Maurice Constantin-Weyer

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Maurice Constantin-Weyer, né le à Bourbonne-les-Bains et mort le à Vichy[1] est un écrivain français. Né sous le seul patronyme de Constantin, il ajoutera le nom de sa deuxième femme et signera toutes ses œuvres Maurice Constantin-Weyer.

Romancier, biographe et essayiste, il a vécu dix ans dans l'Ouest du Canada entre 1904 et 1914 et cette période aventureuse de sa vie a nourri une grande partie de son œuvre ultérieure écrite en France entre 1920 et 1950. Maurice Constantin-Weyer est un écrivain à succès connu surtout pour ses romans d'aventures dont le plus emblématique est Un homme se penche sur son passé, couronné par le Prix Goncourt en 1928, et dont l'action se situe dans les grands espaces de la Prairie du Manitoba et du Grand nord canadien au début du XXe siècle.

Biographie[modifier | modifier le code]

Maison de naissance à Bourbonne-les-Bains

Au gré des différents postes occupés par le père journaliste, la famille Constantin quitte Bourbonne-les-Bains et s'installe dans une autre ville de Haute-Marne à Langres en 1886, puis déménage à Avignon en 1895 (où le père meurt en 1897) avant de gagner Paris en 1898 puis le Vaucluse en 1903 où se retrouveront en 1919 tous les membres de la famille après une expérience infructueuse d'installation au Canada.

Maurice est un moment pensionnaire au collège Stanislas à Paris avant de fréquenter le collège Saint-Joseph à Avignon jusqu'à son baccalauréat obtenu en 1897. Intéressé par les sciences, il rencontre à 16 ans l'entomologiste Jean-Henri Fabre installé dans le Vaucluse à Sérignan-du-Comtat et s'inscrit en sciences/médecine à la Sorbonne à Paris en 1898. Il abandonne cependant ses études pour effectuer son service militaire en 1901 à Toul.

En 1904, tenté par l'aventure, il part pour le Manitoba dans l'ouest du Canada avec son ami le peintre Raoul Devillario, et acquiert des terres isolées sur le territoire de la petite ville rurale de Saint-Claude, principalement peuplée de colons français. En 1905, sa mère et sa sœur le rejoignent, cette dernière épouse l'ami Raoul Devillario, et en 1907 Maurice Constantin prend la nationalité canadienne. L'agriculture n'est pas sa vocation et il fait faillite après deux ans seulement, mais il reste dans la région où il épouse en 1910 une jeune métisse, Dinah Proulx ; ils auront trois enfants avant de divorcer quelques années plus tard[2]. Deux enfants survivront et seront ramenés en France par leur grand-mère et leur tante en 1919[3].

Maurice Constantin (-Weyer) survit assez misérablement en faisant de multiples métiers comme journalier, trappeur, bûcheron, contrebandier de chevaux ou marchand de fourrures. Cette vie d'aventure dans la nature canadienne, qu'il s'agisse de la Prairie ou du Grand nord, nourrira son inspiration future tout comme les individus et les groupes ethniques (colons français et anglais, Indiens, métis) qu'il côtoiera dans son épopée canadienne et qu'on retrouve dans 13 romans comme Vers l'ouest, 1921, La bourrasque (1925),ou Un homme se penche sur son passé (1928).

Il rentre en France en août 1914 pour participer comme volontaire à la guerre qui vient de commencer. Il est nommé sous-lieutenant en février 1915 puis lieutenant en 1916 et combat entre autres sur le front de Champagne et à Verdun : il est plusieurs fois décoré pour sa bravoure (médaille militaire, la croix du combattant, médaille de Verdun, médaille interalliés, chevalier et plus tard officier de la Légion d'honneur) et rejoint en janvier 1917 le front d'Orient à Salonique[4]. Nommé capitaine, il est blessé très grièvement le 10 mai 1917 ; rapatrié en France, il est hospitalisé pendant dix mois à Paris où il fait la connaissance d'une infirmière vichyssoise, Germaine Weyer, cousine de Valery Larbaud[5]. Il l'épouse à Vichy en 1920 et ils auront deux enfants. Il portera désormais le nom de sa femme accolé au sien : c'est sous le nom de Maurice Constantin-Weyer qu'il publiera la totalité de son œuvre.

