurs mois. Des coulées de lave atteignent la mer et un épisode explosif se produit le 5 avril 2003, avec l'émission d'une imposante colonne éruptive et des bombes de plusieurs centaines de kilogrammes qui retombent sur Ginostra.

Trois cônes adventifs sont constamment actifs, ils entrent en éruption successivement à intervalle d'une heure. Ils fonctionnent comme des « valves de sûreté », empêchant des événements plus dramatiques.

Le sommet est accessible aux randonneurs accompagnés d'un guide : l'excursion dure environ trois heures. Il est interdit de passer la nuit au sommet, sous peine de forte amende. Après une interdiction au public d'accéder au sommet pendant quelques mois, les excursions ont à nouveau été autorisées par la sécurité civile. Le stationnement sur le sommet est toutefois limité à 40 minutes pour des groupes restreints. De l'aveu même des guides de Stromboli, la réglementation des excursions est devenue trop rigide. En effet, celle-ci limite à des petits groupes par guide.

Les autorités sont prudentes compte tenu que le conduit principal du volcan est bouché. De réguliers dégazages sont observables (05/2007). Sur le chemin, il existe des traces de bombes volcaniques expulsées lors de l'éruption du 27 février 2007. D'ailleurs le chemin traditionnel de montée (au-dessus de la plate-forme) a été fermé, car trop exposé aux bombes volcaniques. Lors de cette éruption deux nouveaux cratères se sont formés ; de l'un d'eux, de la lave s'écoule jusque dans la mer.

D'un point de vue surveillance, le Stromboli est passé du statut de volcan oublié des vulcanologues au statut d'un des volcans les plus surveillés. En atteste un nombre impressionnant de matériel scientifique que l'on peut observer tout au long d'une excursion. Celui-ci est moderne et automatisé. Ceci explique aussi le durcissement de la réglementation et la volonté des autorités de verrouiller la zone.

À quelques centaines de mètres au nord de l'île, émerge le Strombolicchio, reste d'une ancienne cheminée. Cette petite île abrite un phare de la marine actuellement automatisé.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (it) F. Longo, Il mare di pietra. Eolie o i 7 luoghi dello spirito, Laterza,‎ 2009.
  • (it) Loredana Farina, Dai diari della ricerca a Stromboli. Itinerari antropologici per la progettazione dell'insularita, Rende, Centro Editoriale e Librario, Università della Calabria,‎ 2008.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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