Niederrœdern

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Niederrœdern
Le cimetière juif.
Le cimetière juif.
Blason de Niederrœdern
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Alsace
Département Bas-Rhin
Arrondissement Wissembourg
Canton Seltz
Intercommunalité C.C. de la plaine de la Sauer et du Seltzbach
Maire
Mandat
Denis Drion
2014-2020
Code postal 67470
Code commune 67330
Démographie
Population
municipale
922 hab. (2011)
Densité 134 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 54′ 24″ N 8° 02′ 54″ E / 48.9067, 8.0483 ()48° 54′ 24″ Nord 8° 02′ 54″ Est / 48.9067, 8.0483 ()  
Altitude Min. 119 m – Max. 193 m
Superficie 6,88 km2
Localisation

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Liens
Site web www.niederroedern.fr

Niederrœdern est une commune française située dans le département du Bas-Rhin, en région Alsace.

Ses habitants sont les Niederroedernois et les Niederroedernoises.

Géographie[modifier | modifier le code]

Niederroedern est un village de 922 habitants situé en Alsace du nord dans le département du Bas-Rhin, dans le canton de Seltz et dans l'arrondissement de Wissembourg. La commune s'étend sur 6,9 km2.

Entouré par les communes de Eberbach-Seltz, Schaffhouse-près-Seltz et Crœttwiller, Niederrœdern est situé à 13 km au nord-ouest de Rastatt, la plus grande ville allemande à proximité.

Située à 127 mètres d'altitude, le Seltzbach, le Warschbach, l'Eberbach sont les principaux cours d'eau qui traversent la commune de Niederrœdern.

La commune est proche du parc naturel régional des Vosges du Nord (à environ 9 km).

Toponymie[modifier | modifier le code]

Níderreddere en Francique méridional. Niederrödern en allemand.

Histoire[modifier | modifier le code]

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason de Niederrœdern

Les armes de Niederrœdern se blasonnent ainsi :
« D'argent au soc de charrue de sable la pointe en bas. »[1].

Origine[modifier | modifier le code]

Le nom Rotheren apparaît en 1084 à l'occasion de la collecte de la dîme. À cette époque, les treize villages de l'Adelheids Eigen (biens fonciers de l'abbaye Sainte-Adélaïde) n'ont qu'un seul seigneur, l'abbé, qu'une seule église, celle de Seltz et qu'un seul avoué, le margrave de Bade.

L'Antiquité[modifier | modifier le code]

Dans les temps reculés, l’âge du fer et du bronze, des Celtes vivaient et mouraient sur les rives du Seltzbach. Les preuves en ont été apportées par les innombrables tumulus dans la forêt proche. Des trouvailles faites lors de fouilles sur ces sites témoignent que des hommes vivaient ici pendant la période romaine.

En 1820, lors de fouilles sur un terrain de Philippe Drion, un sarcophage romain a été mis au jour. Différentes urnes et poteries ont également été mises au jour lors de travaux. Dans les siècles suivant l’occupation romaine on a relevé de nombreuses invasions de peuples étrangers qui chassaient les habitants. Le résultat en a été l’appauvrissement du pays.

Le Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Lorsque Adélaïde, l’épouse de l’empereur Othon Ier, appelé le Grand, lui offrit la région autour de Seltz, le pays était à l’abandon et recouvert de broussailles. Pour rendre la terre à nouveau fertile, Adélaïde a offert gratuitement des fermes et des maisons à des occupants qui se sont engagés à labourer la terre. Ce territoire s'appelait "Adelheids Eigen". En 993, l'impératrice Adélaïde fonde l'abbaye de Seltz et probablement le village. Vraisemblablement, le nom Roedern (défricher), vient de là. Les fondations du village actuel qui se trouve 128 m au-dessus du niveau de la mer ont été faites en l’an 980. Un siècle plus tard, le village Rotheren a été nommé pour la première fois dans un document du pape Clément III. Après 1371, il porte la dénomination de Rüdern. En 1442, le nom du village est encore une fois changé et devient Niederrüddere.

Au XIIIe siècle, les barons de Fleckenstein obtinrent la possession de la terre dans cette région. En 1255, Rudiger von Rudern construit le premier château des Fleckenstein avec fossé, pont-levis et huit tours.