Après la guerre il s'oriente vers le journalisme et devient directeur du journal Paris-Centre à Nevers, puis rédacteur en chef du Journal du centre et de l'ouest à Poitiers. À partir de 1931, après le grand succès de son roman Un homme se penche sur son passé, Prix Goncourt 1928, il se consacre au métier d'écrivain en vivant à Orléans avant de s'établir définitivement à Vichy en 1939. Membre cofondateur de l'Académie du Vernet, (en 1947), il en sera le premier président. Il décède à Vichy le 22 octobre 1964 et est enterré dans le cimetière de Creuzier-le-Vieux, auprès de son épouse.

Maurice Constantin-Weyer était aussi un peintre amateur de talent, créateur d'aquarelles et de croquis (ses aquarelles lui servaient à mémoriser « l'ambiance et le cadre » de ses récits [6].

Analyse de l'œuvre[modifier | modifier le code]

La production littéraire de Maurice Constantion-Weyer est abondante (plus de 50 titres) et variée. On y rencontre des biographies (Cavelier de La Salle, 1927 - Shakespeare, 1929 - Champlain, 1931 - La vie du Général Youssouf,1930), des essais historiques et géographiques (Morvan, 1929 - Autour de l’épopée canadienne, 1940 - Vichy et son histoire, des origines à nos jours, 1947 - Naundorff ou Louis XVII?, 1950) ou encore des souvenirs de guerre (P.C. de Compagnie, 1930) et des textes autobiographiques (Source de joie, 1932). Il traduit aussi plusieurs œuvres de langue anglaise (« Le stratagème des roués », de Farquar, « Le livre des snobs », de Thackeray, « Falstaff, sa vie, sa mort », scènes de Shakespeare, « Valeurs permanentes du Judaïsme », d'Israël Abrahams.)

Mais ce sont essentiellement ses romans qui ont fait sa célébrité avec des aventures en Amérique du sud (Le bar de San Miguel, 1946 - Pronunciamiento, 1948) et surtout, avant la deuxième guerre mondiale, les 13 romans de « l'épopée canadienne » publiés en France comme Un homme se penche sur son passé, (Prix Goncourt 1928 ) - Un sourire dans la tempête, 1934 ou Telle qu’elle était en son vivant (La loi du nord), 1936. Les péripéties et l'évocation d'une nature à laquelle s'affrontent les hommes expliquent ce succès, mais des critiques canadiens ont contesté les détails historiques et l'exploitation du mythe des grands espaces vierges, jugeant que cet exotisme romanesque s'expliquait par la publication en France, alors que Maurice Constantion-Weyer avait quitté le Manitoba depuis déjà longtemps, en 1914. Certains ont aussi mis en cause son regard sur les métis qui semblent être traités plutôt négativement dans une vision darwinienne de la lutte pour la vie, particulièrement dans La bourrasque avec la figure historique de Louis Riel[7].

Son œuvre la plus célèbre reste Un homme se penche sur son passé, diffusée à plus de 100000 exemplaires après le Prix Goncourt en 1928 et constamment réédité depuis dans les collections de poche. Le roman grave et nostalgique mais assez dynamique est centré sur un aventurier installé dans les vastes espaces canadiens, contrebandier de chevaux en été et marchand de fourrures en hiver, qui affronte la nature hostile et vit une histoire d'amour trahi pleine de rebondissements et de drame[8].

Adaptation de l'œuvre[modifier | modifier le code]

Les romans de Maurice Constantin-Weyer ont été plusieurs fois adaptés au cinéma, surtout Un homme se penche sur son passé porté à l'écran avec le même titre en 1958 par Willy Rozier[9] et adapté de nouveau en 1995 pour la télévision sous le titre Les Amants de Rivière Rouge par Yves Boisset avec Christophe Malavoy dans le rôle principal. Son autre roman « canadien », La loi du nord, a été adapté sous le titre La Piste du nord en 1939 par Jacques Feyder avec Michèle Morgan, Pierre Richard-Willm et Charles Vanel[10]. Un troisième film a été réalisé en 1950 par René Chanas Un sourire dans la tempête[11].