La Renaissance[modifier | modifier le code]

Pendant la Révolte des paysans, en 1525, les rebelles firent de gros dégâts au château. Après la défaite de la rébellion, les paysans durent payer pour les dégâts causés. À partir de 1543, Hans von Fleckenstein introduisit la Réforme d’après le principe « un Régent, une Religion ». À partir de ce moment-là, seul la Nouvelle Parole fut autorisée dans l’église érigée sur le Hagel, non loin du château.

Le Grand Siècle[modifier | modifier le code]

Pendant la guerre de 30 ans, de 1618 à 1648, le village fut détruit, les villageois tués ou chassés. Pourtant Niederroedern renaît de ses ruines et devient la ville principale de la Région Roedern. Lentement, le village reprit de l’importance et en 1675 il comptait à nouveau 27 familles.

Le 23 mars 1680, Louis XIV annexa la baronnie Rödern, qui était jusque-là sous protection de l’Empire allemand.

Le XVIIIe siècle[modifier | modifier le code]

Le dernier baron de Fleckenstein décéda en 1720, appauvri et ruiné. Son banquier, Caspar von Hatzel obtint le Château et tous ses biens. La souveraineté sur les villages lui appartenant fut donnée au Prince de Rohan-Soubise, un cousin de Louis XIV.

En 1732, un nouveau château fut érigé par Von Hatzel, château totalement détruit par la guerre en 1940. En 1752, Frédérique Brion vit le jour dans le presbytère, elle fut l’amour de jeunesse de Goethe. Dans la même année fut construite la Wacht.

L’ancienne église tombait en ruine et dut être détruite. La municipalité se décida à construire une nouvelle église entre 1760 et 1765, en plein milieu du village. Le presbytère catholique fut construit en 1785. La plupart des maisons à colombages qui ornent le village datent également de ces années-là.

Pendant les années de la Révolution française, peur et frayeur régnaient dans le village. Le témoin de l’époque, le pasteur Lix a écrit : « les autels, les tableaux, les tissus et les ustensiles des deux religions furent brisés et brûlés. Des tensions régnaient dans les familles, des amis dénoncèrent des amis ».

Le XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Sous le règne de Napoléon Ier, de nombreux fils du village le suivent dans des batailles sanglantes où la plupart d’entre eux trouvent la mort.

Dans la première moitié du XIXe siècle, la population du village connait un fort regain de croissance. En 1829, Niederroedernn compte 1390 habitants, record absolu dans l’histoire du village. Le cimetière est érigé en 1822. La forte augmentation des enfants en âge scolaire induit en 1836 la construction d’une nouvelle école avec deux classes.

La communauté juive, qui en 1849 comptait 311 âmes, dont 73 enfants, obteint en 1860 une nouvelle école avec un poste d’instituteur juif, en 1870 une synagogue et en 1877 son propre cimetière.

En 1893 la ligne de chemin de fer Seltz-Walbourg est inaugurée avec une gare sise à Niederroedern. Dans le dernier quart du XIXe siècle, en raison de l’émigration vers la ville et à l’étranger, ainsi que de la forte mortalité infantile, le nombre d’habitants de Niederroedern diminue considérablement.

Le XXe siècle[modifier | modifier le code]

Le XXe siècle débute avec le raccordement de la poste au réseau téléphonique, en 1901 lorsque l'Alsace était rattachée à l'Empire allemand. La lumière arrive en 1912 dans les maisons, lorsque le village est relié au réseau électrique.

Pendant la Première Guerre mondiale, 17 fils de la commune qui étaient au service de l'empereur Guillaume II, meurent. En 1927, la Wacht est agrandie par un bâtiment contigu. Et depuis ce temps, elle fait office de mairie et de dépôt des pompiers.

Le 1er septembre 1939, deux jours avant le début de la Seconde Guerre mondiale, le village est évacué par décret officiel. Dix jours plus tard, la plupart des habitants se retrouvent en Haute-Vienne. Après plus d’un an passé au loin, ils peuvent regagner leur village partiellement détruit et pillé. En janvier 1945, des attaques aériennes et d’artillerie provoquent encore une fois de graves dégâts dans le village.