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Les Images, 1902
  • Vers l’Ouest, 1921
  • La Bourrasque, 1925
  • Manitoba, 1927
  • Cinq éclats de silex, 1927
  • Cavelier de La Salle, 1927
  • Un homme se penche sur son passé, 1928
  • Clairière. Récits du Canada, 1929
  • Morvan, 1929
  • Shakespeare, 1929
  • P.C. de compagnie, 1930
  • La Salamandre, 1930
  • La Vie du général Yusuf, 1930
  • Champlain, 1931
  • Du sang sur la neige, 1931
  • Napoléon, 1931
  • Drapeau rouge, 1931
  • L’Âme du vin, 1932
  • Les Secrets d’une maîtresse de maison, 1932
  • Source de joie, 1932
  • Mon gai royaume de Provence, 1933
  • Une corde sur l’abîme, 1933
  • Vichy ville du charme, 1933
  • Un sourire dans la tempête, 1934
  • Le Voyage de Leif L’Heureux, 1934
  • La Croisière du jour sans fin, 1935
  • Le Flâneur sous la tente, 1935
  • La Demoiselle de la mort, 1936
  • La Loi du nord ou Telle qu’elle était en son vivant, 1936
  • Les compagnons de la houle, 1936
  • Aime une ombre..., 1937
  • La Marchande de mort, 1938
  • La Nuit de Magdalena, 1938
  • Les Tombes-d’amour, 1938
  • Le moulinet à tambour fixe, 1938
  • Autour de l’épopée canadienne, 1940
  • L’Équipe sans nom, 1940
  • L’Officier de troupe, 1940
  • La Chasse au brochet, 1941
  • Le Cheval de prise, 1941
  • Le Maître de la route, 1941
  • La Vérendrye, 1941
  • Le flaneur sous la tente 1941 ?
  • L’Aventure vécue de Dumas père, 1944
  • L’Âme allemande, 1945
  • Le grand Will. Drame historique en 3 actes, 1945
  • Le Bar de San Miguel, 1946
  • La Chanson d’Ingrid, 1946
  • La Fille du soleil, 1946
  • Sous le signe du vampire, 1947
  • Vichy et son histoire, des origines à nos jours, 1947
  • Pronunciamiento, 1948
  • Dans les pas du naturaliste, 1950
  • Naundorff ou Louis XVII?, 1950
  • La Vie privée des poissons, 1954
  • Les tragiques amours de Blanca, 1958
  • Avec plus ou moins de rire (?)

Un certain nombre de ses œuvres ont été traduites en anglais : A Man Scans His Past, 1929 (Un homme se penche sur son passé, 1928) - The Half Breed / A Martyr's Folly, 1930 - fictionalized biography of Louis Riel (La Bourrasque, 1925) - Towards the West, 1931 (Vers l'ouest, 1921) - The French Adventurer ; The Life and Exploits of LaSalle, 1931 (Cavalier de La Salle, 1927) - Forest Wild, 1932 (Clairière, 1929).

Hommages[modifier | modifier le code]

Un collège porte son nom dans sa région d'adoption dans le département de l'Allier le collège Maurice-Constantin-Weyer à Cusset (03300 ) où il vécut quelques années.

Le Manitoba au Canada l'honore toujours comme un écrivain marquant de l'imaginaire canadien dans la littérature francophone, aux côtés de Louis Hémon ou de Louis-Frédéric Rouquette. Un lac du Manitoba porte son nom[réf. nécessaire].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. confirmation de la date sur [1]
  2. page 1 [2].
  3. MCWeyer_biogr.html.
  4. Constantin-Weyer, Maurice (1881-1964) at Témoignages de 1914-1918
  5. sa biographie [3] donne la rencontre en 1919 alors que d'autres comme [4] parlent d'une infirmière qui le soignait à l'hôpital.
  6. Maurice Constantin-Weyer "Voyage en mots et en couleurs"
  7. page 19 [5]
  8. Présentation du roman : [6]
  9. Un homme se penche sur son passé de Willy Rozier - Fluctuat.net
  10. La Piste du nord (1939)
  11. Un sourire dans la tempête - CF

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Gérard Fabre, Maurice Constantin-Weyer et Bernard Clavel. Une image rémanente du Grand Nord canadien dans la littérature française, dans Daniel Chartier (dir.), Le(s) Nord(s) imaginaires(s), Montréal, Imaginaire / Nord, coll. « Droit au pôle », 2008.
  • Roger Motut, Maurice Constantin-Weyer, Saint-Boniface, Manitoba, Canada, Éditions des Plaines, 1982.

Liens externes[modifier | modifier le code]