La journée du 18 mars 1945 entre dans l’histoire de Niederrœdern comme étant le jour de sa Libération. À la fin des hostilités, la communauté villageoise déplore la perte de 7 victimes civiles et de 18 jeunes hommes tombés au champ d’honneur. Parmi les hommes qui reviennent de la guerre, beaucoup portent et ce, pour le reste de leur vie, d’importantes séquelles physiques. Les dégâts de guerre dans le village sont estimés à 35 % par les experts. La reconstruction se poursuit sur plus de dix ans.

Le recensement de 1954 montre la faible population. Il ne reste plus que 620 âmes dans le village. La construction du complexe écolier se fit en 1951 et est financé par les réparations des dommages de guerre. La reconstruction du pont sur le Seltzbach est décidée en 1955. Entre 1940 et 1945, il fut détruit quatre fois par des explosions et toujours reconstruit provisoirement.

De l’histoire plus récente du village, il faut encore souligner certains faits marquants.

L’inondation centenaire du Seltzbach recouvre, le 16 janvier 1955, le quartier du Seltzbach jusqu’au restaurant « Cheval Noir ».

En 1956, le village est raccordé au réseau d’eau et on construit le château d’eau. En 1957 suit la pose des canalisations. Un énorme incendie détruit la même année les granges et les étables de la ferme Fleckenstein. Huit ans plus tard, en 1965, le feu provoqué par l’auto-inflammation du foin fraîchement récolté, réduit les mêmes bâtiments en ruines et en cendres.

Le monument aux morts, financé par des dons, est construit en 1972 et érigé au centre du village.

Pour assurer la sécurité de ses piétons, la municipalité fait poser des trottoirs en 1981. En 1983, après son inauguration officielle par le ministre Hoeffel, la Maison du Temps Libre peut fonctionner.

L’école maternelle ouvre ses classes en 1997, à temps pour le début des classes.

À la fin du XXe siècle, la tempête Lothar passe sur la région et provoque d’énormes dégâts dans le village et la forêt avoisinante[2].

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
septembre 2008 en cours Denise Drion[3]    
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 922 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
621 824 1 005 1 314 1 214 1 236 1 201 1 318 1 245
1856 1861 1866 1871 1875 1880 1885 1890 1895
1 129 1 102 1 000 989 951 940 918 886 870
1900 1905 1910 1921 1926 1931 1936 1946 1954
855 833 787 802 744 755 726 708 620
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 -
643 672 696 727 769 846 871 922 -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[4] puis Insee à partir de 2004[5].)
Histogramme de l'évolution démographique

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Église Saint Jacques[modifier | modifier le code]

L'église Saint Jacques fut achevée en 1765. Cette église de style baroque se compose d'un clocher de quatre niveaux à chaînages, d'une nef unique large de 11 mètres et d'un chœur en retrait avec la sacristie agrandie en 1949. À l'intérieur se trouve une pierre tombale de la Renaissance (1617) qui perpétue le souvenir de J-R Flach von Schwarzenberg, une chaire baroque et l'orgue Baumann-Stiehr, avec son buffet à trois tourelles et deux plates faces en étave (1754) et son instrument restauré en dernier lieu par Alfred Kern (1981). La chaire et le buffet de l'orgue sont classés monuments historiques.

Niederrœdern est l'une des quelque 50 localités d'Alsace dotées d'une église simultanée[6]. Les deux confessions catholique et protestante s'y retrouvent pour leurs offices mais, depuis 1996, la semaine de prière pour l'unité des chrétiens est célébrée par un office œcuménique. Cette célébration est suivie d'un repas pris en commun, ce qui entraîna une caisse commune qui a permis de financer : l'autel commun, la sonorisation et la statue de la Vierge à l'Enfant Jésus conforme à l'esprit œcuménique du Groupe des Dombes.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Jean-Paul de Gassowski, « Blasonnement des communes du Bas-Rhin », sur http://www.newgaso.fr (consulté le 24 mai 2009)
  2. Site officiel de la commune de Niederroedern
  3. [PDF] Liste des maires au 1er avril 2008 sur le site de la préfecture du Bas-Rhin.
  4. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  5. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2011
  6. Bernard Vogler, « Liste de localités ayant de nos jours une église simultanée », in Antoine Pfeiffer (dir.), Protestants d'Alsace et de Moselle : lieux de mémoire et de vie, SAEP, Ingersheim ; Oberlin, Strasbourg, 2006, p. 298 (ISBN 2-7372-0812-2)


Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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